CONNAISSEZ-VOUS CE CHRIST A SPRIMONT?

AVIS DE RECHERCHE – OU ÉTAIT DRESSE CE CHRIST A SPRIMONT ?

Le souci de préservation et de mise en valeur du petit patrimoine manifesté par mon ami Albert Etienne, de Sprimont, dépasse largement les limites de sa commune. C’est un vrai passionné qui arpente continuellement sentiers et chemins et y balayant tout de son regard aiguisé. Il est aujourd’hui face à une énigme que vous pourriez peut-être l’aider à résoudre. Il vous l’expose lui-même :

« Cette photo très intéressante m’a été transmise par mon ami D. Grégoire. Dans le cadre de l’inventaire du petit patrimoine populaire que j’ai réalisé, je n’ai pas encore pu localiser l’endroit précis ou cet imposant crucifix (qui n’existe plus) avait été érigé à Sprimont.

rené transfert

Toutefois d’après mes recherches, le personnage de gauche serait M. Magis (sacristain) et père de l’ancien instituteur de l’école libre. A côté de lui, l’acolyte serait Joseph Bernard, né en 1898 qui épousera plus tard Jeanne Pirard.

D’après l’âge des acolytes, on peut conjecturer que la photo a été prise vers 1907-1910 ? A droite, il pourrait s’agir de Jean-Baptiste Simon, curé de 1900 à 1920. Au centre, dans sa tenue d’apparat, coiffé de son bicorne avec son épée et de sa hallebarde, c’est Joseph Philippart auquel succèdera, dans la même fonction, Raymond Fondaire qui habitait rue Golette n°6. Ces personnages, haut en couleur et à l’allure fière, ont été les deux seuls « suisses » attachés à l’église St-Martin de Sprimont. Si le nom officiel de cette fonction est « bedeau », il était couramment dénommé en wallon « tchèsse-tchin« , c’est à dire « chasse-chien ». (N.D.L.R. Durant sa recherche, Albert Etienne a pu compter sur une intéressante précision émanant de M. Pierre Duchatelet lui signalant qu’on disait aussi « chasse-coquin ») Cet employé laïc était chargé de veiller à la discipline et au bon déroulement des offices et des différentes cérémonies religieuses au cours desquels il rythmait également les « assis-debout ». »

Relayée par les réseaux sociaux, l’enquête menée par Albert lui a ouvert quelques pistes : Ainsi, Mme Astrid Malherbe et M. Jacky Detilleux font un lien avec le Christ situé au dessus du Homby et Mme Marie-Louise Bonfond conseille d’étudier les photos de l’intérieur des églises pensant que le Christ recherché aurait pu y trouver place.

Albert s’est évidemment mis en chasse de nouvelles infos et signale que « la croix située sur le Tige a effectivement été érigée après la guerre par l’entrepreneur Willems.
Toutefois, le Christ est en fonte et est plus petit que celui dont j’ai publié la photo. » Ce n’est donc pas le même !

Pensez-vous pouvoir faire progresser cette recherche ? Avez-vous des informations relatives à ces personnes présentes sur la photo présentée ? Pouvez-vous localiser le mur de pierre derrière le Christ, peut-être à Damré ? Avez-vous une idée de l’occasion à laquelle cette croix a été dressée ? Oui, alors n’hésitez pas à vous mettre en rapport avec la Petite Gazette qui transmettra immédiatement.

D’avance, un grand merci.

VIENT DE PARAÎTRE : LAVANDIERES, DENTELLIERES et Cie

LAVANDIERES, DENTELLIERES et Cie – LE TRAVAIL DES FEMMES

C’est sous ce titre que vient de paraître le quatrième et superbe ouvrage de cette collection créée par le Domaine provincial du Fourneau Saint-Michel. Après Marmites, cocottes et Cie, Cheval, Tracteur et Cie et Bûcherons, sabotiers et Cie, Laure Gloire et Justine Fontaine se sont penchées sur le travail des Ardennaises des XIXe et XXe siècles pour nous proposer, une nouvelle fois, un ouvrage absolument remarquable tant par la précision et la rigueur de la recherche, que par la très intéressante iconographie inédite ou la qualité de la mise en page et de la réalisation du livre.

001

Dès la première phrase de leur introduction, les auteures donnent le ton de leur travail :

« Au XIXe siècle, on ne considère pas la femme comme une personne à part entière : elle est entièrement soumise à l’homme, qu’il s’agisse de son père, de son mari ou du prêtre. » Ce livre se veut un hommage à toutes les femmes dont les pénibles labeurs, ajoutés à leurs missions de ménagère et de maman, n’étaient ni reconnus ni, souvent, rémunérés.

002

004003

Après avoir planté l’édifiant décor dans lequel évoluent les femmes en province de Luxembourg au XIXe siècle, Laure Gloire et Justine Fontaine vous guident dans les écoles ou au sein des Cercles de Ménagères rurales à la recherche des jeunes filles d’alors, à une époque où il est communément admis « qu’il est inutile que la femme soit instruite ! »

Au gré de l’impressionnante moisson des témoignages et documents glanés par les auteurs, vous partirez ensuite à la rencontre des multiples tâches dévolués aux femmes, en commençant par les travux ménagers. Les plus jeunes seront sans doute effarés en étant confrontés aux objets et ustensiles faisant le quotidien de leurs aïeules pour le ménage, la lessive, le repassage… Vous vous verrez rappeler leurs trucs et astuces pour faire « durer » le linge le plus longtemps possible, les recettes économiques pour nourrir la famille et la mise à profit de toutes les ressources offertes par la nature ou le petit élevage.

Ensuite, vous serez invités à vous confronter à tout ce qui s’ajoutait à leurs nombreuses tâches quotidiennes et, principalement, en nos régions rurales, leur implication dans les travaux de la ferme : la basse-cour et les jeunes animaux, guetter les mises-bas, mener et ramener les bêtes à la pâture ou au point d’eau, se charger de la traite puis de la confection du beurre à la baratte. Ce sont également les femmes qui, généralement, s’occupent du potager. Elles sont également requise pour de nombreux travaux aux champs lors de la fenaison ou de la moisson bien sûr, mais aussi pour planter, buter et récolter les pommes de terre…

005

Une part importante de ce bien bel ouvrage est évidemment consacrée aux métiers exercés par les jeunes filles et les femmes en dehors du giron familial. Nombreuses sont celles qui furent employées dans les familles nanties de l’époque où elles faisaient partie de la domesticité : cuisinières et filles de cuisine, femmes de chambre et filles de quartier, gouvernantes, bonnes  d’enfant ou bonnes à tout faire… Les auteures vous guident ensuite dans ce qu’elles appellent les métiers du fil : couturières, repriseuses, modistes, sans oublier les dentellières, la dentelle étant une spécialité marchoise. Vous serez ensuite confrontés aux métiers liés au commerce, qu’il soit fixe ou ambulant ; en effet, en 1880, les femmes représentent près de 40% des commerçants ambulants et elles circulent, de village en village, une pesante hotte sur le dos.

006

Vous éprouverez sans doute un peu de nostalgie en découvrant les devantures, l’intérieur et le matériel présent dans les petites épiceries de nos villages. Deux chapitres importantes, eux aussi remarquablement documentés, ponctuent ce livre indispensable ; celui consacré au corps médical, plus précisément aux infirmières et aux sages-femmes et, enfin, celui consacré aux institutrices exerçant un véritable sacerdoce dans les écoles de nos villages.

007

Ce livre compte 208 pages déclinées en 9 chapitres. Il est remarquablement illustré : les photos de plus de 300 pièces extraites des réserves du Musée du fourneau saint-Michel, auxquelles s’ajoutent plus de 130 photos anciennes et 23 reproductions de documents anciens (factures, carnets, lettres…). Cette riche iconographie est également soutenue par de très nombreux extraits de témoignages recueillis par les auteures.

Ce livre est donc à réclamer à votre libraire sans la moindre hésitation.

001

LE CANAL ET LA BATELLERIE DUR L’OURTHE S’EXPOSENT A COMBLAIN-AU-PONT JUSQU’AU 15/4

A NE PAS MANQUER

L’expo sur le canal et la batellerie de l’Ourthe, que l’Asbl Le Vieil Esneux organise, avec le Contrat Rivière Ourthe, dans le cadre des Journées de l’Eau au Musée de Comblain, du 22 mars au 15 avril de 10 à 17 heures, tous les jours sauf le lundi.
Cette exposition reprend les éléments présentés lors des Journées du Patrimoine en septembre 2017 : panneaux, documents, maquettes, objets…
Lors de ces Journées du Patrimoine, le programme est tellement vaste qu’il est nécessaire de faire des choix et, souvent, c’est très frustrant! C’est donc l’occasion pour ceux qui n’avaient pu y venir de découvrir cette exposition. Il est prévu des visites commentées les samedi 24 (10 et 14h) et dimanche 25 ((10 et) 15 h) sur inscription au 0470 054 110.
logo-JWE
pont d'esneux

LA CHRONIQUE DU 20ème SIECLE A VIELSALM par ROBERT NIZET

UNE IMMERSION DANS UN PASSE A LA FOIS SI PROCHE ET SI ELOIGNE DE NOTRE QUOTIDIEN

Avec La chronique du 20ème siècle à Vielsalm, le tout récent ouvrage de Robert Nizet, vous êtes emmenés dans un voyage à travers le 20ème siècle – une époque à la fois si proche et si lointaine…

001

« Ce siècle avait commencé dans un autre monde » précise d’emblée l’auteur et la richesse de l’iconographie illustrant son propos le confirme page après page. Toutes les années du siècle sont évoquées et, si nombre de bâtiments et lieux emblématiques de Vielsalm sont toujours bien reconnaissables, tous les autres éléments du décor et les personnages l’animant vous feront prendre la mesure des bouleversements considérables vécus par nos aïeuls ayant traversé ce siècle.

L’anecdote, l’insolite et la grande Histoire se partagent les lignes des articles de cette chronique : des loups sont aperçus dans l’hiver rigoureux de 1902, le tram Vielsam-Lierneux est mis en service en 1904, Vielsalm doit payer aux Allemands une rançon de 20.000 francs en or ou en argent dès les premiers jours de la Grande Guerre, en août 1914, pour éviter que le feu soit mis à la localité…

Robert Nizet vous fait assister à diverses séances du conseil communal où, même avant la guerre de 14, les propos ne sont guère raffinés et où les noms d’oiseaux s’échangent allégrement. Vous suivrez avec intérêt l’histoire de nombreux monuments salmiens : le kiosque de la place du marché, la chapelle Saint-Gengoux, le Monument aux Morts, l’ancienne fontaine… Vous assisterez à la naissance de sociétés aujourd’hui disparues ou toujours particulièrement actives sur les rives de la Salm.

En feuilletant, avec plaisir j’en suis convaincu, les pages de cette chronique et en en découvrant, avec curiosité et intérêt, le contenu, vous ne pourrez que vous rendre compte de l’immense travail de compilation auquel s’est livré Robert Nizet : des heures et des heures de lecture attentive des journaux locaux : « L’Organe de Vielsalm » et « L’Annonce de Vielsalm », la consultation minutieuse d’une volumineuse collection de coupures de presse, de notes, de documents administratifs et, bien entendu, des articles de « Glain et Salm, Haute Ardenne » ont été nécessaires pour mener à bien ce projet et le rendre particulièrement attractif.

Capture2

Pareil travail impose bien évidemment des choix, ceux de l’auteur sont judicieux et mêlent subtilement vie économique, sociale et culturelle avec le quotidien des Salmiens durant tout le siècle, vous faisant vivre une réelle expérience d’immersion dans le passé proche. Pour vous en convaincre, vous découvrirez, comme j’ai déjà eu la chance de le faire, la vie des ardoisières mais aussi le développement de l’artisanat ardennais à Cahay ou de la Beurrerie de la Salm ; vous revivrez les heures fastes de la société de chasse à courre « Rallye Vielsalm », de « Vielsam-Attractions » ou de la société de pêche « La Salmiote ». Vous serez conviés à l’inauguration du Musée du Coticule, de la caserne Ratz du 3e ChA et de la clinique Saint-Gengoux. Vous serez au premier rang lors des visites royales, princières et ministérielles dont Vielsalm a été honorée. Vous prendrez la mesure de l’importance des marchés au bétail, des petits et grands faits des deux guerres mondiales. Vous revivrez les premières projections cinématographiques organisées dans la localité mais aussi de nombreux faits heureux ou tragiques qui marquèrent la population : accidents, incendies, assassinats, inaugurations diverses, nouvelles sportives…

Le texte est remarquablement soutenu par une très agréable mise en pages vous invitant à dévorer ces 256 pages très richement illustrées. Vous pouvez acquérir l’ouvrage, au prix de 20€, chez l’auteur Robert Nizet, rue du Vieux Marché 21 à 6690 Vielsalm ou vous le faire envoyer en adressant un versement de 26€ (frais d’emballage et de port compris) au compte BE21 3401 2620 3203 de Robert Nizet à 6690 Vielsalm. Vous ne serez pas déçus, je puis vous l’assurer.

LE FOUR A CHAUX DE RENNES (HAMOIR)

QUE SAVEZ-VOUS DU FOUR A CHAUX DE RENNES (HAMOIR) ?

Le Cercle Histoire & Culture Hamoir (CHCH de Hamoir) rassemble des amateurs avertis et des passionnés de l’histoire régionale et locale animés par la même volonté de comprendre, d’expliquer et de préserver tous les témoins de la vie aux siècles passés. Les membres de cette association fouillent les archives, récoltent des témoignages et des documents afin de partager le fruit de leurs recherches avec le plus grand nombre dans le but de protéger et de sauvegarder tout ce qui peut encore l’être.

Madame Marie-Madeleine Boreux est un des membres actifs du CHCH et c’est à ce titre qu’elle s’adresse à la Petite Gazette.

Toute notre région, dans la seconde moitié du XIXe siècle, parce qu’elle est riche en roches calcaires, a vu se développer l’industrie de la chaufournerie. Des fours à chaux s’érigèrent en de nombreux lieux et, même si nombre d’entre eux ont disparu aujourd’hui, la toponymie et le nom de bien des rues en perpétuent souvenir de ces chafours.

chaffour 1

La chaux produite par les chaufourniers de nos villages est destinée à la construction et à l’amendement des terres acides. Le développement de l’agriculture dans le courant de la seconde moitié du XIXe siècle explique, en partie du moins, l’accroissement du besoin en chaux et l’érection de ces fours à l’architecture si spécifique. Les besoins du secteur de la construction au lendemain de la Grande Guerre constitueront le dernier sursaut de cette industrie mais l’avènement de l’emploi des engrais chimiques dans l’agriculture d’une part et le recours au ciment dans le secteur de la construction d’autre part allaient définitivement provoquer l’abandon des fours à chaux.

chaffour 2

Le Cercle Histoire & Culture Hamoir s’intéresse activement au four à chaux de Rennes, au croisement des routes  Comblain Fairon et Ouffet, derrière le hangar de la CILE. Il semble bien, comme la plupart de ses homologues dans les communes voisines, avoir été activé jusque dans les années 1920-1930. Malheureusement, les recherches menées n’ont, jusqu’à présent du moins, guère donné de résultats… Aussi, le CHCH se tourne-t-il vers vous dans l’espoir que vous pourrez communiquer souvenirs, renseignements, informations, archives, documents, photos … concernant ce four à chaux, élément très intéressant et exceptionnel du  patrimoine communal,  qui fait l’objet d’un projet de remise en état.

chaffour 3

Madame Boreux et tous les membres du CHCH vous remercient dès à présent pour tout ce que vous pourrez leur transmettre pour les aider dans leur recherche.

La façon la plus simple de procéder est d’écrire à la Petite Gazette qui se chargera de transmettre vos précieux renseignements.

 

UNE CONFERENCE A NE PAS MANQUER! Rex et La Roche-en-Ardenne, mythes, légendes et réalités (1936-1945)

UN RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER ! CE 19 MAI PROCHAIN

C’est à La Roche-en-Ardenne que ce rendez-vous est fixé, le vendredi 19 mai, à 20h., au Faubourg Saint-Antoine, place du Bronze, vous y assisterez à une très intéressante conférence, donnée par l’historien Jean-Michel Bodelet, sous le titre « Rex et La Roche-en-Ardenne, mythes, légendes et réalités (1936-1945). »

Le conférencier, spécialiste s’il en est de cette matière, vous présente son exposé :

« Lorsque l’on parle de rexisme et de ses succès électoraux, inévitablement, le nom de La Roche-en-Ardenne revient. C’est en effet dans ce canton –précision importante- que le parti de Léon Degrelle engrange, en mai 1936 son plus haut score dans le pays.  Il y récolte 48,27% des voix. Des voix masculines de plus de 21 ans. A cette époque, les femmes ne votent pas ! Comment expliquer ce succès ? Ne voir que les origines rochoises, du côté maternel, de Léon Degrelle est pour le moins réducteur. D’autres facteurs interviennent dans le choix des électeurs. Notamment le climat de scandales politico-financiers, la situation politique nationale et internationale.

L’engouement pour ce mouvement d’abord, parti ensuite, n’est pas uniquement rochois. Bien au contraire. En une seule fois, Rex envoie 21 députés au parlement. Considérer les électeurs de cette époque comme des fascistes est évidemment un anachronisme criant. Et pourtant, la position de Rex pendant la Seconde Guerre mondiale va, dans la mémoire collective, associer ces deux concepts, celui de rexiste à celui de collaborateur. Or, rien n’est moins vrai. Du slogan de 1936 « Catholique 100 % ou fout le camp » au « Heil Hitler » de 1941, il y a une grande marge. Et il ne faut pas attendre le début de la guerre pour voir apparaitre des dissensions au sein du parti. Des dissensions bien perceptibles à La Roche-en-Ardenne. Ce sera un des axes développé lors de la conférence.

Autre axe important qui sera exploré lors de cette soirée, celui du « rexisme de guerre. » Un rexisme bien différent de celui des premières luttes électorales, non seulement sur le plan doctrinal mais également sur le plan de ses adhérents. Quelle sera la position des rexistes rochois pendant ces événements ? Quelle sera la situation à La Roche-en-Ardenne où, très rapidement, des actes de résistance à l’occupant mais surtout aux collaborateurs sont enregistrés ? Là aussi, l’analyse de nombreuses sources permet d’y voir un peu plus clair. Un peu plus clair également dans ce fait divers inédit, celui de l’enlèvement, par les rexistes, du bourgmestre rochois, Jean Orban de Xivry. Un enlèvement perpétré en plein bataille des Ardennes ! »

Cette petite présentation vous aura, j’en suis persuadé, convaincus de l’intérêt de cette conférence organisée conjointement par l’Asbl « Action-Animation-Tourisme » et le Cercle d’Histoire et d’Archéologie Segnia. La participation aux frais est fixée à 6€, vous pouvez réserver à la Maison du tourisme (084/36 77 36) ou par courriel à asblsegnia@gmail.com ou encore par sms uniquement au 0497/27 33 09

LA LEGION WALLONIE A TUE ENTRE GRANDHAN ET MELREUX

La Petite Gazette du 28 décembre 2011

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Monsieur François Soyeur évoque un fait tragique de la seconde guerre Mondiale et se demande si vous en savez davantage sur ce fait de guerre.

Ce fait divers, dont je suis sûr plus personne ne parle, fut tragique. Un jour fin de l’hiver 1944, deux jeunes gens entrèrent dans le café pour boire un verre, tout en discutant entre eux, l’un deux me demande si j’ai déjà entendu la nouvelle…

Quelle nouvelle? Il y a un homme et sa petite fille qui remontaient le bois de  Melreux-Grandhan et qui ont été tués.

Non je ne sais pas! Ensuite ils me racontent qu’ils rentrent de Tcherkassy (Ukraine) et qu’ils avaient envie de tuer, J’ai fait semblant que cela ne m’intéressait pas tout en souhaitant qu’ils partent le plus vite possible.

Quand ils sortirent ; par curiosité, je les ai suivis pour voir où ils allaient et ils ont pris la route d’Eneille. Quelques minutes plus tard, les membres de la gestapo, venant de Marche, arrivèrent comme des fous, l’officier parlait très bien le français,

« N’avez vous pas vu deux hommes ? Par où sont-ils partis? »

« Ils ont pris la route à droite ! »

Ces jeunes ont été rattrapés alors qu’ils montaient le Stoqueu de Noiseux.

Était-ce une simple coïncidence avec l’assassinat des deux personnes tuées entre Melreux et Grand-Han ? Madeleine  Dujardin, âgée de 13 ans et Walter Dony 40 ans.

numeriser

 

 

 

Madeleine Dujardin reconduisait Monsieur Dony à la gare de Melreux… D’après certaines personnes Madeleine fut tuée en dernier lieu!

p1020240Auriez vous peut être plus de renseignements à ce sujet ?  Merci.

La Petite Gazette du 10 janvier 2012

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Monsieur Jean-Michel Bodelet revient sur cet épisode dramatique évoqué par M. Francois Soyeur paru il y a peu. Mon correspondant connaît très bien les faits car il les a étudiés en profondeur durant ses études universitaires en histoire.

« Ayant pour mon mémoire de licence travaillé sur le sujet, D. Walthère, réfractaire liégeois et M. Dujardin ont été abattus, en avril 44, par quatre SS wallons. Ces derniers étaient tous des déserteurs. Leurs identités sont connues. Je ne peux cependant vous les donner. Sachez qu’aucun n’est issu de la province de Luxembourg. Cette affaire sera évoquée au Conseil de Guerre d’Arlon en mars 1948.

Ce ne sont pas des faits uniques. En août 44, à Herbeumont, des membres de la légion Wallonie ont surpris un certain Lanoy, maquisard originaire de Forest. Ce dernier a été abattu.

On retrouve également des membres -deux frères d’origine liégeoise- de la légion Wallonie à Marcourt. Non dans le massacre des civils mais dans le martyre de Jules Daco « Cyprien » dans le MNB, torturé et exécuté après la prise du maquis de Mierchamps (La Roche-en-Ardenne). »

Un grand merci pour ces précisions.

La Petite Gazette du 18 janvier 2012

ILS ONT ÉTÉ TUES ENTRE MELREUX ET GRAND-HAN

Le sujet a été initié par M. Francois Soyeur puis développé par Monsieur Jean-Michel Bodelet et il a suscité l’émotion…

Madame Mireille Dujardin, de Melreux, m’écrit avoir été « toute remuée » par la lecture de ces souvenirs tragiques et elle nous explique pourquoi :

« Pensez que j’ai vécu ces événements familiaux de très près. Madeleine Dujardin est ma cousine germaine ; nous sommes filles de deux frères : Maurice pour Madeleine et René Dujardin pour moi.

D’après mon oncle Maurice et son fils Jean, il semblerait que ces fameux SS venaient d’Eneille et se dirigeaient vers Grandhan qu’ils traversèrent. Arrivés au croisement, ils se dirigèrent vers Petithan ; ils bifurquèrent soudain et revinrent vers le bois de Grandhan Melreux.

Il faut dire qu’il y avait eu une alerte pour signaler ces soldats, toujours d’après mon oncle et mon cousin, ces SS étaient quatre. D’après les constatations d’usage, il y avait deux soldats de chaque côté de la route (analyse des impacts). Quand l’alerte fut passée, les hommes et les réfractaires revinrent à Granhan et environs. Seul l’un d’entre eux, Walter Dony, fit un crochet vers la gare de Melreux¸ pour dire au revoir à sa sœur ; malheureusement le train venait de partir. Il rattrapa Madeleine dans le bois… Vous connaissez une partie de l’assassinat…

Le premier arrivé sur les lieux fut le Docteur Cravatte qui, voyant le tableau et reconnaissant les personnes gisant à terre, s’en vint chercher mon cousin Jean Dujardin, le frère de Madeleine, en lui disant : « Viens un peu et prends deux couvertures, il y a un drame dans le bois. »

Après avoir averti les Allemands, ils purent ramener les corps à Granhan ; ces Allemands ont dit à mon oncle et à la famille qu’ils allaient rattraper ces voyous et les envoyer sur le front russe. Je ne vous dis pas ce que vécurent les parents de Madeleine et les familles, ce fut une véritable tragédie.

Les Allemands avaient mis deux soldats de faction de chaque côté de la porte d’entrée de Maurice Dujardin qui faisaient peur aux personnes venues rendre visite à la mortuaire. Pour rappel, c’est mon oncle Maurice qui a fait le cercueil de sa fille.

A la fin de la guerre, le procès a eu lieu et il y a eu du grabuge. »

Monsieur François Soyeur a, quant à lui, recueilli le  témoignage de Madame Marie-Thérèse Lizen, épouse de Georges Dawance, de Melreux.

« Voici ce dont je me souviens  de ce jour tragique qui a arraché la vie de ma copine, nous étions de la classe de Monsieur Jacquemard, de Grandhan. Madeleine et moi, nous avions toutes deux le même âge. J’étais domiciliée à la ferme du chène-a-han. Le vingt-deux avril 1944, vers 19 heures, avec ma maman, Fanny Laboulle (épouse Lizen) nous étions occupées à divers travaux de laiterie, lorsque quatre hommes descendirent le bois du tilleul vers la ferme, ils entrèrent dans la cour. Trois étaient âgés entre vingt et vingt-quatre ans, le quatrième,  plus âgé, était le chef du quatuor. Ils étaient complètement habillés en uniforme allemand et bien armés.

L’ainé demanda à maman pour dormir dans le foin du fenil de l’étable. Pendant la soirée, notre ouvrier feu Monsieur Robert Laffut rendit visite à ses parents à Somme-leuze. En rentrant à la maison, il dit à maman avec un air très étonné que les gars du fenil  dialoguaient en wallon. Ils  se dirent que c’étaient des rexistes.

Le 23, à leur lever vers 10 heures, ils obligèrent ma chère maman à leur faire une fameuse fricassée, après s’être régalés ils partirent a travers les prairies vers le lieu dit le ry bouillon, J’ignore comment ils ont traversé l’Ourthe, ont-ils changé de chemin ou emprunté la barque de Monsieur Léon Magis.

De là, ils se dirigèrent par les bois, vers la route reliant Grandhan à Melreux, à gauche et à trois cent mètres de la Reine Pédauque. C’est à cet endroit qu’ils croisèrent leurs deux victimes. Ils tuèrent d’abord Monsieur Dony, puis notre jeune Madeleine, afin que le silence soit complet sur cette tragédie. A 12h30, maman fut prévenue par un appel téléphonique de Madame Jeanne Quétin, employée au bureau des téléphones de Somme-Leuze.

Dans le courant de l’après-midi, ils furent arrêtés dans les bois de Noiseux vers Baillonville. Maman dû aller  les reconnaitre à la Kommandatur de Marche-en-Famenne. »

La Petite Gazette du 29 février 2012

TOUJOURS A PROPOS DE L’ASSASSINAT DE MADELEINE DUJARDIN ET DE WALTER DONY.

Il n’est pas rare que des sujets vous touchent davantage que d’autres et l’évocation de ce double assassinat fait partie de cette catégorie si j’en juge par les diverses réactions enregistrées à son propos. Ainsi, Monsieur François  Soyeur a encore recueilli ce souvenir.

Monsieur Martin Adolphe, de Barvaux,  raconte : «  Le jour de l’assassinat des deux personnes citées, j’étais chez moi a Noiseux avec mon père et ma maman. A ce moment, le docteur Cravate, de Noiseux, est venu nous dire qu’il y avait eu un assassinat de deux personnes dans le bois de Grandhan. Il nous a demandé de l’accompagner sur les lieux. Quand nous sommes arrivés, les corps n’étaient plus visibles, seule une tache de sang assez importante était visible sur la chaussée..

Nous somme rentrés chez nous, mais le docteur nous demanda de le suivre sur le Stoqueu sans doute pour aller à la recherche des assassins. Mon père lui demanda de ne pas y aller de peur des certaines représailles. »

La semaine prochaine, je reviendrai encore sur le sujet et sur ses conséquences grâce à de nouvelles communications que je viens de recevoir. Merci de confier vos souvenirs à La Petite Gazette afin d’en assurer la pérennité.

La Petite Gazette du 7 mars 2012

A PROPOS DE L’ARRESTATION DE JULES DACO APRES LA PRISE DU MAQUIS DE MIERCHAMPS

Monsieur Edgard Orban, de Gênes, revient, avec la complicité d’une plume bien connue des lecteurs des Annonces puisqu’il s’agit de Louis Vieuxtemps, sur cet épisode dramatique évoqué dernièrement dans La Petite Gazette.

«J’aurais voulu apporter quelques précisions à propos des faits qui se sont passés lors de l’arrestation de Monsieur Jules Daco étant donné que je suis certainement une des dernières personnes à l’avoir vu vivant.

Je me souviens que le jour où les Allemands avaient « ramassé » les hommes des villages de Trinal, Werpin, Melines, Wy et Soy, deux camions allemands étaient garés dans la cour de la maison de mes parents.

Jules Daco était assis à l’arrière d’un des véhicules et, à côté de lui, il y avait un homme d’origine liégeoise vêtu d’un uniforme allemand. Mon voisin, Joseph Houssa, secrétaire communal à l’époque, n’était pas concerné par les arrestations vu son âge. Il s’approcha et interrogea Jules Daco au sujet de sa détention.

Un officier allemand, qui se trouvait à proximité et qui parlait français, l’interpela pour savoir s’il le connaissait et s’il voulait l’accompagner dans le camion. Joseph Houssa, qui ignorait tout, répondit négativement et dit qu’il ne l’avait jamais vu.

Un peu plus tard, Jules Daco demanda à ma maman, qui était dans la cour, qu’elle lui donne un verre d’eau ; mais l’officier allemand intervint à nouveau en lui disant : « Non, madame, pas à cet homme ! »

Peu de temps après le départ des camions, un deuxième membre de la légion wallonne vint s’installer à côté du Liégeois et ils parlèrent ensemble en wallon.

Il est fort probable que ce sont les deux frères qui auraient torturé et exécuté Jules Daco et à qui Jean-Michel Bodelet fait allusion dans son évocation dans l’édition de la deuxième semaine de janvier dernier. »