UN TEMOIGNAGE DE LA BATAILLE DES ARDENNES EN DIRECT DES U.S.A.

La Petite Gazette du 13 février 2008

UN TEMOIGNAGE DE LA BATAILLE DES ARDENNES EN DIRECT DES U.S.A.

Monsieur André Dethier, de Méan, me fait parvenir, à votre intention, un témoignage qu’il reçoit directement des Etats-Unis. Ce témoignage que je publierai en deux épisodes nous conduira, la semaine prochaine, fort loin des lieux habituellement évoqués dans cette chronique ; si j’ai néanmoins choisi  de vous faire découvrir cet historique c’est en raison de la demande de recherche qui suit cette évocation… Vous comprendrez mieux en la lisant…

« Un de mes correspondants aux U.S.A., ancien combattant de la Bataille des Ardennes, soldat dans la 75e Division d’Infanterie, m’a envoyé une page du journal des anciens combattants le « Bulgebuster », je l’ai traduite pour les lecteurs de La Petite Gazette.

La 75e Division d’Infanterie,

La 75e Division d’Infanterie finit son entraînement au camp Breckinridge au Kentucky, le 15 octobre 1944, et après avoir quitté le camp Shanks, dans l’état de New York, le 22, quitta le port de New York et arriva en Angleterre le 13 novembre 1944. Elle débarqua au Havre et à Rouen, en France, le 13 décembre 1944, elle bivouaqua à Yvelot le 14. La 75e était supposée rejoindre la 9e Armée, mais, quand la contre-offensive commença dans les Ardennes, le 16 décembre 1944, la division fut envoyée en hâte au front et prit position le long de l’Ourthe, vers l’Est de la Belgique, le 23 décembre 1944.

L’initiation au combat de la 75e fut, à la fois, une sanglante et cruelle expérience. Elle prit Grand-Menil le 26 décembre 1944 contre une dure résistance ; les tempêtes de neige aveuglante et les amoncellements de neige augmentaient les difficultés du terrain. Souvent les congères emplissaient les ravins et les rendaient invisibles, jusqu’à ce que les hommes et l’équipement disparaissent de la vue ! La nuit, le mouvement était spécialement rude et, sous la neige, les champs de mines étaient particulièrement difficiles à détecter.

Entre le 27 décembre 1944 et le 1er janvier 1945, le 289e et le 290e régiments d’Infanterie furent rattachés à la 3e Division blindée. Une partie de la 12e Panzer Division SS s’infiltra entre les unités de la 3e Division blindée et pénétra dans Sadzot avant d’être stoppée par une forte contre-attaque : les pertes furent considérables des deux côtés. Alors, le 3 janvier 1945, la ère Armée américaine commença une dure offensive sur le flanc nord du « Bulge » pour rejeter les Allemands et la 75e avança vers l’Aisne, le 5 janvier. Elle atteignit la Salm où elle releva l’héroïque 82e division aéroportée, le 8 janvier 1945. Sous un froid cruel, la 75e renforça ses positions défensives jusqu’au 15 janvier ; quand elle repartit à l’offensive, le premier jour de cette attaque, le 15 janvier, fut un jour extrêmement sanglant. En fait, il fut le jour le plus coûteux de la guerre pour la 75e Division. Les unités ennemies opposées étaient la 62e et la 326e Volksgrenadier Division. La 75e nettoya Salmchâteau et Bechet aida à prendre l’important bastion de Vielsalm après de sévères combats. Le 22 janvier, elle avait nettoyé les « Grands Bois » et prit Aldringen. Le 24 janvier, après avoir atteint Saint-Vith, la 75e fut retirée des lignes pour un court repos.

En un mois de sévères combats dans la Bataille des Ardennes, la 75e déplora la perte de 465 hommes tués en action et comptait 1707 blessés. Le froid intense avait été un aussi sérieux antagoniste que les Allemands : pieds, mains et doigts gelés et toute sorte de dommages corporels causés par le froid ont fait que les pertes comptaient 2633 hommes en plus. En dépit de tout cela, la 75e était maintenant devenue une division de combattants endurcis qui avaient saigné dans la neige, les collines, les villages et les forêts des Ardennes. (…) A suivre.

 

La Petite Gazette du 20 février 2008

UN TEMOIGNAGE DE LA BATAILLE DES ARDENNES EN DIRECT DES U.S.A.

Monsieur André Dethier, de Méan, m’a fait parvenir, à votre intention, un témoignage qu’il reçoit directement des Etats-Unis. Nous en avons découvert le début la semaine dernière quand la 75e Division d’infanterie U.S. faisait le compte de ses pertes après la bataille des Ardennes.

« Après la 75e fut envoyée, par chemin de fer, prendre part à la bataille de la poche de Colmar, dans le centre est de l’Alsace. Plusieurs divisions américaines furent retirées d’autres fronts et envoyées là-bas pour aider la 1ère armée française à éliminer cette fâcheuse aire que les allemands tenaient encore à l’ouest du Rhin, la 75e en était ! La bataille fut dure et sanglante. La 19e armée allemande avait eu beaucoup de temps pour mettre en place une très forte défense. La neige épaisse allait jusqu’aux genoux avec des congères considérables ; de plus, les Allemands avaient disposé de nombreuses mines.

La principale mission de la 75e était de couvrir le flanc droit de la 3e Division d’infanterie et ses attaques sud-est vers le Rhin. Après l’assaut initial commencé le 22 janvier 1945, la 75e rejoint la bataille le 1er février et prend Horbourg et Andolsheim lors de féroces combats de maison en maison. A Horbourg, des snipers (tireurs d’élite) installés dans le clocher de l’église furent éliminés par la destruction du clocher au bazooka. Les allemands contre-attaquèrent, mais furent repoussés.

Le 2 février 1945, la 75e surmonta l’opiniâtre opposition dans la forêt de Colmar et, le 5, prenait Wolfgantzen et Appenwihr. Poussant sud-est, la 75e traversa le canal Rhône-Rhin sans résistance, le 7 février. Le 10, la bataille était finie, excepté quelques actions de nettoyage. Les allemands avaient perdu la dernière forteresse est sur le Rhin en Alsace et souffraient d’une perte d’environ 30 000 hommes lors de cette bataille. Parmi les autres pertes, cette bataille de la poche de Colmar coûta la vie à 150 hommes de la 75e.

Après un court repos à Luneville, en Lorraine, la 75e Division d’infanterie fut envoyée loin vers le nord et retourna au combat. La division relevait la 6e Division aéroportée anglaise, sur un front s’étendant le long de la Meuse, près de Roermond, au sud est de la Hollande.

Le 21 février, des reconnaissances et de nombreuses actions de patrouille furent conduites. La 75e fut l’objet de lourds feux d’artillerie. Le 291e régiment d’infanterie combattit à Assenberg du 7 au 9 mars. Alors, comme les Américains se frayaient un chemin vers le Rhin, la 75e patrouillait dans le secteur de Wesel à Homburg et releva la 35e division d’infanterie entre le 13 et le 23 mars 1945. La nuit, les hommes de la 75e sondaient les défenses allemandes. A ce moment-là, la 75e relevait de la 9e Armée.

Le 24 mars, la 290e division d’infanterie traversa le Rhin dans le sillage des 30e et 79e Divisions d’infanterie, suivies par le reste de la 75e. Le 30 mars, les 289e et 290e Divisions d’infanterie attaquaient, sous la protection de la 8e division blindée, et atteignaient le canal Dortmund-Ems, près de Datteln, le 1er avril.

Pendant les deux semaines suivantes, la 75e combattit dans la poche de la Ruhr contre une forte résistance de la part de quatre divisions allemandes : les 180e et 190e d’infanterie, la 116e Panzer et la 2e Parachutiste reconstituée. Ces formations, quoique affaiblies, étaient encore parmi les meilleures que les Allemands avaient laissées. La 75e nettoya la forêt de Haard, le 1er avril et traversa le canal Dortmund-Ems à Waltrop le 4 avril, renforcée par la 320e Regiment de la 35e Division d’infanterie. Deux camps de « travail forcé » furent libérés, ils contenaient 3000 prisonniers. La 75e entra alors dans de furieux et longs combats dans la portion nord de l’immense poche du Rhin, combattant sur des terrains difficiles dans le voisinage de la ville de Dortmund. Ce fut là l’une des plus rudes résistances rencontrées par les combattants U.S. durant la grande bataille. Maintenant, la 75e contrôlait Dortmund et combattait encore pour prendre la petite ville de Witten, juste au sud. La 75e était fort occupée avec, le 6 avril, un jour particulièrement difficile. Après plusieurs jours de combats sévères, une très grande « task force » combattait à l’est pour se connecter avec la division en difficulté et la  soutenir. Cette puissante force incluait un régiment de la 17e Division aéroportée et la 8e Division blindée, les 79e et 95e Divisions et le 15e groupe de cavalerie. Un état-major de la gestapo fut détruit par la 75e à Annen et, le 12 avril, les Allemands tombèrent au sud de la rivière Ruhr.

Maintenant la 95e Division d’infanterie était sur le flanc gauche de la 75e et la 79e était sur la droite. L’attaque continua sur un terrain difficile et vallonné, plusieurs petits villages furent pris par la 75e et, finalement, la 95e division d’infanterie surgit et prit Dortmund ; après avoir pris Herdecke,  la 75e fut envoyée à Brambauer pour réhabilitation et repos.

Le 22 avril, la 75e releva la 5e Division d’infanterie au sud de la Rhur. Alors la 75e fut assignée à la sécurité en Wesphalie. Le jour V, le 8 mai 1945, la 75e était à Lütgen et, peu après, établit les quartiers généraux d’occupation à Werdohl. La division quitta l’Allemagne pour l’Amérique en novembre 1945. Submitted by Harold Charles H.Q.291 »

CONNAISSEZ-VOUS CET ENSEMBLE DE SYMBOLES FUNERAIRES?

IMPORTANCE ET INTERÊT HISTORIQUE DE NOTRE PATRIMOINE FUNERAIRE

Le patrimoine funéraire suscite un intérêt croissant : les visites commentées de cimetières, la publication d’ouvrages entièrement consacré aux sépultures, parfois remarquables, qu’abritent les cimetières de nos régions et l’importance que les autorités publiques accordent désormais à l’entretien et à la sauvegarde de ce patrimoine en sont des gages évidents.

Et il y a de quoi intéresser un public toujours plus large car la visite attentive d’un cimetière vous en apprendra beaucoup sur le passé d’une localité, sur les petits et grands faits qui ont marqué son quotidien durant les deux derniers siècles. Vous y découvrirez, en parcourant les allées et en lisant les épitaphes et plaques commémoratives, les traces des industries qui y furent actives, les accidents qui y survinrent, le souvenir des épidémies qui endeuillèrent la commune, l’existence passée ou ancienne d’associations politiques, sportives, culturelles…

Les tombes de celles et de ceux ayant combattu pour nos libertés lors des conflits mondiaux du siècle passé vous rappelleront qu’ils étaient militaires ou civils, soldats ou résistants, que nombre d’entre eux sont tombés, très jeunes, au champ d’honneur, que d’autres ont été déportés, internés ou se sont réfugiés dans la clandestinité pour échapper au travail obligatoire. Les tombes des victimes civiles de ces conflits permettent de ne pas oublier les exactions des armées envahissant notre région, les massacres, les exécutions arbitraires… Vous aurez sans doute la chance d’y découvrir l’évocation de métiers aujourd’hui disparus ; vous serez confrontés à la persistance de la hiérarchisation de la société locale en comparant la taille et la hauteur des sépultures, des monuments et, même, de véritables petites chapelles privées. Vous côtoierez les gloires locales : sportives, artistiques, politiques…

Les amateurs d’art y trouveront également leur compte car, au hasard de leur déambulation, ils rencontreront de véritables chefs-d’œuvre statuaires, mais aussi des bas-reliefs, des bronzes… Les styles différents, néo-gothique ou art déco par exemple, voisinent et attirent l’œil du connaisseur comme du curieux.

Enfin, comment ne pas évoquer plus largement la passionnante découverte de la symbolique funéraire et la présence, sur de nombreuses sépultures, de la représentation des attributs de la profession ou de l’appartenance philosophique du défunt ? La colonne brisée représentant la vie brutalement interrompue, évocation du mont Golgotha, la chaîne, symbole de vie, présentant un maillon cassé, symbole de mort, couronnes d’immortelles sculptées, pleureuses, anges, flammes, urnes stylisées, alpha et oméga… Au rang des attributs que vous pourrez identifier il y aura immanquablement ceux de la prêtrise : calice, hostie, raison et épis de blé ; ceux du mayorat : écharpe mayorale, le caducée du corps médical, l’équerre et le compas des francs-maçons… Aller à leur découvert est réellement passionnant.

J’imagine sans peine que, parmi vous qui me lisez, il s’en trouvera sans doute l’un ou l’autre qui pourra venir éclairer cette employée de l’administration communale d’Aywaille en charge de la gestion de ce patrimoine. En effet, bien qu’elle soit une véritable spécialiste passionnée par le patrimoine funéraire, elle se trouve face à une énigme qu’elle a du mal à résoudre. Dans le cimetière de Dieupart, deux sépultures présentent la même symbolique dont vous découvrez la photo ci-dessous.

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Ces deux tombes sont celles de deux instituteurs communaux du XIXe siècle, Jacques-Henri Bronne et François-Joseph Septroux, la symbolique utilisée est particulièrement riche : végétaux stylisés, globe terrestre, balance horizontale + poids, ailes, palmes, acacia, livres, latte, équerre, compas fermé, maillet… Si le globe terrestre, l’équerre, le compas et la latte apparaissent souvent sur la tombe d’un instituteur car ils constituent une panoplie pédagogique, que signifie ici la présence de la balance et du maillet par exemple ? Pareil ensemble symbolique existe-t-il dans d’autres cimetières de la région ? Voici les questions auxquelles il serait vraiment très intéressant d’apporter une réponse et je compte beaucoup sur votre précieuse collaboration pour y parvenir. Merci de nous aider à résoudre cette énigme.

Pour tout contact avec La Petite Gazette : henry-rene@hotmail.com

TOUR SAINT-MARTIN ET VIEUX CIMETIERE DE COMBLAIN-AU-PONT

LA TOUR SAINT-MARTIN & LE VIEUX CIMETIERE DE COMBLAIN-AU-PONT.

Dominant le village de Comblain-au-Pont, la tour St-Martin, de style roman, et le vieux cimetière qui l’entoure sont tout ce qui subsiste d’une forteresse médiévale. Celle-ci a, au cours du temps, perdu ses enceintes défensives (dont il reste néanmoins quelques vestiges, tel le donjon de Monthuy situé derrière la maison communale), ainsi que ses propres murailles.

Cette forteresse fut, à l’origine, la demeure des chevaliers de Comblen (sic). Certains historiens la font remonter au fameux Ordre du Temple, d’autres à l’Ordre de St-Jean de Jérusalem. (N.D.L.R. Il convient néanmoins de se montrer très prudent quant à l’origine de l’édification de cette place forte car nous ne disposons d’aucun document antérieur au XIIIe siècle, cela permet certes les supputations mais pas les affirmations. Ce qui est certain et je l’écrivais dans mon ouvrage intitulé « Nos Châteaux » c’est que «le recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmédy nous apprend que le 12 mars 1228, la comtesse Ermesinde, issue des terres du Luxembourg, s’engage à restituer la forteresse de Logne et la maison forte de Comblain à l’abbaye. C’est donc bien qu’elle les détenait sans titre… Nous savons en outre que cette promesse mit quatre-vingt ans à être honorée. »

Quoi qu’il en soit, cet imposant édifice perdit toute fonction militaire dès la fin du XIIIe siècle pour devenir le siège de l’église locale, situation qui dura jusqu’au milieu du XIXe siècle : à la construction de l’église actuelle (inaugurée en 1856), plus centrale par rapport à la localité, et plus aisée d’accès, la désaffectation de l’ancienne bâtisse la livra aux démolisseurs, et transforma le site en carrière de pierres. Ainsi plusieurs maisons du village lui doivent-elles leurs matériaux. Seul subsista l’ancien donjon du château qui se dresse encore aujourd’hui dans le ciel de Comblain. Il est l’emblème de la commune.

Quant à l’ancien cimetière, il fut progressivement abandonné par les autorités locales, lesquelles, dans les années 1930, conçurent et créèrent un nouveau site d’inhumation sur la rive droite de l’Ourthe.

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La population comblennoise en fut grandement soulagée. En effet, le vieux cimetière St-Martin, à l’époque, et durant les quelques siècles précédents, n’était accessible par aucune voie carrossable. Aussi le portement des cercueils s’effectuait-il dans des conditions fort pénibles : à bras d’hommes, il fallait littéralement escalader la colline très pentue en empruntant un sentier raide et sinueux.

Les gravures du XVIIIe siècle (dont les dessins de Mathieu Xhrouet, de Spa), ainsi que les quelques photographies ci-annexées, datant respectivement des années 1950 et 1970, évoquent cependant un lieu d’aspect romantique, hélas vandalisé depuis lors. Il a suffi des quelques dernières années pour que cet endroit au charme d’antan revête l’apparence d’un terrain vague. Les photographies qui accompagnent cet appel datent quelque peu certes mais elles ont le mérite de rappeler l’aspect que ces lieux ont connu. On y distingue parfaitement des pierres tombales et des stèles funéraires dressées. Il est cependant à noter que plusieurs de ces monuments ont aujourd’hui disparu…

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La situation actuelle, indigne, ne peut donc perdurer plus longtemps. C’est pourquoi un comité de villageois, soutenu par le Cercle historique de Comblain et du pays d’Ourthe & Amblève, a pris l’initiative d’entreprendre la réfection, voire la restauration des lieux. Cela suppose que l’ensemble des tombes & caveaux, desquels beaucoup d’inscriptions ont entre-temps disparu, soient pourtant identifiés et répertoriés.

Un appel est donc lancé à la population de Comblain-au-Pont demandant à toutes les familles, ou toute personne ayant des proches inhumés dans le cimetière St-Martin, de se manifester dès que possible afin de mener ce travail à bonnes fins. Vous pouvez bien entendu communiquer vos renseignement à la Petite Gazette qui se verra un plaisir de les transmettre à qui les attend. Vous avez là une réelle occasion de participer à la sauvegarde d’un intéressant patrimoine, ne laissez pas passer cette opportunité.

Contact pour la Petite Gazette : henry-rene@hotmail.com

MARCEL JEANPIERRE – SOURCIER D’ARDENNE par JEAN-PHILIPPE LEGRAND

MARCEL JEANPIERRE-SOURCIER D’ARDENNE,

PAR JEAN-PHILIPPE LEGRAND

En Ardenne du Nord, tout juste à côté de chez nous, il est un nom qui est spontanément prononcé quand se présente un problème ou un souci et ce quelle que soit sa nature. Vous êtes à la recherche d’un objet disparu, ou d’un animal perdu ou même d’une personne, vous souffrez  d’une affection quelconque, une de vos bêtes est malade, vous ne trouvez pas le sommeil, vous vous demandez si le terrain où vous souhaitez bâtir votre maison est idéal… toujours, il se trouvera quelqu’un pour vous conseiller de consulter Marcel Jeanpierre ! Mais qui est donc cet étonnant, et si attachant, personnage ? Marcel Jeanpierre est né, en juillet 1924, à Aisomont, commune de Trois-Ponts, et très tôt, il n’avait pas 10 ans, il manifesta une étonnante sensibilité lui permettant de déceler la présence d’eau dans le sous-sol. Cette hyper-sensibilité lui vaudra bien plus tard une réputation internationale et ce ne sont pas les responsables de la prospection de Spadel, qui gère les eaux de Spa et de Bru, que me démentiront !

Et ce n’est pas là sa seule spécificité ! Ainsi, quand il a 14 ans, il se voit remettre un carnet de remèdes et de formules de guérison par son oncle qui lui en apprit l’usage. Tout jeune, Marcel « signait » déjà ; il était alors surtout requis auprès du bétail mais également les abeilles ! Avec la pratique et l’expérience, il acquerra une solide réputation de rebouteux, de sègneû, de r’pougneû et de barreur de feu.

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Jean-Philippe Legrand a eu l’excellente idée de multiplier les entretiens avec Marcel Jeanpierre et il nous en livre le contenu dans un wallon savoureux, authentique et particulièrement imagé, la langue maternelle et usuelle de ce remarquable sourcier mais que maîtrise aussi particulièrement bien son interlocuteur. Vous aurez juste l’impression d’être présent à ces entretiens et, au fil des anecdotes racontées comme au gré des souvenirs confiés, vous entendrez la musicalité des propos échangés.

Jean-Philippe Legrand a minutieusement préparé ces interviews en se documentant sur des sujets aussi divers que la géobiologie, la radiesthésie, le magnétisme, la « sourcellerie », l’électro-hypersensibilité… mais également le reboutage, la sorcellerie, le mentalisme. Il partage le fruit de ses recherches avec ses lecteurs en rendant très accessibles toutes ces matières le plus souvent tout à fait étrangères à tout un chacun. En outre, il illustre ses propos de documents, d’anecdotes historiques et de photographies de façon très agréable.

Avec ce robuste volume,  relié et très agréablement composé, de près de 550 pages, vous entrerez dans l’intimité de cet extraordinaire chercheur d’eau qu’est Marcel Jeanpierre, vous irez à la rencontre de ses incroyables exploits. Vous le suivrez sur le terrain où il met son hyper-sensibilité au service de la méthode d’optimisation de l’habitat qu’il a développée. Avec lui, vous suivrez le cours de diverses enquêtes dans lesquelles il intervint pour retrouver des personnes disparues. Enfin, vous serez le témoin privilégié de ses actions de guérisseur, intervenant même à distance. Vous aurez là, dans les mains, un ouvrage que vous aurez du mal à déposer car la manifeste sympathie que Jean-Philippe Legrand éprouve pour Marcel Jeanpierre est particulièrement contagieuse. Et c’est vrai qu’il est bien ainsi ce remarquable personnage, j’ai eu, moi aussi, la chance de le rencontrer, c’était lors d’une conférence que je donnais au Musée de Wanne sur les pratiques de la médecine populaire. J’ai pu échanger quelques propos avec lui et me souviens toujours très bien des mots qu’il a employés pour partager son expérience en la matière.

Ce livre est en vente au prix de 30€ dans toutes les bonnes librairies mais vous pouvez également le commander et vous le faire envoyer. Pour cela vous devrez adresser un virement de 36€, frais d’emballage et de port inclus, sur le compte BE44 3630 6194 4745 des éditions Mémoires ardennaises à 4970 Stavelot, avec la communication « Marcel »

MUSEE DE LA PAROLE EN ARDENNE: UNE NOUVELLE COLLECTION !

LA SPITANTE COLLECTION VIENT DE NAÎTRE AU MUSEE DE LA PAROLE EN ARDENNE

Le Musée de la Parole en Ardenne est un musée très particulier car il ne propose pas de salles où des vitrines permettraient de se pencher sur des objets rares ou précieux, il n’existe même pas d’heures d’ouverture de cet étonnant musée! Quand j’aurai ajouté que les collaborateurs de ce musée le présentent en écrivant « … Musée de la Parole, autant dire du vent… », votre perplexité augmentera sans doute encore. Et pourtant, ce musée abrite un trésor inestimable et bien vivant fait d’un fonds documentaire multimédia mais également constitué d’une incroyable collection de publications, anciennes et récentes, en wallon et en français. Essentiellement centré sur le pays de Bastogne, l’intérêt de ce fonds déborde très largement de cette zone géographique.

Dès les années 80 naissait la collection Paroles du terroir dont, très régulièrement, la Petite Gazette a présenté les passionnantes publications que cette collection accueillait. Aujourd’hui, après plus de 40 titres parus représentant plus de 8000 pages de texte, elle se complète d’une Spitante collection qui s’adresse prioritairement aux jeunes lecteurs de 6 à 15 ans et les plonge dans la culture ardennaise et leur permet un premier contact avec le wallon. Les livres de cette collection sont écrits en français « saupoudré de wallon ».

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Deux premiers livrets sont désormais disponibles. Le premier, Lucy èt l’Neûre Rotche – Lucy et la Roche Noire, est signé de Nadine Fabry à qui l’on doit et le texte et les magnifiques illustrations, Joël Thiry s’étant chargé de la traduction en wallon, proposée en regard du texte français. Pour vous donner envie de le découvrir, je vous dirai simplement que Lucy passe ses vacances à Sy-Ferrières chez sa tante Margot, une artiste en confitures. Lucy rencontre puis se lie d’amitié avec un artiste peintre inspiré par ces lieux, Monsieur Richard (toute ressemblance avec un peintre dont le nom est désormais lié à ces lieux est tout sauf fortuite…)

Le deuxième livret venant de paraître est signé par Joël Thiry et illustré par Sabine de Coune, une artiste passionnée par l’illustration de sujets religieux. « Le premier Noël de Polochon » raconte, avec poésie et humour, l’histoire bien connue de tous de la naissance de Jésus; c’est cependant la première fois, à ma connaissance, que ce récit est raconté par l’âne de la crèche dont nous apprenons enfin le nom : Polochon.

Ce livret se veut interactif et incitera les enfants à chanter et à jouer, mais il plaira indubitablement aux parents et aux grand-parents qui apprécieront l’humour de cet âne à la fois gourmand et maladroit. L’auteur glisse tour à tour dans son récit des expressions et des phrases wallonnes qui, espérons-le avec lui, donneront l’envie aux plus jeunes d’en savoir davantage sur la langue de chez nous. Allez, un tout petit extrait pour vous donner le ton. Jésus vient de naître et Polochon s’approche pour mieux voir. « Mon dju, ké bê ptit crèton! Come i ravize si mouman… ». Placide, le boeuf, conseille à polochon de souffler sur le bébé pour le réchauffer et l’âne de lui répondre : « T’ès sûr? Mi dji chofèle freûd… Li djèrin côp’ki dj’a choflé, c’èsteût po rafreûdi m’sope… »

Ces livrets trouveront une place de choix sous le sapin d’autant qu’ils sont proposés dans une offre promotionnelle très intéressante. En effet, ces deux premiers livrets de cette nouvelle collection sont proposés au prix de 15€ (frais de port offerts).

N’hésitez donc pas et adressez votre versement de 15€ au compte BE78 0682 1708 2286 du Musée de la Parole en Ardenne à 6900 Marche-en-Famenne, avec la communication « 2 livrets Spitante collection ».

LA PLACE JOSEPH THIRY A AYWAILLE par ETIENNE COMPERE

LA PLACE JOSEPH THIRY A AYWAILLE – UN NOUVEL OUVRAGE D’ETIENNE COMPERE

Avec la précision, la minutie même, qu’on lui connaît, Etienne Compère nous livre la nouvelle étude qu’il vient de consacrer à la place Joseph Thiry d’Aywaille. C’est à dessein que j’évoque la minutie de l’auteur car c’est bien la recherche du détail, du document inédit ou de l’anecdote particulière qui préside à ce remarquable travail qui, d’emblée, vous transporte dans le temps.

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Passionné par l’histoire de sa commune, Etienne Compère vous propose cette fois une visite détaillée de cet espace restreint en vous faisant visiter chaque bâtiment qui le ceinture. Inlassable chercheur, collectionneur organisé, l’auteur s’est plongé dans les journaux hebdomadaires régionaux (L’Ardenne Liégeoise, Les Echos-Annonces de l’Amblève, Clin d’oeil-Le Messager, Impulsion, Impact, Go! et bien évidemment Vlan-Les Annonces Ourthe-Amblève) pour établir  la liste de tous les commerces qui se succédèrent dans chacun de ces immeubles, dont il raconte l’histoire, et en présenter des photos, des annonces publicitaires ou des extraits de presse. Vous serez sans aucun doute surpris de découvrir que la place a accueilli un relais de diligence, un bureau de poste, un magasin de chapeaux, un commerce de fourrures, le bureau du syndicat « Les fermiers réunis« , une succursale des magasins Delhaize, un magasin de poêles, un commerce de dentelles, un bâtiment abritant une boulangerie depuis plus d’un siècle, le commerce d’une femme-barbier et je pourrais encore multiplier les exemples. Bien sûr, Etienne Compère évoque, dans le détail, les établissements relevant de l’horeca, commerces traditionnels à Aywaille. Vous retrouverez ainsi une époque, pas si lointaine tout de même, ou de nombreux hôtels, diverses fritures, nombre de restaurants et de cafés attiraient les villégiateurs.

Fidèle à sa volonté d’inscrire le résultat de ses recherches dans leur contexte historique précis, Etienne Compère donne d’emblée les repères nécessaires à la bonne compréhension des raisons qui présidèrent au développement économique de la place. Vous serez dès lors plongé au coeur même des activités spécifiques qui s’y installèrent tant au niveau commercial avec, par exemple, les marchés aux bestiaux, qu’au niveau culturel avec les animations que permettait la présence du kiosque à musique. Vous saurez tout sur la pompe-fontaine de la place, les raisons de son installation en 1840 et même de sa réalisation, elle a été fondue à Raborive chez François Marcellis, les dégâts qu’elle subit lors de la Libération d’Aywaille et son transit, durant quatre décennies, par le parc du château d’Awan avant de retrouver la place. Vous revivrez également, grâce à la presse de l’époque, les terribles inondations de la place en 1913 et 1914.

Ce ouvrage est illustré d’innombrables documents photographiques, en noir et blanc et en couleur, souvent inédits, de cartes postales rares, de publicités d’époque… Il compte 172 pages au grand format A4 présentées dans une très agréable et très plaisante mise en page. Ce livre se doit de trouver place dans la bibliothèque de tout qui s’intéresse à l’histoire économique, touristique et patrimoniale d’Aywaille. Il trouvera aussi une place de choix sous le sapin car il constitue un cadeau idéal à la fois passionnant, accessible à tous et vraiment original.

Vous pouvez vous le procurer en effectuant un versement de 27€ (incluant les frais de port du livre) sur le compte  BE60 0618 7698 6070 d’Etienne Compère à 4920 Aywaille avec, en communication, l’adresse de livraison.

Pour prendre contact avec La Petite Gazette, une seule adresse : henry-rene@hotmail.com

PEKET, ROI DE LA FÊTE

LE NOUVEL OUVRAGE DE MARC LAMBORAY :

PÈKÈT ROI DE LA FÊTE, COMPAGNON DU TRAVAIL, MAÎTRE DES TRADITIONS

Marc Lamboray est loin d’être un inconnu, mentor des Hèyeus d’Sovnis de l’Athénée Royal d’Aywaille il a plongé ses nombreux élèves dans les traditions et les souvenirs régionaux et leur a permis d’être les co-auteurs de quatre ouvrages très intéressants. Passionné de folklore et de tradition populaire, Marc Lamboray s’est ensuite penché sur les contes et légendes de l’Ourthe-Amblève pour en étudier les nombreuses versions et variantes avant de se lancer dans une minutieuse recherche sur les traces laissées par la présence du loup dans nos contrées. En plus des divers ouvrages qu’il a publiés, Marc Lamboray a commis de nombreux articles sur notre folklore authentique dans plusieurs revues réputées. Il nous présente aujourd’hui une remarquable et très fouillée étude sur le pèkèt, son importance dans nos traditions et dans son rôle social, qu’il articule autour de quatre grands thèmes : le pèkèt alcool du peuple, le pèkèt au travail, le pèkèt dans les fêtes et le pèkèt dans les coutumes et les traditions.

cover pèkèt

Marc Lamboray vous emmène dès lors dans les nombreux cabarets, même les clandestins, que comptait notre région et qui servait les « gouttes » dans de petits verres désigné sous divers vocables : bas-cou, plat-cou, gendarme ou hèna.

Il vous guide ensuite sur les chantiers, dans les ateliers et les usines où on boit alors au travail avec les conséquences, souvent désastreuses,  que l’on peut imaginer : accidents de travail,  absences, paupérisation… Il évoque évidemment la célèbre loi Vandervelde qui, dès 1919, freine sérieusement le fléau sans le faire disparaître car le pèkèt continue à saluer la fin du travail des maçons, à faire partie du salaire du tueur de cochons ou à sceller le contrat du maquignon. Un important chapitre est consacré au caractère festif du pèkèt tout en précisant d’emblée que, déjà, il accompagne n’importe quel loisir : pêche, tenderie, cartes… Il célèbre toutes les fêtes paroissiales, patronales ou laïques mais également la plupart des fêtes calendaires, il est par exemple très présent à la Nouvelle Année et à l’Epiphanie. Il réchauffe les cœurs à la saint-Antoine que ce soit à Nonceveux ou à Blehen, il règne en maître au carnaval… Il est de toutes les étapes de la vie et jusqu’à la mort, mais surtout à l’heure des fiançailles et du mariage.  Bien entendu, il est évidemment omniprésent à certaines manifestations folkloriques ou ponctuelles : les marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les processions, les pèlerinages.

Les traditions régionales conservent toujours de nombreuses traces de l’importance prise par le pèkèt dans les relations sociale, ainsi est-il très impoli de refuser le pèkèt qui vous est offert comme il est inconcevable de ne pas le servir à un visiteur. Ce breuvage est également très présent dans de nombreux remèdes de médecine populaire et, personne ne s’en étonnera, le plus souvent dans des remèdes à boire ! Le souvenir de son importante présence dans la gastronomie populaire est heureusement entretenu par plusieurs confréries

Notre pèkèt était donc, en toute circonstance, symbole de paix, de fraternité et de solidarité. Ne le condamnons donc pas trop vite pour les méfaits que ses excès ont fatalement engendrés.

Je vous engage vivement à acquérir ce très bel ouvrage (et je ne parle même pas de sa remarquable couverture ) vous plongeant au cœur même de nos traditions locales. Il est co-édité par le Musée de la Parole en Ardenne à Marche-en-Famenne et le Musée en Piconrue à Bastogne, compte 140 pages richement illustrées au format 23cm X 20,5 cm est vous est actuellement proposé avec une offre promotionnelle alléchante : 20€ au lieu de 25€ dès le 1er décembre 2018. Pour l’acquérir, il vous suffit d’adresser un versement bancaire 25,50€ (frais d’emballage et de port compris) au compte BE25 0682 0073 7382 du Musée en Piconrue 6600 Bastogne avec la communication « Pèkèt Roi de la fête ».