LE FOUR A CHAUX DE RENNES (HAMOIR)

QUE SAVEZ-VOUS DU FOUR A CHAUX DE RENNES (HAMOIR) ?

Le Cercle Histoire & Culture Hamoir (CHCH de Hamoir) rassemble des amateurs avertis et des passionnés de l’histoire régionale et locale animés par la même volonté de comprendre, d’expliquer et de préserver tous les témoins de la vie aux siècles passés. Les membres de cette association fouillent les archives, récoltent des témoignages et des documents afin de partager le fruit de leurs recherches avec le plus grand nombre dans le but de protéger et de sauvegarder tout ce qui peut encore l’être.

Madame Marie-Madeleine Boreux est un des membres actifs du CHCH et c’est à ce titre qu’elle s’adresse à la Petite Gazette.

Toute notre région, dans la seconde moitié du XIXe siècle, parce qu’elle est riche en roches calcaires, a vu se développer l’industrie de la chaufournerie. Des fours à chaux s’érigèrent en de nombreux lieux et, même si nombre d’entre eux ont disparu aujourd’hui, la toponymie et le nom de bien des rues en perpétuent souvenir de ces chafours.

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La chaux produite par les chaufourniers de nos villages est destinée à la construction et à l’amendement des terres acides. Le développement de l’agriculture dans le courant de la seconde moitié du XIXe siècle explique, en partie du moins, l’accroissement du besoin en chaux et l’érection de ces fours à l’architecture si spécifique. Les besoins du secteur de la construction au lendemain de la Grande Guerre constitueront le dernier sursaut de cette industrie mais l’avènement de l’emploi des engrais chimiques dans l’agriculture d’une part et le recours au ciment dans le secteur de la construction d’autre part allaient définitivement provoquer l’abandon des fours à chaux.

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Le Cercle Histoire & Culture Hamoir s’intéresse activement au four à chaux de Rennes, au croisement des routes  Comblain Fairon et Ouffet, derrière le hangar de la CILE. Il semble bien, comme la plupart de ses homologues dans les communes voisines, avoir été activé jusque dans les années 1920-1930. Malheureusement, les recherches menées n’ont, jusqu’à présent du moins, guère donné de résultats… Aussi, le CHCH se tourne-t-il vers vous dans l’espoir que vous pourrez communiquer souvenirs, renseignements, informations, archives, documents, photos … concernant ce four à chaux, élément très intéressant et exceptionnel du  patrimoine communal,  qui fait l’objet d’un projet de remise en état.

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Madame Boreux et tous les membres du CHCH vous remercient dès à présent pour tout ce que vous pourrez leur transmettre pour les aider dans leur recherche.

La façon la plus simple de procéder est d’écrire à la Petite Gazette qui se chargera de transmettre vos précieux renseignements.

 

UNE CONFERENCE A NE PAS MANQUER! Rex et La Roche-en-Ardenne, mythes, légendes et réalités (1936-1945)

UN RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER ! CE 19 MAI PROCHAIN

C’est à La Roche-en-Ardenne que ce rendez-vous est fixé, le vendredi 19 mai, à 20h., au Faubourg Saint-Antoine, place du Bronze, vous y assisterez à une très intéressante conférence, donnée par l’historien Jean-Michel Bodelet, sous le titre « Rex et La Roche-en-Ardenne, mythes, légendes et réalités (1936-1945). »

Le conférencier, spécialiste s’il en est de cette matière, vous présente son exposé :

« Lorsque l’on parle de rexisme et de ses succès électoraux, inévitablement, le nom de La Roche-en-Ardenne revient. C’est en effet dans ce canton –précision importante- que le parti de Léon Degrelle engrange, en mai 1936 son plus haut score dans le pays.  Il y récolte 48,27% des voix. Des voix masculines de plus de 21 ans. A cette époque, les femmes ne votent pas ! Comment expliquer ce succès ? Ne voir que les origines rochoises, du côté maternel, de Léon Degrelle est pour le moins réducteur. D’autres facteurs interviennent dans le choix des électeurs. Notamment le climat de scandales politico-financiers, la situation politique nationale et internationale.

L’engouement pour ce mouvement d’abord, parti ensuite, n’est pas uniquement rochois. Bien au contraire. En une seule fois, Rex envoie 21 députés au parlement. Considérer les électeurs de cette époque comme des fascistes est évidemment un anachronisme criant. Et pourtant, la position de Rex pendant la Seconde Guerre mondiale va, dans la mémoire collective, associer ces deux concepts, celui de rexiste à celui de collaborateur. Or, rien n’est moins vrai. Du slogan de 1936 « Catholique 100 % ou fout le camp » au « Heil Hitler » de 1941, il y a une grande marge. Et il ne faut pas attendre le début de la guerre pour voir apparaitre des dissensions au sein du parti. Des dissensions bien perceptibles à La Roche-en-Ardenne. Ce sera un des axes développé lors de la conférence.

Autre axe important qui sera exploré lors de cette soirée, celui du « rexisme de guerre. » Un rexisme bien différent de celui des premières luttes électorales, non seulement sur le plan doctrinal mais également sur le plan de ses adhérents. Quelle sera la position des rexistes rochois pendant ces événements ? Quelle sera la situation à La Roche-en-Ardenne où, très rapidement, des actes de résistance à l’occupant mais surtout aux collaborateurs sont enregistrés ? Là aussi, l’analyse de nombreuses sources permet d’y voir un peu plus clair. Un peu plus clair également dans ce fait divers inédit, celui de l’enlèvement, par les rexistes, du bourgmestre rochois, Jean Orban de Xivry. Un enlèvement perpétré en plein bataille des Ardennes ! »

Cette petite présentation vous aura, j’en suis persuadé, convaincus de l’intérêt de cette conférence organisée conjointement par l’Asbl « Action-Animation-Tourisme » et le Cercle d’Histoire et d’Archéologie Segnia. La participation aux frais est fixée à 6€, vous pouvez réserver à la Maison du tourisme (084/36 77 36) ou par courriel à asblsegnia@gmail.com ou encore par sms uniquement au 0497/27 33 09

LA LEGION WALLONIE A TUE ENTRE GRANDHAN ET MELREUX

La Petite Gazette du 28 décembre 2011

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Monsieur François Soyeur évoque un fait tragique de la seconde guerre Mondiale et se demande si vous en savez davantage sur ce fait de guerre.

Ce fait divers, dont je suis sûr plus personne ne parle, fut tragique. Un jour fin de l’hiver 1944, deux jeunes gens entrèrent dans le café pour boire un verre, tout en discutant entre eux, l’un deux me demande si j’ai déjà entendu la nouvelle…

Quelle nouvelle? Il y a un homme et sa petite fille qui remontaient le bois de  Melreux-Grandhan et qui ont été tués.

Non je ne sais pas! Ensuite ils me racontent qu’ils rentrent de Tcherkassy (Ukraine) et qu’ils avaient envie de tuer, J’ai fait semblant que cela ne m’intéressait pas tout en souhaitant qu’ils partent le plus vite possible.

Quand ils sortirent ; par curiosité, je les ai suivis pour voir où ils allaient et ils ont pris la route d’Eneille. Quelques minutes plus tard, les membres de la gestapo, venant de Marche, arrivèrent comme des fous, l’officier parlait très bien le français,

« N’avez vous pas vu deux hommes ? Par où sont-ils partis? »

« Ils ont pris la route à droite ! »

Ces jeunes ont été rattrapés alors qu’ils montaient le Stoqueu de Noiseux.

Était-ce une simple coïncidence avec l’assassinat des deux personnes tuées entre Melreux et Grand-Han ? Madeleine  Dujardin, âgée de 13 ans et Walter Dony 40 ans.

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Madeleine Dujardin reconduisait Monsieur Dony à la gare de Melreux… D’après certaines personnes Madeleine fut tuée en dernier lieu!

p1020240Auriez vous peut être plus de renseignements à ce sujet ?  Merci.

La Petite Gazette du 10 janvier 2012

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Monsieur Jean-Michel Bodelet revient sur cet épisode dramatique évoqué par M. Francois Soyeur paru il y a peu. Mon correspondant connaît très bien les faits car il les a étudiés en profondeur durant ses études universitaires en histoire.

« Ayant pour mon mémoire de licence travaillé sur le sujet, D. Walthère, réfractaire liégeois et M. Dujardin ont été abattus, en avril 44, par quatre SS wallons. Ces derniers étaient tous des déserteurs. Leurs identités sont connues. Je ne peux cependant vous les donner. Sachez qu’aucun n’est issu de la province de Luxembourg. Cette affaire sera évoquée au Conseil de Guerre d’Arlon en mars 1948.

Ce ne sont pas des faits uniques. En août 44, à Herbeumont, des membres de la légion Wallonie ont surpris un certain Lanoy, maquisard originaire de Forest. Ce dernier a été abattu.

On retrouve également des membres -deux frères d’origine liégeoise- de la légion Wallonie à Marcourt. Non dans le massacre des civils mais dans le martyre de Jules Daco « Cyprien » dans le MNB, torturé et exécuté après la prise du maquis de Mierchamps (La Roche-en-Ardenne). »

Un grand merci pour ces précisions.

La Petite Gazette du 18 janvier 2012

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Le sujet a été initié par M. Francois Soyeur puis développé par Monsieur Jean-Michel Bodelet et il a suscité l’émotion…

Madame Mireille Dujardin, de Melreux, m’écrit avoir été « toute remuée » par la lecture de ces souvenirs tragiques et elle nous explique pourquoi :

« Pensez que j’ai vécu ces événements familiaux de très près. Madeleine Dujardin est ma cousine germaine ; nous sommes filles de deux frères : Maurice pour Madeleine et René Dujardin pour moi.

D’après mon oncle Maurice et son fils Jean, il semblerait que ces fameux SS venaient d’Eneille et se dirigeaient vers Grandhan qu’ils traversèrent. Arrivés au croisement, ils se dirigèrent vers Petithan ; ils bifurquèrent soudain et revinrent vers le bois de Grandhan Melreux.

Il faut dire qu’il y avait eu une alerte pour signaler ces soldats, toujours d’après mon oncle et mon cousin, ces SS étaient quatre. D’après les constatations d’usage, il y avait deux soldats de chaque côté de la route (analyse des impacts). Quand l’alerte fut passée, les hommes et les réfractaires revinrent à Granhan et environs. Seul l’un d’entre eux, Walter Dony, fit un crochet vers la gare de Melreux¸ pour dire au revoir à sa sœur ; malheureusement le train venait de partir. Il rattrapa Madeleine dans le bois… Vous connaissez une partie de l’assassinat…

Le premier arrivé sur les lieux fut le Docteur Cravatte qui, voyant le tableau et reconnaissant les personnes gisant à terre, s’en vint chercher mon cousin Jean Dujardin, le frère de Madeleine, en lui disant : « Viens un peu et prends deux couvertures, il y a un drame dans le bois. »

Après avoir averti les Allemands, ils purent ramener les corps à Granhan ; ces Allemands ont dit à mon oncle et à la famille qu’ils allaient rattraper ces voyous et les envoyer sur le front russe. Je ne vous dis pas ce que vécurent les parents de Madeleine et les familles, ce fut une véritable tragédie.

Les Allemands avaient mis deux soldats de faction de chaque côté de la porte d’entrée de Maurice Dujardin qui faisaient peur aux personnes venues rendre visite à la mortuaire. Pour rappel, c’est mon oncle Maurice qui a fait le cercueil de sa fille.

A la fin de la guerre, le procès a eu lieu et il y a eu du grabuge. »

Monsieur François Soyeur a, quant à lui, recueilli le  témoignage de Madame Marie-Thérèse Lizen, épouse de Georges Dawance, de Melreux.

« Voici ce dont je me souviens  de ce jour tragique qui a arraché la vie de ma copine, nous étions de la classe de Monsieur Jacquemard, de Grandhan. Madeleine et moi, nous avions toutes deux le même âge. J’étais domiciliée à la ferme du chène-a-han. Le vingt-deux avril 1944, vers 19 heures, avec ma maman, Fanny Laboulle (épouse Lizen) nous étions occupées à divers travaux de laiterie, lorsque quatre hommes descendirent le bois du tilleul vers la ferme, ils entrèrent dans la cour. Trois étaient âgés entre vingt et vingt-quatre ans, le quatrième,  plus âgé, était le chef du quatuor. Ils étaient complètement habillés en uniforme allemand et bien armés.

L’ainé demanda à maman pour dormir dans le foin du fenil de l’étable. Pendant la soirée, notre ouvrier feu Monsieur Robert Laffut rendit visite à ses parents à Somme-leuze. En rentrant à la maison, il dit à maman avec un air très étonné que les gars du fenil  dialoguaient en wallon. Ils  se dirent que c’étaient des rexistes.

Le 23, à leur lever vers 10 heures, ils obligèrent ma chère maman à leur faire une fameuse fricassée, après s’être régalés ils partirent a travers les prairies vers le lieu dit le ry bouillon, J’ignore comment ils ont traversé l’Ourthe, ont-ils changé de chemin ou emprunté la barque de Monsieur Léon Magis.

De là, ils se dirigèrent par les bois, vers la route reliant Grandhan à Melreux, à gauche et à trois cent mètres de la Reine Pédauque. C’est à cet endroit qu’ils croisèrent leurs deux victimes. Ils tuèrent d’abord Monsieur Dony, puis notre jeune Madeleine, afin que le silence soit complet sur cette tragédie. A 12h30, maman fut prévenue par un appel téléphonique de Madame Jeanne Quétin, employée au bureau des téléphones de Somme-Leuze.

Dans le courant de l’après-midi, ils furent arrêtés dans les bois de Noiseux vers Baillonville. Maman dû aller  les reconnaitre à la Kommandatur de Marche-en-Famenne. »

La Petite Gazette du 29 février 2012

TOUJOURS A PROPOS DE L’ASSASSINAT DE MADELEINE DUJARDIN ET DE WALTER DONY.

Il n’est pas rare que des sujets vous touchent davantage que d’autres et l’évocation de ce double assassinat fait partie de cette catégorie si j’en juge par les diverses réactions enregistrées à son propos. Ainsi, Monsieur François  Soyeur a encore recueilli ce souvenir.

Monsieur Martin Adolphe, de Barvaux,  raconte : «  Le jour de l’assassinat des deux personnes citées, j’étais chez moi a Noiseux avec mon père et ma maman. A ce moment, le docteur Cravate, de Noiseux, est venu nous dire qu’il y avait eu un assassinat de deux personnes dans le bois de Grandhan. Il nous a demandé de l’accompagner sur les lieux. Quand nous sommes arrivés, les corps n’étaient plus visibles, seule une tache de sang assez importante était visible sur la chaussée..

Nous somme rentrés chez nous, mais le docteur nous demanda de le suivre sur le Stoqueu sans doute pour aller à la recherche des assassins. Mon père lui demanda de ne pas y aller de peur des certaines représailles. »

La semaine prochaine, je reviendrai encore sur le sujet et sur ses conséquences grâce à de nouvelles communications que je viens de recevoir. Merci de confier vos souvenirs à La Petite Gazette afin d’en assurer la pérennité.

La Petite Gazette du 7 mars 2012

A PROPOS DE L’ARRESTATION DE JULES DACO APRES LA PRISE DU MAQUIS DE MIERCHAMPS

Monsieur Edgard Orban, de Gênes, revient, avec la complicité d’une plume bien connue des lecteurs des Annonces puisqu’il s’agit de Louis Vieuxtemps, sur cet épisode dramatique évoqué dernièrement dans La Petite Gazette.

«J’aurais voulu apporter quelques précisions à propos des faits qui se sont passés lors de l’arrestation de Monsieur Jules Daco étant donné que je suis certainement une des dernières personnes à l’avoir vu vivant.

Je me souviens que le jour où les Allemands avaient « ramassé » les hommes des villages de Trinal, Werpin, Melines, Wy et Soy, deux camions allemands étaient garés dans la cour de la maison de mes parents.

Jules Daco était assis à l’arrière d’un des véhicules et, à côté de lui, il y avait un homme d’origine liégeoise vêtu d’un uniforme allemand. Mon voisin, Joseph Houssa, secrétaire communal à l’époque, n’était pas concerné par les arrestations vu son âge. Il s’approcha et interrogea Jules Daco au sujet de sa détention.

Un officier allemand, qui se trouvait à proximité et qui parlait français, l’interpela pour savoir s’il le connaissait et s’il voulait l’accompagner dans le camion. Joseph Houssa, qui ignorait tout, répondit négativement et dit qu’il ne l’avait jamais vu.

Un peu plus tard, Jules Daco demanda à ma maman, qui était dans la cour, qu’elle lui donne un verre d’eau ; mais l’officier allemand intervint à nouveau en lui disant : « Non, madame, pas à cet homme ! »

Peu de temps après le départ des camions, un deuxième membre de la légion wallonne vint s’installer à côté du Liégeois et ils parlèrent ensemble en wallon.

Il est fort probable que ce sont les deux frères qui auraient torturé et exécuté Jules Daco et à qui Jean-Michel Bodelet fait allusion dans son évocation dans l’édition de la deuxième semaine de janvier dernier. »

LA LUTTE EN OURTHE-AMBLEVE

La Petite Gazette du 21 décembre 2011

ON A LUTTE EN OURTHE-AMBLEVE

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La lutte a connu ses heures de gloire en Ourthe-Amblève et nos villages ont connu des champions illustres qui portèrent les couleurs locales jusqu’aux jeux olympiques. M. Etienne Compère dont on connaît l’attachement pour le passé aqualien est en quête de l’identification de ces lutteurs dont l’image a été fixée, il y a bien des décennies de cela, sur cette photographie. Pour tenter de mettre un nom sur chacun de ces visages, il s’en est remis à un ancien lutteur d’Aywaille, Robert Leruth, qui enquêta longuement, questionnant tout qui pourrait le mettre sur la piste d’un nom de ces lutteurs  appartenant à un club de lutte des années 1940. Yves Dechamps, de Sprimont,  a reconnu quatre de ces athlètes à savoir :

–         debout en 2ème position Joseph Gillon, en 3ème pos. Valère Crahay, en 5ème pos. Léon Detaille.

–         assis en 2ème position Auguste Mathonet.

Pourrez-vous ajouter l’un ou l’autre nom à cette liste ? Evoquerez-vous pour La Petite Gazette ce sport si populaire jadis en nos salles de village. Je l’espère et vous en remercie d’ores et déjà.

La Petite Gazette du 4 janvier 2012

ON A LUTTE EN OURTHE-AMBLEVE

Monsieur François Hartert, époux de Nelly Lejeune, de Sprimont, nous aide à compléter l’identification de ces fiers lutteurs :

« Pour compléter les informations de mon ami Yves Dechamps, je peux vous signaler que le lutteur situé en quatrième position sur la photo (à côté de Valère Crahay), n’est autre que mon beau-père, M. Georges Lejeune né à Sprimont le 21 mars 1914 et décédé à Liège, le 4 janvier 2001). Si mes souvenirs de ses récits sont exacts, il doit s’agir d’une photo présentant les membres du club de lutte gréco-romaine de Sprimont. Ce club était affilié à la Fédération Sportive Socialiste et avait son siège à la Maison du Peuple de Sprimont. »

Se trouvera-t-il d’autres lecteurs qui nous permettront de mettre un nom sur chaque visage ? Cela ferait un grand plaisir à M. Etienne Compère.

La Petite Gazette du 11 janvier 2012

ON A LUTTE EN OURTHE-AMBLEVE

Faisons le point car un nouveau nom a été rapporté. Merci à Madame veuve J. Lejeune, d’Aywaille et à Robert Leruth qui a servi d’intermédiaire.

–         debout en 2e position Joseph Gillon, 3e Valère Crahay, 4e  Georges Lejeune, 5e  Léon Detaille.

–         assis en 2e position Auguste Mathonet. 3e René Boutet, du Hornay.

Ce club était affilié à la Fédération Sportive Socialiste et avait son siège à la Maison du Peuple de Sprimont. »

Se trouvera-t-il d’autres lecteurs qui nous permettront de mettre un nom sur chaque visage ? Cela ferait un grand plaisir à M. Etienne Compère.

La Petite Gazette du 8 février 2012

VOUS AVEZ AUSSI RECONNU PRESQUE TOUS CES LUTTEURS DE SPRIMONT

Madame véronique Matz, d’Aywaille, m’a transmis un passionnant courrier suite à la parution de cette photo qui ne lui était pas inconnue.

« Cette photographie figure dans les albums de maman. Ce sont des albums de photos de famille et si celle-ci y est présente, sous forme de carte postale, c’est tout simplement parce que l’un de ces lutteurs n’est autre que mon grand-père maternel.

Grâce à sa formidable mémoire des visages et des noms, maman a pu compléter les prénoms, noms et lieux de vie de presque tous les camarades de lutte de son papa. Un seul visage reste inconnu. Avant de vous livrer ces noms, il faut que maman et moi nous vous précisions quelques détails. Le club de lutte se nommait le « Cercle de lutte de l’Avenir de Sprimont ». Le siège du club se trouvait bien à la Maison du Peuple, aujourd’hui « Centre culturel Henri Simon ». la salle d’entraînement se trouvait à l’arrière de la salle accueillant les spectacles et le cinéma. Cette photo doit dater d’avant 1929 car ma grand-mère ne voulait plus que son mari pratique ce sport. Il s’agissait même d’une condition mise à leur mariage !

Je n’ai pas eu la chance de connaître mon grand-père qui fut victime de la chute d’un V1 sur La Préalle, usine à Prayon) à la fin de la guerre en décembre 1944. Cependant mon enfance fut bercée d’histoires et d’anecdotes de la famille de maman, mais aussi de celle de mon papa.

Je sais que quelques-uns des compagnons de lutte de mon grand-père furent des amis fidèles et j’ai eu la chance de connaître certains d’entre eux, notamment la veuve de Désiré Labaye, l’amie de ma grand-mère, Mme Louise Breton. M. Valère Crahay, fontainier à la commune de Sprimont, mais surtout grande figure socialiste, responsable durant de longues années de la Mutualité de la Pierre, puis FMSS devenue aujourd’hui Solidaris et dont les bureaux se trouvent toujours au Fond Leval à Sprimont. Enfin, Monsieur Albert Heinen et son épouse Ginette, célèbre et formidable infirmière accoucheuse qui mit, certainement, au monde bien des lecteurs de La Petite Gazette (N.D.L.R. Ce serait dès lors l’occasion d’évoquer son souvenir au travers d’anecdotes ou de souvenirs liés à l’exercice de sa profession… Le voudrez-vous ?)

Voici maintenant la liste des noms de ces lutteurs, elle a été  établie grâce à la formidable mémoire de ma petite et chère maman.

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Debout, de gauche à droite : Désiré Labaye, Damré-Sprimont ; Joseph Gillon, Florzé ; Valère Crahay, Fond Leval-Sprimont ; Georges Lejeune ; Léon Detaille ; Albert Heinen, Hornay-Sprimont.

Assis, de gauche à droite : Alphonse Defays, dit Joseph, de Hornay Sprimont, mon grand-père, précise Mme Matz ; Auguste Mathonet, Fond Leval – Sprimont ; René Boutet ; ? Calbert, Florzé ?;    ?   ; Joseph Sluse, Cour Robaye Sprimont. »

Un immense merci à Madame Matz et à sa maman, Mme Emilie Defays.

CROQUEMITAINES ET MAKRALES

La Petite Gazette du 18 janvier 2012

LE GAMIN ET LI SPES TINS

C’est avec beaucoup de plaisir que je puis vous proposer ce magnifique souvenir d’un croquemitaine de chez nous, évoqué par Monsieur René Dosogne, de Modave.

« Dans ma jeunesse, 1925-1940, les légendes et croyances populaires alimentaient souvent les longues soirées d’hiver.

A la tombée du jour, il n’était pas rare d’entendre dire, pour faire rentrer les enfants avant la nuit : « Voci li spès tins », sous-entendu « la nuit noire ».

Dans la région vivait un monsieur âgé qui n’avait pas été gâté par la nature et qui avait l’habitude de rendre visite à ses cousins à la nuit tombante. Un soir, il tomba nez à nez avec un gamin de 8 ans, qui avait pour habitude de traîner en rue. Surpris, le gosse rentre en catastrophe chez ses grands-parents, blanc de peur… La grand-mère, intriguée, demande « Qu’avez-vous ? » Et le gamin de répondre : « J’ai vu li spès tins !» et Bobonne de vérifier avec le sourire…

Ce monsieur était un voisin, d’une gentillesse admirable, à qui je rendais visite chaque jour. Depuis, bien des années ont passé et, 70 ans après son décès, il m’est agréable de rendre hommage à Fernand B., un vrai brave homme ! »

Merci M. Dosogne, j’adore ce genre de témoignage faisant revivre de façon si naturelle les croyances de jadis. Si vous aussi vous avez de ces anecdotes mettant en scène les divers croquemitaines qui peuplaient nos contrées – li spès tins, Pépé Crotchet, li Bâbou, li neûr ome, lu rodje-bètch…) n’hésitez surtout pas à nous les conter.

La Petite Gazette du 28 mars 2012

LES CROQUEMITAINES DE NOTRE ENFANCE…

Il y a deux mois, La Petite Gazette faisait revivre, grâce aux souvenirs de Monsieur René Dossogne, de Modave, un des plus fameux croquemitaines de nos contrées, li spès tins. Monsieur Robert Rahier, d’Embourg, n’a jamais oublié, ainsi qu’il me l’écrit, ces « nombreux personnages effrayants qui hantaient mon imaginaire d’enfant. Je m’en suis souvenu et j’en ai rassemblé une brochette dans un écrit intitulé « Mès sognes d’èfant » tiré de mon recueil « èl Rôye d’èrére »

Mès sognes d’èfant

Avez-v’oyou « Moncheû Dåvint »

Divint lès cohes dèl vîle mèlêye ?

I nos ramonne si måssî timp

Èn-ine cabasse di calinerèyes

 

Avez-v’ vèyou « l’ome ås rodjes dints »

Å grés dèl cåve, dizos l’montèye ?

È li spèheûr, mi dji l’ètind

Dji sin s’sofla come dèl djalèye

 

« Li neûr Djèrå » c’èst-ine lêde bièsse

Vos v’ritrovez, sins qu’i n’èl dèye,

Li trô dè cou inte lès deûs fèsses

Ou bin l’tchièsse int lès deûs orèyes.

 

Qwant fêt neûr nut’ « li Maflou » tind.

Il a bin l’toûr di v-s-assètchî.

Mins n’a pé qu’lu, c’èst « li spès tins »

I v’s-aval’reût sins v’kihagnî.

 

« li gate di fiér » èt « l’neûre makrale »

C’èst d’vins lès bouh’nisses qu’èles si t’nêt

Lès p’tits-èfants, c’è-st-on règal

Èles ènnè fêt dè matoufèt.

 

Si v’n’èstez nin dès pus djintis,

« li blanke houp’rale » a sès marotes,

Avou sès coûtès èrunis

Èle vis côp’rè l’filet dèl trote.

 

Li cîsse qui m’fêt todi l’pus sogne

C’èst « l’mwète bètchowe » qui lès-a totes

Si n’a nouk po l’tini a gogne

On n’vis r’veûrè pus qu’a fribotes.

 

Di sint houbêrt, si v’fez l’luskète,

Lès clokes vis toûn’ront a posteûre ;

« hanscroufe » tot neûr èt s’grande baguète

Trimpèye è vinègue li pus seûr.

 

« li trô dèl gate », sint Nicolèy,

Nos-s’î avans crèyou lontins

C’èsteût les bons moumins dès vèye.

Dji m’veût co avou m’bleû vantrin.

La Petite Gazette du 11 avril 2012

JE VOYAIS SURGIR UN DIABLE TERRIFIANT…

Madame Claire Delhez, de Marchin, par la petite anecdote qu’elle nous conte, rappelle que, jadis, il n’était pas toujours nécessaire d’évoquer les terribles croquemitaines de chez nous pour que la peur s’empare d’un enfant…

« Mon grand-papa Ulysse était un brave homme, le ventre rond sous un gilet gis, boutonné, la moustache touffue sans oublier l’éternelle pipe fumante entre les dents.

Un personnage, un bon vivant, bien de notre charmant Condroz… Quand on frappait à la porte de sa petite ferme blottie sur une pente douce, il criait, d’un ton amusé, « Intrez si c’n’est nin l’diâle ! ». Cette phrase au parfum de soufre me figeait sur place. Je voyais surgir un terrifiant diable noir, cornu et entouré de flammes pointues.

Entrait alors un ami de la famille, venu en cachette boire une bonne petite goutte, ou une voisine pressée d’apporter nouvelles et potins du jour.

Dans le regard bleu de grand-papa, je voyais bien cette petite lueur taquine qui le trahissait.

Délicieux souvenir que je partage avec vous qui lisez ces lignes… »

La Petite Gazette du 3 octobre 2012

NOUS VIVONS ENTOURES DE SORCIERES…

Voici un magnifique témoignage que me transmet une charmante lectrice d’Ourthe-Amblève et dans lequel elle évoque ces êtres qui peuplent la tradition orale locale.

« Un jour, une dame de mon voisinage m’avoue avoir entendu des voix, des voix de femmes, un homme peut-être… Elle ne comprend pas leur langage ! Dès qu’elle rentre dans sa maison, elle n’entend plus rien. « Que se passe-t-il ? Sont-ce des troubles dus à mon âge ? »

Un après-midi de soleil, nous étions dans les premiers jours d’avril, je déménage, côté sud, le petit salon jardin au bord du ruisseau qui traverse ma propriété, pour un agréable moment de lecture.

A mon tour, j’entends également des voix, des voix de femmes, plusieurs… Je ne comprends rien, mais elles sont joyeuses, bavardes, remplies d’entrain… Je pense que c’est une visite qui s’annonce et je vais voir… Personne ! Cela se passait à un endroit où dernièrement s’est créé un chantoir et cela a manifestement son importance !

En soirée, je vais chez mon amie qui décide de téléphoner à un voyant de notre connaissance qui a toute notre confiance. Je m’attendais bien peu à la réponse qu’il nous donna.

« Durant la première quinzaine d’avril, c’est le grand rassemblement des sorcières pour le sabbat qui se passe là-bas, sur les hauteurs ! »

Il faisait noir, je devais rentrer chez moi, à pied, et là j’ai eu un peu peur.

Quelque temps après, je parle de cette histoire à une autre amie qui se met aussitôt à rire. « Tu vois, tu te moques de moi ! » « Mais non, réplique-t-elle, vous me faites rire à avoir peur de choses qui ont toujours existé ! »

Elle me raconta alors l’histoire vécue par son père qui se promenait un soir dans le champ des Macralles, plateau non loin de Remouchamps, à droite de la route menant à Louveigné. Il emprunta alors le chemin qui fait à peu près face au chantoir de Sécheval, lieu de rendez-vous pour le sabbat de Satan !

Le père de mon amie a raconté avoir entendu des voix et des rires, mais il n’y avait personne ! C’étaient elles ! Pareille manifestation se remarque notamment à partir de l’éclosion des premiers bourgeons de lilas et jusqu’à ce que leurs fleurs viennent à maturité. Il paraît d’ailleurs qu’il convient d’avoir un lilas chez soi. J’en ai un qui a bien repris dans le talus, là derrière ma maison. Ces étranges manifestations surviennent également aux équinoxes et aux solstices et une petite recherche sur internet m’apprend qu’elles ne sont pas rares à la veille des fêtes chrétiennes. Mon aventure se déroulait justement à la veille de pâques. Je serai attentive aux prochains solstices et aux équinoxes à venir. Quelle belle histoire !

J’aimais à rapporter cela car si jamais ma petite-fille venait habiter ici un jour, je ne voudrais pas qu’elle ait peur ! Il ne faut pas craindre ce monde parallèle qui est bien là , à côté de nous… Il faut vivre avec !

Mon amie de Remouchamps m’a dit : « Toujours bien dire bonjour aux sorcières… Bonjour Mesdames ! »

La dame qui avait entendu les voix avant moi m’a rappelé l’histoire de Bellem, sorcier d’Ardenne, en insistant sur ce qu’il fallait en retenir : « ne jamais se moquer des sorciers et des sorcières et toujours leur dire bonjour ! ». Et ma correspondante de conclure : ma terre aussi, c’est une terre de légendes ! »

La Petite Gazette du 7 novembre 2012

ENCORE LES SORCIERES …

Madame Maria Lambotte, de Werbomont, a questionné autour d’elle pour en apprendre davantage sur les sorcières de chez nous…

« Au cours des Journées du Patrimoine, quelqu’un m’a demandé « Que sais-tu des macrales ? » Absolument rien ou bien peu de choses… Par après, en creusant un peu, je me suis souvenue d’un vieux livre incomplet « L’Ardenne mystérieuse », un livre à moitié déchiré où un conteur (N.D.L.R. Louis Banneux) rapportaient des histoires de sorcières qui se passaient dans toute l’Ardenne. Dans les pages qui me restent, j’ai appris que Burnontige, Fays, la Cherhalle avaient aussi leurs macrales.

Puis j’ai interrogé les anciens, Nestor Bodson, de Werbomont, nonante ans, m’a rappelé qu’à l’autre côté du monument dédié à la mémoire des aviateurs anglais tombés à cet endroit, un petit chemin monte à l’hesse d’el tchapelle ; c’est là que les macrales étaient censées aller faire leurs danses. Et la chapelle… a-t-elle vraiment existé ? Mystère…

Marie Jacquemin, son épouse, m’a dit qu’un jour des scouts catholiques de Liège avaient choisi de venir à l’hesse d’el tchapelle pour faire leur promesse. Pour recevoir ces dites promesses, un aumônier les accompagnait. Deux représentants de la Fédération faisaient aussi partie du groupe. D’autre part, j’apprends que certaines mamans, d’un temps pas si lointain, recommandaient à leurs enfants de ne pas s’arrêter en passant près de l’arbre parce que c’était l’arbre aux macrales… D’un côté des petites filles qui priaient auprès de l’arbre et, à d’autres moments, des enfants s’encourant… Danger ? Bien bizarre tout cela !

Pour l’anecdote, maman me disait quand j’avais, par mégarde, mis mon gilet à l’envers : « Ti k’tchèsse lès macrales ? » C’est bien possible car je n’en ai jamais vu…  « mins saqwante’ côps dja vèyou l’djâle ! »

La Petite Gazette du 26 décembre 2012

A PROPOS DES MACRALES

Monsieur J. Burton, de Bomal s/O, partage avec nous tous ces extraordinaires anecdotes.

« Voilà une histoire que nous raconta jadis ma maman lorsque nous étions encore tous en famille. Dans son village natal, à Commanster, commune de Vielsalm actuellement, vivait, encore dans l’entre-deux-guerres, une macrale notoire et toujours très active.

Par un bel après-midi d’été, ma grand-mère part se promener dans le village avec sa petite-fille, encore bébé, née en 1924 et qui, bien plus tard, deviendra ma marraine. Passant devant la maison de la macrale, celle-ci s’avança sur la route pour voir le bébé et lui caresser la joue. A peine était-elle rentrée chez elle avec le bébé que celui-ci se mit à pleurer et tous les moyens utilisés pour arrêter ses pleurs furent vains. Finalement, elle fit appel au curé du village qui vint bénir le bébé, prononçant quelques paroles, mains jointes. Avant de sortir, le prêtre recommanda à ma grand-mère de ne plus se laisser approcher par la macrale et de faire un signe de croix en s’éloignant d’elle si elle la voyait.

Un fermier chassait ses cochons sur la route, quand, arrivés devant la maison de la macrale, les animaux refusèrent d’avancer ou de reculer. Voyant la macrale debout sur son seuil, le fermier lui cria : « C’est encore toi vieille macrale !» et il lui lança son bâton. La vieille n’insista pas et rentra. Aussitôt, les cochons continuèrent leur chemin, normalement.

Une autre fois, un fermier avec son cheval attelé à un tombereau passait à proximité de la maison de la macrale et voilà, cette fois, que c’est le cheval qui ne veut plus avancer. Il vit la macrale qui regardait par sa fenêtre et l’entendit crier « scie un rayon d’une roue de ton tombereau et le cheval avancera ! » Le fermier s’exécuta et le cheval put continuer sa route.

Il s’agit là d’histoires vécues il y a moins d’un siècle. Cette sorcière est morte quelques années avant la guerre et les gens du village disaient qu’elle avait hérité des livres de sorcellerie de sa vieille tante… » Un merci tout spécial pour ce remarquable témoignage.

La Petite Gazette du 10 octobre 2007

PAS POILU… MAIS PIOTTE !

 
Monsieur Jean d’Olne, de Sendrogne, fait une intéressante et judicieuse remarque :  
J’ai sursauté en lisant dans un de vos billets « Mme Arlette Deblond est la nièce d’un poilu de la Grande Guerre ». En effet, le mot « poilu » désigne un soldat français de la 1ère Guerre Mondiale, pour reprendre la définition du Petit Larousse. Si j’ai bonne mémoire, les soldats belges étaient surnommés « piottes« . J’ai aussi le mot « jass » en mémoire, mais il est peut-être d’usage plus restreint (équipe nationale militaire de football), cfr http://www.mil.be Édition 11 du 15/11/2000  
L’équipe nationale militaire de football en Amérique du sud Épatants, les Jass ! (Merci Google.be…)  
Quant aux « piottes« , je trouve, toujours sur Google, ce document qui cite le terme, Médecins de la Grande Guerre, par le Dr. Patrick Loodts (Au hasard …) « Les piottes belges soumis à un travail harassant depuis plusieurs jours se trouvent donc couchés à même le sol (…) le nouveau poste de secours se remplit aussitôt de piottes et de feldgrauen blessés (…) Et aussitôt les piottes entonnent spontanément la Brabançonne et viennent serrer les mains de leur chef. » Il y a deux autres documents, qui ne citent le terme qu’une seule fois, toujours au sujet de soldats belges… (Encore Google.be, évidemment…)  
Il serait intéressant de chercher des compléments d’information auprès des lecteurs, les réponses instructives ne manqueront pas!

La Petite Gazette du 24 octobre 2007

 

Piotte, piot, jass, jas ou …poilu belge !

Voici quelques compléments d’information pour M. Jean d’Olne, de Sendrogne, à propos du surnom des soldats belges de 1914-1918. Ils ont été rassemblés et transmis par M. Alain Canneel, de Lesterny.

JASS

On trouve dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque royale de Belgique (http://opac.kbr.be/fbb1.htm) au moins deux ouvrages concernant les jass:

J’ai vu ! Les misères de nos jass au front, A. Van Dijck, sans date de publication ni mention de l’éditeur.

Notre jass de 1914. Le soldat belge, par un officier de troupe, Général Remes, Bruxelles, Imprimerie des Travaux publics, sans date de publication.

Ce dernier ouvrage, qui est partiellement accessible sur l’Internet (http://www.greatwardifferent.com), se retrouve aussi dans le catalogue en ligne d’un autre service public, le Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines ou CEGES (http://www.cegesoma.be/index.php?option=com_wrapper&Itemid=55), avec en outre le périodique suivant:

Enfants de Jass, sous la direction de M. Gossieaux, Fédération Nationale des Amicales d’Enfants de Combattants, Bruxelles, Cahier trimestriel.

De plus, dans la photothèque du CEGES, à la rubrique Entrée et présence des troupes alliées en Belgique, se trouve une photo (n° 448) dont la légende est Nos Jass examinent avec intérêt les armes magnifiques des Tommies et qui date de …mai 1940 !

PIOTTE ou PIOT

Dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque royale de Belgique, on trouve entre autres les deux ouvrages suivants:

A la gloire du piotte, Louis Piérard, Leyde, A. W. Sijthoff, 1916.

Ceux du front. Organe intermittent des anciens du 19e régiment de Piottes, Soignies, Secrétariat M. Maurice Chauviaux, 1924.

Et dans le catalogue en ligne du CEGES, on trouve en outre cet ouvrage qui traite lui de la guerre 1940-1945:

Bij den troep. Belevenissen van een piot. Kamp van Beverlo, Mobilisatie, Achttiendaagse veldtocht, 1938-1940, René VUGHT, Leuven, 1992.

POILU BELGE – BELGISCHE PIOTTE

En ce qui concerne les dictionnaires, il convient de souligner que le Petit Larousse – par exemple, le Larousse du XXe siècle en six volumes publiés de 1928 à 1933, qui donne la même définition de poilu – est un dictionnaire français.  Cela peut expliquer une référence aux seuls soldats français.  Le Petit Robert est néanmoins plus scrupuleux bien qu’aussi français: pour lui le substantif poilu désigne un «soldat combattant de la guerre de 1914-1918, dans le langage des civils», sans précision de nationalité.  Par ailleurs, ces dictionnaires ignorent nos jass et piotte ou piot.

Il y a plus.  Les quatre frères de mon grand-père paternel ont été combattants en 1914-1918: Jules-Marie Canneel (né en 1881) et Jean Canneel (né en 1889) ont été mobilisés, Georges Canneel (né en 1887) et Jean Canneel (né en 1894) ont été volontaires de guerre.  Dans La Petite Gazette des 15, 22 et 29 janvier 2004, j’ai évoqué plus particulièrement l’aîné d’entre eux, «vieux soldat» de trente-trois ans des «troupes de forteresse», à propos du camp de Harderwijk aux Pays-Bas où il a été interné, avec beaucoup d’autres soldats belges, après la chute d’Anvers et la retraite aux Pays-Bas restés neutres.  Comme je l’écrivais alors, Jules-Marie Canneel illustra régulièrement la revue bilingue Inter Nos, organe bimensuel des internés belges de Harderwijk de 1916 à 1918.  Il dessina notamment les illustrations de couverture des 61 numéros publiés.  J’ai récemment reçu des photocopies de ces couvertures.  Celle du numéro 52 (1er juin 1918) intéressera M. Jean d’Olne.  Son sujet en effet n’est autre qu’«un poilu belge – een Belgische piotte» !  Voyez la reproduction ci-jointe. »

POILU-PIOTTE.jpg

Nous suivrons cette brillante démonstration, la semaine prochaine.

La Petite Gazette du 30 octobre 2007

Piotte, piot, jass, jas ou …poilu belge !

Voici quelques compléments d’information initialement destinés à M. Jean d’Olne, de Sendrogne, à propos du surnom des soldats belges de 1914-1918. Cependant, l’intérêt de cette documentation m’a poussé à vous la proposer à tous. Tous ces renseignements ont été rassemblés et transmis par M. Alain Canneel, de Lesterny.

« Consultons les dictionnaires non pas français mais néerlandais.  Je n’ai sous la main que le Frans Woordenboek de C.R.C. Herckenrath, J.B. Wolters, Groningen, mais il m’apprend déjà que een piot signifie un pioupiou, un troupier.  Vous aurez d’ailleurs noté que le seul ouvrage en langue néerlandaise cité la semaine dernière use dans son titre du terme piot (pluriel: piotten), à la différence des ouvrages en langue française qui utilisent un piotte et des piottes.  Pour être correct, il aurait sans doute fallu écrire sur la couverture du numéro 52 d’Inter Nos «een Belgische piot»…

Il vous reste à lancer votre moteur de recherche favori sur l’Internet avec comme mots clés soit een piot, soit piotten associé à 1914, pour trouver une abondance de textes en néerlandais à propos des troupiers de 1914.  Si vous associez piot ou piotten à 1940, par exemple, vous aurez la confirmation de ce que suggère la mention ci-dessus à propos de l’ouvrage en langue néerlandaise concernant la guerre de 1940-1945, à savoir que les appellations piot ou piotten ne sont pas plus spécifiques de la «Grande Guerre» que jass.  A la différence de poilu ?  Enfin, mon Frans Woordenboek ignore le(s) jass.

Quant au poilu belge, je peux aussi mentionner une carte postale qui, selon sa légende, représente «Le 14 juillet à Paris en 1916 – Les Poilus Belges devant le Grand Palais». 001

Et une autre, qui montre, selon sa légende, «La Grande Guerre 1914-1916En Belgique – La Reine des Belges accompagnée du Général de Conninck écoutant dans les tranchées un poilu mélomane» (jouant du violon).

 

JASS ou JAS

Last but not least, Jules-Marie Canneel signait ses illustrations de couverture pour la revue Inter Nos du camp d’internement de Harderwijk en faisant parfois suivre son nom par une qualification de son état de soldat belge interné.  Ainsi, signa-t-il la couverture du numéro 40 (1er janvier 1918) j.m. canneel soldat belge, celle du numéro 49 (15 mai 1918) qui est un autoportrait j.m. canneel Belgian soldier by himself ou celle du numéro 61 (novembre 1918) j.m. canneel soldat interné belge.  Mais ce sont ses signatures des couvertures des numéros 45 (15 mars 1918) et 59 (15 octobre 1918) qui doivent intéresser les lecteurs de la Petite Gazette –soit respectivement j.m.canneel piotte et j.m. canneel jas.  Voyez les reproductions ci-après.

Toutefois, l’élément le plus éclairant à propos de jass et jas provient d’un monument situé devant l’hôtel de ville d’Arlon. Voyez la reproduction de cette carte postale.

002

Cette statue en bronze de 2,30 mètres de haut, œuvre de Jean-Marie Gaspar (1861-1931) inaugurée le 3 octobre 1920 suite à une souscription publique, a pour nom «Le Jass». Elle représente un soldat de la Grande Guerre et a été érigée à la mémoire des combattants et des déportés belges, ainsi que des fusillés arlonais morts au cours de la guerre 1914-1918.  J’ai puisé ces informations sur l’Internet, à l’adresse http://www.arlon-is-on.be/fr/autres.html où sont détaillés les monuments de la ville d’Arlon.  On y lit de surcroît cette précision: le nom Jass vient du mot flamand jas qui désigne la capote portée par les soldats en hiver (een jas, dans son sens courant, c’est une veste, un veston).  Ainsi, quand piotte vient du mot flamand piot, jass vient du mot flamand jas (qui se prononce ‘yass’ comme dans yeux et tasse).  Nous sommes bien en Belgique !

Aussi, pour faire bonne mesure, vous trouverez ci-joint une carte postale de Bruxelles montrant «Manneken-pis en costume de Jass – Manneken-pis in Jass»…

manneken-pis-en-jass

Un immense merci pour cette recherche, sa précision et sa documentation

La Petite Gazette du 14 novembre 2007

Piotte, jass, jas ou poilu belge ! petit erratum et nouveaux déverloppements

Alain Canneel, de Lesterny, me demande de faire la petite correction suivante :

« On m’a fait remarquer une erreur de distraction que j’ai commise dans le texte qui a été publié dans La Petite Gazette du 25 octobre dernier.  Le plus jeune des quatre frères de mon grand-père se prénommait en effet Marcel et non Jean.  Il faut donc lire:

Jules-Marie Canneel (né en 1881) et Jean Canneel (né en 1889) ont été mobilisés, Georges Canneel (né en 1887) et Marcel Canneel (né en 1894) ont été volontaires de guerre. Mon correspondant en profite pour nous présenter un autre document intéressant :

les-poilus-belges-devant-le-grand-palais-14-7-1916

Des soldats belges ont défilé à la fête du 14 juillet 1916 à Paris. La légende de cette carte postale peut éclairer sur l’utilisation faite à cette époque de l’appellation « poilus« , par les Français eux-mêmes. Comme celui de la carte du « poilu mélomane », l’éditeur de cette carte des « poilus belges » à Paris est français. »

Monsieur Guy Stassin, de Flostoy, nous apporte quelques commentaires intéressants :

« Comme dans beaucoup d’autres familles, mon père et mon oncle maternel ont participé, comme jeunes volontaires de 16 ans, à la Première Guerre mondiale. Mon oncle maternel, plus âgé, s’est engagé dès 1915 pour servir au 12e de Ligne, où il a terminé la guerre, blessé, comme sous-Lieutenant auxiliaire tandis que mon père, plus jeune, s’est engagé en 1917 pour venir au 4e d’Artillerie, où il a terminé la guerre comme Brigadier-téléphoniste. Tous les deux participeront à la guerre de 1940 comme officiers de réserve.

Je me rappelle leurs discussions animées et amicales au sujet de la guerre 14 – 18. Mon père traitait mon oncle de « Piot » pour se voir traité en retour de « Verdomme artilleur », terme utilisé vis-à-vis de l’artillerie quand elle tirait trop court et dans ses propres lignes !

A mon avis, le terme « poilu » est typique des fantassins de l’armée française et, parfois, employé par extension à ceux de l’armée belge.

Le terme « Jass » ne désigne pas, à proprement parler, un fantassin des tranchées, mais un homme du rang, un simple soldat. Ce terme était encore, parfois, utilisé quand j’étais encore en service actif ; je suis retraité depuis 1983. (N.D.L.R. Pour rappel, mon correspondant était Commandant de Cavalerie).

Le terme « Piot » ou « Piotte » est différent et désigne l’infanterie par rapport aux autres armes.

C’est devenu un terme péjoratif par lequel les armes montées, artillerie et cavalerie » désignent les fantassins, quel que soit leur grade ; il y a donc même des généraux « Piots » ! N’oublions pas qu’à l’infanterie il y a des caporaux et des sergents alors que, dans les armes montées, on parle de brigadiers et de maréchaux des logis.

Cependant, ce dédain des armes montées s’est estompé pas à pas quand les fantassins, qui se déplaçaient encore à pied dans les années 50, ont progressivement été montés sur Half-Tracks, puis sur véhicules blindés de transport d’infanterie, pour collaborer sur le terrain avec les unités de cavalerie montées sur chars.

Il est intéressant de signaler que, en 1914 – 1918, les gendarmes chargés d’appréhender, sur les arrières, les fuyards et déserteurs avaient été baptisés du terme péjoratif de « piottepakker » ! »

Mon correspondant conclut de façon quelque peu amère : « Je ne suis plus témoin de la situation actuelle où l’on ne sert plus dans un régiment comme autrefois, mais où on travaille dans une entreprise nommé Défense. »

Merci pour ces renseignements qui complètent utilement les informations de M. Canneel.

La Petite Gazette du 5 décembre 2007

Poilu belge, jass, jas, piotte, piot ou… Pioupiou ?

Monsieur Alain Canneel poursuit sa passionnante enquête et coordonne les recherches :

« En la personne de Monsieur Guy Stassin, de Flostoy, nous avons l’avantage de disposer d’un témoin pour un point mineur, mais non dénué d’intérêt: comment les francophones prononçaient-ils à l’époque le j de jass ?  Nous pouvons supposer que ce n’est pas à l’anglaise, comme dans jazz.  Mais est-ce à la française, comme dans jaseur ou jatte ?  Ou, vu l’origine du mot, à la flamande comme le y dans yankee ou yaourt ?

Voici encore, poursuit M. Canneel, quelques informations faisant suite à la remarque de M. Jean d’Olne, de Sendrogne, à propos du surnom des soldats belges de 1914-1918.

Dans son livre «Au pays des braves gens», un récit de ce que fut la vie de ses parents (Editions La Dryade, Vieux-Virton, 1966 pour la 2e édition que j’ai utilisée), Omer Habaru, né vers 1893 à Saint-Mard, décédé vers 1977 et qui fut lieutenant dans l’armée belge, utilise à trois reprises le terme piottes pour désigner de jeunes soldats belges:

-p. 86 et 87, dans le contexte des dernières années du XIXe siècle (l’auteur n’a pas encore 6 ans), ce qui suggère que cette appellation est antérieure à la guerre 1914-1918,

-p. 142, dans une opposition, en août 1914, des piottes belges aux feldgrau allemands (désignés d’après la couleur gris-vert de leur uniforme), ce qui permet de supposer que l’appellation piottes pourrait ne pas désigner que des fantassins belges.

Nous avons d’ailleurs vu qu’en néerlandais een piot signifie un pioupiou.

Dans son ouvrage «Les années douloureuses, Journal d’un encerclé (1914, 1915, 1916)» (Picard-Ballon Ed., Namur, 1919), Victor Enclin (1873-1949), curé de Tellin dès 1912, note à la date du samedi 8 août 1914: «Durant toute la journée, mais par intermittences, les pioupiou français défilent avec un peu d’artillerie.  Les villageois les acclament, leur offrent, au passage, café, cigares, bière, pain.».  Et la carte postale ci-jointe, expression de l’admiration des Français pour les Belges qui réussirent en octobre-novembre 1914 à bloquer l’avance des puissantes troupes allemandes sur le front de l’Yser, reproduit un dessin de Georges Scott publié dans l’Illustration qui montre «le pioupiou de France» offrant un bouquet de roses rouges unies par deux rubans tricolores, l’un bleu-blanc-rouge et l’autre noir-jaune-rouge, «à S.M. la Reine des Belges pour sa fête, 19 novembre 1914», jour de «La Sainte Elisabeth».

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Reste à trouver dans un document la mention de pioupiou belges ou de piottes français… !

 

La Petite Gazette du 3 janvier 2008

AU-DELA DES PIOTTES ET DES POILUS

Grâce à vos diverses interventions, dans les derniers mois de l’année 2007, nous avons eu un large aperçu des différents sobriquets dont étaient affublés (ou que se donnaient eux-mêmes) les soldats de la Grande Guerre.

Monsieur José Marquet, de Sprimont, a eu l’excellente idée de fouiller les mémoires de volontaire de guerre (1914 – 1918 évidemment) de Maurice Flagothier, de Lincé-Sprimont, à la recherche de termes de l’argot militaire alors utilisé. L’auteur de ces mémoires en donnait aussi la définition :

« Piotte ou Lignard : soldat belge d’infanterie de ligne.

Poilu : soldat français.

Jampot : soldat anglais.

Plouk : simple soldat.

Piottepak : gendarme

Plakpotte : soldat malpropre et débraillé.

Ménapien : Flamand.

Cabot : caporal.

Premier bidon : 1er sergent-major.

Adjupette, capiston et colon : adjudant, capitaine et colonel.

Carapate : carabinier.

Flingot : fusil.

Rabat de col : mauvais morceau de viande.

Chapeau boule ou pot de chambre : casque.

Vîs paletots : soldats non armés des vieilles classes qui avaient gardé leurs anciennes tenues sombres datant de l’avant-guerre et ce jusqu’en 1917. Ils étaient affectés à certains travaux.

Compagnie sans floche : compagnie de réhabilitation formée de soldats condamnés par les conseils de guerre et dont le bonnet de police était dépourvu de gland. »

Merci à M. Marquet pour cette recherche.

La Petite Gazette du 16 janvier 2008

ENCORE UN PEU D’ARGOT MILITAIRE

Monsieur Jacques Bastin, de Heyd, vient, de façon bien agréable, compléter la liste dressée dernièrement pas M. Marquet.

« Pioupiou  s’employait encore, naguère, pour désigner un jeune soldat. Le Médecin (le Docteur) se désignera soit par Doc soit par Toubib. Chez les Anglais, on parlera plutôt de Bone(s), soit : «os ou des os » en  français. Ainsi : «Has the Bone(s) already come, today ?» voudra tout simplement dire «Est-ce que le docteur est déjà passé, aujourd’hui

L’Infirmier ou le Garde-malade  seront désignés, en Belgique, par le terme Pilule.

Le Chef d’une petite unité, d’une certaine importance toutefois, y sera souvent appelé le Boss (Terme anglo-saxon)

A la Force navale belge, le commandant du navire sera appelé soit le Singe soit le Vieux quand on ne parlera pas tout simplement du Con (sans qu’il l’entende bien entendu!).

L’Adjudant, quant à lui, sera, en Belgique et en France, assez fréquemment appelé le Juteux (Ici aussi, il ne doit rien du tout entendre, surtout si l’expression vient d’un inférieur!).

Pour ce qui est de la bouffe, le Singe désignera, en Belgique, le corned-beef tandis que, chez les Américains, pour désigner le «Canapé de bœuf à la béchamel», on ne manquera pas de parler de «Shit on a Shingle» (soit en français : «de la merde sur un bout de planchette»). »

La Petite Gazette du 23 janvier 2008

QUAND LES PIOTTES SE RAPPROCHENT DES PAJOTS

Monsieur Armand Collin, de Hody, nous explique pourquoi il revient sur ce sujet :« Après avoir lu vos articles sur le sujet « Piotte » je me suis souvenu avoir un dépliant du Musée du Tram à Schepdaal, dans lequel on trouvait une explication sur l’origine de ce nom. Cela vaut ce que cela vaut, mais ce n’est pas plus mal que d’autres. » Voici donc ce passage du document en question :« D’où vient le nom « Pajottenland » ?A la fin de l’occupation autrichienne (1790), il y avait en Brabant des soldats mercenaires qui portaient le nom de « pajot » (prononciation païot ») vraisemblablement des fantassins.Jusqu’en 1939, on appelait encore les soldats de l’infanterie des « piottes ». Le mot « pajottenland » est utilisé depuis plus d’un siècle et demi par des étudiants. Les intellectuels et les étudiants, en provenance de la région, se sont transmis le mot de génération en génération. Avec la démocratisation des études, le mot s’est introduit dans le peuple.Actuellement, cette expression « contrôlée » désigne la partie du Brabant occidental circonscrite approximativement par les localités suivantes : Anderlecht – Gaasbeek – Lennik – Grooik – Enghien – Ninove – Lombeek Notre dame – Ternat et Asse. »Extrait du dépliant de la Visite du Musée de Schepdaal et de la région où il est établi, le « Pajottenland » organisée par le Musée des Transports en Commun du Pays de Liège, le 21 avril 2007.

La Petite Gazette du 6 février 2008

ENCORE UN PEU D’ARGOT MILITAIRE

Monsieur Henri Jacquemin, de La Gleize, est lieutenant de Vaisseau de 1ère classe (e.r.) ; il souhaite revenir sur l’argot de marine.

« J’ai servi plus de 30 ans à la Force navale, de 1950 à 1982, et je n’ai pas souvenance que, à bord, on appelait le Comandant, soit le « singe » soit le « c… ». Il exact qu’on le surnommait souvent « le vieux », comme c’est le cas dans notre marine marchande, car pas mal de mes camarades de promotion avaient suivi les cours à l’Ecole de Navigation d’Anvers. Par contre, mes collègues formés à l’Ecole navale de Brest utilisaient l’expression « le Pacha » pour désigner leur commandant, comme il est d’usage à la Marine Nationale. J’ai eu l’honneur d’exercer, à plusieurs reprises, un commandement à la mer. A la passerelle, on regardait droit devant et on n’écoutait pas vers l’arrière… Voilà pour ce qui était de la Force Navale ; quant à la Force Terrestre, je ne sais pas. »

Merci d’avoir apporté votre contribution à la constitution de ce petit lexique.

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

La Petite Gazette du 3 juin 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Monsieur Guy Stassin, de Flostoy, n’est pas un inconnu pour les lecteurs de La Petite Gazette. En effet, il nous a déjà gratifiés de quelques articles témoignant de la passion que porte ce commandant de cavalerie en retraite à notre histoire militaire. C’est ce qu’il fait encore en débutant ce jour une très intéressante série qui nous plongera dans les premiers jours de la dernière guerre mondiale.

« Le 10 mai 1940, pour la seconde fois en vingt-cinq ans, notre pays, pourtant neutre, est envahi par la puissante armée allemande. Dès l’aube, un commando transporté par planeurs atterrit, par surprise, sur les superstructures du fort d’Eben-Emael. Fort moderne, de construction récente, EbeEmael a été érigé à la jonction du canal Albert  et de la Meuse, face à la languette du Limbourg hollandais, qui dissimule à notre observation tout mouvement allemand. Surpris par cette tactique inattendue, le fort est rapidement réduit au silence.

Dans la foulée, des chars des 3e et 4e panzerdivizione traversent les ponts du canal Albert, à Veldwezelt et Vroenhoven,  conquis par des commandos aéroportés, et foncent vers Tongres, qu’ils atteindront le 11 mai.

Le gouvernement belge a fait appel à la France et au Royaume Uni, garants de notre neutralité, et le généralissime français Gamelin a déclenché la manœuvre « Dyle ». Cette dernière consiste à faire progresser les Franco-britanniques en Belgique pur les aligner sur la position « Dyle » où ils tendront la main, dans la région de Louvain, à l’armée belge qui doit se replier sur la position KW, fortifiée dès le temps de paix, entre Anvers et Wavre, par des fortins et des obstacles anti-chars.

La position « Dyle » est prolongée le long de la Meuse, en Belgique et en France, à partir de Namur.

La majeure partie de nos dix-huit divisions d’infanterie sont initialement étirées le long du canal Albert, entre Anvers et Liège, et le long de la Meuse, jusqu’à Namur.

Le corps de cavalerie, grande unité motorisée et très mobile, possédant sa propre infanterie (carabiniers cyclistes) et articulé en deux divisions et une brigade portée, aurait dû être gardé en réserve, prêt à intervenir en tout point menacé du front, mais, par manque de troupes pour occuper l’entièreté de la position, il a été morcelé en divers éléments imbriqués dans le dispositif.

Dès le début de l’attaque allemande, on devra donc « récupérer » des unités motocyclistes affectées aux Ardennes (groupement K) pour tenter d’enrayer la percée sur Tongres.

Pour couvrir le repli de nos divisions d’infanterie vers la position KW, la cavalerie, dont c’est l’une des missions, s’affairera à regrouper une partie de ses unités motocyclistes et cyclistes sur la position de recueil de la Gette, à hauteur de Tirlemont.

Les six régiments motocyclistes du corps de cavalerie (CC) sont des régiments d’active (1, 2 et3 Lanciers, 1 et 2 Chasseurs à Cheval et 1 Guides), composés de miliciens sous les armes, commandés par du cadre d’Active et de réserve. Les régiments sont articulés en deux groupes, commandés par un major, et comprenant chacun deux escadrons motocyclistes et un escadron d’engins armés de canons anti-chars et de mitrailleuses. Un septième escadron, régimentaire, est blindé et équipé de chenillettes T13 (canon de 47 mm.) et T15 (canon de 13,2 mm.).

Les régiments cyclistes sont articulés à deux bataillons, commandés par un major, et comprenant chacun deux compagnies cyclistes et une compagnie d’engins armés de même de canons anti-chars et de mitrailleuses.

Les 1er et 2e Cyclistes sont d’Active, les 3e et 4e, de Réserve et formés par des militaires rappelés, commandés par un petit noyau d’Active et du cadre de réserve. » A suivre…

La Petite Gazette du 10 juin 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous retrouvons l’étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r.

« 10 mai 1940

C’est le quartier général (QG) de la 2e division de cavalerie (2DC), aux ordres du général Beernaert, et dont le poste de commandement (PC) est installé à Louvain, qui est responsable de la position de recueil de la Gette. Comme troupes, le 10 mai au matin, la 2DC ne dispose que du 4e lanciers (4L), du 2e Cyclistes (2Cy), et de l’Etat-Major, fort réduit, de la brigade de Cavaliers Portés, dont le second régiment, le 2e Guides (2G) est détaché dans le Limbourg.

Le 4L est un régiment de réserve, dont les deux groupes sont transportés par camions, tandis que le 2Cy, régiment d’active, se déplace à vélo, comme son nom l’indique.

L’appui de feu est fourni par le 18e d’Artillerie (18A), régiment motorisé issu de l’artillerie à cheval (ACH).

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Initialement, le 4L est installé en avant de la Gette, avec son IIe groupe à cheval sur la route de Saint-Trond, le long du chemin de fer, et son Ier groupe entre Bost et Womerson, le long de la Gette.

Le 7e Escadron, escadron motocycliste, surveille les points de passage de la Gette.

A gauche du 4L, le 2Cy étire ses deux bataillons, le long de la Gette, de Grimde à Haelen. Un groupe du 18A est en appui de chacun des deux régiments. Le 3e Lanciers (3L), qui avait une mission de surveillance à la frontière française, dans la région de Binche, neutralité oblige, est rameuté de la frontière pour renforcer la 2DC. Il est envoyé sur Hannut où il arrive vers 20h00 et bloque les différents accès du village.

Il assure à Crehen (prononcez Crehin) la liaison avec le 12e cuirassiers (12cuir) français, régiment du corps de cavalerie du général français Prioux,  chargé de protéger la mise en place de la 1er Armée française sur la position Dyle.

Transmissions :

Il est utile de rappeler que, en 1940, la majeure partie des transmissions s’effectuait par le réseau civil des téléphones et télégraphes. Un fonctionnaire des PTT (Postes, Téléphone, Télégraphes), au courant des réseaux téléphoniques et télégraphiques, était attaché à chaque Etat-Major. C’était, souvent, un officier de réserve, mobilisé dans sa fonction.

A l’époque, les ordres, toujours écrits, étaient transmis par estafette ou officier de liaison, suivant le cas. La radio en était encore à ses balbutiements.

Peu avant la guerre, les régiments motocyclistes seront dotés d’un peloton de transmissions possédant des side-cars radio et un Ford Marmon aerrington blindé pour les transmissions vers l’arrière.

Le morse est utilisé, de préférence à la phonie, mais le réflexe radio n’est pas encore dans les mœurs alors qu’un oberst (colonel) allemand est déjà en liaison par phonie avec tous ses commandants d’escadron. » A suivre

La Petite Gazette du 17 juin 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous retrouvons l’étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r. :

« 11 mai 1940 – Situation générale

A 06h.00, la 4e Panzer (4PZ) passe à l’attaque dans le secteur du Ier Corps d’armée (ICA) en utilisant les ponts de Veldwazelt et Vroenhoven, conquis par surprise, et enfonce rapidement les positions de notre 7e division d’infanterie (7DI).

Le ICA, dont les débris refluent vers l’Ouest, tente d’enrayer la percée ennemie en direction de Tongres, en établissant une bretelle sur l’alignement Bilsen-Tongres, vallée du Geer. Le corps de cavalerie couvre son flanc droit en constituant une bretelle à hauteur de Cortessem.

Le Groupement « K », en position dans les Ardennes, est sollicité pour envoyer, d’abord un régiment motocycliste, le 2e Lanciers, le groupement Goffinet ensuite, 2e Chasseurs à cheval et 1er Guides, au secours du Ier Corps d’Armée. Le soir, le Grand Quartier Général (GQG) donne l’ordre d’abandonner le canal Albert jusqu’à Curange (Kuringen). Les divisions d’infanterie (DI) amorcent progressivement un repli en direction de la position KW, tandis que le Groupement K abandonne graduellement les Ardennes.

La 2e Division de cavalerie (2DC) sur la Gette :

La 2DC, aux ordres du général Beenaert, est installée sur la Gette avec le 2e cycliste (2Cy) au nord, de Haelen à Grimde et la brigade de cavaliers portés (BCP) au sud, de part et d’autre de Tirlemont, avec le seul 4e Lanciers (4L).

Vers 12h.00, le 1er cyclistes (1Cy), en repli des canaux frontière du Limbourg, informe la 2DC qu’il occupe Saint-Trond, pour y constituer un centre anti-chars.

A midi également, le GQG donne ordre à la 2DC de poster le 3e Lanciers au nord de Tirlemont et du 4L. Les escadrons quittent Hannut vers 13h.00, attaqués par la Luftwaffe (aviation allemande) et se rendent à Hoelderen, où le colonel BEM Serlez, commandant de la BCP, donne des ordres détaillés de son PC de Cumptich.

Les états-majors du régiment et du Ier groupe s’installent à Oplinter avec le 1er escadron. Le 2e escadron prend position à Nerlinter. L’état-major du IIe groupe s’installe à Drieslintier, avec le 4e escadron. Le 5e escadron est en réserve à Vissenaken, avec l’escadron Auto-blindées à la disposition du commandant de brigade.

Les moyens des deux escadrons engins, canons de 47 mm. et mitrailleuses, ont été répartis entre les escadrons motocyclistes.

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 chenillette T15 armée d’une mitrailleuse de 13,2 mm.

 

 

A partir de 14h.00, et pendant près de deux heures, des stukas (avions allemands de bombardement en piqué) bombardent la gare de Tirlemont.

Vers 16h.00, le 2e escadron du 1er Lanciers (2/1L), qui était en renfort du Ier Corps d’Armée, arrive à Grimde avec un seul peloton et  son peloton état-major, tout ce qu’il reste de l’escadron après son engagement aux côtés de la 7DI. Le colonel Jooris, commandant du 4L, le met en renfort de son IIe Groupe qu’il installe au passage à niveau de Tirlemont.

Vers 19h.30, le 7e escadron Motos du 4L, renforcé par un peloton blindé du 3L (AB), occupe le chemin de fer entre Bost  et Esemael, où il assure la liaison avec la 3DLM française (3e division légère motorisée).

Durant l’après-midi et une partie de la nuit, des réfugiés civils et des militaires en retraite du ICA traversent les ponts de la Gette. Il faut noter la présence sur les positions de la 2DC, d’autos blindées du 12th royal Lancers britannique, chargées de protéger la mise en place de la British Expeditionary Force (BEF) entre Louvain et Wavre. » A suivre

La Petite Gazette du 24 juin 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous retrouvons la précise et passionnante étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r. :

« 12 mai 1940 – Situation générale :

Dimanche de Pentecôte, sous un soleil radieux ; la position KW (Koningshooikt à Wavre) s’organise lentement. Le Ve corps d’Armée (VCA) est déjà en place au nord de la position fortifiée d’Anvers (PFA) avec ses 12e et 13e divisions d’infanterie (12DI et 13DI).

Le IVe Corps d’Armée (IVCA) de même, avec sa 17DI à l’embouchure du canal Albert et sa 13DI qui n’a qu’à se rabattre sur Lierre.

Au IIe Corps d’Armée (IICA), la 11DI, qui était en période d’entraînement au camp de Beverloo, a rejoint pour s’installer au sud de Lierre et la 2DI arrive de Liège par chemin de fer.

Au Ive Corps d’Armée (IVCA), la 10Di est installée à Louvain.

Une conférence interalliée, réunie à Casteau, confie au général français Billotte, commandant du Groupe d’Armées n°1 (7e Armée, BEF, 1ère Armée, 9e Armée, 2e Armée) la coordination des troupes françaises, britanniques et belges.

La Position de recueil de la Gette :

La bretelle de Cortessem, tenue par le 1er cyclistes (1Cy) et le 2e Guides (2G), avec des renforts d’infanterie, aux ordres du général d’infanterie De Droog, a entamé la retraite à partir de 00h.00, sous la protection d’une arrière-garde du 1er Chasseurs à cheval (1ChCh) et l’escadron Motos du 2e guides (2G).

La 1èrer Division d’infanterie (1DI) se replie derrière la Gette, tandis que la 14DI fait pivoter son aile droite pour constituer la bretelle de Lummen et raccrocher la position de la Gette au canal Albert.

La Gette, proprement dite, est occupée par la 2e division de cavalerie (2DC), dont le PC s’est fixé à Kerbeek-Miskom. La position est occupée par le 2e Cyclistes (2cy), de Haelen à Léau, de Léau à Grimde par le 3e Lanciers (3L), et à Tirlemont par le 4L. ces deux dernières unités constituant la brigade de cavaliers portés du colonel Serlez, dont le PC est installé à Pepinusfort (Boeslinter).

Le 4L est en liaison au sud avec le 14e Cuirassiers français, aile gauche du corps de cavalerie du général Prioux. La liaison est assurée par l’escadron Motos du 4L, avec l’appui d’un peloton blindé du 3L. Peu après 07h.00, le 5e escadron du 3L (5/3L), en réserve à Boeslinter, lui est envoyé en renfort, avec deux T13 et infanterie égarée, et récupérée sur place ; il établit son PC à Gossoncourt.

Dès le matin, le général de Neve de Rooden, commandant le Corps de cavalerie (CC), dont le QG est installé à Lubbeck, reçoit l’ordre suivant du GQG : « Vous prenez le commandement de la position Gette, de la position du canal Albert (de la Nethe à la bretelle de Lummen), et de la bretelle de Lummen. Vous réunissez sur cette position toutes les troupes légères que vous trouverez, n’importe où, ainsi que les artilleries du Corps et des divisions de cavalerie. »

Aussitôt, des officiers du QG du Corps de cavalerie sont envoyés dans toutes les directions, pour récupérer des unités.

Le 2e Chasseurs à cheval (2ChCh), régiment fort éprouvé après son engagement au profit du Ier Corps d’Armée (ICA), reçoit l’ordre de se mettre aux ordres de la brigade de cavaliers portés du colonel Serlez.

Le 1er Guides (1G), regroupé au sud de Hamme-Mille, doit se rendre à Cappellen, entre Tirlemont  et  Diest, pour y constituer la réserve du Corps de cavalerie.

A 14h.15, le 2e Guides et le 1er cyclistes, en repli de Cortessem, sont mis à la disposition du CC/2DC (titre kilométrique du commandant de la cavalerie de la 2e division de cavalerie, en fait, général major, commandant en second de la 2DC) pour renforcer au canal Albert les positions abandonnées par la 6DI, dans le secteur du IIe Corps d’Armée (IICA).

E groupement Ninitte (CC/2DC) doit établir son PC à Oxelaer et prendre à ses ordres les escadrons cyclistes des 6Di et 9DI, qui sont sur place.

A chaque DI (division d’infanterie) était affecté un escadron ou un groupe cycliste de réserve, formé de militaires rappelés, issus de la cavalerie. Il s’agit ici des escadrons cyclistes des 6e et 9e divisions d’infanterie.

Vers 10h.00, la 1DI, en repli de Hasselt, repasse à l’ouest de la Gette et, vers 11h.00, son artillerie et les 3e et 24e de Ligne (3Li et 24Li), sont mis à la disposition de la 2DC.

Le général Beernaert, commandant la 2DC, place le 3Li en second échelon derrière le sous-secteur Sud tenu par le 3L, et le 24Li en second échelon derrière le sous-secteur Nord, tenu par le 2Cy. Il confie le commandement du sous-secteur Nord, au général major Dedroog, CI/1DI (commandant l’infanterie de la 1ère division d’infanterie).

A 12h.25, comme la menace ennemie se rapproche, le commandant du Corps de cavalerie donne l’ordre de faire sauter tous les ponts de la Gette. » A suivre…

La Petite Gazette du 1er juillet 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous retrouvons la précise et passionnante étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r.:

« 12 mai 1940. Après-midi du dimanche de Pentecôte.

A partir de 14h.00, le IVe Armée Korps (IVAK) allemand entre en contact avec le front de la position de la Gette. Ce sont les avant-gardes des 31e, 7e et 18e infanterie division (3, 7 et 18 ID) qui tâtent, successivement, le dispositif au pont de Rummen, à Budingen, Neerlinter, Drieslinter et Grimde.

A 15h.00, le commandant du Corps de cavalerie attire l’attention de la 2e division de cavalerie (2DC) sur la vulnérabilité de son flanc droit et met à sa disposition, à Roosbeek, l’escadron blindé du 2e Lanciers (EscAB/2L), coupé de son régiment.

Le 1er guides (1G), qui était en réserve à Cappellen, lui est envoyé en renfort à Kerkom.

A 17h.00, il est signalé que les Français du corps de cavalerie du général Prioux se battent à Hannut.

A la même heure, l’escadron Motos du 4e lanciers, au contact avec l’ennemi sur la voie de chemin de fer, est forcé au repli.

A 18h.00, le commandant de la 2e division de cavalerie (2DC) insiste pour que les sept groupes d’artillerie, mis à sa disposition, soient rapidement déployés : il s’agit des Ier et IIe groupes du 18A, des Ier et IIe groupes du 19A et des trois groupes du 1A, qui fournirent, ultérieurement, un appui de feu précis et appréciable.

A 18h.00 également, selon les ordres reçus, le 2e Chasseurs à cheval (2hCh), réduit à deux demi-groupes, arrive à Oirbeek et est mis aux ordres de la brigade de Cavaliers portés (BCP) du colonel Serlez. Il est affecté au flanc droit de la position de la Gette, en liaison avec le 12e Cuirassiers français, mais ces derniers se replièrent vers 19h.00, en arrière de Gossoncourt, ne laissant dans l’agglomération que quelques chars, qui se replièrent également à 23h.00.

A 18h.30, le 1er Lanciers (1L), qui était aux ordres du IIIe Corps d’Armée (IIICA) et se trouve à Sommeville, est mis également aux ordres de la 2DC (2e division de cavalerie), qui lui ordonne de se rendre à Becquevoort où il doit être mis en réserve de la division, mais il ne rejoindra que le lendemain matin.

A 19h.30, les allemands attaquent en vain le pont du chemin de fer de Drieslinter, à la limite entre les secteurs du 2Cy et du 3L.

Vers 20h.00, le commandant du 2e cyclistes (2Cy) fait savoir qu’il désirerait voir disparaître le 24e de ligne (24L) de ses positions car ses militaires rappelés, de classes anciennes, causent des désordres par leur indiscipline. Le commandant de la 2e division de cavalerie envisage de les remplacer par le 1er guides (1G).

Vers 20h. 00, le flanc gauche étant menacé, l’escadron blindé du 2L (EscAB/2L), renforcé par l’escadron cycliste de la 1DI, est envoyé sur le front Zelk-Diest, pour rétablir la situation.

Entre 18h.00 et 20h.00, le 2e guides, inclus dans le groupement du général Ninitte, arrive au canal Albert dans le secteur abandonné par la 6e division d’infanterie. Après avoir débarqué de leurs camions, les cavaliers portés commencent leur installation dans la région de Tessenderloo et Kleine Vorst. Les débris des escadrons cyclistes des 6 et 9DI sont imbriqués dans le dispositif, mais le 1er Cyclistes (1Cy) n’a pas rejoint.

A 21h.00, sur ordre du GQG, la 14e division d’infanterie, qui occupait la bretelle de Lummen, reçoit l’ordre de repli derrière le canal de Willebroeck.

A 22h.00, le 1er Chasseurs à cheval (1ChCh), installé à Waenrode, après avoir couvert le repli de la bretelle de Cortessem, reçoit l’ordre d’occuper le Demer, face au Nord et à l’est, entre Aerschot et Haelen. Il reçoit, en renfort, l’escadron AB du 2e lanciers (EscAB/2L) et l’escadron cycliste de la 1DI.

Aux environs de 22h.30, le général Ninitte, installé à Tessenderloo avec le 2e Guides (2G), où il a été rejoint par le 1er Carabiniers, reçoit l’ordre d’occuper, le lendemain matin, la position, de Winterbeek, sur laquelle le 1er cyclistes (1Cy) doit se porter immédiatement.

Durant la nuit, les artilleries sont fort actives, de part et d’autre, mais les allemands ne tentent pas de percée et regroupent leurs moyens. » A suivre…

A PROPOS DE LA BATAILLE DE LA GETTE

Concernant la bataille de la Gette, Monsieur Martin Huwart, de Ville-au-Bois, explique :

«  Le 11 mai 1940 mon père le Lt. Charles Huwart (4 L.) a été blessé, une bombe
de Stuka est tombée juste derrière le mur du PC de son escadron et l’a soufflé.  C’est l’ordonnance de mon père, Odon ??? qui s’est précipité le premier pour le dégager des gravats. em_4_l_tirlemont

Photo des cadres du 4ème Lanciers lors de sa constitution à Tirlemont en 1939.A gauche de l’étendard : Le colonel Joris, Chef de Corps.Mon père est juste à gauche de la plaque « dégustez etc » et à droite du civil en arrière-plan.

Il était paralysé. Je ne crois pas qu’il ait reçu un éclat comme l’a raconté M.David dans le livre « Raconte-moi ».  On l’a transporté au QG du régiment (couvent) où les sœurs l’ont plâtré après l’avoir arqué entre deux tables du réfectoire. Il a ensuite été évacué à Berck-plage.  A la capitulation de la poche de Dunkerque, il est tombé aux mains des Allemands, qui, vu son état, l’ont catalogué comme paralysé définitif. Cela lui a évité la captivité, et un train sanitaire l’a  ramené à Bruxelles (Hopital Brugman) où ma mère a pu le récupérer. Je n’ai pas encore pu déterminer combien de mois il est resté paralysé, mais il entré dans l’A.S. dès 1941. »

La Petite Gazette du 8 juillet 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous retrouvons la précise et passionnante étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r.:

« Mardi 13 mai 1940.

A 00h.00, le Corps de cavalerie (CC), dont le Q est toujours à Lubbeck, informe la 2e division de cavalerie (2DC) : « La 1DI, moins le 1A et le 3Li, qui restent à votre disposition, se repliera de nuit au nord de Louvain. » Le 2e Cyclistes sera donc débarrassé du 24e de Ligne, indiscipliné.

Le groupement du général major Ninitte, CC/2DC, occupe la bretelle de Winterbeek avec le 2e Guides (2G) et le 1er cyclistes (1Cy), en liaison au Sud avec le 1er Chasseurs à cheval (1ChCh), qui  flanc-garde  la 2e division de cavalerie (2DC) sur le Demer, avec l’escadron blindé du 2e Lanciers (2L) en renfort.

La position de la Gette est occupée par la 2e division de cavalerie (2DC) dont le PC se trouve toujours à Kerbeek-Miskom.

Suite au départ de la 1DI du général De Droog, la 2DC prend le dispositif suivant sur la position de la Gette :

Sous-secteur nord (SSN) aux ordres du colonel BEM Morel de Westgaver, commandant le 1er guides (1G).

  • 2e cyclistes (2Cy) en premier échelon
  • 1er guides (1G) en second échelon
  • Flanc-garde du flanc Nord, jusqu’à Aerschot, par le 1er Chasseurs à cheval (1ChCh), l’escadron cycliste de la 1DI (EscCy1DI), le groupe cycliste de la 14DI (GpCy14DI) et l’escadron blindé du 2e Lanciers (EscAB2L)

Sous-secteur Sud (SSS) aux ordres du colonel BEM Serlez, commandant la brigade de Cavaliers portés (BCP)

  • 4e Lanciers (4L) et 3e Lanciers (3L) en premier échelon
  • 3e de ligne (3Li) en second échelon
  • 2e chasseurs à cheval (2ChCh) en flanc-garde du flanc Sud

Le 1er Lanciers (1L) est en réserve de la 2DC à Becquevoort, où il arrive vers 08h.00.

Des éléments du IIe groupe du 2e Lanciers (II/2L) sont installés en « bouchon » à Roosbeek, aux ordres de la 2DC.

A 07h.30, les Allemands attaquent en direction de Haelen, mais ne parviennent pas à percer.

Vers 10h.45, les Français abandonnent le hameau de Meer, découvrant ainsi le flanc droit de la 2DC. Le Corps de cavalerie fait appel aux Britanniques, mais reçoit une réponse négative. C’est finalement le IVe Corps d’Armée qui enverra l’escadron cycliste et la compagnie anti-chars T13 de la 10e division d’infanterie (10DI) en renfort.

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Vers 14h.00, le général de Neve de Rooden, commandant le Corps de cavalerie (CC), envoie l’ordre d’avertissement suivant :

« Les troupes du Corps de cavalerie résisteront sur leurs positions jusqu’à la tombée du jour, moment où commencera le repli ; garder soigneusement les débouchés de Haelen et de Diest.

La 2DC se repliera sur Thildonck et Wijgmael, et plus à l’ouest ; le 3Li rejoindra sa division vers Pont-Brûlé. »  

Peu après 15h.00, Haelen est attaquée en force, mais le 2Cy et le 1G tiennent bon. L’artillerie intervient énergiquement.

Vers 18h.30, les Français abandonnent Hoegaerde, sur le flanc droit, qui doit être regarni par les renforts de la 10DI.

Vers 20h.00, les positions d’artillerie su sous-secteur Nord sont bombardées par la Luftwaffe et l’ennemi tente à nouveau une percée sur Haelen, mais échoue. Les allemands devenant menaçants en direction de Diest, le 1er Cyclistes (1Cy) prépare une contre-attaque. C’est dans ce contexte que le GQG, avisé du retrait des Français, envoie, vers 20h.00, l’ordre de repli.

Le général De Neve transmet cet ordre, peu après, aux délégués d’unités, convoqués à son PC : les ordres verbaux sont accompagnés d’un calque donnant les itinéraires.

Timing du repli : 21h.30 : formation logistiques et médicales

23h.30 : artillerie et troupes combattantes

02h.30 : arrière-garde

Des arrière-gardes fixes, appuyées par de l’artillerie, seront postées aux points cruciaux, à Diest, Haelen, Geet-Betz, Drieslinter et Tirlemont, et seront relevées par des arrière-gardes mobiles à base de motocyclistes et de blindés, qui décrocheront à 03h.00. Le 3Li sera transporté par camions.

Quatre itinéraires sont prévus, un au nord et trois au sud par la route de Louvain ; mais, après reconnaissance effectuée par un officier du Corps de cavalerie, ils se réduisent à deux, les Britanniques ayant fait sauter prématurément les ponts de Wygmael et Rotselaer.

Durant la soirée, la pression ennemie, accompagnée de nombreuses infiltrations, s’accentuera en direction de Haelen, Drieslinter et Tirlemont.

Le 3e de ligne (3Li), après une courte étape à pied jusqu’à Winghe-Saint-Georges, sera véhiculé par le Corps de transport sur Cappelle au bois » A suivre…

La Petite Gazette du 15 juillet 2009

LA BATAILLE DE LA GETTE, UN COMBAT OUBLIE

Nous découvrirons aujourd’hui la suite et la fin de cette précise et passionnante étude menée par M. Guy Stassin, commandant de cavalerie e.r., qui aime à rappeler que « cette série d’articles, écrits à partir des journaux de campagne des diverses unités, a été motivée par un devoir de mémoire » :

« Mardi 14 mai 1940 – le repli du Corps de cavalerie

Selon les ordres du général de Neve de Rooden, commandant le Corps de cavalerie (CC), diffusés la veille à 13h.30, le repli de la position de la Gette s’effectue à la faveur de la nuit.

Le QG du Corps de cavalerie quitte Lubbeck vers 01h.00.

A 01h.00, les arrière-gardes fixes sont relevées par les arrière-gardes mobiles et se replient avec leur artillerie d’appui.

Les arrière-gardes motorisées se replièrent à 03h.00. La nuit est d’encre et la colonne s’ébranle lentement, tous feux éteints, avec les véhicules distants de seulement un mètre et qui s’emboutissent à de multiples reprises.

Le major de Maere d’Aertrijk, aide de camp du prince Charles, qui s’exprime correctement en anglais, est envoyé en mission au QG des Britanniques à Louvain, pour les mettre au courant du repli des Belges à travers leurs lignes. Mais les incidents se multiplient avec l’artillerie anglaise qui ouvre le feu, un escadron du 2e Lanciers est accueilli à coups de mitrailleuses…

Une colonne d’artillerie du Corps de cavalerie traverse un champ de mines britanniques non balisé ; deux caissons explosent : sept tués !

Des quatre itinéraires prévus, deux sont inutilisables, car la majorité des ponts sur le canal Louvain-Malines ont été détruits prématurément : en effet, les ponts de Wilsele, Wygmael et Tildonck ont déjà sauté ; seul le pont « over de Vaartg » est encore intact.

Sur la route Louvain-Malines, les embouteillages sont évités grâce à la vigilance des officiers de liaison… et de l’aumônier ! L’aviation allemande est agressive, dès le lever du jour, et l’aviation alliée, pourtant sollicitée, ne se montre pas.

Vers 10h.00, le QG du Corps de cavalerie s’installe au château d’Eppeghem. Le Corps de cavalerie reçoit l’ordre de se regrouper dans la région d’Eppeghem et de la Senne, pour servir de réserve d’armée. Les 1A et 3Li rejoignent la 1DI à Cappelle au Bois.

Vers 11h.00, le général de Neve de Rooden, commandant le Corps de cavalerie, est convoqué chez Sa Majesté le Roi, qui le félicite pour la belle tenue des troupes, qui seront citées à l’Ordre du Jour de l’Armée :

« Chargé de défendre, les 13 et 14 mai 1940, la position de recueil et d’arrière-garde cde la Gette, a exécuté sa mission avec un courage et une ténacité dignes d’être cités en exemple, opposant une résistance farouche aux attaques en front et en flanc d’un adversaire orgueilleux de ses succès antérieurs. Ne s’est replié, avec calme et méthode, qu’après en avoir reçu l’ordre formel, sa mission étant intégralement accomplie. »

Cette citation sera inscrite en lettres d’or sur les étendards, drapeaux et fanions des 1er, 2e, 3e et 4e Lanciers, 1er Guides, 1er et 2e Chasseurs à cheval, 1er et 2e cyclistes, 18e et 19e d’Artillerie à cheval, 1er d’Artillerie, 3e de Ligne et autres services ayant participé au combat.

Les Cavaliers et Artilleurs ont un étendard, l’Infanterie, un drapeau et les carabiniers cyclistes un fanion. »

Un immense merci au Commandant de Cavalerie e.r.  Guy Stassin pour nous avoir fait bénéficier des fruits de sa patiente recherche.

LI FORTCHON

La Petite Gazette du 7 janvier 2009

A VOTRE WALLON… LI FORTCHON

Monsieur P. Natalis, d’Esneux, est à la recherche de la signification précision d’un mot wallon qu’il ne trouve pas dans les dictionnaires :

« Il s’agit du terme « fortchon », il se pourrait qu’il désigne un outil utilisé par les Ardennais qui fabriquaient du charbon de bois ; mais rien n’est moins sûr.

Ce mot est associé à un ancien lieu-dit près de Quarreux, au confluent de l’Amblève et de la Chefna.

Merci d’avance à qui pourrait m’éclairer sur le sens de ce mot wallon. »

Monsieur Simon Stasse, d’Aywaille, spécialiste s’il en est de notre langue wallonne puisqu’on lui doit un très précieux dictionnaire prolongeant et actualisant celui de Jean Haust, est, quant à lui, à la recherche des mots wallons utilisés pour désigner les ex-voto. La dévotion populaire ayant connu le succès que l’on sait et le recours aux diverses formes de remerciements pour les grâces obtenues lui font penser que des termes propres au wallon ont dû être utilisés en parallèle au vocable latin. Pourrez-vous le mettre sur la voie ?

Merci de faire progresser ces recherches si vous le pouvez.

La Petite Gazette du 28 janvier 2009

VOUS NOUS AVEZ PARLÉ DU FORTCHON…

Monsieur André Thiry, de Ben-Ahin,  a mené une recherche :

« Je me suis fait un plaisir de rechercher le mot : fortchon et pense répondre à votre appel.

Ce mot utilisé par Jean Haust aurait un lien avec « fortifier » une forteresse, un fortin ; il écrit fôrtificâcion, fortchon (renforcer les murs d’un fort, d’un fortin) fé on fortchon.

Quant à l’outil utilisé par nos amis ardennais, il pourrait aussi signifier  li fotche di drî soit la fourche de l’arrière-train d’un chariot (Jean Haust) page 223 – fig.791 du dictionnaire « français-wallon » de l’auteur…donc, également : li fortchon. »

Monsieur Edouard Triolet, de Lierneux, nous communique, fort gentiment, ce qu’il sait à ce sujet :

« Fortchon découlerait du français « fourche – fourchon ». D’après les dialectes de certaines régions, il signifierait :

  • embranchement de deux rivières, d’un arbre…
  • support dressé servant à placer la carabine pour la stabilité du tir ;
  • fourche de l’arrière-train d’un chariot « fotche di drî » dit li fortchon dans la région de Vielsalm – Bovigny – Bihain »

Monsieur José Joris, de Manhay, nous communique que « Il existe à Dochamps un lieu-dit « å fortchon dès ris ». a cet endroit deux rus de vallées distinctes se rassemblent en formant une fourche (confluent). Je pense que fortchon dérivait de « fourche » comme vôtchon signifie « amas embrouillé », peut-être que fortchon serait une fourche embrouillée. Ce n’est évidemment qu’une hypothèse. »

La Petite Gazette du 18 février 2009

A PROPOS DU FORTCHON…

Quelques spécialistes de notre toponymie régionale se sont manifestés à propos du toponyme « fortchon ». Je remercie vivement MM. Etienne Compère, de Sougné-Remouchamps,  et René Gabriel, de Roanne-Coo, qui ont fouillé leurs notes et leur documentation. Ils se sont notamment plongés dans l’incontournable « Histoire de la seigneurie d’Aywaille » du Dr Thiry pour nous donner ces quelques éclaircissements :

« Ruisseau de Chefna ou Ruisseau des faignes, appelé aussi de Ruisseau de Chefna en Quareux. Anciennement ru de Forchon (liasse Aisances de la Porallée) Il est fautif, comme le fait la carte d’EM, de l’appeler ru de la Chefna. Vox populi : li ru dè tchèm’nâ. M. Herbillon fait remarquer que ce terme dérive vraisemblablement du verbe « tchèm’ner » = tisonner. Chefna est proprement le nom du hameau dit aussi Ville-au-Bois » Thiry, op. cit. Tome IV, page 358

Monsieur Compère puise ce qui suit dans L. Remacle, Toponymie de Stoumont, B.C.R.T.D, XLVII, 1973 aux pages 147 et 148 :

« ru de Forchon, nom ancien du ru dè tchèm’nâ (v. pansîre) ; 1572 riewe de Forchon, 1577 rive de Forchon (…), 1624 aux environs du ruy que l’on appel le ruy du fond de forcoù (sic) entre le bois de froidcourt et la poralée (…) 1664 le ruy de fourchon ; 1741 le preit Magonette – joind. – au ruy de fourchon qui fait la separation du Pays de stavelot avec celuy de Luxembourg. Ce ruisseau était utilisé par le « fourneau de froidcourt », créé en 1516, qui est resté en activité jusqu’à la fin du 16e s. (cf. Georges Hansotte, Folkl. Malm. 32 117-8)

Litt. ‘ruisseau du fourchon’ : mais le sens exact de ce dernier mot échappe. »

Merci pour ces recherches qui laissent, néanmoins, pendante la question de la traduction du mot « Fortchon »…

La Petite Gazette du 15 avril 2009

ENCORE LE FORTCHON…

Monsieur Serge Fontaine, de Stavelot, nous livre quelques considérations au sujet de Fortchon et de tchèm’nâ.

« Je suis, m’écrit mon correspondant, tout à fait d’accord avec les remarques des lecteurs qui se sont manifestés. Bien qu’on ne puisse nier la parenté de fortchon, fortchou avec le français « fourche » et que ce nom fut un jour donné au ru de tchèm’nâ, il est difficle de qualifier ce ruisseau de plus fourchu qu’un autre. Ne pourrait-on trouver l’origine de ce nom dans une quelconque fourche de chemin à cet endroit ou plutôt d’une fourche (une sorte de grand brandon) plantée à l’endroit où un très ancien et très important chemin de Stoumont à Vertbuisson, et leurs au-delà, traversait le ru, ceci pour signaler aux étrangers qu’ils entraient au pays abbatial de Stavelot ?

Quant à tchèm’nâ, je pense à une autre explication que « charbonner ». Chefna alias Ville au Bois est bâtie au bord d’un chemin très ancien et le nom pourrait être le reliquat du nom celte de l’endroit. A mon avis, « tchè » veut dire «habitation et «m’nâ » est tout ce qui resterait de marécages. En résumé, l’habitation dans le marais.

D’autres lieux dans notre région font rêver. Chevron, c’est « tchèvron » composé de « tchè » et « vrone », soit la petite maison sur la colline. Chevronheid ou « tchèvroûhé », composé de « tchè », «vrone » et «  », soit la petite maison sur la colline avec «  » ajouté postérieurement. Et d’autres encore à découvrir… Pour terminer, disons un petit mot de Targon, blotti contre une butte naturelle caractéristique, un ancien verrou de l’Amblève. On sait que ce genre de butte était appelé « targoune » par les Celtes avec le sens de petite colline. Et il existe, en pleine fagne de Hockai, une haute butte rocheuse nommée ‘Rocher de Targon’. » Un immense merci pour ces réflexions passionnantes.

WEEKEND DES 9,10 et 11 DECEMBRE: deux occasions de voyager dans le passé régional avec René HENRY

CE VENDREDI 9 DECEMBRE, A 19H30, LE CERCLE HISTORIQUE D’EREZEE VOUS EMMENE AU SABBAT DES SORCIERES, A MORMONT

Pour vous y conduire, le Cercle Historique d’Erezée a fait appel à René Henry, le chroniqueur historique bien connu des lecteurs des Annonces de l’Ourthe. Il viendra vous entretenir d’un sujet qui, toujours interpelle, la présence des sorcières dans nos régions et la chasse impitoyable qui leur a été faite durant les XVIe et XVIIe siècles. Cette rencontre à laquelle vous êtes toutes et tous chaleureusement conviés aura lieu ce vendredi 9 décembre, à 19h30, en la salle de Mormont.

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Illustration de Michèle Mertens extraite de René Henry, Hier en Ourthe-Amblève, Mythes et Réalités

Pour vous, René Henry expliquera pourquoi nos contrées, comme un grande partie de l’Europe occidentale, ont connu cette longue période de traque des disciples de Satan, ainsi qu’étaient désignées les sorcières. Il en profitera pour définir ce qu’est la sorcellerie et montrer comment les autorités religieuses, qu’elles soient catholiques ou protestantes, ont désigné le diable en tant que responsable de toutes les calamités qui touchaient les hommes. Bien sûr, il sera question de la procédure judiciaire de l’ancien régime et le conférencier viendra montrer combien souvent il est difficile d’établir les limites entre la législation civile et la législation religieuse, il exposera la façon d’enquêter d’alors dans le respect des impositions des plus grands, Charles Quint notamment, et des raisons qui poussaient au recours quasi systématique à de nombreuses formes de torture.

René Henry se propose ensuite de dresser le portrait « sociologique » de la sorcière de chez nous en tentant de montrer pourquoi il est plus souvent question de sorcières que de sorciers. Ensuite, il analysera avec vous les étonnantes révélations que contiennent les très nombreux procès de sorcellerie que recèlent les archives de nos anciennes seigneuries. L’étude des « aveux » arrachés sous la torture est édifiante car elle fait la part belle aux fantasmes de l’époque, principalement en matière culinaire… Enormément de choses sont à apprendre au travers de ces archives de procès dont l’issue ne faisait guère de doute… et pourtant l’orateur du jour vous montrera que même cette règle-là a connu ses exceptions.

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Aborder pareil sujet donnera aussi l’occasion au conférencier de passer en revue ce que la tradition populaire a conservé des drames qui se sont joués chez nous pendant ces terribles décennies : spots et proverbes, croyances populaires, toponymie, défiance, méfiance et protections. Il parlera, à coup sûr, de chat noir et de bouc mais aussi de celles qui ne voulaient pas que l’on remarque qu’elles avaient des poils sous les pieds…

Ce vendredi 9 décembre c’est à un voyage vraiment fantastique que vous êtes invités à Mormont.

 

ARTISANAT, MUSIQUE, TRADITIONS ET, SURTOUT, CONVIVIALITE AU PAYS DES DOBES DEMONS, A NONCEVEUX, CE DIMANCHE 11 DECEMBRE

Ce dimanche 11 décembre, dès 11 heures du matin, à l’école, le comité Dobes Démons de Nonceveux vous propose une manifestation festive et conviviale à laquelle vous êtes toutes et tous chaleureusement conviés. De quoi s’agit-il ? Simplement de créer une occasion de se rencontrer, de se parler, bref de se connaître en partageant un verre de vin chaud et en découvrant l’une ou l’autre spécialité culinaire au milieu des productions des artisans du village et dans l’ambiance que créeront les musiciens du cru.

A la bonne franquette et bon enfant sont les maîtres-mots de la journée qui permettra de tailler une petite bavette tout en mangeant un petit bout et en buvant un petit coup…

Dès le tout début de l’après-midi, ce sont les talents musicaux du village qui se verront offrir une scène pour partager leur passion. Entre deux prestations, nous avons demandé à nonceveux, lui aussi habitant de notre village, d’évoquer les traditions bien de chez nous, de nous expliquer pourquoi les habitants de Nonceveux sont appelés les Dobes Démons » et ce que représente la Saint-Antoine, qui se fête à la mi-janvier, de nous rappeler comment se fêtait traditionnellement Noël avant l’arrivée des modes culinaires et autres véhiculées par les exigences commerciales, de nous dire ce que sont les Hèyeus… En résumé, nous lui avons demandé de dresser un petit panorama des véritables réalités et traditions locales ; nous gageons que vous serez nombreux à venir y apprendre énormément de choses sur votre lieu de vie.

Dès que l’obscurité s’emparera du village, une marche aux flambeaux rassemblera jeunes et anciens, petits et grands, dans une ambiance chaleureuse le temps d’un tour du village. Une très belle journée en perspective, ne la manquez pas.

Le comité Dobes Démons

 

 

FRANCOIS RENARD ALIAS »POPOL »

La Petite Gazette du 9 mars 2005

ET SI ON PARLAIT UN PEU DE FRANÇOIS RENARD ? ALIAS POPOL ?

Et c’est M. Jules Ringlet, de Neuville-en-Condroz, qui le souhaite. J’imagine que vous serez nombreux à vous joindre à cette excellente et plaisante idée.

« Mon papa a bien connu François Renard durant son service militaire à Beverloo, en 1928. Déjà à cette époque, il était vraiment très marrant. Papa se souvient notamment de cette boutade :

« Si un jour me marie, affirmait alors celui qui deviendrait Popol, j’irai passer la nuit de mes noces dans le grand Nord car, là, la nuit dure plusieurs mois ! » renard1

Popol est présent au beau milieu de cette photo. On le reconnaît sous son bonnet, la main gauche en poche, avec ses bretelles sur sa chemise généreusement ouverte. Il profite de la pause pour manger la tartine qu’il tient de la main droite. Mon papa se trouve immédiatement à sa gauche. »

Evoquerez-vous ce grand personnage qui, à Esneux, puis, partout, par l’intermédiaire du microsillon fit rire des générations de Wallons ? Nous en fournirez-vous des photographies ? Nous raconterez-vous des anecdotes le mettant en scène ? Je l’espère vivement car cela devrait nous valoir bien du plaisir. A vous de jouer, si vous le souhaitez évidemment.

La Petite Gazette du 27 avril 2005

ET S’IL ETAIT QUESTION DE POPOL ?

C’est M. Joseph Caillet, de Sougné Remouchamps, qui a été le plus prompt à m’envoyer une photographie de ce très célèbre comique troupier de chez nous. renard2

Cette  carte postale, intitulée « Suss’ et Tur’ » représente, à gauche, A. Philippe, comique, dit la légende et F. Renard, chansonnier.

D’autres documents vous seront proposés très bientôt. Voulez-vous alimenter cette rubrique en nous narrant quelques anecdotes relatives à Popol ? Je les attends avec intérêt.

La Petite Gazette du 18 mai 2005

A PROPOS DE POPOL

Une fidèle lectrice de Tohogne nous a transmis ce petit document annonçant le décès de « Popol » :

renard3« POPOL NOUS A QUITTÉS

François Renard est mort ! Cette nouvelle m’a bouleversé ainsi que des milliers de Liégeois. François Renard faisait partie de notre vie wallonne. Il avait créé un personnage légendaire, « Popol ». Ce « Gamin de merde » de génie a fait rire des générations de Liégeois. Mon père m’a raconté qu’à la mobilisation de 1938, François Renard, qui était rappelé sous les drapeaux, a maintenu le moral des « troufions » grâce à sa verve et sa bonne humeur. On l’avait surnommé « L’homme qui ne rit jamais »… C’est vrai, lui qui ne déclenchait les tempêtes de rires, restait impassible.

Le vrai « Pince sans .rire ». François avait une tendresse particu­lière pour les personnes d’âge. Au Kursaal, à Esneux où il avait ins­tallé son quartier général, des cars entiers lui rendaient visite. Notre cher Popol créa un style de cabaret wallon vraiment unique. Chansons et sketches alternaient pour le plus grand plaisir des spectateurs. Un des plus connus « Djosef à messe » a fait le tour de Wallonie. D’autres sont des succès inoubliables, de petits chefs d’œuvre d’observation et d’humour typiquement liégeois, heureusement grâce au disque nous pouvons le réentendre. Un album reprend, ses plus grands succès dans l’ambiance du cabaret wallon. Fran­çois, nous t’aimions bien et nous ne pensions pas que tu nous quitterais si vite. Tu avais cependant une grande supériorité sur d’autres artistes… Tu as su nous faire rire ! Merci Popol pour la joie que tu nous a donnée. »

ERIC PETIT

Votre disquaire préféré

RueGretry, 59 -LIEGE

« UN AUTRE SERVICE »

Cette lectrice de Tohogne aimerait qu’on lui rappelle la date du décès de François Renard. Moi aussi, j’aimerais que vous évoquiez, documents à l’appui si possible, la vie et la carrière de ce grand humoriste de chez nous.

La Petite Gazette du 1er juin 2005

ET SI ON PARLAIT DE POPOL ?

Monsieur Freddy Lemaire, d’Aywaille, me donne l’occasion de vous présenter cette carte postale publicitaire qui lui a été consacrée.

renard4 carte postale des éditions Luma

« Ce montage a été réalisé par mon père vers 1958. On peut y voir, en plus de la façade du Kursaal d’Esneux, l’intérieur et la scène de cette salle qui vit défiler tant de monde. Au verso de ce document, outre l’adresse complète et le numéro de téléphone des lieux, on lit la célèbre devise de ce grand humoriste : « L’insecticide François RENARD tue le cafard ! » Et mon correspondant de conclure : « Il nous a bien fait rire à cette belle époque, ce n’est plus le cas maintenant, hélas ! »

J’espère toujours que vous évoquerez, documents à l’appui si possible, la vie et la carrière de ce grand humoriste de chez nous.

La Petite Gazette du 8 juin 2005

FRANÇOIS RENARD ET ARTHUR PHILIPPE…

Monsieur Jacques Bastin, de Heyd, a vu bien des souvenirs resurgir quand il découvrit, il y a quelques semaines la photographie de ces deux artistes qui donnent le titre à cette rubrique.

« Que d’intense émotion à la vue de cette photo réunissant ce génial Arthur Philippe et ce François Renard impayable : elle m’a véritablement fait faire un bond de près de soixante en arrière. Une vraie cure de jouvence pour mon esprit et mes souvenirs !

Je ne puis donc ainsi résister à cette vive tentation, qui est mienne, de vous livrer tout bonnement, en vrac, tels qu’ils me viennent à l’esprit, ces quelques souvenirs, un rien confus toutefois, venant de cette très riche époque du spectacle liégeois. Le devoir d’évoquer quelques-uns de ces tout grands artistes d’alors m’est absolument impérieux.

Arthur Philippe : tout un monument ! Impayable acteur au talent véritablement comparable, à tous les points de vue, à celui du Français Raimu, cet extraordinaire comédien bien trop tôt disparu. La façon qu’avait Philippe de s’exprimer était fort semblable à celle de Roméo Carles, comique et chansonnier bien connu de tous. En 1946, Philippe dirigeait, avec un brio extraordinaire, cette Troupe dite de « L’âgne qui rêye » qui donnait ses remarquables spectacles de cabaret dans les locaux du «Phare de la Place Saint-Lambert », établissement malheureusement disparu.

Arthur Philippe était, entre autres, entouré du grand Théo Désir et d’Edouard Peeters, ce très bon baryton, ancien sociétaire du Théâtre Royal de Liège, qui avait même été l’invité durant toute une saison de la Scala de Milan : c’est tout dire !. Mais qui, hélas, bien malheureusement pour lui et sa brillante carrière, en arriva alors un peu trop vite à aimer … la dive bouteille.

Il faut avoir vu tous ces artistes de « l’âgne qui rêye (tous aujourd’hui décédés, hélas !) à l’œuvre en leur désopilante série de sketches sur la « Procession jubilaire» (s’étant déroulée en 1946) pour avoir exactement pu apprécier, à sa juste valeur, toute la valeur de leur indicible talent.

Je crois utile de rappeler ici que la fameuse « Procession jubilaire » en question est cette toute grande manifestation religieuse qui, chez nous, a lieu tous les cent ans. Sa dernière organisation remonte à 1946 ; La suivante aura donc lieu en 2046. Elle se déroule à la fois à Liège et à Tongres, dure trois dimanches consécutifs et se termine le troisième dimanche par une toute dernière grande procession nautique, occupant tout le centre de la Meuse et durant laquelle l’évêque de Liège, à bord du navire fermant la procession, portant un énorme encensoir, bénit la foule, massée sur les berges, tout en remontant le fleuve.

Cette procession honore la Fête-Dieu, également nommée Fête du Saint-Sacrement, fête qui procède des apparences solaires bizarres constatées, au cours du 13ème siècle, par Julienne de Cornillon. En 1247, le futur pape Urbain IV était justement archidiacre (Prélat chargé par l’évêque du contrôle des curés du diocèse) à Liège lors des visions de ladite Julienne. Quand cet archidiacre français (né en fait à Troyes) fut pape à Rome de 1261 à 1264, il ne manqua pas, en 1264, d’officiellement instaurer la Fête du Saint-Sacrement (fête également appelée : Corpus Christi ailleurs, notamment en Allemagne).

Arthur Philippe se remuait vivement sur scène en faisant continuellement rire. Il avait une faconde exceptionnelle faite d’un subtil mélange de wallon, de flamand et de français. Il était véritablement impayable quand il imitait le « man’daye flamint dévoué, rustaud et peu instruit» (du genre de ceux qu’on voyait alors pulluler et s’agiter en nos alors très florissants ateliers liégeois) qui, sans retenue, se mettait à « braire tous azimuts » en un jargon fait de wallon et de français avec constructions grammaticales toutes aussi originales que marginales.

François Renard (dit Popol) était, lui, à la fois, un musicien et un conteur remarquable. Il restait le plus souvent bien statiquement sur scène et contait fréquemment à la manière de Fernand Raynaud. Durant son numéro, il présentait un visage imperturbable, tel celui de l’artiste du cinéma muet américain Buster Keaton. Son accent unique était très particulier et savoureux. Je me souviens encore de cette toute petite phrase anodine qu’il lançait avec sa verve succulente habituelle : « l’nn’a Marèye qui vout passer l’êwe. Elle mète si pî so l’prumîr ‘ pire, et raf… vola qu ‘elle pète so s’panse ! » A suivre…

La Petite Gazette du 17 juin 2005

FRANÇOIS RENARD ET ARTHUR PHILIPPE…

Monsieur Jacques Bastin, de Heyd, a vu bien des souvenirs resurgir quand il découvrit, il y a quelques semaines la photographie de ces deux artistes dont il a commencé à nous parler la semaine dernière.

«Tous ces artistes, qui n’avaient toutefois nulle peur d’égratigner curés et bigots, étaient toutefois de très grands hommes de cœur : de vrais bons Samaritains. En effet, on ne saurait compter toutes ces nombreuses fêtes de charité auxquelles ils ont spontanément participé, animés du seul désir de tout bénévolement venir en aide à d’infortunées personnes marquées par un sort ingrat. Je pense que cette noble attitude hautement louable, mérite vraiment d’être ici doublement soulignée.

Il y avait encore dans le domaine de la fantaisie et de l’imitation enfantine (Ici, le petit Toto, héros similaire en tous points au Popol de Renard), le fameux Jules Deneumoustier. Certains connaisseurs ont même prétendu (A tort ou à raison ???) que le tout premier à avoir présenté de tels sketches avec voix enfantine était Deneumoustier et non point Renard. Jules Deneumoustier voulait devenir une vedette internationale, mais la guerre allait fortement contrarier ses projets. Pendant la tourmente de 1939-45, il n’avait plus guère d’autres solutions que de se produire sur la scène de la Salle des Dominicains à Liège. Ce brillant café-concert du début des années 20 était fort fréquenté par une belle Société liégeoise. On y dansait durant les entractes des spectacles sur scène. L’ambiance dans cette salle située au centre de la rue des Dominicains (où est venu s’installer plus tard un cinéma) était tout bonnement électrique. Tout le monde s’y amusait toujours follement ; et ce, même durant les années d’occupation nazie.

A la fin de la guerre, les lois sociales ayant terriblement changé, il fallut bien vite déchanter. Je me souviens qu’un jour de 1948, Madame Mordant l’ancienne patronne de ladite salle des Dominicains expliquait, le cœur bien gros, à ma tante Laure (la femme du grand champion de boxe Nicolas Petit-Biquet dont j’ai déjà évoqué le souvenir dans d’autres éditions de La Petite Gazette) qui était une de ses bonnes amies : « Non, hein, Madame Biquet, ce n ‘était plus possible de tenir le coup avec toutes ces taxes communales et autres à payer, la SABAM, les cachets des musiciens et des artistes, on aurait dû alors vendre nos consommations beaucoup trop cher. Tout cela aurait non seulement bien vite tué l’ambiance mais aurait été, de surcroît, rapidement intenable financièrement. Nous avons bien dû nous résoudre, la mort dans l’âme, à bel et bien fermer définitivement l’établissement ». Les maudites taxes avaient donc ainsi rondement fini par bel et bien tuer la poule aux œufs d’or !

Lors de ses débuts en tant que vedette internationale, Jules Denoeumoustier rencontra pas mal de rudes embûches. Un jour où nous l’avions fortuitement rencontré en ville avec ma tante Laure, il nous avoua alors qu’il rentrait de Paris : « Je me suis produit là-bas et, durant mon tour de chant, pas moyen d’arracher le moindre applaudissement de l’as­semblée. J’en avais vraiment marre et me suis alors mis à leur sortir « Mes histoires de Toto ». Celles-ci leur ont directement plu et j’ai connu un succès fou, totalement inattendu de ma part, avec ces petites imitations enfantines. J’ai été alors sans cesse rappelé sur scène par des applaudissements nourris car le public voulait encore et toujours m’entendre raconter ces histoires de mon turbulent Toto. »

La Petite Gazette du 24 juin 2005

EN MARGE DES FRANÇOIS RENARD ET ARTHUR PHILIPPE…

Pour conclure son évocation des grands noms du spectacle liégeois, Monsieur Jacques Bastin met à l’honneur d’autres noms de chez nous :

«Maintenant, avant de clôturer, tant que je suis dans le secteur, je profite encore de l’occasion pour toucher un petit mot au sujet de personnes, réellement exceptionnelles, de la région de l’Ourthe (de Comblain-Fairon, très exactement) que j’ai jadis eu le grand plaisir de connaître, bien qu’étant encore alors petit enfant. Voici:

Au début des 30, ma mère, qui était coiffeuse, avait pour cliente (en fait, c’était notre voisine directe) une belle grande demoiselle jeune, blonde et fort élancée, ne sachant pas encore exactement quelle voie professionnelle elle devait choisir. Ma mère lui suggéra, vu son physique et sa prestance, de faire du théâtre. Elle suivit le conseil et, après, suivit des cours de comédie, elle entama une brillante carrière à Paris, laquelle fut toutefois bien mal­heureusement contrariée par la venue de la guerre.

Celle-ci terminée, elle put assez rapidement reprendre ses activités théâtrales et même finir par décrocher, au cinéma, le principal rôle féminin dans le film intitulé « Soldats sans uniforme », long métrage sur la Résistance qui connut un franc succès juste après la guerre.        Cette grande vedette de chez nous s’appelait Simone Poncin. Elle était originaire de Comblain-Fairon. Elle devait bien malheureusement disparaître à jamais, en 1947, terrassée par un cancer alors qu’elle n’avait pas quarante ans. Je tiens également à signaler que le Jules Deneumoustier susnommé tenait également un petit rôle de figurant dans ce long métrage en question. Le frère de cette artiste, nommé Félix Poncin (un grand ami de mon père qui était également un mordu de la moto), a été un grand champion motocycliste, en vitesse pure, au cours des années 1930, en catégorie seniors. «•

Enfin beau-frère de cette même artiste (un grand ami de mon père également) était Ariel Donis, l’ingénieur de la célèbre Firme Saroléa de Herstal, en charge de l’écurie de courses de vitesse pure de ladite Société. Ariel Donis était également originaire de Comblain-Fairon ainsi que sa femme qui n’était rien d’autre qu’une fille Poncin, soeur des Félix et Simone précités. Il est encore utile de souligner, pour bien camper le décor, que quand il accomplissait ses hautes études à Liège, Ariel Donis n’avait pratiquement pas d’argent de poche : ses parents étant, en effet, assez démunis. Quand Ariel voulait donc rentrer chez lui en fin de semaine, il n’avait d’autre solution, vu sa situation financière précaire, que de faire le chemin de Liège à Comblain-Fairon « pedibus » (L’auto-stop n’existant pas encore alors). Il devait faire de même pour regagner Liège une fois le week-end terminé : il est bien vrai qu ‘on n ‘a rien sans peine! »

Mme Vve Léonce Lecocq se souvient elle aussi :

« Mon mari était pianiste et il a accompagné de nombreuses fois François Renard, Arthur Philippe, Théo Désir… Edouard Peeters aussi, ce dernier était également le Parrain des artistes de Wallonie.

Avec Popol, mon mari a même composé la musique d’une comédie dont François Renard avait pris en charge les paroles. Mon mari a fait partie de « L’âgne qui rêye » où il accompagna bien des artistes J’espère que les lectrices et les lecteurs se souviendront de toutes ces personnes malheureusement décédées. »

Les courriers reçus à ce sujet me permettent de confirmer à Mme Lecocq que tous ces artistes ont conservé leur place dans le cœur et la mémoire de ceux qui les ont applaudis…

« Je suis le fils de François Renard, m’écrit gentiment M. Albert Renard, et je lis avec plaisir vos articles dans les Annonces. C’est avec plaisir que je lis vos articles depuis quelques semaines sur mon père et je me suis dit que c’était la moindre des choses que de vous envoyer deux photos qui le représentent bien. Des souvenirs de papa, j’en ai quelques-uns, que ce soit des disques, des photos, des partitions, des affiches des concerts qu’il faisait un peu partout avec sa troupe, des articles de presse,… Les plus beaux souvenirs sont dans nos têtes à ma sœur et à ma maman qui vit toujours à Esneux, mais plus au Kursaal. Ma sœur et moi-même sommes nés dans cet établissement d’Esneux et nous y avons vu passer des milliers de personnes. Pour répondre à une question de vos articles précédents, papa est né le 23 août 1907 et est décédé le 20 janvier 1980. Après la mort de papa, nous avons continué à tenir la salle du Kursaal à Esneux jusqu’en 1992, et depuis le café n’existe plus, il a été remplacé par un magasin. Donc la dame qui vous a donné le renseignement n’est plus passée à Esneux depuis longtemps, je possède encore des disques mais c’est très personnel. On m’a dit que chez Duchesne rue des Guillemins à Liège, il y aurait encore des disques ou K7, mais c’est à vérifier, (je ne savais même pas que le disquaire Duchesne existait toujours). La photo de D’joseph à messe est assez vieille. renard5

L’autre photo vous permet de le retrouver avec Henriette Brenu à l’époque où ils faisaient une émission de radio tous les vendredis « Popol et Tante Titine« .

renard6D’autres souvenirs et d’autres documents dans notre prochaine édition.

La Petite Gazette du 1er juillet 2005

ENCORE A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DE POPOL

Monsieur Jean Hourman, de Comblain-la-Tour, a très bien connu François Renard et pour cause puisque le papa de mon correspondant était le cousin par alliance du grand humoriste sociétaire du célèbre Kursaal d’Esneux. Il me permet de vous présenter quelques documents particuliers. renard7

Cette semaine, vous découvrirez sa carte de membre de la Ligue de Protection Aérienne, valable pour 1938 – 1939.

Monsieur José Marquet, de Sprimont, a, lui aussi, eu l’extrême gentillesse de répondre à l’appel que je vous lançais. Il nous envoie une copie de la musique d’une célèbre chanson née du talent et de l’imagination de François Renard. renard8

La Petite Gazette du 8 juillet 2005

ENCORE A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DE POPOL

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Monsieur Jean Hourman, de Comblain-la-Tour, a très bien connu François Renard et pour cause puisque le papa de mon correspondant était le cousin par alliance du grand humoriste sociétaire du célèbre Kursaal d’Esneux. Il me permet de vous présenter quelques documents intéressants évoquant la carrière de Popol.

 

 

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« J’ai la chance et le privilège de me retrouver sur scène avec tous ces gens-là ainsi que, évidemment, chez François où, chaque année, je faisais partie du spectacle destiné aux pensionnés et donné à l’occasion de la fête à Esneux. Ce spectacle, rappelons-le, était entièrement gratuit pour les aînés. »

Grâce à l’aimable contribution de M. Jean Hourman, d’autres documents vous seront encore proposés dans la prochaine édition.

La Petite Gazette du 15 juillet 2005

ENCORE A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DE POPOL

Monsieur Jean Hourman, de Comblain-la-Tour, a très bien connu François Renard et pour cause puisque le papa de mon correspondant était le cousin par alliance du grand humoriste sociétaire du célèbre Kursaal d’Esneux. Il nous a permis de vous présenter quelques documents intéressants évoquant  Popol. Aujourd’hui, c’est la copie du faire-part de décès de celui qui fit pleurer de rire tant de monde qui vous est présentée

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La Petite Gazette du 20 juillet 2005

ENCORE A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DE POPOL

Madame Liégeois, de Vaux s/Chèvremont, m’a communiqué une intéressante documentation  relative à François Renard :

« A propos de Popol,

Devant mes yeux : son chapeau, le doigt dans la bouche ou un rien sévère.

mes oreilles li vix molin, lfescarpolette, 0 petit coeur, è l’abri, Suss’ et Tur’ mobilisés, li canåri, l’inspecteur… que de rires, que de pleurs, chansons, sketch, mimiques.

Que de souvenirs je garde de mes soirées passées, avec Papa, au Kursaal.

Pourtant il est parti le 20 janvier 1980. Vilain jour pour son fils Albert, sa fille Marie-France et son épouse Loulou.

Mais François n’est pas mort. Il vit encore grâce à tous ses disques; aux jeunes et aux cheveux blancs qui chantent ses chansons.

Un souvenir qui, encore et toujours, nous ravit. »

Ma correspondante me fait parvenir un intéressant article paru dans La Wallonie du 14 février 1980.

« Pendant la guerre, Guy Louysis faisait du cabaret avec François Renard

 L » « Agne qui tchoûle », caba­ret wallon, a débuté à la Popu­laire en 1941. Trois ans après, il était au Phare. Entre-temps, il avait parcouru toute la pro­vince, débordant même sur le Namurois et le Luxembourg. De menues différences de pa­tois n’arrêtaient ni ces joyeux drilles, ni les spectateurs. Fran­çois Renard, récemment disparu, en était le codirecteur avec Arthur Philippe. Tous deux étaient des «comiques». de la bande des sept, un seul vit encore aujourd’hui : Guy Louysis.

Benjamin de la troupe avec François Renard, il avait été engagé alors qu’il faisait du music-hall. N’étant pas auteur wallon, c’est François Renard qui lui fit les textes et musi­ques de toutes ses chansons.

« Je lui dois mes plus grands succès, explique-t-il. «Lingadje di Mann Kins », «On GaJand galant», «Pat qu’dji danse», « Babètoss » et « Tôt près dè vî molin» ont été écrits pour moi ».

Guy Louysis se souvient que pour conserver son sérieux lors de fou-rire en scène, François Renard devait parfois faire des efforts tels que les larmes — de rire — lui coulaient le long des joues. -C’était des plaisanteries bien innocentes pourtant, du style de celle que raconte encore Guy Louysis :

 « Le professeur à l’élève :

— Je prête 20 F à ton père II me rend 5 F par an. J’attendrai combien de temps ?

— Vingt ans.

— Tu ne connais pas ton arithmétique.

— Non, mais je connais mon père ! ».

Après sa Libération, François Renard partit pour Bruxelles. «L’Agne qui t’choûle » devint « L’Agne qui rèye » Jean Noben, qui vit encore entra dans la troupe. La première revue fut celle de Georges Rem : c’était «Il a pété, le Robot». On devait la jouer 350 fois. »

La Petite Gazette du 2 septembre 2005

A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DU CABARET WALLON

« C’était dans la seconde moitié des années 1930, se souvient Monsieur Henri Boudlet, d’Izier. J’avais 14/15 ans lorsque j’ai commencé à participer aux intermèdes des représentations théâtrales du Cercle Saint-Germain par des chansons en wallon. Ma première chanson avait pour titre «  Elle est trop grande por mi ». Avec d’autres chanteurs, pour composer notre répertoire on écoutait (sur un poste T.S.F. à accus), le mercredi soir , sur les ondes de Radio Liège Expérimental, l’émission du cabaret wallon qui, avait pour nom « L’agne qui rèye » à partir d’un café de la Rue Haute-Sauvenière à Liège. L’émission commençait par le couplet suivant

A Cabaret Wallon del Haute Sâvenire, tout va très bien, tout va très bien.

François Renard, Arthur Philippe et Nicolas Delhez étaient les principaux animateurs. A cette époque, François Renard était coiffeur et habitait Liège. Il était aussi surnommé « L’homme qui ne rit jamais ! » ; il faisait rire le public tout en restant « de marbre » ; c’était son naturel..

Sous l’occupation, le cabaret wallon a poursuivi ses activités. Mais eu égard aux circonstances il avait changé de nom pour s’appeler « L’agne qui tchoule » et se produisait dans un café près de la Populaire, Place du Maréchal Foch.. Etant alors occupé à Liège j’ai assisté assez souvent à leur spectacle. En ce temps-là certains chanteurs étaient vêtus de l’habit avec chapeau claque et badine. François Renard portait seulement 1′ habit, une grosse fleur à la boutonnière puis … une grande épingle de sûreté au dos.

François Renard était le présentateur. Le podium était installé dans un coin du local. François y était perché avec sa batterie. Chaque présentation était ponctuée d’un roulement de caisse claire et d’un coup de cymbale Bien sûr, ses présentations étaient teintées de son humour habituel. Je me souviens de : «  Dji m’va chanter one chanson da meune qui dja fait mi minme »  , «  Dji va raconter on monologue qui dja fait por mi tôt seu ». II y avait des chansons humoristiques et satyriques envers les Allemands : « Porminade Hitlérienne » de François Renard, « Li rjeton da Hitler »  et «  M’voyèdje è l’Al ‘magne » de Nicolas Delhez.

renard12Les grands succès de ces chansonniers figurent encore aujourd’hui au répertoire des chansons wallonnes. Il y en a parfois au programme du cabaret d’Izier de novembre! »

 

 

 

 

 

 

 

François Renard (en haut) et Nicolas Delhez

La Petite Gazette du 16 septembre 2005

UNE BONNE DE FRANCOIS RENARD

   Madame Liégeois, de Vaux-sous-Chèvremont, m’a transmis ce petit article, paru dans La Cité du 22 janvier 1980 et tout à fait révélateur de l’humour de ce grand comique de chez nous

«Lète d’ine mame a s’fi qu’est mobilisé »

// nous revient à l’esprit une des premières compositions de François Renard qui connut en son temps un immense succès au cabaret wallon de Liège ex­périmental. Il s’agit d’une «Lète d’ ine mame a s’fi qu’est mobi­lisé» au «14e luskèt».

   Après lui avoir donné avec force détails comiques des nouvelles de  son petit chien  et s’être excusée de n’avoir plus d’encre à la maison, cela étant la raison pour laquelle « c’est-å-crayon» qu’elle prend la plume  pour lui écrire, elle continue sa missive.

Citons quelques phrases au hasard :

   Dji deus dire qui divan qu’vos n’alîze, on n’s’aporcûvève nin qui vos éstiz st-évôye. C’est seûlmint dispôye qui vos avez n’alé qu’on sint bin qu’vos n’estez pu la.

   Totes les bièsses a cwèn sont malådes. Vosse pauv’ père ni va nin bin non pu.

Dimègne qui vint, on fait n’grande coûsse-âs-âgnes. Nos r’grètans turtos qu’vos n’sèyize nin la.

   Il n’a st-avu l’feu amond l’gârd champète. On a polou savé totes les bièsses, mînme si feume. mins tote Ii mohone est broulêye pace qui les pompiers ont st-anivés trop târd. Li mayeur a décidé qui qwant i n’âreût co l’feu, les pompiers divrît esse la on qwârt d’eûre dlvant, po qu’ls éyésses li timps d’s’apràster.

   Asteûr, II est disfindou d’aler fer ses besoins naturels podrî l’meûr del gendarmerèye, slns qwè, les gendarmes sont s’autorisés à  mète la main d’sus.

Coma nos ôsfans st~indulgent, nos avans stu kwèri on masse a gaz po rin. Vosse père à sayî l’sonc, seul’mint II a d’vou fer des trôs tôt près dèl narène po poleur respirer.

Asteùr, si vos n’ricûver nin nosse lète, scriyer-m’el dlrecte mint, qu’on pôye fer n’ réclamation a l’posse.

La Petite Gazette du 7 octobre 2005

ENCORE A PROPOS DE FRANÇOIS RENARD ET DES ARTISTES D’ALORS

Monsieur Jacques Stassart, de Liège, revient sur le sujet pour apporter d’utiles précisions à ce qu’il a lu dans les articles que lui ont apportés des connaissances :

« Il est probablement trop tard pour solliciter une rectification aux textes publiés récemment par votre chaleureux journal et qui m’ont été rapportés par des connaissances. (N.D.L.R. Vous voyez qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire …)

Il s’agit cependant d’un lapsus que l’intéressé, croyez-le bien, n’aurait pas aisément digéré. Or, la confusion est néanmoins récurrente ; il arrive même qu’elle soit mise en exergue dans des annonces officielles de grands Cabarets.

Il est ici question de son appartenance aux diverses troupes artistiques liégeoises : on peut effectivement citer allègrement, entre autres, le Cabaret des deux Fontaines, 1′ Agne qui tchoûle, les Troubadours (où il m’a succédé en avril 48) et les Brankignol’s , mais JAMAIS François n’a fait partie de l’Àgne qui rèye .

Ceci dans le seul but d’apporter une précision requise au cas où vous reviendriez un jour sur le sujet.

Pour la petite histoire, François quitta 1’Âgne qui tchoûle pour la Capitale d’où Léon Lejeune le rappela pour la présentation de la première des Troubadours à la Populaire. Son inspiration en vue de cette représentation fut telle que tous les sketches prévus au programme portaient sa griffe. Il était également l’auteur de la « signature » de la Troupe qui ouvrait et fermait le spectacle ou l’enregistrement!

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Une partie de la troupe des Djoyeux Troubadours, avec, au centre, rançois Renard

Je suis agréablement surpris que des spectateurs ou auditeurs de l’époque soient en mesure non seulement de ressortir des tiroirs une photo telle que celle des troubadours (1946-47) que vous avez publiée, mais surtout de parvenir encore à mettre un nom sur chaque bobine. Toutefois, un petit bémol (pour rester dans la note) : l’artiste apparemment non reconnu, à la droite de Jean Noben, c’est Claude Sauvenier, ténor léger , chanteur de charme remarquable.

Cela dit, c’est un grand bonheur de constater que l’oubli n’a pas cours sur tout et que subsistent un peu partout en Wallonie des personnes enthousiastes à rendre hommage à François Renard, cet artiste de grand talent dont la mémoire évoque pour tous ceux qui l’ont applaudi d’excellents souvenirs et pour ceux qui ont eu la chance de le côtoyer – soit professionnellement, soit dans la détente comme par exemple à la pêche, où, bien évidemment, l’humour restait de mise – la sincérité profonde d’une amitié sans faille !

La Petite Gazette du 12 octobre 2005

ENCORE ET TOUJOURS POPOL…

Vous êtes nombreuses et nombreux à me dire votre plaisir de voir évoquée la mémoire de François Renard, alias Popol, vous serez dès lors ravis de découvrir, dans les prochaines éditions, d’autres documents relatifs à sa longue carrière. En effet, Madame Liégeois, de Vaux s/Chèvremont, m’a encore confié quelques très intéressants documents et souvenirs.

« François Renard, l’unique Popol, m’écrit ma correspondante, fut le seul artiste wallon à fêter ses 100 ans ! En réalité, il n’avait que 69 ans en 1976 ! Ce double jubilé rassembla, autour de François,  sa famille et de nombreux amis au rang desquels on comptait Bob Dechamps, Henriette Brenu, Jean st-Paul, des membres du Royal Caveau Liégeois et des membres de « l’Accordéon Club de Boncelles » dont il était le parrain. Ce club est d’ailleurs né dans la cave de Popol, mais je ne sais plus à quelle date… et vous ? »

renard14 Au Troca, en 1976, François Renard est congratulé par Dieudonné Boverie. Derrière le piano, on reconnaît Lejeune et, parmi les membres du Royal Caveau Liégeois, Jacques Peters, Henriette Brenu et J. Ronvaux.

Dans son courrier, Mme Liégeois donne une information qui me permettra d’apporter une réponse à une question tant de fois posée. En effet, vous m’avez souvent demandé où il était possible d’encore trouver les disques de Popol. Outre les brocantes et autres bourses aux disques, la Bibliothèque des Dialectes de Wallonie (Chiroux) possède une impressionnante liste des productions du célèbre comique. La lecture de cette liste ravivera, j’en suis certain, bien d’agréables souvenirs…

Popol raconte / par Popol. [s.l.] : Pathé, |s.d.]. 1 disque, 45 t./min. Contient : Cousin Doné; Grand-père est myope ; Le Canari

Viens chez Popol I interprété par François RENARD ; accompagné par Jean-Marie TROISFONTA1NE et Hector DELFOSSE ; produit par Georges DELFOSSE. [s.l.] : GIF, 1978. 1 disque, 33 t./min. Contient : Viens chez Popol ; Grand-père est décoré ; Ma femme et son caniche ; Pitite Bêle Mère ; Belgique-Angleterre ; Monsieur l’Inspecteur ; So l’escarpolette ; E l’abri ; A l’usine.

Sketches + pochette / de François RENARD ; dits par Popol. [s.l.) : EMI, 1966. 1 disque, 33 t./min. Contient : Djôscf a messe ; Lettre de Popol ; La Communion de ma sœur ; A l’école ; Cousin Doné ; Partie de pêche ; Congés payés ; Grand-père est myope ; Le Canari

Album souvenir «François Renard» (Popol). |s.l.) : Sélection records [s.d.]. 1 disque, 33 t./min. Contient : Vas-è ; A son d’ l’armonica ; Tapez n’ gote ; Les tcâffeûs d’autobus ; Mi feume twistèye ; Belgique-Angleterre 1-0 ; Dimin, il îrèt mi ; L’amour ; Phrasie-Tyrol ; Li p’tite rouwalelte ; Tango des r’prochcs ; Petit cœur ; Li Marocain ; Li bonheûr ; Abandon ; Babetoss’.

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La Petite Gazette du 19 octobre 2005

ENCORE UN SOUVENIR LIE A POPOL

Monsieur Rodolphe Lontin, de Seraing, souhaite partager une petite anecdote avec les lecteurs de la Petite Gazette :

« En 1952 ou 1953, je suis monté sur la scène d’un dancing d’Ouffet sur laquelle était installé Popol. Je me suis assis sur ses genoux et, en l’imitant, j’ai monologué une dizaine de minutes, en faisant comme s’il était mon père. Les gens, dans la salle, étaient pliés en deux, mais lui n’a jamais rien dit, ni même souri ! J’avais dès lors perdu les 50 francs qu’on promettait à tout qui le ferait sourire. »