LES PELERINAGES ET LEURS RITUELS

La Petite Gazette du 5 décembre 2007

LES PELERINAGES ET LEURS RITUELS

Aurez-vous la gentillesse d’évoquer, dans les colonnes de La Petite Gazette, vos souvenirs et vos connaissances liés aux rituels de pèlerinages et aux pratiques superstitieuses liées à ces pèlerinages ?

Racontez-nous le rituel précis qui accompagnait tel ou tel pèlerinage : quête de l’argent nécessaire au voyage, neuvaine précédant ou accompagnant le pèlerinage, nombre de personnes faisant le pèlerinage, rituel de bain dans les fontaines, façon d’en puiser de l’eau…

Avez-vous déjà constaté que certaines pratiques liées à ces pèlerinages relèvent davantage de la magie que de la religiosité ? En certains lieux, il convenait de faire un nombre précis de tours du sanctuaire, ou de n’en faire qu’un seul, mais d’une façon particulière. Avez-vous assisté à la bénédiction secrète de plantes ou d’objets, parfois même il fallait dérober des objets du culte : huile, cire de bougie ou de cierge… Ailleurs, les pèlerins grattaient la statue d’un saint et en recueillait la poussière obtenue. D’autres endroits ont connu l’abandon de vêtements ou d’objets personnels… Que dire à propos des arbres à clous, des prélèvements de terre dans certains lieux ?

Il y a, je pense, avec ces propositions de sujets, bien des souvenirs à sauver de l’oubli, bien des pratiques traditionnelles qu’il conviendrait de répertorier avant qu’il ne soit trop tard.

Evidemment, pour ce sujet, comme pour tous les autres, c’est vous et seulement vous qui déciderez la suite à lui réserver. Je dois néanmoins vous dire que, si vous voulez répondre favorablement à cette demande, nous devrions aller de découverte en découverte. Merci d’interroger votre mémoire ou celle des anciens.

 

La Petite Gazette du 3 janvier 2008

AU SUJET DES PELERINAGES

Mme Françoise Detroux, de Verlaine s/O, a entendu mon appel relatif aux pèlerinages et apporte quelques informations intéressantes touchant à Notre-Dame de Montaigu. Elle me précise que ces renseignements sont extraits d’un ancien livre intitulé « Quelques traditions et coutumes du folklore belge ».

Montaigu (2)« Là on venait honorer autrefois une petite image de la sainte Vierge. Elle fit tant de miracles que les archiducs Albert et Isabelle firent construire, en 1609, une belle église. On vient de très loin pour vénérer la statuette. Dans l’arbre auquel elle avait été attachée, on a sculpté nombre de statuettes semblables qui ont été offertes à des pèlerinages étrangers, où on va invoquer la petite Vierge venue de Belgique. C’est ainsi qu’on la vénère à Sainte-Walburge d’Audenarde et à Tournon. On organise une procession, tous les habitants tenant en main une chandelle pour faire à la Vierge un cortège de lumière.

 

Dès lors, chaque année, le premier dimanche après la Toussaint, accouraient à Montaigu des milliers de pèlerins. Dans un premier temps, la procession avait lieu le soir et durait jusqu’à dix heures ; plus tard, elle eut lieu l’après-midi.

Tous les habitants se sont faits marchands de chandelles, nommés par humour « keerskatters » (les chats aux cierges)

Les pèlerins doivent faire trois fois le tour de l’église, en récitant le rosaire à haute voix, et, en passant, ils s’efforcent de toucher l’autel. Lorsque, enfin, le prêtre a donné la bénédiction finale, les bougies sont éteintes et les bouts non consumés sont bien conservés. Il faudra les rallumer devant une image de sainte Anne ou de la Vierge.

Rappelons que Notre-Dame de Montaigu est vénérée pour obtenir la guérison de la fièvre. »

Merci pour ces informations intéressantes, qui évoquera pour nous d’autres pèlerinages ? d’autres rituels ? Pourrez-vous m’expliquer pourquoi on retrouve souvent la nécessité pour les pèlerins de faire trois fois le tour d’un édifice religieux (parfois à l’intérieur, parfois à l’extérieur de celui-ci) ? Ce qui intrigue, c’est ce chiffre de trois à quoi fait-il référence ? A la sainte Trinité ? Dites-moi ce que vous savez à ce sujet.

La Petite Gazette du 9 avril 2008

COMMENT S’APPELLE CET OBJET ?

001 (2)Monsieur L. Marcoty, d’Embourg, cherche à retrouver le nom de cet objet, jouet de nos aïeux. DESSIN DE l’OBJET « C’était une simple boîte percée et maintenue par quelques morceaux de fil de fer. On mettait le feu dedans et on la faisait tournoyer pendant des heures. Mais comment s’appelait ce jeu ? Et à quelle occasion y jouait-on ? » Mon correspondant croit que cela avait un rapport avec la fête de saint Måcrawe, mais il n’en est plus certain. Pourrez-vous l’aider ? Nous avons déjà parlé, il y a bien longtemps, de ce saint populaire dont Jean Haust nous dit qu’il était surtout honoré à l’assomption par les enfants d’Outremeuse.  Il mentionne également des lanternes vénitiennes mais point cette boîte enflammée dont parle M. Marcoty.

La Petite Gazette du 23 avril 2008

COMMENT S’APPELLE CET OBJET ?

Monsieur Arthur Gilles, de Beaufays, a vu resurgir quelques souvenirs en découvrant cette question de M. Marcoty au sujet de cet objet.

« J’ai déjà vu ce type de cylindre métallique, percé de trous, tenu avec un lien métallique pour le faire tourner dans l’espace. Je ne connais pas cet objet comme étant un jeu, mais, je me souviens très bien qu’il était utilisé sur le Thier de Chèvremont, par les marchandes d’articles souvenirs, religieux ou non, dont les échoppes se trouvaient au-dessus du thier.Avec cette boite, remplies de braises, elles, en le faisant tourner ravivaient en hiver le seul moyen dont elles disposaient pour se réchauffer. Cela date des années suivant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, mais Chèvremont n’est plus le lieu de pèlerinage qu’il était à l’époque…Par contre je me souviens encore du nom de trois personnes qui se trouvaient dans les échoppes et dont les anciens se souviendront sans doute…. Mesdames Germaine Tigny, Marie-Louise Hupperman et Madame Terrier. »

Chevremont (2)
J’ai sorti de mes archives cette carte postale évoquant ce pèlerinage à Notre-Dame de Chèvremont parce que les souvenirs de M. Gilles devraient permettre à d’autres lecteurs  d’évoquer ce pèlerinage, effectivement tombé en désuétude du moins si on compare la situation actuelle à la fréquentation qu’il a connue… Me parlerez-vous de ce pèlerinage, de son objet, de ses différentes étapes, des raisons de son succès et de son progressif déclin, de la fricassée… Pourrez-vous nous présenter des photographies de ce pèlerinage, des échoppes des marchandes dont se souvient M. Gilles ? Je l’espère car je sais qu’il y a beaucoup de choses à raconter à ce propos. Merci d’avance.

La Petite Gazette du 7 mai 2008

A PROPOS DU PELERINAGE A N-D DE CHEVREMONT

Monsieur J.L. Dengis, président de la Société royale de Numismatique de Belgique, nous communique une très intéressante information relative au passé lointain du pèlerinage à Chèvremont.« C’est en 1686 (14 septembre) que Maximilien-Henri de Bavière donne l’autorisation, aux Jésuites anglais, d’ériger une chapelle consacrée au culte de Notre-Dame [1]. Mais déjà avant cette date, on note l’existence d’un oratoire primitif qui attire un grand nombre de fidèles et c’est cet afflux régulier de pèlerins, entre 1678 et 1686, qui incite les Jésuites à introduire cette demande auprès du prince-évêque.[1] Une autorisation de bâtir était absolument requise parce qu’il était interdit de construire sur la colline de Chèvremont. Cette interdiction, après avoir relevé d’une tradition orale qui paraît fort ancienne, a été consignée dans un règlement de litige daté du 6 février 1660. »Mon correspondant renseigne, fort à propos, aux lecteurs qui souhaitent en savoir davantage d’où viennent ses informations et recommande cette étude : M. LAFINEUR-CREPIN, La chapelle et la statuette de Notre-Dame, dans Chèvremont, un tricentenaire, un millénaire, 987-1688-1988, Actes du colloque tenu à Chèvremont le 22 avril 1988, dans Bulletin de l’Institut archéologique liégeois, t. C (1988), p. 90 note (4).
Monsieur Bastin, de Heyd, nous apporte des informations et des anecdotes plus contemporaines :

« La dernière fois que je suis allé en pèlerinage là-bas, c’était en mai 1951, soit au lendemain de la communion solennelle (faite à Amercoeur) de mon cousin Nico, le fils de Nicolas Petit-Biquet (souvent évoqué dans La Petite Gazette). En ce qui me concerne, j’ai fait ma communion solennelle (au Quartier du Laveu) le 7 mai 1944, précisons-le bien, sous les bombes anglo-américaines qui, fort généreusement, pleuvaient alors sur Liège pour faire croire aux Allemands que les Alliés allaient débarquer dans le Pas-de-Calais (Mystification totalement réussie); et, le lendemain, soit le lundi 8, je suis allé, selon la tradition bien implantée à Liège, en pèlerinage à ND de Chèvremont, avec toute ma famille. J’ai ainsi dû, assez péniblement, gravir ce dur Chemin de croix (rue de Chèvremont, je pense) qui conduit à la basilique en question. Après tout cela, nous avons tous été dans les petits restaurants avoisinants afin de manger, selon une coutume alors bien établie, une bonne fricassée au lard. Bien que ce fût alors la guerre, ces restaurateurs, élevant poules et porcs, n’avaient, apparemment, aucun problème de ravitaillement en ce domaine. Je ne pense toutefois pas, mais n’en suis pas plus sûr que cela, avoir alors vu, en cette période terriblement troublée, d’échoppes de camelots, sur mon chemin.

Rappelons, avant de conclure, qu’était organisé annuellement, à ND de Chèvremont, le pèlerinage des Sportifs auquel participait toujours, entre autres, et de fort bon cœur, mon oncle Nicolas qui n’était pourtant pas calotin du tout. Disons enfin que le tout grand champion cycliste italien Gino Bartali (qui, lui, était, je pense, plus ou moins apparenté à S.S. le Pape Pie XII) ne ratait jamais l’occasion d’aller rendre une petite visite à ND de Chèvremont, chaque fois qu’il se trouvait dans l’agglomération liégeoise. »

 

La Petite Gazette du 14 mai 2008

ON SAIT MAINTENANT COMMENT S’APPELLE CET OBJET…

001 (2)Monsieur Marcoty sera ravi d’apprendre le nom de ce petit objet avec lequel il jouait quand il était enfant.

Mme Josée Heine, de Strée, se souvient : « C’est à la saint Macrawe, au moment des fêtes du 15 août, en Outremeuse, que nous jouions avec notre « caboulette ». La nuit c’était encore mieux car le feu dans cette vieille boîte en fer blanc trouée se voyait beaucoup mieux.

Pour nous, enfants, c’était un jeu, un rituel ; nous n’en connaissions pas l’origine. »

 J. Vrancken, de Ferrières, nous écrit pour nous confirmer que « les gamins des rues, dont je faisais partie, précise-t-il, s’en servaient à l’occasion de « saint Macrawe » en Outremeuse et Amercoeur, imitant les « encenseurs» lors des nombreuses professions de l’époque. Nous appelions cet objet une « Cabolette». Je me souviens que nous y mettions des morceaux de « scapulaire », ce produit enflammé dégageait, à notre grande joie, une abondante fumée. »

Très intéressant, mais j’aimerais bien savoir ce qui se cachait sous cette étonnante appellation de « scapulaire »…

Monsieur G. Gerkens, d’Embourg : « Dans le quartier où j’ai passé mon enfance et mon adolescence, cet objet était désigné sous le nom de « caboulette ». Il s’agissait effectivement d’une vieille boîte à conserve, percée de plusieurs trous, dans laquelle on faisait un feu avec les mêmes matériaux que ceux dont on se servait pour faire le feu dans la cuisinière familiale. I1 s’agissait bien dans notre quartier d’un jeu. On utilisait cette « caboulette » comme un encensoir, balancé vigoureusement d’avant en arrière pour entretenir le feu, le rougeoiement des braises, la fumée sortant par les trous pratiqués dans la boîte. Cela se passait au quartier des Vennes, paroisse Saint-Vincent. Si mes souvenirs sont exacts, il y avait une saison pour cela, un peu comme le printemps voyait le retour des jeux de bille, l’automne ou l’hiver voyait le retour des caboulettes. »

Un grand merci à mes trois correspondants pour ces souvenirs.

A PROPOS DU PELERINAGE A N-D DE CHEVREMONT

Monsieur Gerkens, d’Embourg, a réuni pour vous quelques intéressantes informations :

« D’après ce que nous raconte la brochure éditée à l’occasion du centenaire de la dédicace de la Basilique de Chèvremont, la « sainte colline « fut le pèlerinage liégeois par excellence à l’occasion de la Semaine Sainte, le lundi de Pâques, les lundis du mois de mai ( lendemain des communions solennelles ), des milliers de pèlerins se relayaient sans cesse. Près de la chapelle, des marchands d’objets pieux proposaient chapelets, bougies, médailles.

Les jeunes filles en quête d’époux allaient prier là-haut sans leur fiancé, car ce serait de mauvais augure pour leur couple. Un dicton assurait que si on montait la colline à deux, on la redescendait seul. De fait, les jeunes gens attendaient leur promise au pied de la montagne en consommant plus d’une goutte de péket.

La nourriture solide se composait d’une « clapante « fricassée de 2 œufs, un morceau de lard, un morceau de saucisse, un morceau de tarte au riz comme dessert avec une tasse de café très noir. C’est cette formule que perpétuent les Chevaliers de la Fricassée.

Les conscrits soucieux d’être exemptés du service militaire s’y rendaient pour implorer la protection de la Vierge. Les lavandières et les cloutiers se retrouvaient pour se placer sous l’égide de notre dame.

Quelques grands pèlerinages

1913 : 225e  anniversaire de la chapelle

1919 : 20.000 pèlerins viennent remercier la Vierge de les avoir protégés pendant la guerre

1956 : 27 mai, pèlerinage international pour la paix dans le monde

1960 : 26 juillet : prières pour le Congo.

C’est la publicité faite autour des apparitions de Banneux en 1933, les difficultés d’accès, l’insuffisance des structures d’accueil restées au stade du 19e  siècle ainsi que le déclin de la pratique religieuse qui verra diminuer la fréquentation de grands pèlerinages à Chèvremont.

Reste le pèlerinage des sportifs wallons, né en 1938, issu d’une rencontre entre le coureur cycliste Romain Maes et le père Van Clé, aumônier des sportifs.

Interrompu par la guerre, il reprendra en 1942, sous l’impulsion de Georges Tilman journaliste à la Gazette de Liège et au Journal des Sports.

Quelques célébrités ayant participé à ce pèlerinage : E. Merckx, Kid Dussart, Auguste Mingels, Louis Carré, Jean Michel Saive, Jean Brankart et enfin Gino Bartali qui a contribué au financement du tableau des Fastes où il est d’ailleurs représenté près du pape Pie Xll.

C’est en 1953 qu’un bref pontifical de Pie Xll nomma Notre Dame de Chèvremont Patronne des Sportifs Wallons. Pour cette raison, des souvenirs matériels tels que maillots, coupes, ballons, etc. sont déposés dans la chapelle.

Notons enfin que la montée par le thier permet de découvrir les « potales » illustrant les mystères douloureux de la Vierge, plusieurs fois vandalisées mais chaque fois restaurées avec le concours des autorités communales, les « Amis de Chèvremont », les artistes calidifontains qui offrent une de leurs oeuvres.

Bref, même si c’est plus discrètement, Chèvremont et le culte de Notre Dame sont toujours bien vivants. »

Un immense merci pour toutes ces précisions.

Mme Dohogne, de Grand-Halleux, a gardé en mémoire un souvenir lointain de Chèvremont :

« J’étais encore une toute petite fille. Une fois par an, et un jour seulement, mes parents et nous, les 4 enfants, nous nous rendions à Chèvremont. Mes parents tenaient beaucoup à faire ce mini-pèlerinage.

Là, il y avait… en bas et …en haut !

Mes parents, avec les 2 aînés montaient pour prier, laissant les 2 petites, dont moi, en bas. Là, il y avait un ou des carrousels et de la tarte. J’ai le souvenir précis de cette si bonne tarte aux prunes. Hélas ! J’ai été piquée dans la bouche par une guêpe posée juste sur la bouchée que je mangeais…

Sans doute ai-je pleuré ou hurlé. Je n’ai pas le souvenir de ce qui s’est passé alors; je sais seulement qu’on s’est empressé autour de moi pour me soulager… »

 

La Petite Gazette du 4 juin 2008

NOTRE-DAME DE CHEVREMONT

Manifestement ce haut lieu de pèlerinage liégeois vous a laissé bien des souvenirs que vous aimez évoquer.

C’est aujourd’hui au tour de Monsieur Robert Pochet, né au pied du calvaire, de s’exprimer :

« Ma grand-mère, Mme Thérèse Collard, tenait ainsi une échoppe installée, suivant le mois, tantôt à gauche, tantôt à droite, de la chapelle. Mon père, Henri Pochet, récoltait la cire des bougies et en refabriquait dans sa cave. Il remontait tout le calvaire, à pied, le lendemain dès 7h.,  avec tout le matériel. Le soir, aux environs de 20h. les objets religieux étaient rentrés dans un coffre et placés à l’intérieur de la chapelle.   Quand j’étais enfant, les pèlerins pouvaient, chez moi, assouvir un petit besoin avant de monter le calvaire.

Dans les années cinquante, Notre-Dame de Chèvremont rassemblait des milliers de pèlerins, y compris le pèlerinage des sportifs chaque année au mois de mai. A quelques pas est érigée une petite chapelle dédiée à sainte Begge, invoquée contre les rhumatismes ; de nombreux pèlerins y nouent divers objets (mouchoirs, foulards, lacets…) afin d’obtenir la guérison.

A l’époque, au pied du calvaire, se trouvaient, dès 7 heures du matin, des mendiants qui recueillaient l’aumône jusqu’à 20 heures.

La succulente fricassée pouvait être dégustée à « la maison blanche », tenue par Germaine Lay et au « Saint-Antoine » tenu par M. Magnée, entre la première et la deuxième station. Pour les gourmets, à l’heure actuelle, une brasserie réalise encore la fameuse fricassée.

Fait très important, lors de la guerre 40-45, une bombe est tombée juste devant la chapelle, elle n’a rien endommagé. Les pèlerins y ont vu le signe d’une grande protection de la Vierge. Aujourd’hui, l’endroit où la bombe est tombée est indiqué par des cailloux blancs.

Ce sont des bénévoles qui s’occupe de l’entretien des lieux. Dernièrement, ils ont restauré les caves voûtées de la basilique et aménagé différentes petites chapelles permettant ainsi à toute personne de se recueillir dans le calme et la paix.

Rappelons que la basilique a été érigée à l’emplacement  d’un antique château fort. »

Merci pour toutes ces informations et ces souvenirs.

UN NOUVEAU LIVRE SUR AYWAILLE ET SPRIMONT

LE BERCEAU INDUSTRIEL D’AYWAILLE ET DE SPRIMONT

Les toutes nouvelles installations de la brasserie Elfique sont en voie de parachèvement à Raborive (Aywaille), dans un site remarquable à différents points de vue. Cette nouvelle ligne de production va incessamment voir le jour à l’ombre des somptueuses ruines du donjon de Neufchâteau-sur-Amblève et en face de la célèbre fermette dite de la Mohinette, dont Marcellin Lagarde a raconté l’histoire. Ce site est, en outre, un lieu chargé d’histoire puisque c’est sur les terres s’étendant entre Florzé, Raborive, Martinrive et Rouvreux que Jacky Jacobs (✝), René Jacobs et René Henry, les auteurs de cette étude parue dernièrement, ont localisé « Le Berceau industriel d’Aywaille et de Sprimont ». Pareille affirmation surprendra sans doute celles et ceux qui ne connaissent pas encore la richesse industrielle de ce petit territoire partagé aujourd’hui entre les communes d’Aywaille et de Sprimont mais qui, jusqu’en 1794, relevait de plusieurs seigneuries et états différents.

Carte couverture

La richesse du sous-sol, l’Amblève navigable et productrice d’énergie et la réunion des limites de ces seigneuries et de ces états furent identifiés comme de véritables atouts par d’audacieux entrepreneurs il y a près d’un demi-millénaire déjà.

Bien avant qu’on y exploite la pierre et le sable, ce petit territoire vit se développer une importante industrie métallurgique, on y exploita aussi l’alun, une matière première d’une importance capitale aux XVIIe et XVIIIe siècles. Emblève connut ensuite une importante verrerie où se fabriquaient les bouteilles à eau de Spa et à eau de Bru, produits essentiels au développement d’un très important commerce. Là ne s’arrête pas la liste des « usines » qui s’élevèrent en ces lieux : un imposant moulin à quatre roues produisit du papier, il fut même question d’y installer une manufacture de draps.

za 21Ce fut ensuite l’industrie de la pierre qui investit les lieux et ce sont d’ailleurs de magnifiques bâtiments de cette époque qui verront très bientôt grandir et se développer considérablement la brasserie Elfique. elfique-logo

Toutes ces activités dopèrent l’économie locale en réclamant aussi une main-d’œuvre importante pour acheminer, par voie terrestre et par voie d’eau, les matières premières vers ces industries et pour en transporter les produits finis.

Guidés par les auteurs, vous partirez à la découverte de toutes ces entreprises; ils vous mèneront en outre à la rencontre des étonnante facettes des personnalités qui investirent tant en ces lieux : les de Hauzeur, les Desandrouin, les Penay… et, plus proches de nous, les Marcellis par exemple. Ces représentants de grandes familles d’industriels ou de commerçants hennuyers, liégeois ou verviétois vous seront mieux connus grâce aux très nombreux documents présentés dans cet ouvrage : des pièces de procès, des actes officiels, des testaments… Vous les verrez alors comme ils étaient vraiment : de véritables précurseurs du capitalisme.

Ce nouvel ouvrage de la collection P.A.C. Aywaille est édité par la maison liégeoise Dricot, gage de qualité, il a été officiellement présenté le 5 mai dernier. Il compte 122 pages au grand format (A4) et recèle plus de 70 illustrations pour la plupart tout à fait inédites et dont certaines sont présentées en pleine page et en quadrichromie.

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Vous pouvez bien entendu acquérir ce livre  en versant 25€ (Frais de port inclus) sur le compte bancaire BE29 0682 0895 1464 de P.A.C. Aywaille à 4920 Aywaille avec la communication « Berceau industriel ».

 

LE DYNAMISME DES CERCLES HISTORIQUES DE CHEZ NOUS ET LEURS NOUVELLES PUBLICATIONS

La Petite Gazette du 3 janvier 2018

LES ANNALES 2017 DU CERCLE HISTORIQUE MARCHE-EN-FAMENNE, HOTTON, RENDEUX

La Petite Gazette débute cette année 2018 avec la ferme intention d’encore vous faire découvrir de nouvelles facettes de notre riche passé régional et de son patrimoine sous tous ses aspects, du plus monumental ou plus discret. Pour rencontrer cet ambitieux  objectif, votre collaboration est encore et toujours indispensable; plus que jamais le partage de vos incroyables connaissances permettra de compléter la formidable collection de contributions rassemblées dans cette chronique depuis bientôt 20 ans. Merci pour votre indéfectible intérêt et merci pour votre implication.

Je désirais, en ces premiers jours de l’année nouvelle, rendre un hommage vibrant à l’extraordinaire dynamisme des cercles d’histoire locale de chez nous; aujourd’hui, je vous présenterai la nouvelle et magnifique publication du Cercle historique Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux asbl, célébrant 40 années d’histoire locale au travers de 124 pages très richement illustrées, aussi en quadrichromie, et idéalement mises en page. Les « plumes » habituelles, dont certaines sont bien connues des lecteurs de La Petite Gazette, proposent des articles admirablement documentés et vous menant vers d’étonnants horizons.

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Gilbert Vanbelle s’est penché sur l’histoire de Roy, de Lignières et de Grimbiémont, et de leurs églises et chapelle; dessins, plans et photographies viennent utilement soutenir un texte précis apportant d’intéressantes anecdotes. Avec l’étude de Philippe Annaert, c’est au coeur du duché de Luxembourg au XVIIe siècle que vous serez plongés à la rencontre des principaux pèlerinages évoqués dans les archives ardennaises. A cette époque, la promotion du culte est assurée par les nombreux témoignages des faits miraculeux relevés dans les sanctuaires et chapelles du duché. L’auteur s’attache principalement au site du monument du Saint-Sépulcre à Marche-en-Famenne grâce à un dossier, particulièrement riche en information, qu’a rédigé, en 1678, une commission diocésaine constituée alors par l’évêque de Liège. Vous glisserez ainsi vos pas dans ceux des pèlerins du ardennais du XVIIe siècle, simplement passionnant.

Jean-Louis Schmitz explore un autre aspect de la vie marchoise au XVIIe siècle en nous proposant de feuilleter avec lui un livre de raison soit une chronique familiale rédigée vers 1619 par le notaire Toussaint Gouffart (1573-1648) et donnant de bien intéressantes informations sur le quotidien à Marche-en-Famenne à la charnière des XVIe et XVIIe siècles que l’auteur a la judicieuse idée de replacer dans leur contexte historique général pour une compréhension optimale. Maurice Petit, quant à lui, nous livre une étude sur les prêtres de Hodister et de Gênes. Bien loin des simples listes que proposaient jadis les monographies villageoises, Maurice Petit nous donne une foule de détails sur ces desservants, leurs qualités certes mais surtout leurs petits « travers » ou habitudes étonnantes vu leur fonction… et cela va vraiment dans tous les sens. Etonnant et très intéressant.

André Collard et André Haquin vous plongent dans les premières semaines de la Seconde Guerre Mondiale à Marche-en-Famenne en suivant le « journal » tenu par Madame Julia Fisenne-Lecocq qui le commence par ces mots : « Mon journal pour mes enfants au cas où je ne les reverrais plus. 1940. Jeudi 9 mai. » Ce journal rédigé au crayon dans un agenda couvre 110 pages et aborde toutes les réalités quotidiennes des premières semaines de guerre, depuis l’exode vers la France d’une partie de sa famille jusqu’à leur retour le 20 juillet. Ce journal constitue une chronique locale très précise rendant de façon très humaine l’état d’esprit de ces temps troublés. Les Annales 2017 se complètent des rubriques habituelles : récit de l’excursion du Cercle, « De cent ans en cent ans, les années ’17 » et la remarquable contribution d’Erika Berger « Nous avons lu pour vous » vous présentant par le détail les nombreuses publications reçues par le Cercle.

Pour recevoir les publications du Cercle historique Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux, asbl, il suffit d’adhérer à l’association comme simple membre adhérent par le versement d’une cotisation de 20€ à verser sur le compte BE48 1420 6513 5727 du Cercle historique de Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux. Cette cotisation vous donne droit à la un exemplaire des Annales de l’année en cours. Pour acquérir les publications des années antérieures, il vous suffira de consulter le site http://cercle-historique.marche.be

 

La Petite Gazette du 10 janvier 2018

LE NOUVEL  ARCHEO-CONTACT DU VIEIL ESNEUX EST ARRIVE …

Dans notre dernière édition, j’évoquais, tout en m’en réjouissant, la vivacité de nos cercles historiques régionaux et, cette semaine, c’est avec plaisir que je vous présente le contenu du n°51 de « Archéo-Contact », le bulletin du Cercle Archéo-Historique « Le Vieil Esneux – Ardenne-Condroz ASBL ». Les passionnés qui animent ce cercle et dont les recherches et les travaux remplissent les pages de ses bulletins vous emmènent à leur suite dans l’histoire locale, survolant allègrement les siècles.

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Ce numéro ne fait pas exception : Harald Delaitte vous plonge dans nos paysages à l’époque du Paléolithique à la rencontre des Homo-Erectus et des Néandertaliens dont il nous présente les caractéristiques, quelques-uns de leurs outils découverts chez nous et d’autres traces locales de leur époque. Le même auteur, rejoint par Joseph Graftiau cette fois, aborde l’âge de la pierre polie, le néolithique, à Lincé et environ, en passant en revue les nombreuses découvertes de trois chercheurs de chez nous, Harald Delaitte, Gaston Lawarrée et André Nélissen. Cet article passionnant revient aussi sur les fouilles menées dans les années 80 au « Château de Fays » et lance une intrigante réflexion sur l’orientation de la chapelle de cette place fortifiée qui, manifestement, est une construction liée aux solstices… Bien plus proche de notre temps, c’est la distribution d’eau à Esneux qu’a étudiée André Baltia qui nous entraîne à l’époque des pompes à bras et des bornes-fontaines en illustrant ses propos de très jolies anciennes vues. Pol Walhain, quant à lui, se penche sur le crash d’un bombardier bi-moteur U.S., à la Noël 1944, à Colonster. Philippe Hamoir nous fait assister à la spectaculaire résurrection du Christ des Ruelles. Ce bulletin contient évidemment ses rubriques habituelles assurées par « l’archiviste de service » mais aussi quelques textes en wallon, un rappel par l’image du succès rencontré lors des Journées du Patrimoine…

Toutes celles et tous ceux s’intéressant à l’histoire de notre région trouveront plaisir et intérêt à lire cette nouvelle publication. Le Vieil Esneux en édite deux par an que vous recevrez simplement en devenant membre de l’asbl par un versement de 15€ pour les Esneutois, 20€ pour tous les autres (la différence représente les frais d’affranchissement des bulletins) à verser sur le compte BE90 6528 4546 6432 du Vieil Esneux asbl.

 

LES SOLDATS D’AYWAILLE SOUS LA PERIODE FRANCAISE, une nouvelle publication d’ETIENNE COMPERE

La Petite Gazette du 27 décembre 2017

DES AQUALIENS ONT COMBATTU PARTOUT EN EUROPE DANS LES ARMEES FRANCAISES…

Dès septembre 1798, durant la période française, à Aywaille -comme dans toute la région- tous les hommes âgés de 20 à 25 ans sont soumis au « service militaire obligatoire permanent« . Ce service militaire a une durée de 5 ans et s’effectue soit par enrôlement volontaire soit par conscription, c’est-à-dire par tirage au sort.

Etienne Compère, sans doute le plus parfait connaisseur de la population aqualienne à travers les siècles, s’est intéressé à ces hommes dont le destin fut bouleversé par la loi Jourdan dont l’article 1 précise que « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la Patrie. » or les Aqualiens sont français depuis le 1er octobre 1795!

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Etienne Compère, chercheur rigoureux, minutieux et, surtout, passionné, s’est plongé dans les liasses d’archives communales, paroissiales et les registres de contrôle des troupes à la recherche de ces jeunes hommes d’Aywaille, de Remouchamps, de Harzé, d’Ernonheid et de Deigné dont il découvrit la trace sur tous les champs de bataille d’Europe. Au gré des pages de sa toute récente publication, l’auteur vous entraîne à Breslau, à Coblence, à Augsbourg, à Brême, en Saxe, en France, en Hollande, au Portugal, en Espagne, en Autriche et en Russie; dans les pas des fusiliers, des voltigeurs, des tirailleurs, des grenadiers, des canonniers, des sapeurs ou des gendarmes, près d’une centaine de jeunes hommes ayant abandonné nos vertes campagnes pour des contrées qu’ils n’avaient jamais imaginé fouler! Fidèle à son souci d’humanisme, Etienne Compère nous invite à partager des moments d’intimité familiale en nous donnant à connaître diverses lettres adressées par ces soldats à leurs parents, il nous plonge également dans les difficiles réalités provoquées par la conscription et qui poussèrent bien de ces jeunes gens à devenir des réfractaires ou des déserteurs, d’autres connurent le sort peu enviable des prisonniers de guerre ou des condamnés aux travaux forcés pour cause de désertion. D’intéressantes anecdotes viennent émailler ces petits récits de vie militaire : l’un de ces soldats aurait dialogué avec l’Empereur, un autre s’est vu étonnamment impliqué dans une affaire criminelle, nombre d’entre eux se verront décorer…

Ne négligeant aucun aspect du régime de la conscription, Etienne Compère s’est également intéressé à ceux qui ont échappé à ce long et dangereux service militaire parce qu’ils ont fourni un remplaçant, parce qu’ils étaient soit le fils aîné ou le fils unique d’une veuve, parce qu’ils étaient de trop faible constitution ou trop petits (15% d’entre eux) ou qu’ils présentaient une invalidité (28% !). Dans cette nouvelle publication (92 pages A4, très bien présentées), l’auteur pense bien entendu à vous fournir toutes les indications nécessaires à la juste perception de l’état d’esprit de cette période qui bouleverse toutes les ancestrales habitudes : prêtres de nos paroisses refusent de prêter le serment « de haine » constitutionnel, les règles régissant la conscription et le tirage au sort mais aussi les faits du quotidien qui font alors l’actualité (les réquisitions de chevaux, de charrettes, de voitures, de fourrage, de viande…), la chasse aux réfractaires et aux déserteurs et bien d’autres faits divers du temps.

Cette étonnante « photographie » de cette époque si particulière qui sanctionne la brutale transition entre l’ancien et le nouveau régime se doit de trouver place dans la bibliothèque de tout amateur de l’histoire de notre région. Pour l’acquérir, rien de plus simple : un versement de 25€ (port compris) sur le compte BE60 06187698 6070 d’Etienne Compère à 4920 Aywaille avec la communication « Conscrits d’Aywaille » et le livre vous sera très vite livré.

LA FABRIQUE NATIONALE (F.N.)- SES DIFFERENTS SIGLES ET CERTAINES DE SES PRODUCTIONS

La Petite Gazette du 23 janvier 2013

SUR QUOI ÉTAIT APPOSE CETTE PLAQUE DE BRONZE PORTANT LE SIGLE FN ?

Monsieur Jean-Pierre Beaufays, dont vous avez souvent l’occasion d’apprécier les connaissances en matière de véhicules anciens, fait appel à vous pour tenter de percer ce qui constitue un mystère pour lui. Aussi espère-t-il que les spécialistes de la F.N. se pencheront sur le sujet. Il vous soumet cette photo d’une plaque en bronze coulé avec le logo FN en relief que lui a donnée, il y a quelque temps, un ami qui connaissait sa passion pour les véhicules anciens.

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Mon correspondant précise : « Ses dimensions sont de 17 X 13 cm et son épaisseur de 5 mm.

A ma connaissance, elle ne provient d’aucun véhicule terrestre mais peut-être devait-elle être fixée sur du matériel industriel ou ferroviaire.

Cet objet ne doit pas être très rare car j’en ai déjà vu d’autres exemplaires sur des brocantes.

Curieusement, elle n’est percée par aucun trou de fixation mais peut-être provient-elle d’un ancien stock qui n’a jamais été utilisé.

J’espère que, parmi les lecteurs de La Petite Gazette, un spécialiste de la FN pourra nous en dire plus. »

Je l’espère également et vous demande de me communique tout ce que vous savez sur le sujet.

La Petite Gazette du 6 février 2013

CE SIGLE « F.N. »

Monsieur Martin Huwart, de Ville-au-Bois, est le premier à nous transmettre son avis à propos de ce sigle et nous l’en remercions.

A propos du sigle FN, je pense que ce logo « Art déco » était en service exclusivement pour la division « Armes et munitions ». On le retrouve sur les plaques de couche des pistolets Browning faits à Liège et ce logo est aussi en première page du livre-souvenir des premières 25 années de la FN dont j’ai un exemplaire.

  1. Beaufays a tout à fait raison, tous les véhicules terrestres (vélos/motos/voitures) avaient un logo différent, montrant un pédalier croisé avec un fusil entre les lettres FN. Ce pédalier sera plus tard stylisé et le fusil disparaitra.

Je pense que cette plaque est tout bêtement une décoration d’étalage, distribuée aux différents armuriers, d’où l’absence de trous pour la fixer. Je crois me souvenir d’un tel truc dans la vitrine de BURY-DONCKIER au Passage Lemonnier dans les années 1950-1953.

Je suis curieux d’avoir d’autres commentaires. »

La Petite Gazette du 13 février 2013

A PROPOS ENCORE DE CE SIGLE FN

C’est au tour de monsieur Alexandre Steenebrugen, de Warre-Tohogne, d’apporter une réponse à M. Beaufays:

“Il s’agit là du logotype de la fabrique créé en 1906 et qui fut apposé sur des armes, cycles, automobiles et, occasionnellement, sur divers produits. Vu la taille et la matière de la plaque détenue par M. Beaufays, il pourrait s’agir d’une garniture de calandre d’auto qui, en même temps, indiquait la marque de celle-ci.

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Ce logo fut encore imprimé, il y a quelques années (1970 – 1980) sur des boîtes d’emballage de cartouches de chasse.”

 

La Petite Gazette du 20 février 2013

ENCORE CE SIGLE F.N.

C’est au tour de Monsieur Robert Mignon de nous transmettre, depuis le Sud de la France, un avis éclairé sur cette question :

« Mon neveu m’a transmis un article de presse relatif au sigle FN et, un appel à des informations complémentaires ; Ayant fait toute ma carrière dans ce groupe, je me suis un peu piqué au jeu et, j’ai effectué quelques recherches. Vous trouverez ci-joint l’évolution du sigle au fil des années. (page 170 du livre d’Auguste Francotte et Claude Gaier « FN 100 ANS »)

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A mon avis, contrairement à ce qu’affirme Monsieur Huwart, le second sigle n’est pas Art Déco (puisque créé en 1906) mais, il serait plutôt issu de l’Art Nouveau et probablement du courant porté par Victor Horta. Il a été introduit au moment de la commercialisation des automobiles. Probablement, pour donner une image plus large de l’entreprise en se différenciant du premier (où figuraient un fusil et un pédalier rappelant que la FN fabriquait principalement des armes et des cycles). Je pense que les différents sigles « FN » ont été utilisés sans répondre à une véritable stratégie de marque. Même si celui intégrant le pédalier (très stylisé par la suite) est resté plus attaché à la division « Sports » et plus particulièrement aux motos. Mon ami Claude Gaier, Directeur du Musée d’Armes et « historien retraité de la FN » pourrait certainement en dire beaucoup plus que moi.

Pour la petite histoire, j’ai possédé pendant des années une de ces magnifiques petites plaques ovales en métal émaillé, frappée du sigle en lettres dorées sur fond noir et, munie au dos de deux tiges filetées qui permettaient sa fixation sur des objets et, notamment sur des automobiles. J’espère que ces informations vous aideront dans vos recherches. »

La semaine prochaine, nous découvriront encore d’autres développements à cette enquête.

La Petite Gazette du 27 février 2013

ENCORE LE SIGLE F.N.

Monsieur Raymond Gillet réagit aux propos parus dans La Petite Gazette du 14/02/2013. « Monsieur A. Steenebrugen a tout à fait raison, concernant l’utilisation du logo « FN » sur les emballages de cartouches de chasse. Vous trouverez en annexe le logo sur une partie d’emballage que j’avais conservé et, sur cette partie figure aussi le numéro de référence à utiliser en cas de réclamation. Un puriste pourra peut-être nous éclairer sur la date correspondant à  » 4 Q 4 H 4″.

Cartouches Legia

Pour revenir à cette demande d’identification, il apparait  que la FN  fabriquait elle-même certaines de ses machines-outils, trop spécifiques pour les trouver dans le commerce. La plaque en question est  une marque de fabrique apposée sur ces machines-outils,  ce que m’a confirmé un ancien de la FN. Il semble que cette plaque était apposée aussi sur des machines conçues par la  FN, mais fabriquées pour elle aux USA à Milwaukie et /ou Cincinati.

Ces plaques étaient vissées sur les bâtis des machines .Les trous étaient  forés selon l’état de surface de l’emplacement car c’était brut de fonderie, donc il était rare de trouver une surface plane. Début du siècle dernier, voire  même avant, la FN pour l’usinage de ses produits fabriquait ses machines car pour les  pièces d’armes, cela était tellement complexe, qu’elle n’en trouvait pas sur le marché. Cette plaque en bronze, qui fait quand même 170 mm de large, 150 mm de haut et entre 5 et 10 mm  d’épaisseur, servait simplement comme marque de fabrique vissée sur le châssis. Voici une photo d’une de ces ancêtres datant de 1920.

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L’ancien de la F.N. interrogé par M. Huwart lui a expliqué que : « C’est la plus petite machine que j’ai connue, fabriquée à la FN. (Voir le sigle fixé dessus), C’est le modèle A1 ou FN10 avec déplacement manuel de la table. Il faut remarquer que cette machine n’a pas de moteur pour faire tourner le mandrin. A cette époque il y avait des manèges (moteurs et axes) en sous – toitures des halls et des courroies qui descendaient vers chaque machine cela ressemblait à une jungle. Il y avait d’ailleurs  un métier de « courroyeur  » à la FN qui ne faisait que de remplacer ou remettre en place les courroies sur les poulies.

Quand je suis entré à la FN, comme régleur,  le parc machine était encore composé à +- 80% de ces machines qui heureusement  avaient un peu évolué , moteurs électriques pour la FN 10, déplacement automatique de la table pour la FN 11 , FN 12, FN 15, FN 16 ( double broche) etc…. et puis des machines plus modernes fabriquées spécifiquement pour la FN par Milwaukee ou Cincinnati »

Merci pour cette passionnante enquête.

 

La Petite Gazette du 13 mars 2013

ENCORE UN SIGLE FN…

Monsieur Daniel Coûteaux, d’Embourg,  sollicite votre aide pour compléter les informations d’un musée suisse… Il vous explique pourquoi :

« Une de mes filles, en vacances en Suisse – dans le Valais – visite un jour une fonderie de cloches. Elle en fait un beau reportage : photos et vidéos. Mettant son nez  – pardon, son objectif –  un peu partout, elle trouve un vélo, un tout vieux modèle, mais tout beau ! Avec étonnement elle y repère un ancien sigle de la FN.

Le fondeur de cloches est tout content et heureux d’apprendre d’où provient ce mystérieux vélo (bicyclette, devrais-je dire) ramassé(e) dans une déchetterie. Il l’a remis à « neuf », avec des nouveaux pneus (neige, bien entendu) et il roule. Tout cela, par simple plaisir de redonner vie à une vieille chose. Votre rubrique permet à ma fille de dater le logo : 1902 !

Elle va en informer le fondeur de cloches ; mais après avoir approfondi l’historique de cette vieille pièce avec, espère-t-elle, l’aide des lecteurs et des gentils correspondants de la Petite Gazette, leurs connaissances et leur documentation.

Sur son beau support, cet ancêtre va bientôt se retrouver dans une vitrine ! Et … en Suisse ! Comment donc est-il arrivé si loin ? Armée suisse … ? Merci de nous aider à éclaircir son histoire. »

La Petite Gazette du 27 mars 2013

A PROPOS DE CE VELO FN PRESENT DANS UN MUSEE SUISSE…

Ce vélo liégeois dans un musée suisse a également retenu votre attention.

Monsieur Emile Perrot nous indique qu’il possède : « l’une ou l’autre information sur le vélo FN qui se trouve dans un musée en Suisse. Les vélos FN avaient un numéro de cadre frappé sous le pédalier. Les vélos FN construits en 1903 avaient un N° compris entre 6000 et 9999.

Je n’ai malheureusement pas les N° des autres années. Ce vélo est un vélo de type acatène (appelé aussi chainless), c’est-à-dire qu’il utilise non pas une chaine de transmission mais bien un arbre et un couple conique! »

Monsieur Jean d’Olne intervient à son tour :

« La « vieille bécane » retrouvée en Suisse a tout de la pièce de collection. En effet, l’original de la photo publiée montre qu’il s’agit d’un vélo de type « acatène », utilisant une transmission par cardan. Ce système avait l’avantage d’être totalement renfermé, évitant aussi bien les taches de cambouis que les sauts de chaîne ou l’accrochage du bas de pantalon.

Autrefois, le système était mono vitesse, ce qui a sans doute contribué à sa disparition. Il y a une quarantaine d’années, j’en avais découvert deux (homme et femme) dans l’extraordinaire accumulation de « trésors » rassemblés par feu le notaire Delrée, de Theux. J’ai tout fait pour en acheter un, mais le brave homme a jugé préférable d’en faire don à la FN … où ils sont allés s’ajouter à toute une série d’engins similaires gardés en réserve pour le musée de la firme.

De nos jours, on trouve de timides essais de réintroduction, principalement pour des vélos de ville. La technique moderne a permis d’utiliser un changement de vitesse dans le moyeu, résultant en vélos acatènes à 6 vitesses. J’imagine que le poids et le coût n’en faciliteront pas la diffusion. J’ajoute une photo de détail qui illustre bien l’aspect de cette transmission. »

FN-acaten__

Enfin, voici les commentaires de Monsieur Raymond Gillet, de Nandrin. « Ce vélo serait de 1904 ou 1905. Vélo FN « CHAINLESS » Type-C 55 (« sans chaine – à cardan »). Remarquez la poignée du seul frein, à droite du guidon; poignée en forme de cuillère ou coquille. Par un système de renvoi accolé à l’axe du guide-fourche la baguette ou tige de frein était munie à son extrémité d’un patin central qui agissait « sur le pneu. A l’origine le garde-boue avant, en bois, commençait seulement à partie du guide-fourche. (Ce qui ne semble pas être le cas sur la photo). Les deux garde-boues étaient constitués d’une lamelle de bois cintrée. Il existait également un modèle « Dame ».”

La Petite Gazette du 2 mai 2013

LA F.N. ET L’AGRICULTURE

Monsieur François Depaye, de Saint-Séverin, aimerait évoquer un aspect, aujourd’hui révolu, de la production de La Fabrique Nationale pour l’agriculture, en vous présentant deux documents. Le premier est une page extraite du catalogue publié à l’occasion du 34e Salon de machines et produits pour l’agriculture, qui s’est tenu aux Grands Palais du Cinquantenaire à Bruxelles, du 14 au 21 février 1954. C’est une publicité vantant les mérites de la machine à traire FN.

machine à traire

Le deuxième document est une photo présentant un électrificateur de clôture sur secteur (date de fabrication inconnue).

electrificateur FN

 

 

 

 

 

Il serait évidemment intéressant d’apporter des précisions sur cette production particulière et moins connue de la FN. Merci d’y contribuer.

 

La Petite Gazette du 26 juin 2013

REVOICI LE FAMEUX VELO ACATENE DE LA F.N.

Monsieur Pierre Baré, Vice-Président du Musée communal de Herstal, ayant appris que la Petite Gazette s’était intéressée à ce type de vélo, signale à tous les lecteurs intéressés que le Musée de Herstal possède un exemplaire de ce vélo :

« C’est en 1896 que la F.N. se lança, pour une période de 30 ans, dans la fabrication de bicyclettes et, en 1898, qu’elle inventa le vélo « acatène » où la chaîne de transmission était remplacée par un pignon.»

Monsieur Bernard Robinet, de Theux, est, lui aussi, propriétaire d’un de ces vélos. Il m’en adresse cette photographie

velo acatène

Mes deux correspondants me transmettent le même document qui, bien mieux qu’un long discours, explique très précisément comment fonctionnait ce vélo sans chaîne dénommé « Chainless F.N. »

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Un grand merci à mes deux correspondants pour l’intérêt qu’ils portent au contenu de la Petite Gazette alors que, pourtant, ils ne résident pas dans sa zone de distribution…

GUÉS PAVÉS ET « QUAI » DANS LE LIT DE L’AMBLEVE

La Petite Gazette du 26 août 2009

LE GUÉ PAVÉ DU HALLEUX

Madame Christine Heinesch œuvre au sein du groupe de travail « tourisme » du Contrat de rivière de l’Amblève qui souhaiterait mettre en valeur le gué pavé du Halleux, antique passage d’eau permettant aux hommes et aux bêtes de franchir la rivière.

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« C’est, à notre connaissance, m’écrit-elle, le seul gué pavé sur l’ensemble du bassin hydrographique de l’Amblève.

En rive droite de la rivière, il existe un panneau qui reprend des informations sur le gué. C’est d’ailleurs sur ce panneau que nous avons pu voir une photo ancienne. Nous ne savons malheureusement pas où trouver le cliché original.

Ce panneau ne se trouve pas sur un lieu de passage et depuis le panneau, il n’y a pas de vue sur la rivière !

En rive gauche, il existe un « support-panneau » mis en place par les pêcheurs de l’UPOA mais qui n’est plus utilisé. Il est placé au centre du hameau du Halleux, en bord de rivière et à 20 m du gué. Idéal !

Avec l’accord et la participation des pêcheurs, nous pourrions y mettre une information sur le gué. Au niveau du texte, nous avons pu trouver de la documentation, notamment via des données de feu Emile Detaille (Les Echos de Comblain, mars 1982, n°3) et le travail de l’UPOA.

Pour compléter notre information, nous souhaitons pouvoir y mettre également une photo de l’utilisation ancienne de ce gué : passage de charrette par exemple. Nous avons beaucoup de mal à trouver cette photo. Se trouvera-t-il un lecteur de La Petite Gazette qui pourrait nous mettre sur la voie de ce document que nous aimerions pouvoir scanner afin de le présenter ? Nous l’espérons et remercions d’ores et déjà toute personne qui pourra orienter nos recherches. »

Il serait vraiment chouette que ce document puisse être découvert grâce à vous car cela permettrait de sauvegarder la mémoire d’un endroit très particulier et appartenant maintenant au patrimoine collectif. Si vous pouvez répondre à cet appel, le plus simple est de vous mettre en relation avec La Petite Gazette qui établira le contact.

La Petite Gazette du 30 septembre 2009

LE GUÉ PAVÉ DU HALLEUX

Vous vous en souviendrez, il y a quelque temps, La Petite Gazette a relayé la demande de Madame Christine Heinesch qui œuvre au sein du groupe de travail « tourisme » du Contrat de rivière de l’Amblève et qui souhaiterait, avec l’aide de « Qualité – village – Wallonie », mettre en valeur le gué pavé du Halleux, antique passage d’eau permettant aux hommes et aux bêtes de franchir la rivière.

Ma correspondante rappelait fort utilement que : « C’est, à notre connaissance, le seul gué pavé sur l’ensemble du bassin hydrographique de l’Amblève.

En rive droite de la rivière, il existe un panneau qui reprend des informations sur le gué. C’est d’ailleurs sur ce panneau que nous avons pu voir une photo ancienne, mais nous ne savons malheureusement pas où trouver le cliché original et aimerions pouvoir compter sur l’aide des lecteurs pour le découvrir. »

Monsieur Michel Bartholomé, un lecteur fidèle d’Aywaille, a profité des beaux jours de l’arrière-saison et du fait que les eaux de l’Amblève soient particulièrement basses en ce moment pour partir à la recherche des traces de ce gué. Sur le chemin du Halleux, il s’est arrêté à Raborive, face aux ruines de Neufchâteau-sur-Amblève, pour découvrir les vestiges de ce qui était, manifestement, un autre gué pavé dans l’Amblève.001

Cet antique gué, rappelle M. Bartholomé, permettait le passage de l’Amblève pour accéder à la verrerie qui existait jadis sur la rive droite de l’Amblève ainsi que l’indique cet extrait de carte :

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Pour permettre à tout un chacun de préciser tout à fait l’endroit, mon correspondant a joint à son envoi cette magnifique carte postale indiquant parfaitement où se trouve ce gué.

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La semaine prochaine, nous suivrons M. Bartholomé jusqu’au gué du Halleux, qui ne pourra plus être désigné comme étant le seul gué pavé sur l’Amblève…

La Petite Gazette du 7 octobre 2009

LE GUÉ PAVÉ DU HALLEUX

La semaine dernière, je vous rappelais la demande de Madame Christine Heinesch qui œuvre au sein du groupe de travail « tourisme » du Contrat de rivière de l’Amblève et qui souhaiterait, avec l’aide de « Qualité – village – Wallonie », mettre en valeur le gué pavé du Halleux, antique passage d’eau permettant aux hommes et aux bêtes de franchir la rivière.

« En rive droite de la rivière, écrit ma correspondante, il existe un panneau qui reprend des informations sur le gué. C’est d’ailleurs sur ce panneau que nous avons pu voir une photo ancienne, mais nous ne savons malheureusement pas où trouver le cliché original et aimerions pouvoir compter sur l’aide des lecteurs pour le découvrir. »

Monsieur Michel Bartholomé, d’Aywaille, est parti à la recherche de ce gué, ce qui lui a permis de nous présenter, dans notre dernière édition, un autre gué pavé, sous les ruines de Neufchâteau-sur-Amblève. Il a, bien sûr, poursuivi son chemin et, profitant toujours de l’étiage de l’Amblève, a pris des clichés qu’il vous propose de découvrir. Tout d’abord, resituons correctement l’endroit, nous sommes au Halleux. 002

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Comme le montrent ces photos, c’était un moment particulièrement propice pour découvrir ces vestiges.

Un grand merci pour nous avoir fait partager les découvertes de cette excursion sur les rives de l’Amblève. Quelque chose me dit que nous n’en avons pas terminé avec les gués sur l’Amblève ; je sais, en effet, que des lecteurs et des lectrices, sur les traces de ces vestiges, se sont parlé sur les rives de la rivière des aulnes… Une suite sera donnée bientôt grâce aux conclusions de l’enquête qui est menée sur place et dont les premiers indices se montrent très prometteurs. A suivre donc…

La Petite Gazette du 14 octobre 2009

AU HALLEUX, IL N’Y A PAS EU DE GUÉ PAVÉ !

Cela en surprendra peut-être plus d’un, mais le fait est clairement établi maintenant. Expliquons-nous. C’est grâce à l’appel lancé par Mme Heinesch dans le cadre du contrat rivière que plusieurs lecteurs ont entrepris une enquête très minutieuse et, après s’être concertés et avoir confronté leurs découvertes et de nombreux documents, ils pouvaient affirmer que, à cet endroit, l’Amblève n’a pas été traversée par un gué pavé. Evidemment, il y a eu quelque chose… ils ont découvert ce que c’était. Voici comment ils en sont arrivés à cette conclusion.

Monsieur Michel Bartholomé, d’Aywaille, utilement secondé par Baby Compère, a consulté de nombreuses cartes : tout d’abord, levée de 1771 à 1778 à l’initiative du comte Joseph de Ferraris, directeur de l’Ecole de Mathématique du Corps d’Artillerie des Pays-Bas (il s’agit de la première carte topographique générale de nos contrées) ; ensuite, une ancienne carte militaire levée en 1868, une autre datée de 1877 et encore une autre gravée en 1881.

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carte militaire levée en 1868, révisée en 1926 (édition de 1933)

Les deux chercheurs ne se sont pas contentés d’analyser des documents, ils ont chaussé leurs bottes et sont allés « patauger » dans la rivière profitant de son faible étiage, pour chercher sur place les vestiges de ce que renseigne cette carte : cette intrigante structure en « L » visible dans le cours de la rivière presque à hauteur de l’entrée du biez.

« Le tracé de cette carte militaire, écrit M. Bartholomé, faisant état d’une structure en « L »,  indiquerait donc la présence d’un barrage et d’un retour en maçonnerie avec à sa droite un trait qui figurerait une vanne d’écluse.

Dommage évidemment que le dragage de l’Amblève de 1971 ait démoli l’essentiel du barrage et la partie supérieure du « petit quai » et que, plus proche de nous, les travaux entrepris par la Société de pêche aient parachevé l’entreprise ! »

Nous l’avions écrit, nos chercheurs aqualiens en ont rencontré d’autres du Halleux même et des informations capitales purent être échangées. Deux dames ont, par exemple, affirmé à nos enquêteurs bottés que « jamais il n’y avait là un gué pavé ! ». Ensuite ce fut la rencontre avec Natalie et Wim Van Obberghen –Dupont, Mme Dupont savait qu’il existait, chez sa maman, des photos de ce que montrait la vieille carte. Elle les a cherchées et … trouvées ! Les voici :

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« Voici, écrit cette dame, les photos retrouvées chez ma mère où l’on voit bien les vestiges de ce qui aurait bien été un « quai de chargement » ou un « quai pour mettre les bateaux à sec ».

Quand on regarde les cartes, nous pouvons vraiment croire qu’au petit pont métallique il y avait un genre d’écluse qui laissait passer l’eau pour alimenter le bief du moulin d’une part et d’autre part qui permettait, en étant fermée, de mettre le petit quai à sec pour ranger les bateaux, on voit bien sur les photos la forme arrondie du mur. Quand on ouvrait à nouveau l’écluse, l’eau remontait sur le petit quai, ce qui permettait aux bateaux de repartir sans problème, voilà ce qui nous semble le plus logique.

Les vestiges que l’on voit sur les photos, ont été détruits lors de la drague de l’Amblève dans les environs des années 71, 72.

En second lieu, en ayant encore parlé avec mon papa, celui-ci prétend que le moulin, dans les années 1925-1926, était une petite usine où l’on fabriquait des chaudrons (une chaudronnerie) car mon grand-père y avait été engagé comme apprenti dans ces années-là.
Voilà toutes les infos recueillies à ce jour mais continuons nos investigations! »

Oui, surtout continuez pour nous communiquer d’aussi intéressantes informations.

La Petite Gazette du 21 octobre 2009

LE « GUÉ » DU HALLEUX…SUITE DE LA SAGA

J’aime à vous permettre de découvrir cette réflexion de M. Wim Van Obberghen, l’époux de Mme Natalie Dupont qui, la semaine dernière, nous a présenté cette très belle photo de la structure maçonnée visible dans le lit de la rivière au début des années 1960.
« En tenant compte de tous les articles écrits à ce sujet, de la carte militaire, des photos de l’ancienne construction et du fait que le halage change de rive en amont du barrage, j’arrive à la conclusion qu’il y a certainement eu un gué (pavé ou non) en aval du barrage. Le halage était sur la rive droite, tandis qu’en amont  il était sur la rive gauche.
Il y avait certainement une différence de niveau assez importante entre l’aval et l’amont du barrage et, sachant que l’Amblève était navigable jusqu’à Sougné, je me pose la question suivante : Est-ce que la construction en « L », l’écluse et le plan incliné, dont on voit encore les restes sur place, ne faisaient pas partie d’un ouvrage servant à faire passer barges et chevaux de l’autre côté du barrage ? »

Voilà une nouvelle question qui devrait susciter un regain d’intérêt chez les passionnés…  M. Michel Bartholomé, très impliqué dans cette recherche trouve déjà l’hypothèse très logique :
« Le transport des pierres extraites dans les nombreuses carrières de la vallée de l’Amblève a dû certainement être la raison de cette infrastructure. Le type de construction et les matériaux employés, pierres en petit granit façonné en seraient une preuve. »

LE POU DU CIEL A MARCHE-EN-FAMENNE

La Petite Gazette du 2 février 2011

LE POU DU CIEL A MARCHE

Monsieur Jean-Claude Michel, secrétaire de l’Harmonie communale de Marche, aimerait être renseigné sur l’origine du site du ‘’Pou du Ciel’’, actuellement Tour de la Famenne. Il a, m’écrit-il, reçu une explication – celle d’un petit avion –  mais il aimerait, bien sûr, en savoir davantage. Voudrez-vous bien le renseigner ? D’avance un grand merci.

La Petite Gazette du 16 février 2011

LE POU DU CIEL…

« Tout a démarré, nous explique un précieux et régulier correspondant de nos colonnes, Monsieur Francis Roufosse, avec Monsieur Albert de Haan, né à Schaerbeek le 13 février 1916.
Pourvu d’un solide esprit d’entreprise, cet homme dynamique va venir s’installer en Famenne et construire dans les années 50, sur la route de Namur à 3km de Marche, un café-restaurant-motel « Le Pou du Ciel » (avec plaine de jeux, mini-zoo et… la première piscine de la région !).
Il va baptiser son établissement du nom d’un curieux petit avion monoplace qu’il a construit de ses propres mains, d’après les plans d’un français passionné d’aéronautique : Henri Mignet. Ce dernier avait d’ailleurs largement diffusé dans les revues spécialisées les plans « pour permettre à un bricoleur moyennement doué de construire lui-même son propre Pou du Ciel, dans un esprit de simplicité, de sécurité et de faible coût ! ». Celui d’Albert de Haan était un modèle HM-290 dessiné par Mignet en 1946.

Mignet

 

Avec son fuselage minimum, le Pou du ciel possédait deux ailes décalées en tandem et de faible allongement ; le manche à balai (unique commande) faisait osciller l’aile avant dans son ensemble ; l’engin était d’ailleurs qualifié d’« aéronef sans queue, à aile vivante ».

Si j’ai bonne mémoire, un article, signé Jean Englebert avec photo d’un certain Monsieur Jules Delvaux de Barvaux, parlait déjà du « Pou du Ciel » de Marche ; il était paru dans les Annonces de l’Ourthe fin 2003 (avec la double photo ci-dessous).

pou_du_cielToujours dans le même esprit, signalons qu’Albert de Haan avait déposé le 20 juin 1951 auprès du Ministère des Communications, une autorisation d’exploitation d’un aérodrome particulier à  Aye-lez-Marche, en bordure de la route Namur-Marche. Sa destination était pour l’usage particulier de l’exploitant et de ses invités. La piste ferait 600m x 40m et serait orientée S-O – N-E. D’après le texte, on y notera que « l’herbe ne pouvait y dépasser à aucun moment 10 cm de hauteur ; un cercle blanc de 10m de rayon devait être tracé au centre de la piste ; les vols acrobatiques ne pourraient s’effectuer que dans un ciel absolument libre d’aéronefs et à plus de 600m de hauteur ; un manche à air serait placé à un endroit dégagé et visible du sol… En aucune manière l’aérodrome ne pourrait être ouvert à la circulation aérienne internationale (!). Les atterrissages forcés venant de l’étranger devraient être signalés immédiatement aux autorités compétentes… etc. ».

Signalons encore qu’on devait à Monsieur de Haan la « Tour de la Famenne », construite sur la N4 dans les années 70 ainsi que le dancing «Las Vegas », le long de l’ancienne nationale 4.
C’est d’ailleurs là qu’il est décédé le 17 décembre 2004. »

Madame Myriam Dossogne-Maréchal, de Aye, confirme ce qui précède, précise que l’article paru l’a été le 19 mai 2005 alors qu’elle préparait un voyage à Malte et qu’elle avait eu son attention attirée par ce qu’elle lisait dans le guide « Le routard » de Malte, 2004-2005 à propos d’un musée de l’Aviation qu’elle se proposait de visiter à La Valette : »Le clou du musée, c’est ce Spitfire de la Royal Air Force qui veillait sur le ciel maltais pendant la Seconde Guerre mondiale, en compagnie du fameux Hurricane.  Plus comique cette fois, le « Pou du ciel », un petit aéroplane amateur construit par un allumé français, Henri Mignat (orthographe différente ici), et qui volait avec un moteur de 2 CV. »Cette tour qui se voit de bien loin nous annonce que la dynamique ville de Marche n’est plus bien loin.  Maintenant, pourquoi une tour restaurant?  Je présume que ce Monsieur de Haan, fou d’aviation, ne pouvait que construire une tour qui s’élève dans le ciel, à l’image de son petit avion qui osait défier certaines lois physiques… » Merci pour vos renseignements précis et vos avis. La semaine prochaine, nous découvrirons d’autres documents liés à ce « Pou du ciel ».

La Petite Gazette du 9 mars 2011

ENCORE LE POU DU CIEL

Monsieur Prignon, de Hotton, a des souvenirs très précis de ce pou du ciel :

« Le nom de l’établissement installé le long de la N4 à Marche vient évidemment du petit avion inventé par l’ingénieur français Henri Mignet et appelé « Pou-du-ciel » en raison de sa petite taille (L. 3,50 m. Envergure : 6m ; Poids 140 kg) ; on pouvait facilement le tracter, ailes repliées, avec une moto.

Mon correspondant a pensé à joindre ce schéma qui nous permet effectivement de bien nous rendre compte de la simplicité de l’engin.

001

Le propriétaire de l’établissement, dont il est question, en possédait un et avait donné à son restaurant le nom de l’avion. Une piste d’atterrissage avait été aménagée à l’arrière du bâtiment.

Henri Mignet voulait que l’aviation soit à la portée de tous ; c’est pourquoi il avait conçu et mis au point cet avion, dont on pouvait acheter les plans et que l’on construisait dans son atelier à moindres frais.

Beaucoup d’exemplaires ont vu le jour. On en construit encore aujourd’hui mais en carbone et avec des moteurs plus performants.

Dans les années 1950, lorsque j’étais à l’école gardienne chez les sœurs, à l’école libre du village de Soy, je me souviens avoir vu plusieurs fois passer, très bas et venant de Marche, ce petit avion qui survolait l’école puis atterrissait dans les champs. Il était assez souvent en panne de moteur !

Après l’école, nous courions pour aller le voir de plus près. C’était celui du propriétaire de cet établissement de la N4. »

Monsieur Charles Gillet, de Liège, m’apporte quant à lui une très intéressante information à propos du moteur qui équipait ces petits avions, inventés par Henri Mignet avant 1930. « Certains de ces avions, m’écrit-il, étaient équipés d’un moteur Saroléa – oui, Saroléa fabriquait également des moteurs d’avion ! »

Je suis persuadé que nous en reparlerons…

La Petite Gazette du 23 mars 2011

LE POU DU CIEL

Quand il est question de moteurs de motos liégeoises, Monsieur Jean-Pierre Beaufays a toujours des choses à nous apprendre. Cette fois encore, il ne rate pas l’occasion de nous apporter de précieux renseignements :

« Pour faire suite à ce que vous a écrit mon ami Charles Gillet concernant les moteurs Saroléa ayant équipé certains de ces petits avions, je vous parlerai du lieutenant Robert Fabry qui, dès 1929, avait monté un moteur monocylindrique Gillet 500cc à culbuteurs sur une avionnette légère et avait à son bord effectué plusieurs vols de test.

Il avait également par la suite équipé cet appareil d’un moteur FN 4 cylindres de 750 cc du type M50.

Trop lourd et trop peu puissant, ce moteur ne lui a jamais permis de faire décoller l’appareil.

Je lui ai racheté ce moteur peu avant son décès dans les années 70. Il équipe maintenant une moto FN.

Une de mes connaissances, Monsieur Victor Collard, de Neupré, décédé il y a environ 2 ans, avait également construit peu après la guerre un pou du ciel suivant la licence Mignet mais quelque peu modifié par ses soins notamment en ce qui concerne les commandes.

Il l’avait équipé d’un moteur français Salmson à 5 cylindres en étoile. Il a effectué quelques vols à son bord et le film de ses « exploits » est passé à la télévision il y a quelques années. Cet avion existe toujours entre les mains d’un collectionneur.

je devrais être sous peu à même de vous en adresser des photos.

En attendant, je vous envoie une photo de l’avion à moteur Gillet du Colonel (grade auquel il a terminé sa carrière) Fabry ainsi que celle d’un moteur d’avion Saroléa.

A noter que ces moteurs Saroléa « aviation » étaient tous des bicylindres à plat à culbuteurs de cylindrées de 900, 1000 et 1100 cc , les différents modèles produits portant les noms évocateurs d’ Epervier, Vautour, Albatros et Aigle. »

Comme d’habitude, c’est absolument passionnant ; merci beaucoup.

Monsieur Michel Guillaume, de Stoumont, a lui aussi connu l’avion de Monsieur Collard; il a l’amabilité de nous en parler :

« J’ai connu dans le début des années 1960, un certain Monsieur Victor Collard qui habitait à Neuville-en-Condroz et qui possédait ce type d’appareil.

Monsieur Victor Collard exerçait la profession de contremaître à Cockerill-Ougrée Providence.

J’ai eu l’occasion de voir ce petit avion à Neuville-en-Condroz.

Il était équipé d’un moteur de 8 cylindres en étoile et il le tractait avec sa moto munie d’une boule de remorquage; les ailes étaient repliées bien sûr, la moto, je me souviens était une “lion rapide”  les garde-boue et  les roues de l’avion étaient ceux d’une Vespa.

Ce monsieur avait fait la guerre de 40-45 dans l’aviation, enfin c’est ce qu’il disait. »

La Petite Gazette du 6 avril 2011

CE MERVEILLEUX POU DU CIEL

Monsieur Alexandre Steenebrugen, de Warre-Tohogne, a vu le pou du ciel en construction…

« A travers mon beau-père, j’ai bien connu ce monsieur Victor Collard évoqué dernièrement dans La Petite Gazette. Dans les dernières années de la Seconde Guerre Mondiale, mon beau-père et lui s’étaient engagés à la Royal Air Force et, comme dit l’adage, étaient devenus copains comme cochons. Mon beau-père a gardé toute sa vie son livret militaire de la R.A.F. avec quelques photos où l’on pouvait voir ces deux joyeux lurons, fiers et fringants, dans leurs uniformes et portant le calot réglementaire de l’époque. Il faut toutefois savoir qu’ils n’étaient aucun des deux pilotes mais qu’ils travaillaient au sol.

J’ai pu voir l’avion construit par Victor Collard, il était au stade de la finition et Victor nous fit le récit de son ouvrage. Je peux dès lors confirmer les dires de M. Jean-Pierre Beaufays, il s’agissait bien d’un moteur en étoile qu’il avait fait venir de France. Quant aux commandes de l’appareil, ce qui me frappa le plus c’était le manche à balai, un tube montant du plancher et qui se terminait par une boucle fermée légèrement ovoïde. Mis à part l’absence du bouton de tir, c’était presque la réplique exacte du manche du fameux « Spitfire  anglais ». Pour fabriquer ce pou, il avait employé assez bien de bois très léger, du balsa.

Pour l’anecdote finale, cet avion fut construit dans le grenier de Victor. C’est là que je l’ai vu et, quand mon beau-père lui posa la question : « Comment vas-tu le sortir ? », Victor répondit : « S’il le faut, on démontera le toit ! ». Je n’ai jamais su s’il blaguait ou non… »

La Petite Gazette du 4 mai 2011

POU DU CIEL ET VICTOR COLLARD

Monsieur Jean-Pierre Beaufays nous confie souvenirs et jolie photo à propos de Victor Collard, présenté ici de la façon la plus sympathique qui soit.

Victor Collard 

 « Victor Collard est photographié auprès de sa célèbre moto Lion Rapide de 1951.

La firme Lion Rapide d’Alost construisit des motos de 1923 à 1957. Sa production comprenait essentiellement des machines à moteurs 2 temps Villiers ou JLO de faible cylindrée.

Le modèle que possédait Victor, dénommé type « Sport » faisait exception car il était équipé d’un moteur FN type XIII de 350 cc à culbuteurs.

Très bien entretenue par son propriétaire, cette moto était demeurée dans un très bel état d’origine.

Notre ami Victor, qui n’en était pas à une exagération près, affirmait volontiers avoir parcouru plus d’un million de kilomètres à son guidon. Je pense; pour ma part, qu’il y avait un zéro de trop dans ce nombre…

Victor était un personnage très attachant et haut en couleurs qui aimait énoncer des théories toutes personnelles. Il disait par exemple que les végétaux se déplaçaient très lentement et qu’un arbre pouvait se mouvoir de plusieurs mètres durant son existence. C’est pourquoi il disait dangereux d’en planter le long des routes. »

La sœur de Victor Collard, Madame Jeannine Collard, de Nandrin, a fait parvenir à La Petite Gazette diverses photographies de son frère et de son Pou du ciel, dont celle-ci

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Et celle-ci qui montre bien comment Victor Collard déplaçait son petit avion. Sa sœur me précise qu’il a mis deux ans pour le construire en suivant les plans d’Henri Mignet.

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La Petite Gazette du 8 juin 2011

LE POU DU CIEL

Monsieur Charles Gillet, d’Angleur, nous apporte maintenant une foule d’informations passionnantes pour faire le lien entre la firme Saroléa et le « pou du ciel » dont nous avons largement parlé dans La Petite Gazette.

« Après la première guerre mondiale qui avait été plus que meurtrière, suivie immédiatement après d’une terrible épidémie (la « grippe espagnole ») qui fit plus de morts que la « Grande Guerre » car elle s’est attaquée à une population affaiblie par les privations, le monde n’avait qu’une seule idée : vivre et profiter de la vie. La classe ouvrière avait obtenu des avantages vu ses sacrifices et une ère nouvelle s’ouvrait. La « Der des Der » était passée et le progrès semblait s’ouvrir à tous.

Parmi ces progrès, l’aviation qui avait vraiment vu le jour durant le conflit. De « saut de puce » l’on était passé aux vrais avions. D’intrépides aventuriers s’élançaient au-dessus des océans et des continents et généraient un enthousiasme que l’on ne peut imaginer aujourd’hui.

Je ne cite qu’un exemple : avez-vous déjà vu ou revu ce film d’époque de l’arrivée de Lindberg au Bourget… C’est hallucinant de voir toute cette foule enthousiaste, que dis-je cette marée humaine impensable aujourd’hui à nos yeux blasés par tant (trop !) de technologie.

Bref, c’était les « années folles » et l’aviation faisait des progrès énormes (un peu comme aujourd’hui avec l’informatique, ce qui est neuf aujourd’hui est périmé demain !).

C’est à cette époque qu’un Français, Henri Mignet, voulut placer l’avion à la portée de tous. En 1928, il écrivit un livre « Comment j’ai construit mon avionnette » qui connut un immense succès car il décrivait par le détail (plans compris) comment la réaliser chez soi. Un simple bricoleur pouvait y arriver sans problème et, muni d’un moteur soit de moto soit prévu pour, s’envoler et parcourir les cieux. Heureux temps où la législation n’existait pas et le ciel presque vide !

Il faut tout de même préciser que ces avionnettes n’étaient prévues que pour le seul pilote. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre qu’un essai pour deux personnes verra le jour.

L’aviation populaire était en marche et dans les mêmes années, un jeune homme terminait ses études d’ingénieur à Liège. Il s’agissait de Nicolas Lempereur.

Nous avons bien connu cet homme au caractère bien trempé et à la voix forte. Réaliste et visionnaire, au sortir de ses études, il entre chez SAROLEA, le grand constructeur de motos belges établi à Herstal. Là, il dessine simplement au bureau d’études, mais les motos ne le passionne pas et comme l’aviation est sur toutes les lèvres, il dessine un moteur d’avion, un bicylindre à plat, type « boxer » de 1000cc… et le laisse dans ses cartons.

Mais la grande crise survient, la vente des motos chute et le directeur, Martin Fagard, un homme au caractère bien trempé lui-aussi, se souvient des plans de notre jeune ingénieur. Une diversification de l’entreprise ne pouvait être mauvaise et voilà comment SAROLEA se mit à construire des (petits) moteurs d’avion. Certes, tout était à faire et à tester.

Pour ce faire, l’on fabriqua une petite table roulante avec des tubes afin d’y placer des manettes de commande de motos. Des spécialistes en électricité, en huile et en carburation furent requis. En effet, en aéronautique les magnétos sont spéciales, dites « à rattrapage » afin d’avoir une meilleure étincelle, l’allumage doit être doublé (2 bougies par cylindre pour éviter les pannes), le refroidissement conséquent et la carburation parfaite en toutes positions.

Bref, en octobre 1934, sur le toit de l’usine SAROLEA à Herstal, la table d’essai était installée et le premier moteur testé.

004« Sur le toit de l’usine Sarolea, rue Saint-Lambert. De gauche à droite : Louis de Lamine (représentant la société de lubrifiant), Willy Chantraine (ouvrier monteur de l’usine), Nicolas Lempereur (ingénieur concepteur) et « John » Conrad (représentant des carburateurs Amal)

Il s’agissait d’un moteur type « Boxer » (deux cylindres à plats opposés) d’une cylindrée de 916cc (80,5×90), avec des cylindres en alliage spécial d’aluminium, qui délivrait une puissance de 27CV à 2750 t/m, avec graissage dans le carter, et qui répondait au joli nom « d’EPERVIER ».

Le moteur « tourna » durant 1000 heures sans interruption (je ne connais pas les réactions des voisins !) puis fut démonté pour inspection. Tout était parfait et la série pouvait commencer.

Pour avoir un moteur plus puissant, on porta l’alésage à 88m/m, ce qui en fit un 1100cc d’une puissance de 32CV et son nom devint « Le VAUTOUR ».

Ces deux moteurs « lancèrent » vraiment SAROLEA dans le monde de l’aéronautique privée. Leur vente fut un succès et bien que prévus initialement pour le « Pou du Ciel » (Henri Mignet lui-même équipa son « Pou du Ciel » d’un moteur SAROLEA) ils ne tardèrent pas à équiper également des petits avions « Typsy » qui étaient en quelque sorte des petits avions de reconnaissance monoplace.

005 « 1935 : Henri Mignet devant son Pou du Ciel et Nicolas Lempereur à côté d’un avion Autogyre »

Sûr de son succès, Nicolas Lempereur dessina un 3° moteur identique en cylindrée et en puissance au « Vautour » mais équipé d’un carter sec ce qui permettait une meilleure répartition dans le nez de l’avion et permettait une réserve d’huile plus grande sans entraver l’encombrement du moteur et en allégeant celui-ci (43Kg). Ce modèle porta le nom « d’ALBATROS ».

Mais l’infatigable ingénieur planchait déjà sur un 4° moteur, plus puissant, dénommé « L’AIGLE » qui devait donner plus de vitesse de rotation à l’hélice puisque le moyeu de celle-ci était placé sur un pignon réducteur alors que dans les trois précédents moteurs le moyeu d’hélice était monté directement sur le vilebrequin.

006 Publicité Sarolea avec vue d’une avion Typsy »

Les qualités de ces moteurs, unanimement reconnues, attirèrent l’attention de l’Etat Major de l’armée polonaise. Après bien des péripéties il fut passé commande à la firme SAROLEA de plus de 80 moteurs du type « Albatros » pour équiper des petits avions de reconnaissance. La livraison s’effectua par chemin de fer en gare de Varsovie en août 39. Quelques jours plus tard ils furent détruits dans le bombardement qui détruisit ce nœud ferroviaire important.

La guerre mit donc fin à cette belle  aventure aéronautique privée.

Je connais quelques rares collectionneurs qui possèdent encore soit un moteur soit une partie de celui-ci, mais cela est rare, et je reste à leur disposition.

Nicolas Lempereur, infatigable chercheur, fut aussi un pionnier dans la fabrication de matériaux pour l’industrie, les fameuses « plaquettes métalliques » qui équipèrent moult outils de coupe.

Une dernière anecdote pour situer l’homme : lorsque je lui posais la question de savoir combien de moteurs d’avion SAROLEA avaient été fabriqués (tous types confondus), il me répondit « environ 150 ». Oh, lui dis-je, ce n’est pas beaucoup ! Malencontreuse parole car il s’emporta aussitôt pour me répondre « Et bien, vous trouvez que faire voler 150 avions ce n’est pas beaucoup » suivi d’une tirade de jurons !

Voilà, une « tranche de vie liégeoise » de notre industrie motocycliste, qui à l’époque, était à la pointe du progrès et vitrine du savoir-faire de nos parents. »

Un immense merci pour nous avoir fait bénéficier des fruits de cette passionnante recherche. Quelle chance a La Petite Gazette de compter sur pareils collaborateurs.