Tot toûrnant lès pådjes, Novèles èt coûtès istwéres par Jean-Pierre DUMONT

Lors de l’enregistrement de la partie studio de l’émission « Wallons, Nous! » du 20 décembre, sur le plateau de la Médiacité, j’ai pu retrouver un contributeur régulier de La Petite Gazette qui intervient dans la seconde partie de l’émission évoquée (voir l’article précédent), Jean-Pierre Dumont, un remarquable auteur wallon dont les propos m’ont immédiatement donné envie de découvrir et de vous parler de son nouvel ouvrage édité par Le Musée de la Parole en Ardenne, collection « Paroles du Terroir ». Quand vous l’aurez entendu, vous aurez, je le sais, la même envie pressante de le lire.

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Dans une langue remarquablement authentique, et vous en serez convaincus en l’entendant dans l’émission, Jean-Pierre Dumont vous emmène dans ses souvenirs et ses pensées très actuelles. Il vous fera réfléchir sur la truculence du wallon tout en vous prodiguant quelques judicieux conseils : « Aprindez à viker avou vos frés walons ! Ni sayez nin d’pèter pus hôt qu’vos cous, èt tot l’s-ôtes ni vinront pus fé so vosse soû ! ». L’auteur vous mettra ensuite aux prises avec quéquès vicåreyes, d’étonnants destins, mais également à la rencontre dès pititès djins, avant de vous plonger dans l’histoire, proche ou lointaine, de nos belles contrées du Condroz, d’Ardenne et de Famenne. Rien que des faits dont la présence est toujours bien prégnante dans la mémoire collective. Vous le suivrez alors dans d’incroyables histoires de chasse avant qu’il vous entraîne à sa suite dans des voyages plus lointains où les rencontres surprenantes ne sont pas rares : il est en Bavière quand il s’entend demander s’il connaît Harzé… et de s’entendre alors raconter comment Joseph Bonmariage, après sa captivité à Ulsenheim s’est vu désigné « Bürgermeister » par les Américains : « Il a tant ovré po l’boune étinte inte lès peûpes qui lès deûs comeunes sont di’nowes djèrmales. »

Les amateurs du wallon trouveront, sous la plume de Jean-Pierre Dumont, une langue admirable, simple, authentique, à la grammaire rigoureuse et au lexique précis. Enfin, avec un indéniable souci pédagogique, l’auteur complète son recueil (148 p.) par une vingtaine de pages d’un lexique où les termes qu’il emploie sont traduits po si è cas.

On peut commander ce livre en versant 12 euros + 3 euros de port au compte  BE 78 0682 1708 2286 du Musée de la Parole en Ardenne  3 rue du Chant  d’oiseaux 6900 Marche-en-Famenne. C’est un très beau cadeau à faire et à se faire.

UNE EMISSION DE TELEVISION A NE PAS RATER CE 20 DECEMBRE A 21h10

A NE PAS MANQUER, LE PROCHAIN « WALLONS, NOUS! », CE 20 DECEMBRE

En effet, le mercredi 20 décembre prochain, vers 21h10, sur la Trois (RTBF), l’émission « Wallons, Nous » sera en grande partie consacrée à Sougné-Remouchamps et à Nonceveux. Pour l’occasion, j’ai eu le plaisir d’assurer une visite guidée de Sougné, en wallon évidemment, à la rencontre des témoins de pierre de son riche passé où s’entremêlent histoire et anecdotes.

Folklore et traditions bien de chez nous seront mis à l’honneur et il sera bien sûr question des hèyes de l’Epiphanie, qui se perpétuent à Sougné-Remouchamps depuis des siècles et de la Saint-Antoine à Nonceveux, tradition multiséculaire elle aussi.

Les Cabris du Val d’Amblève participent en nombre à cette belle émission. Plus de 20 danseurs et danseuses et 11 musiciens y font une remarquable démonstration de la vivacité du vrai folklore local.

Wallons nous

QUAND LE SUCCES D’UN ARTICLE DE lA PETITE GAZETTE ATTIRE LE REGARD DE LA REDACTION DE LA MEUSE…

Au printemps dernier, La Petite Gazette relayait une recherche qui avait débuté quelques années auparavant aux U.S.A. quand le fils, journaliste aujourd’hui retraité, d’un G.I. de 1944 trouva dans les papiers de feu son papa, la photo d’un petit garçon de 4 ans, un nom et une adresse.

Après bien des recherches, le petit garçon d’alors est retrouvé; il s’agit de Roger Lemaire, habitant aujourd’hui à Esneux…

Cet article, évidemment toujours présent sur lapetitegazette.net, a été lu 3860 fois depuis sa parution en mars 2017 assez que pour attirer l’attention de la rédaction du journal La Meuse (qui a cependant bien du mal à citer ses sources…)

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CE 8 OCTOBRE VOUS AVEZ RENDEZ-VOUS SUR DE TRES ANCIENNES VOIES… (FOSSE, TROIS-PONTS)

L’EGLISE ST-JACQUES A FOSSE (TROIS-PONTS) SUR LE CHEMIN DE COMPOSTELLE

A Trois-Ponts, comme dans d’autres communes, on ne se contente pas des éphémères Journées du Patrimoine pour mettre en valeur les merveilles de nos contrées… Le programme inscrit dans le cadre de l’Année Patrimoniale 2017 vous propose une alléchante journée, le dimanche 8 octobre prochain, en l’église Saint-Jacques de Fosse, Trois-Ponts.

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Dès 10h. vous êtes conviés à visiter une exposition de photos  anciennes  évoquant l’histoire de l’église Saint-Jacques et la vie, durant le 20e siècle, des villages attachés de Fosse, Bergeval, Dairomont, Cour, Mont-de-Fosse.

A 16h., Quentin et Lionel Hurdebise, les petits-fils de Jules Hurdebise,  porteurs du projet « Lu Stâve dès Boûs » de Logbiermé, reviendront sur l’histoire de deux voies majeures qui parcouraient jadis notre territoire en empruntant ses sommets : le Grand Chemin du Luxembourg  connu notamment pour le transport des écorces de chênes en direction de Stavelot et de Malmedy et la fabuleuse voie de Compostelle qui, semble-t-il, voyait passer les pèlerins par les hauteurs de Saint-Jacques. A tour de rôle, ils évoqueront les différentes curiosités naturelles et historiques qui jalonnent ces anciennes voies (faune et flore, maisons et personnages célèbres, croix et monuments, etc.) ; la raison de l’existence du chemin de st-Jacques de Compostelle et son tracé en Belgique afin de comprendre pourquoi « Saint-Jacques » à Fosse.

 

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A leur suite, René Gabriel, bien connu de tous les lecteurs de La Petite Gazette, présentera le fruit de son inlassable travail de recherche. Sa consultation d’archives et de récits anciens de voyageurs apportera un intéressant éclairage sur l’histoire du ban de Fosse et de nos régions à une époque où les déplacements s’organisaient bien différemment dans nos campagnes. Le livre qu’il vient de publier sur le sujet, à cette occasion, sera disponible sur place.

Une organisation de l’Espace culturel de Trois-Ponts en collaboration avec le « Stâve dès Boûs, Monsieur René Gabriel, le musée de Wanne et Madame Madeleine Gaspar.

Conférence > 3€. Rens. Espace culturel de Trois-Ponts 080/292460 ou 0471/226 883

Exposition >accès gratuit. Rens. Madeleine Gaspar

 

 

REVOICI LES PASSIONNANTES JOURNEES DU PATRIMOINE

On ne compte plus les alléchantes propositions d’expositions, de visites guidées, de conférences… qui vous sont proposées lors du prochain weekend des Journées du Patrimoine. La Petite Gazette a choisi de vous en présenter une sélection qui, je le sais, devrait vous intéresser.

 

A AYWAILLE

Le thème de cette année se déclinera sous l’angle de l’exploitation carrière. Dans les locaux de l’Administration communale, il vous sera proposé une exposition de documents vous montrant comment les maîtres carriers ont pu se frayer les voies, rapides et sécures, publiques ou privées, vers nos carrières. Cette exposition sera accessiblement librement les samedi 9 et dimanche 10 septembre, de 10 à 17h.

Le vendredi à 19h., au même endroit et au cœur même de l’exposition, j’aurai l’immense plaisir de donner une conférence au cours de laquelle René Henry vous montrera comment les maîtres carriers ont réussi à se frayer ces voies. Il y sera question de batellerie, de chemins de fer, terrestres ou aériens et, bien sûr, de chemins et de routes qui bouleversèrent nos paysages.

001 « Document extrait des collections de René Henry »

Contrairement à ce que l’on s’imagine, l’exploitation industrielle de la pierre de chez nous ne remonte pas au-delà des années 1830-1840, à Florzé précisément. Très vite, l’essor de cette industrie, pourvoyeuse de très nombreux emplois locaux, provoqua des bouleversements tangibles de nos paysages locaux. On pense d’emblée au flanc des collines éventrés mais bien d’autres aspects paysagers et environnementaux furent modifiés. Un nombre toujours croissant d’exploitations allait de pair avec la nécessité de pouvoir acheminer les produits, bruts ou finis, issus de cette activité extractive. Les lieux d’exploitation n’étaient pas toujours accessibles à un important charroi, il fallut dès lors créer ces voies d’accès. Dans notre région et dans notre commune bien des moyens furent mis en œuvre pour assurer la circulation la plus aisée possible de ces produits dont le poids est, sans doute, un des éléments majeurs. Nos anciens sites carriers conservent le souvenir de ces voies nouvelles imaginées par nos ingénieux aïeux. En plus de la voie d’eau utilisée depuis des siècles déjà, la voie ferrée fut largement mise à contribution quelle qu’en soit la forme ou le statut : chemin de fer de l’Etat, réseau vicinal, réseau privé et même lignes aériennes sillonnèrent nos coteaux et franchirent nos vallées alors même que le réseau routier se développait considérablement en raison des transports nombreux qu’il devait supporter mais aussi parce que, attirée par le travail qu’offrait les carrières, la population et les zones d’habitat se développaient.

 

A ESNEUX-TILFF

A PROPOS DE LA BATELLERIE ET DU CANAL DE L’OURTHE…

C’est ce sujet que l’asbl Le Vieil Esneux, le Contrat Rivière Ourthe, les R.S.I. de Tilff et d’Esneux et la Commune d’Esneux ont choisi de développer lors des toutes prochaines Journées du Patrimoine. Le programme est alléchant et ne manquera d’attirer un public passionné : une exposition au château Brunsode (du 9 au 13 septembre), des balades à pied et à vélo à la découverte des vestiges du canal (les 9 et 10 septembre à 14h.) et une conférence de Géry de Pierpont, le samedi à 20h., sur le thème : L’aventure du Canal de Meuse & Moselle à travers les Ardennes, il y a 185 ans. Un souterrain pour bateaux, sous la frontière luxembourgeoise…

Géry de Pierpont est archéologue de formation (ULg) et « passeur de patrimoine » par passion. Ancien responsable du programme patrimoine architectural de la Fondation Roi Baudouin et coordinateur européen des Journées du Patrimoine, il fut durant cinq ans le responsable du musée BELvue, dédié à l’histoire de la Belgique et de sa Dynastie, puis chargé de la communication de la Maison des Auteurs de Bruxelles. Après avoir lancé le site de tourisme culturel « intoHistory », pour la promotion des logements dans l’histoire, il travaille aujourd’hui pour la Fondation Eglises Ouvertes. Les curieux d’histoire apprécieront son roman « La Rivière contrariée », consacré à l’épopée du Canal de Meuse et Moselle.

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  1. Encouragés par roi Guillaume Ier des Pays-Bas, une poignée d’entrepreneurs intrépides décident de relier la Meuse à la Moselle par un canal qui remonterait l’Ourthe jusqu’à sa source. Un canal qui traverserait la crête ardennaise par un tunnel navigable de plusieurs kilomètres avant de redescendre le long de la Wiltz et de la Sûre jusqu’à Wasserbilig en direction du Rhin ! 684 mètres de dénivellation, 205 écluses, 300 kilomètres de berges, sans parler des capitaux colossaux à rassembler et des conflits sociaux à gérer : une véritable épopée, technique, politique et économique, dont l’aboutissement sera finalement compromis par la révolution belge et la scission du Grand-Duché en 1839.

Une manifestation que les amateurs de cet important aspect de notre histoire régionale auront à cœur de ne pas manquer.

Affiche JP 2017

A GOUVY, LIERNEUX, STOUMONT, TROIS-PONTS et VIELSALM

« 150 ans du rail en Haute-Ardenne », cela se célèbre dignement !

Au programme des festivités, ces samedi 9 et  dimanche  10 septembre, conférence, expos, visites guidées, spectacles historiques pour les familles, concerts à  Gouvy, Lierneux, Trois-Ponts, Stoumont et Lierneux.

En ce 19ème s., siècle de la révolution industrielle, l’Ardenne est considérée comme la « Sibérie belge. »

Les récits des auteurs romantiques qui découvrent la région s’apparentent à des aventures dignes de la conquête de terres inconnues. L’Ardenne parait lointaine pour le reste du pays. La diligence permet certes de s’y rendre mais là aussi, le terme d’épopée n’est pas usurpé.  Le rail, promis par le Roi Léopold Ier va lever ces frontières théoriques au sein de notre pays.  Il va s’avérer être un merveilleux vecteur d’émancipation pour la région ardennaise. Sur le plan économique, social et  celui des idées.

Ainsi le 20 février 1867 marque le début d’une ère nouvelle pour notre  région ; durant les 3 dernières décennies du 19ème s. et la 1ère moitié du 20ème s., les voies de fer irriguèrent progressivement nos vertes vallées, reliant nos bourgades et villages aux grands centres industriels et névralgiques nationaux et internationaux. Les métamorphoses et impacts sur cette région furent multiples et inégaux.La place grandissante donnée à  la voiture, la fermeture progressive des charbonnages et les difficultés rencontrées par la sidérurgie détricotent progressivement cette voie de fer dont subsiste, depuis 1959, uniquement la ligne 42 !

Sa 09  à 19h30, à l’Espace culturel de Trois-Ponts, sera donnée la conférence inaugurale et introductive «  Le rail, vecteur d’émancipation de l’Ardenne ».  En analysant le cas du nord de la province de Luxembourg et du sud de celle de Liège, J.-M. Bodelet (historien) remettra en perspective ce que fut « l’âge d’or du rail. » . A l’issue de la conférence, un verre de l’amitié sera offert à l’occasion des 150 ans de l’inauguration du chemin de fer Spa-Gouvy, 1ère ligne de chemin de fer qui traversa notre région !

 Di 10  de 9h à 18h, à Gouvy, Lierneux, Stoumont, Trois-Ponts, Vielsalm, vous pourrez profiter d’un circuit guidé en 5 étapes accessible en car (sur réservation !) ou librement.

Au programme : expos, visites guidées, conte historiques par la cie Sandra Proes, animations, visites sur site, concerts

modèle extraction mine de manganèse

Stoumont  «  Exceptionnel ! Une exploitation minière (extraction de manganèse) en Ardenne liégeoise » : expo et visites guidées 9h, 11h, 16h.

Terminus en gare de Lierneux et on rentre à latelier

Lierneux  « Quand le tram ouvrit nos villages »: expo et visites guidées 10h30 ( avec conte historique), 14h

 

Pont hermamont Vielsalm

Vielsalm  «  Vielsalm, à la croisée du rail depuis 150 ans ! »: expo et visites guidées 10h30, 13h (avec conte historique), 15h30

thumbnail_train à vapeur sur le viaduc

Trois-Ponts  « L’âge d’or d’un village né du train ! »: expo et visites guidées à 10h, 14h30 (avec conte historique), 17h

Gouvy « Gouvy, nœud ferroviaire »: expo et visites guidées 10h, 14h, 16h30 (avec conte historique)

 

Di 10 à 19h30, dans la grange tout à côté du Château de Rahier, clôturez cette belle journée en compagnie du groupe Chat Pitre quartet pour un concert de «  Jazz manouche ». En collaboration avec l’asbl « Les Chemins d’Elise »

Je vous invite à consulter le programme complet ci-annexé.  
Infos pratiques  
Info & rés obligatoire : avant le 7 septembre  > places limitées pour la formule en car (50 places) et pour le conte historique tout public (50 places).
Espace culturel de Trois-Ponts 080/29.24.60 ou 0471-226883- Espaceculturel3ponts.jimdo.com
PAF : circuit > parcours en bus et animations gratuites.- sauf repas à votre charge

SAVEURS D’ARDENNE – recettes des XVIIIe et XIXe siècles, par Charles-J.A. Leestmans

SAVEURS D’ARDENNE DE CHARLES-J.A. LEESTMANS EST SORTI !

La parution de cette nouvelle étude de Charles-J.A. Leestmans avait été annoncée et elle est là, disponible et qui vous attend ! Dès que je l’ai reçue, je m’y suis plongé et ne l’ai quittée qu’une fois la dernière page tournée.

Certes, ainsi que l’annonce le sous-titre de cet ouvrage, « Recettes des XVIIIe et XIXe siècles », l’auteur vous plonge au cœur de vieux carnets où sont rassemblées ces étonnantes recettes de nos aïeux ardennais mais, et ceux qui connaissent les écrits de Charles-J.A. Leestmans n’en seront pas surpris, l’ouvrage vous mène bien au-delà du détail de ces préparations. Ainsi, une fois le décor historique et géographique posé, vous serez confrontés à la question essentielle : existe-t-il une cuisine ardennaise ? Et l’auteur, avec moulte détails et précisions, vous montrera en quoi cette cuisine se distingue de celle des régions voisines. D’emblée, votre curiosité sera piquée ; par exemple, quand vous apprendrez qu’aucune des recettes compilées ne réclame l’emploi des champignons des bois… ou quand vous découvrirez la constance du recours à l’aigre-doux ou à l’association du sucré et du salé. Les passionnés de cuisine du terroir, où les produits de nos potager, de nos vergers et de nos bois étalent leurs lettres de noblesse, vont adorer ; mais les amateurs de la langue de chez nous ne seront pas en reste non plus. En effet, la langue employée par les cuisiniers des siècles passés est au moins aussi délicate que leurs préparations : « le beurre frissonne, la caillebotte dégoutte, l’omelette hale et la bière efontène… » Un précieux lexique, en fin d’ouvrage, vous guidera au travers des recettes avec les ingrédients pour guides.

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Bien sûr, vous vous attablerez face aux traditionnels matoufèts, trulèyes ou vôtes al rapêye puis, immanquablement, vous serez intrigués de voir apparaître, à la table des moines, des mets, des ingrédients ou des épices parmi les plus délicats ou exotiques : l’abricot, le citron, l’orange, la figue, l’asperge, le jet de houblon, le riz, la muscade, clous de girofle et même le safran. Bien sûr les poissons de nos rivières, truites, saumons, brochets, ombres, ainsi que les écrevisses ont ravi les palais ardennais mais ils n’étaient pas les seuls : on dégustait, aux tables privilégiées, du cabillaud, de l’églefin et de la lotte. Je n’en dévoilerai pas davantage, sachez simplement que chaque page de cette étude fourmille de surprises, d’anecdotes et de précisions alléchantes, étonnantes et passionnantes.

Charles-J.A. Leestmans vous convie à un voyage particulièrement édifiant et appétissant parmi les vieilles et traditionnelles cuisines ardennaises, des plus nanties aux plus frustres ; grâce à une agréable présentation et à son souci d’authenticité allié à son désir de rendre chaque texte présenté accessible à tout un chacun, vous pourrez vous lancer dans la préparation de l’une ou l’autre, voire de toutes ces recettes bien chez nous : les soupes et les bouillons, les omelettes, les viandes, les poissons, les escargots, les légumes, les pains et les tourtes, les fromages, les sauces et les condiments, les desserts, les confitures et les friandises, les boissons…

Voici quelques-unes de ces recettes pour vous mettre en appétit :

Pour faire une bonne soupe aux écrevisses

Pilez-les toutes vivantes après leur avoir ôté le ver de la queue (la petite substance noire et amère) et les mettez un peu frire avec du beurre, du poivre, sel et vinaigre ; puis mettez-y de l’eau et les laissez cuire ainsi deux heures. Passez-les par un pureu (c’est-à-dire : enlevez l’eau) et remettez votre soupe au feu avec des herbes de soupe (bouquet garni), citron et feuille de laurier et, avant de servir, un bon vin blanc. (Recette de sébastien Wibin né à Stavelot le 5 juin 1765)

 

Pour un bouillon

Un poumon de veau, une poignée d’orge mondée et douze à treize amandes séchées, et quand on (le) peut souffrir huit à neuf limaçons rouges. Il serait très bon, et en faire un bouillon bien bouilli et en prendre le soir et matin.

(Recette provenant de Jean-Antoine Remy, curé de Bihain au XIXe siècle, comme nombre de curés d’alors, le curé de Bihain était un peu guérisseur…)

 

Manière de faire des biscuits

(Selon une recette provenant de Marcourt durant la ptremière moitié du XVIIIe siècle)

Prenez quatre œufs, la pesanteur de sucre que les quatre œufs se pèseront ; on prendera deux de ces quatre œufs les plus pesants pour mettre leur pesanteur de farine la plus fine ; l’on battera les blancs d’œuf à part environ une demi-heure, après quoi l’on mettera les jaûnes d’œuf avec les blancs que l’on battera encore plus épais. Il faut mettre le sucre après la farine que l’on ne fera que remuer comme il faut, mais le plus habilement que l’on pourra pour les enfourner le plus vite que l’on peut. Remarquez qu’il faut que le fournê ne soit guère chaud ou non pour les cuissons – c’est une demi-heure environ. Il faudra toujours avoir soin de bien graisser les moules avec du beurre frais.

 

Tout passionné de notre histoire régionale connaît et apprécie la minutie des recherches menées par Charles-J.A. Leestmans, il se doit dès lors de posséder « Saveurs d’Ardenne » et ses vieilles et authentiques recettes de notre terroir patiemment compilées au départ des archives de bourgeois de Stavelot et d’un apothicaire de La Roche pour le XVIIIe siècle ainsi que celles d’un curé de Bihain pour le XIXe. Réclamez-le à votre libraire ou adressez un virement bancaire de 22€ au compte BE60 0635 4294 1670 de Par Quatre Chemins à 5032 Bothey avec la communication « Saveurs d’Ardenne + vos nom et adresse »

Vient de sortir : BOVIGNY – LA CONCESSION par Georges ANTOINE

BOVIGNY, LA CONCESSION – UNE PASSIONNANTE VISITE GUIDEE PAR GEORGES ANTOINE

Aujourd’hui seulement connu des habitants du cru, La Concession (à Bovigny – Gouvy) a constitué, au milieu du XIXe siècle, un vaste domaine boisé de plus de trois cents hectares avec château, maison de  garde, ferme, chapelle et étangs.

C’est à l’intéressant passé de ces lieux que s’est intéressé Georges Antoine désireux de compléter et de finaliser le travail entrepris bien avant lui par Marcel Dewalque.

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Ce domaine est issu d’une vente, en 1851, d’une « concession » par la commune de Bovigny aux comtes de Berlaymont et de Cornélissen, au Baron van Havre et à I. Vermersch. La Concession passera, au fil de son histoire, dans bien des mains, notamment celles d’une famille d’origine roumaine, les Karadja à la réputation sulfureuse ; celles aussi du célèbre gouvion négociant en tabac et créateur de la marque « Boule Nationale » Odon Warland ; mais il y en eu d’autres moins connues. La ferme a vu aussi se succéder plusieurs exploitants qui ont tous marqué l’histoire du domaine : Nicolas Nizet,  Edouard Cornet, les Caprasse père et fils.

Il a souvent été question de la  Concession dans les journaux et dans les revues mais toujours de façon approximative et partielle. C’est à son histoire complète et bien documentée que s’est attaqué depuis plusieurs temps Georges Antoine qui vient de publier le résultat de ses recherches dans les archives et chez de nombreux témoins dans un petit volume de format A4 et de  70   pages abondamment illustrées d’intéressants documents et de très photos inédites et vendu 10€ les frais de port s’élèvent à 3,50€, soit un total de 13,50€ à verser au compte BE21 3401 2620 3203 de Robert Nizet à Vielsalm.

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Le fermier de la Concession, Nicolas Nizet et son épouse Hortense Dehez en route vers Bovigny pour faire des courses ou aller à la messe.

 

Georges Antoine est un chercheur indépendant, acharné, obstiné, précis et modeste qui a déjà produit d’autres petits ouvrages sur la commune de Bovigny (dont l’enseignement dans celle-ci) et qui nous propose donc aujourd’hui Bovigny, La Concession édité par I.D. Gouvyasbl-éditions. Georges Antoine fait partie de ces historiens amateurs qui s’intéressent à un village, le leur le plus souvent. Tous leurs travaux mis bout à bout constituent en fait une part importante de la grande Histoire.

Gouvy peut à coup sûr s’enorgueillir d’un tel administré !