CE 8 OCTOBRE VOUS AVEZ RENDEZ-VOUS SUR DE TRES ANCIENNES VOIES… (FOSSE, TROIS-PONTS)

L’EGLISE ST-JACQUES A FOSSE (TROIS-PONTS) SUR LE CHEMIN DE COMPOSTELLE

A Trois-Ponts, comme dans d’autres communes, on ne se contente pas des éphémères Journées du Patrimoine pour mettre en valeur les merveilles de nos contrées… Le programme inscrit dans le cadre de l’Année Patrimoniale 2017 vous propose une alléchante journée, le dimanche 8 octobre prochain, en l’église Saint-Jacques de Fosse, Trois-Ponts.

Par nos chemins anciens 2 (1)

Dès 10h. vous êtes conviés à visiter une exposition de photos  anciennes  évoquant l’histoire de l’église Saint-Jacques et la vie, durant le 20e siècle, des villages attachés de Fosse, Bergeval, Dairomont, Cour, Mont-de-Fosse.

A 16h., Quentin et Lionel Hurdebise, les petits-fils de Jules Hurdebise,  porteurs du projet « Lu Stâve dès Boûs » de Logbiermé, reviendront sur l’histoire de deux voies majeures qui parcouraient jadis notre territoire en empruntant ses sommets : le Grand Chemin du Luxembourg  connu notamment pour le transport des écorces de chênes en direction de Stavelot et de Malmedy et la fabuleuse voie de Compostelle qui, semble-t-il, voyait passer les pèlerins par les hauteurs de Saint-Jacques. A tour de rôle, ils évoqueront les différentes curiosités naturelles et historiques qui jalonnent ces anciennes voies (faune et flore, maisons et personnages célèbres, croix et monuments, etc.) ; la raison de l’existence du chemin de st-Jacques de Compostelle et son tracé en Belgique afin de comprendre pourquoi « Saint-Jacques » à Fosse.

 

Par nos chemins anciens 2 (2)

A leur suite, René Gabriel, bien connu de tous les lecteurs de La Petite Gazette, présentera le fruit de son inlassable travail de recherche. Sa consultation d’archives et de récits anciens de voyageurs apportera un intéressant éclairage sur l’histoire du ban de Fosse et de nos régions à une époque où les déplacements s’organisaient bien différemment dans nos campagnes. Le livre qu’il vient de publier sur le sujet, à cette occasion, sera disponible sur place.

Une organisation de l’Espace culturel de Trois-Ponts en collaboration avec le « Stâve dès Boûs, Monsieur René Gabriel, le musée de Wanne et Madame Madeleine Gaspar.

Conférence > 3€. Rens. Espace culturel de Trois-Ponts 080/292460 ou 0471/226 883

Exposition >accès gratuit. Rens. Madeleine Gaspar

 

 

LA 106Th U.S. DIVISION A NEUPRE ET AILLEURS…

La Petite Gazette du 24 août 2011

QUELLES ETAIENT LES UNITES AMERICAINES QUI STATIONNAIENT A NEUPRE EN 1944 ?

Il y a quelque temps je vous soumettais la question de Monsieur Philippe Dejasse de Herstal qui aurait souhaité savoir avec précision quelles étaient les troupes américaines qui stationnaient à  l’école catholique à Neupré ainsi qu’au château Englebermont en 1944. Pour vous aider dans votre recherche, Monsieur Dejasse précise que ces troupes étaient là à la mi-décembre.

« D’après mon papa, précise mon correspondant, il y avait alors un hôpital de campagne et l’écusson des soldats aurait été un rond jaune orange cerclé de bleu et présentant, en son centre, une tête de tigre. » Rappelons que si mon correspondant s’intéresse de près à ces troupes c’est parce que, à l’époque, douze de ces hommes ont logé chez ses grands-parents.

Pourrez-vous lui apporter les précisions souhaitées ?

La Petite Gazette du 7 septembre 2011

QUELLES ETAIENT LES UNITES AMERICAINES QUI STATIONNAIENT A NEUPRE EN 1944 ?

Monsieur Philippe Dejasse, de Herstal, qui recherche ces informations, vous indiquait le souvenir de son papa au sujet de l’écusson que portaient ces soldats. Cette indication a suffi à M. Armand F. Collin pour lui apporter bien des renseignements :

« Le badge dont question est celui de la 106th Infantry Division US. Cette division ‘verte’ (n’ayant pas encore connu le feu) venait de se faire étriller dans la Schnee Eifel (près de St-Vith)

Le 17 décembre 44, la région Anthisnes, Hody et alentours fut utilisée comme zone de regroupement et de refonte de cette unité. Les diverses composantes furent réparties dans la région (dans le sens large). Le château de Hody hébergea une unité médicale. Un camp avait été dressé dans les prés le long de la route qui monte vers les Stepennes. Après avoir reçu des renforts, la 106th repartit au front vers le 15 janvier 1945. Des habitants possèdent encore des badges de la 106th. D’autres unités stationnèrent aussi dans la région, notamment le 148th Eng.Bat. »

La Petite Gazette du 14 septembre 2011

LES UNITES AMERICAINES A NEUPRE EN 1944

La question posée par Monsieur Dejasse, de Herstal, vous a conduits à mener quelques recherches :

Monsieur Jean Collin, de Hamoir, tout d’abord précise :

« Si je ne me trompe l’insigne dont parle  M. Dejasse était celui de la  106 ME division d’infanterie   » Golden Lion », il ne s’agissait donc pas d’un tigre mais bien d’une tête de lion sur fond jaune or.

Cette unité  récemment débarquée des USA avait été envoyée vers St-Vith où elle fut réellement décimée par des troupes allemandes aguerries avant d’être envoyée en repos à Plainevaux – Rotheux. »

Monsieur G. Lorquet, d’Abée, est un ancien sous-officier de la police militaire belge et, comme nombre d’entre vous, passionné par l’histoire militaire de nos régions. Il partage l’avis de M. Collin :

« J’ai fouillé ma documentation et me suis référé à l’historien américain des armées Charles B. Mac Donald qui dans son ouvrage « Noël 44, la bataille d’Ardenne » (page 118), ce badge appartenait à la 106e division d’Infanterie que commandait le général de brigade Edward Walter Jones. Cette unité, en raison justement de son badge, était appelée « Golden Lion » ; venant de St-Vith, elle a été engagée, en décembre 1944, au front entre Manderfeld et la trouée de Loshein. »

Un grand merci pour vos recherches.

La Petite Gazette du 5 octobre 2011

A PROPOS DE LA 106TH DIVISION U.S. PRESENTE A NEUPRE EN 1944

Monsieur Michel Pirotton, de Sougné-Remouchamps, apporte de précieux renseignements sur cette unité américaine qui intéresse tant Monsieur Dejasse, de Herstal. Il précise utilement que ces informations ont été puisées dans le livre de Robin Cross Chantecler, Le dernier espoir d’Hitler :

« Il s’agit bien de la 106th Infanterie Division dont voici le badge.

Badge de la 106th division dite « golden lions’ »

Cette division, dont le général major était Alan W. Jones n’avait aucune expérience du combat quand elle monta en ligne le 2 décembre dans la région Schnee Eifel ; elle y subit une lourde perte en hommes. Elle fut ensuite envoyée en renfort à Saint-Vith où le 18 septembre elle dut subir une terrible épreuve contre la 18e Div. de volksgrenadiers qui l’attaqua en quatre endroits, en forme de fer à cheval. Le 19 décembre, ces défenseurs furent soulagés par l’arrivée du 112e régiment d’Infanterie. Le soir du 20 décembre, des groupes d’Allemands avaient enfoncé les lignes américaines et attaqué des postes de commandement. Les américains tentèrent alors d’échapper au pire. La 106e division sortit quasiment décimée par ces combats (elle ne comptait plus alors que 106 hommes) et se retrouva au carrefour de la Baraque de Fraiture où, avec le soutien du 589e Bataillon d’artillerie, elle occupa ce nœud routier. Après plusieurs attaques menées par la 2e Division blindée SS Das Reich, le soir du 22 décembre, les troupes américaines reçurent le renfort de la 87e compagnie blindée ainsi que de deux canons d’assaut motorisés de la Task Force Karre 3e Division blindée. C’est ensuite que la 106th Division fut relevée et mise au repos à Neupré jusqu’aux environs du 15 janvier 1945. »

La Petite Gazette du 26 octobre 2011

DES PRECISIONS UTILES AU SUJET DE LA 106Tth US INFANTERY DIVISION

Monsieur Guy Blockmans lit la Petite Gazette à Bruxelles, il connaît bien notre région car, sa carrière professionnelle à « Wallonie-Bruxelles Tourisme » l’a conduit progressivement à devenir un spécialiste de la Bataille des Ardennes. Il est l’auteur d’une intéressante publication sur le sujet qui conduit le lecteur attentif de villes en villages, de stèles en monuments, de musées en sites ou cimetières militaires rappelant cet épisode essentiel du dernier conflit mondial. Aussi tenait-il à vous faire part de ses commentaires au sujet de cette unité américaine évoquée dans nos colonnes à propos de son passage à Neupré, en 1944 :

« Je me permets de rectifier quelque peu ce qui a été publié ; cette unité n’a pas été décimée, mais ses 422nd et 423rd Infantry Regiments ont été encerclés et faits prisonniers, soit environ 7000 hommes.

En effet, la 106th ID, avec ses 422nd, 423rd et 424th Inf. Reg., ainsi que ses 589, 590, 591 et 592 Field Artillery Battalions, deux Tank Battalions et trois Anti Aircraft Artillery Battalions, plus quelques autres unités telles que Engineer, Reconnaissance, medical… faisant partie du VIIIe Corps avaient reçu l’ordre de relever la 2nd US Infantry Division dans le Schnee Eifel.

La 106th, sur un front de plus ou moins 27 Km, allait occuper une position avancée de défense de Saint-Vith, à partir du 13 décembre 1944. Mais, suite à la progression rapide des troupes allemandes, par le nord et par le sud, la ville de Saint-Vith allait devenir un « saillant américain » dans l’avance allemande. Malgré une résistance acharnée, les 422 et 423 Inf. Reg. Allaient se retrouver coupés de tout ravitaillement et, finalement, encerclés. Les deux régiments se rendirent dans l’après-midi du 19 décembre et furent ainsi faits prisonniers. Quant au 424th Inf. Reg., il continuera à participer à la défense de Saint-Vith. Toutefois, craignant l’encerclement des 20 000 défenseurs du « saillant de Saint-Vith », le 22 décembre, la maréchal Montgomery, commandant le 21 st british Army Group sur le flanc nord, ordonna le repli des troupes sur de nouvelles positions défensives, derrière la rivière Salm.

Les 24, 25 et 26 décembre, les bombardements alliés réduisaient Saint-Vith à l’état de ruines.

 

saint-vith

Une stèle dédiée à la 106th US Infantry Division « Golden Lions » située Kloosterstrasse à Saint-Vith rappelle la bravoure des GI’s »

La Petite Gazette du 30 novembre 2011

A NOUVEAU LA 106TH U.S. DIVISION

Ce n’est pas une surprise pour moi, vous êtes réellement passionnés par l’histoire de l’Offensive des Ardennes et, dans ce domaine également, votre souci de précision est tout simplement remarquable…

Monsieur Fernand Albert, de La Gleize, souhaite revenir sur de récents articles parus à propos de cette division et, notamment, sur une phrase de M. Guy Blockmans qui écrivait qu’après la capture de deux régiments de la division, le troisième, à savoir le 424tt « continuera à participer à la défense de Saint-Vith. » M. Albert pense qu’il serait plus indiqué de dire « participa à la reprise du nœud routier de Saint-Vith » et il explique pourquoi :

« Après la perte de deux de ses régiments dans l’Eifel, la 106e Division d’Infanterie U.S. fut recomposée et sa formation de combat se composa d’éléments disparates, à savoir :

Le 424e Régiment d’Infanterie (le seul appartenant encore à la 106e) renforcé par la compagnie A du 81e génie.

Les 1er et 3e bataillons du 517e Régiment de parachutistes plus la compagnie C du 596e Génie aéroporté, (Le 517e remplace le 112e Régiment d’Infanterie initialement prévu mais déjà en action) commandé par le colonel Graves.

Le 460e bataillon d’artillerie en soutien du 517e P.I.R. (Lieutenant Colonel Cato)

Le 591e bataillon d’artillerie en soutien du 424e R.I. et soutien général.

Deux pelotons des compagnies C et D du 740e bataillon de tanks.

Une compagnie du 643e bataillon de tanks-destroyers ;

Elle est commandée par le général Perrin. Le rôle qu’elle devra jouer dans le secteur de Stavelot est assez limité dans le temps car elle se retirera des combats aussitôt ses objectifs atteints.

Ceux-ci sont les suivants :

Pour le 517e P.I.R. : Franchir l’Amblève à Stavelot et établir une tête de pont.

Le Stockeu et la route du Vieux Château

Bûtai, Vaux-Renard et Lodomez.

Pour le 424e R.I     : Somagne et Hénumont

La vaux, Crête du Faix du Diable, La Coulée, Logbiermé.

Les opérations de ces unités dans le secteur de Stavelot étant trop nombreuses pour être détaillées dans cet article, nous nous contenterons de les résumer très succinctement.

Le 11 janvier, le 517 PIR franchit l’Amblève à Stavelot, établit une tête de pont.

Le 13, la route du Vieux Château et le Stockeu sont nettoyés et l’attaque se poursuit vers La Bergerie, la maison de la Belle Femme, Bûtay, et les lisières sud de Lodomez. La Vaux-renard est dégagée et l’entrée du hameau de Lodomez est atteinte.

Le 15, Refat est atteint, de même que Francheville, puis le château de Houvegné est occupé.

Le 17, les parachutistes atteignent la route de Poteau-Petit-Thier.

Le 424e R.I., qui a relevé le 112e à Wanne, Spineux et Aisomont, attaque vers La Vaux et en direction de Somagne et d’Hénumont. Il reçoit la mission d’investir la colline de Coquaimont pour poursuivre ensuite vers Ennal et R’méster.

L’attaque d’Ennal débute à l’aube du 15 et se poursuit toute la journée. Ce régiment ayant échoué devant Hénumont et à La Coulée, l’Etat-Major de la 106e fait intervenir le 517 P.I.R.

Son 1er bataillon investit Hénumont puis prend la direction de Logbiermé via La Bouhaye et Hoppont. Le village de Logniermé est le théâtre de violents combats. Après la conquête du village, la progression se poursuit le 16 janvier vers la région de Poteau et de Recht.

Lodomez tombe également aux mains des parachutistes qui poursuivent leur progression vers Beaumont.

Le 18 janvier, la 106e Division, qui a atteint ses objectifs est retirée des opérations.

Le 424e régiment part en repos à Trois-Ponts et Stavelot tandis que le 517e R.I.P., rattaché à la 30e Division d’Infanterie, reste sur ses positions et supporte l’offensive de la 75e D.I. pour, finalement, rattachée à la 82e division aéroportée, revenir au bivouac à Stavelot. »

Mon correspondant précise qu’il puise ces renseignements dans l’ouvrage de Serge Fontaine (+), La contre-attaque américaine dans la région de Stavelot, Trois-Ponts et Wanne en janvier 1945.

LA TRAITE DES VACHES A LA MAIN

La Petite Gazette du 14 janvier 2009

QUAND TRAIRE SE FAISAIT A LA MAIN… UN RAPPORT PUISSANT ENTRE L’HOMME ET LA BÊTE.

Madame Viviane Bultot, de Dolembreux, évoque pour nous un geste ancestral qui permit de nourrir des générations entières…

«Chaque vache possède un prénom (Mignonne, Charmante…), se reconnaît, reprend sa place à l’étable (Allez comprendre comment ?). Chaque troupeau a un chef qui, à chaque déplacement, prend la tête.

Il y a 50 ans, la plupart des fermiers ne possédaient pas de machine à traire, tout se faisait à la main. A cette époque, la plus grande partie des fermes ne comptaient que 7 ou 8 vaches et étaient déjà considérées « riches » ! Très souvent, elles tournaient aux bons soins de la fermière, le fermier travaillait, en complément, comme salarié. Il était maçon, cantonnier, bûcheron…

Il appartenait à la fermière d’assumer le quotidien tout en élevant, très souvent, une grosse famille. Elles n’étaient pas rares les familles de 4 à 8 enfants ! La vie était très rude, parfois abrutissante, en raison de la charge de travail trop élevée pour une seule personne… mais c’était une vie saine.

Les traites étaient réalisées, comme à l’heure actuelle, deux fois par jour. Dès l’aube, la fermière s’en allait avec son chien, en poussant une charrette divisée en trois ou quatre parties pour y placer les cruches à lait, le seau et le passêt, petit tabouret court sur trois pieds.

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 Jean-Pol Bultot, (le frère de ma correspondante) et les chiens Camelle et …

 

Il fallait compter de 15 à 30 minutes par vache suivant ce que la bête donnait. Je me souviens d’une vache (Brunette) qui donnait 32 litres de lait en deux traites, elle faisait la fierté de la ferme. La technique consistait à tirer sur la mamelle tout en exerçant une pression. Le jet était parfois très puissant, le bon lait arrivait en moussant dans le fond du seau. Deux mamelles étaient vidées en même temps, dans un joli chassé-croisé. Personnellement, je n’y suis jamais arrivée – ne riez pas ! – c’était un art ! il fallait beaucoup de force dans les mains et de l’expérience. Bravo, je rends ici hommage à toutes ces femmes et à ces hommes qui ne baissaient jamais les bras.

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Gislaine Jardon, épouse Bultot, de Nadrin (La maman de ma correspondante) et la fameuse Brunette

De retour à la ferme, le lait était versé dans l’écrémeuse qui séparait la crème du petit lait. J’ai encore connu l’écrémeuse à la main ; la démarrer était pénible, un véritable tour de force. Une fois lancée, on s’y relayait avec mes frères.

Toute petite, je me rappelle être descendue, avec la charrette à lait et ma grand-mère, à la laiterie du village. Cette laiterie était mise à la disposition de tous les petits fermiers qui ne possédaient pas encore d’écrémeuse. Inutile de vous dire, mais vous pouvez l’imaginer, comment tous les petits potins pouvaient rapidement circuler…

Dans mon souvenir, le laitier passait, deux fois par semaine, ramasser la crème et il apportait le solde « la quinzaine » deux fois par mois. Ah ! cette bonne crème qui nous servait à tout et surtout dans la bonne  trulèye. »

La Petite Gazette du 12 février 2009

DES SOUVENIRS DE LA VIE A LA FERME

Mademoiselle H. Dumont, de La Gleize, a pris du plaisir à lire les souvenirs de Mme Viviane Bultot. A son tour, elle se souvient :

« Avant la guerre, mes parents aussi avaient une petite ferme. Mes deux sœurs et moi, nous avons appris à traire les vaches. Etait-ce par plaisir… ou pour aider nos parents selon la nécessité ? Les deux probablement !

Nous avions une vache appelée « la bleue », vu son pelage gris bleuté parmi les autres « pie-noire ». Parfois, la Bleue ne donnait presque pas de lait. Pourquoi ? Eh bien, je l’ai vue un jour se traire elle-même ! Elle bombait un peu le dos, soulevait une patte de devant, passait sa tête sous le ventre pour se téter… se traire elle-même. Nous ne l’avons pas gardée. Elle était bonne pour la boucherie !

Une autre fois, ma jeune sœur et moi, pour nous amuser, avons voulu traire la même vache : une bien brave bête sans aucune malice. Nous nous sommes installées sur nos petits « passèts », une de chaque côté de la vache pour la traire. Imaginez la scène… Pauvre bête tiraillée à gauche et à droite par des mains malhabiles ! Nous avions peut-être 7 et 9 ans. La vache a bombé le dos, très lentement ; elle a soulevé ses pattes de derrière et, d’un bond, elle est passée au-dessus de nous, sans nous toucher, sans renverser nos seaux. Nous nous sommes retrouvées face à face, en riant probablement. »

Bientôt d’autres souvenirs de Mlle Dumont que nous remercions de nous ouvrir sa mémoire.

La Petite Gazette du 18 février 2009

ENCORE EN MARGE DE LA TRAITE A LA MAIN

Mademoiselle H. Dumont, de La Gleize, nous a déjà gratifiés de quelques souvenirs liés à l’évocation dans la Petite Gazette de la traite manuelle des vaches. En voici encore un, qui nous conduit en juillet 1940.

« Ma sœur aînée avait contracté la fièvre typhoïde ; donc, au village, nous étions mis « en quarantaine » à cause de la contagion. Nous avons été vaccinés et le docteur nous avait dit que nous aurions, peut-être, des réactions désagréables. Qu’importe, il fallait bien y passer !

En effet, le lendemain après-midi, nos parents ont dû retourner au lit ; ils étaient fiévreux, malades, sans appétit, sans force, au point de ne pouvoir traire les vaches en fin de journée. C’est ma jeune sœur et moi qui avons pris la relève. Le vaccin ne nous avait pas provoqué d’effets désagréables… Nous sommes allées rechercher le troupeau à l’autre bout du village pour ramener les bêtes dans la cour de la ferme et nous mettre à traire

Il faisait très chaud, les mouches étaient piquantes, les vaches étaient très agitées et elles levaient souvent la patte ! Nous avons reçu combien de coups de queue ! A 12 et 14 ans, traire les vaches dans ces conditions a dépassé nos possibilités.

Les vaches ont « retenu leur lait » ; elles nous ont donné à peine la moitié d’une traite normale. Je me souviens avoir pleuré en trayant… Après ce travail, disons « bâclé », ce n’était pas fini… Il fallait d’abord reconduire les bêtes en pâture ! Un voisin, qui avait sans doute pitié de nous, nous a gentiment proposé de les mettre, dans son pré, juste à côté de notre ferme, jusqu’au lendemain quand nos parents seraient de nouveau sur pied. Merci cher voisin ! »

Vous aussi vous pouvez nous transmettre vos souvenirs liés à ces gestes d’hier ; il serait malheureux qu’ils sombrent dans l’oubli le plus total… Il n’y a pas que la traite manuelle, vous pouvez nous parler de ce temps où l’eau ne coulait pas de robinets si nombreux aujourd’hui dans nos maisons et qui donnait une importance étonnante au bain hebdomadaire dans la tine en galvanisé. Vous pouvez également évoquer les souvenirs des conserves familiales avant l’avènement des congélateurs ou des supermarchés du surgelé. Si vous y pensez un peu, vous trouverez bien d’autres domaines, souvent strictement domestiques, qui ont connu bien des bouleversements grâce aux innovations techniques, ne citons que la lessive pour illustrer notre propos.

Je compte sur vous pour faire revivre dans les colonnes de la Petite Gazette ces gestes quotidiens si communs il y a seulement deux générations et qui apparaissent, aujourd’hui et à juste titre, comme appartenant à des temps à jamais révolus. N’oubliez pas d’illustrer vos propos, si cela est possible, de photographies ou d’autres documents. Aidez-moi à voyager dans le quotidien de nos parents et grands-parents.

La Petite Gazette du 11 mars 2009

UNE VACHE EXCEPTIONNELLE

Monsieur Joseph Gavroye, de Soumagne, se souvient d’une vache vraiment   exceptionnelle :

« L’évocation de la traite à la main dans les colonnes d’une récente Petite Gazette a remémoré chez moi quelques souvenirs lointains. En effet, ce que je vais vous conter s’est passé dans les années 1930 lorsque mes parents avaient pris en location une ferme de 13 hectares à Regné. Papa étant plutôt cultivateur, c’était à maman, aidée par ses filles, à s’occuper du petit troupeau de six à sept vaches.

Parmi ces dernières, l’une sortait quelque peu de l’ordinaire. Elle était de bonne conformité, mais jamais saillie par des taureaux de race, elle avait toujours des veaux de qualité (genre cul de poulain). Son rendement en lait était exceptionnel et elle était très facile à traire.

La bête, de race « noir et blanc » avait un petit défaut, elle boitillait légèrement d’un pied (accident ou malformation). A cause de cela, on lui avait attribué le nom de « Chalèe », en bon patois de haute Ardenne : « boiteuse ». Lorsqu’elle se trouvait en prairie, il suffisait de l’inviter par ce nom pour qu’elle obtempère promptement à l’appel. Vu son comportement, elle avait la sympathie de tout le monde.

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La brave Chalèe, à Regné, dans les années 1930

 

La « Chalèe » fera partie du troupeau pendant de longues années. Ses descendants seront du même acabit.

Personnellement, à 17 ans, je m’engagerai dans la traite manuelle des vaches quoique la chose ne  m’enchantât pas trop. La seule de mes sœurs restant dans l’exploitation me facilitait la tâche en me confiant les laitières les plus douces.

En 1953, lorsque je quittai la profession pour engager mon avenir dans un autre domaine, je découvris un matin, en entrant dans l’étable, une vache vêlée depuis deux jours morte probablement à cause d’une trop forte abondance de lait (tétanie ou fièvre de lait). C’était une descendante de la vieille « Chalèe », son nom était « Djolèe » (jolie) ; perte sèche car aucune indemnisation n’était prévue, mais aussi, un peu, perte sentimentale. »

La Petite Gazette du 25 mars 2009

SOUVENIRS DE LA TRAITE A LA MAIN…

Le geste ancestral de la traite à la main a fait ressurgir bien des souvenirs … chez les lectrices surtout. Pour bucoliques que soient ces réminiscences du passé, elles n’ont pas laissé que des souvenirs heureux…

Mme S. Kaye, de Marche-en-Famenne,  réagit : « A mon humble avis, je pense qu’elles sont rares les personnes qui, aujourd’hui, pensent que la belle époque a vraiment existé…

Comme cadeau, à 18 ans, chaque matin à 7 heures et, plus tard, vers 17h30, deux vaches à traire, les plus jolies de la série de sept, Rosette et Rosalie. Samedi et dimanche, repos dominical … Cinq jours pour ma mère, c’était assez ! Le week-end, c’était mon père !

Le matin, c’étaient les gouttes de lait tombant dans le seau qui me réveillaient ; le soir, elles m’endormaient.

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Le Doyard, Gros Chêne, par Havelange

 

Vieux foulard sur les cheveux, déchets de corde pour lier la queue, vieux seau lavé en fer… Les plus joyeux, c’étaient les chats qui attendaient que le seau soit rempli de lait. Leurs manies déplaisaient à ma mère.

Ayant passé la semaine, parfum de lait et soir de Paris, j’étais contente de trouver un tuyau d’arrosage et une vieille bassine dans laquelle les vaches buvaient. Savon Sunlight à volonté. L’été cette pratique était plus régulière et l’eau se troublait, le bétail ressentit un petit malaise. Mon père vida la bassine et y remit de l’eau propre. L’hiver, la bassine devenait ma patinoire…

Dj’in veu c’on sôre, motte lès vatchs al min, lès bèrbis ôssi, po avou bon lèssè ! boûrre èt cras stoffè à volonté.

 La Petite Gazette du 1er avril 2009

LA TRAITE DES VACHES A LA MAIN…

Les souvenirs se bousculent en pagaille, certains quelque peu amers d’autres franchement amusants…

Ceux de Mme Maria Lambotte sont plutôt à ranger dans la seconde catégorie :

«J’ai pris bien du plaisir à lire les souvenirs de la vie à la ferme. Et si, naguère, le fossé était plus creusé entre les campagnards et les gens de la ville, la petite paysanne en dessous de ses vaches fait encore rire aujourd’hui. Jugez plutôt.

Un jour, je suis amenée à consulter un rhumatologue qui m’interroge pour établir mon dossier.

Avez-vous déjà été opérée ? 

– Oui, pour une fracture du plateau tibial, on a posé une tige et deux vis.

– Vous aviez fait une chute ?

– Non, c’est suite à un coup de pied de vache !

 Oh ! oh ! fait le médecin étonné, mais je ne m’étends pas là-dessus, les médecins sont pressés.

– Puis une fracture de l’humérus ou j’ai eu des broches, mais cela c’était plus conséquent.

Et le docteur, amusé : « Oh oui, c’était le taureau… »

Mais revenons à la ferme de mes parents, où on finissait la traite par la petite étable. Maman trayait déjà et n’avait pas éclairé. Je ne pris pas non plus la peine d’allumer bien qu’il fasse sombre. Je pose mon passet et m’installe avec mon seau sous la première vache. Au moment de saisir le pis, mes mains tombent dans le vide et, sans réfléchir, je veux le saisir plus haut. C’est alors que mon sang se glaça dans mes veines parce que je m’aperçus, horrifiée, que j’étais bel et bien assise avec mon seau en dessous du taureau ! La peur au ventre, je me suis faite toute petite et très discrète pour me sortir de cette fâcheuse position. Aucune réaction de l’animal, peut-être dormait-il ? L’explication de ma méprise me vint par la suite : Papa, pendant la journée, avait changé les bêtes de place !

En conclusion : le tibia en trayant, l’humérus en fanant et le taureau qui aurait pu être très méchant et après tot çoulà, on vik’ co ! »

La Petite Gazette du 8 avril 2009

LES TRAVAUX DE LA FERME ET LA TRAITE

Madame Françoise Schröder-Closjans, de Louveigné, nous conte, à son tour, ses souvenirs à la ferme :

« Chez mes parents, les travaux de la fenaison se faisaient en commun avec un frère de maman. Celui-ci possédait une faucheuse tirée par deux chevaux, papa ouvrait le passage en fauchant une batte à la main le long des clôtures. A midi, pour ne pas perdre de temps à dételer les chevaux, mon oncle mangeait dans la prairie. Maman préparait un paquet de tartines emballées dans du papier parchemin, un thermo de café et des tasses, elle déposait le tout dans un panier en osier que nous portions, mon frère et moi, avec la permission de partager le repas de mon oncle. Déjeuner sur l’herbe, c’était bien agréable ! Pendant ce temps, les chevaux se reposaient en mangeant l’avoine dans leur musette.

005 Ferme de Colonheid Fraipont, 1950.

En 1945, le frère de maman cessait son activité et papa a acheté une Jeep et du matériel plus moderne.

A l’âge de 7 ans, j’ai appris à traire, d’abord une vache, ensuite plusieurs. Papa m’avait fabriqué un petit passet et maman m’avait acheté un seau de 15 litres en fer étamé. Pendant les vacances, mon frère et moi, nous aidions nos parents pour la traite et nous trouvions cela tout à fait normal. »

006

Ferme de Colonheid 1950. C’est mon beau-frère qui trait, à côté de lui un petit voisin. Derrière la vache, une de mes belles-sœurs avec l’aîné des petits enfants.

LE POU DU CIEL A MARCHE-EN-FAMENNE

La Petite Gazette du 2 février 2011

LE POU DU CIEL A MARCHE

Monsieur Jean-Claude Michel, secrétaire de l’Harmonie communale de Marche, aimerait être renseigné sur l’origine du site du ‘’Pou du Ciel’’, actuellement Tour de la Famenne. Il a, m’écrit-il, reçu une explication – celle d’un petit avion –  mais il aimerait, bien sûr, en savoir davantage. Voudrez-vous bien le renseigner ? D’avance un grand merci.

La Petite Gazette du 16 février 2011

LE POU DU CIEL…

« Tout a démarré, nous explique un précieux et régulier correspondant de nos colonnes, Monsieur Francis Roufosse, avec Monsieur Albert de Haan, né à Schaerbeek le 13 février 1916.
Pourvu d’un solide esprit d’entreprise, cet homme dynamique va venir s’installer en Famenne et construire dans les années 50, sur la route de Namur à 3km de Marche, un café-restaurant-motel « Le Pou du Ciel » (avec plaine de jeux, mini-zoo et… la première piscine de la région !).
Il va baptiser son établissement du nom d’un curieux petit avion monoplace qu’il a construit de ses propres mains, d’après les plans d’un français passionné d’aéronautique : Henri Mignet. Ce dernier avait d’ailleurs largement diffusé dans les revues spécialisées les plans « pour permettre à un bricoleur moyennement doué de construire lui-même son propre Pou du Ciel, dans un esprit de simplicité, de sécurité et de faible coût ! ». Celui d’Albert de Haan était un modèle HM-290 dessiné par Mignet en 1946.

Mignet

 

Avec son fuselage minimum, le Pou du ciel possédait deux ailes décalées en tandem et de faible allongement ; le manche à balai (unique commande) faisait osciller l’aile avant dans son ensemble ; l’engin était d’ailleurs qualifié d’« aéronef sans queue, à aile vivante ».

Si j’ai bonne mémoire, un article, signé Jean Englebert avec photo d’un certain Monsieur Jules Delvaux de Barvaux, parlait déjà du « Pou du Ciel » de Marche ; il était paru dans les Annonces de l’Ourthe fin 2003 (avec la double photo ci-dessous).

pou_du_cielToujours dans le même esprit, signalons qu’Albert de Haan avait déposé le 20 juin 1951 auprès du Ministère des Communications, une autorisation d’exploitation d’un aérodrome particulier à  Aye-lez-Marche, en bordure de la route Namur-Marche. Sa destination était pour l’usage particulier de l’exploitant et de ses invités. La piste ferait 600m x 40m et serait orientée S-O – N-E. D’après le texte, on y notera que « l’herbe ne pouvait y dépasser à aucun moment 10 cm de hauteur ; un cercle blanc de 10m de rayon devait être tracé au centre de la piste ; les vols acrobatiques ne pourraient s’effectuer que dans un ciel absolument libre d’aéronefs et à plus de 600m de hauteur ; un manche à air serait placé à un endroit dégagé et visible du sol… En aucune manière l’aérodrome ne pourrait être ouvert à la circulation aérienne internationale (!). Les atterrissages forcés venant de l’étranger devraient être signalés immédiatement aux autorités compétentes… etc. ».

Signalons encore qu’on devait à Monsieur de Haan la « Tour de la Famenne », construite sur la N4 dans les années 70 ainsi que le dancing «Las Vegas », le long de l’ancienne nationale 4.
C’est d’ailleurs là qu’il est décédé le 17 décembre 2004. »

Madame Myriam Dossogne-Maréchal, de Aye, confirme ce qui précède, précise que l’article paru l’a été le 19 mai 2005 alors qu’elle préparait un voyage à Malte et qu’elle avait eu son attention attirée par ce qu’elle lisait dans le guide « Le routard » de Malte, 2004-2005 à propos d’un musée de l’Aviation qu’elle se proposait de visiter à La Valette : »Le clou du musée, c’est ce Spitfire de la Royal Air Force qui veillait sur le ciel maltais pendant la Seconde Guerre mondiale, en compagnie du fameux Hurricane.  Plus comique cette fois, le « Pou du ciel », un petit aéroplane amateur construit par un allumé français, Henri Mignat (orthographe différente ici), et qui volait avec un moteur de 2 CV. »Cette tour qui se voit de bien loin nous annonce que la dynamique ville de Marche n’est plus bien loin.  Maintenant, pourquoi une tour restaurant?  Je présume que ce Monsieur de Haan, fou d’aviation, ne pouvait que construire une tour qui s’élève dans le ciel, à l’image de son petit avion qui osait défier certaines lois physiques… » Merci pour vos renseignements précis et vos avis. La semaine prochaine, nous découvrirons d’autres documents liés à ce « Pou du ciel ».

La Petite Gazette du 9 mars 2011

ENCORE LE POU DU CIEL

Monsieur Prignon, de Hotton, a des souvenirs très précis de ce pou du ciel :

« Le nom de l’établissement installé le long de la N4 à Marche vient évidemment du petit avion inventé par l’ingénieur français Henri Mignet et appelé « Pou-du-ciel » en raison de sa petite taille (L. 3,50 m. Envergure : 6m ; Poids 140 kg) ; on pouvait facilement le tracter, ailes repliées, avec une moto.

Mon correspondant a pensé à joindre ce schéma qui nous permet effectivement de bien nous rendre compte de la simplicité de l’engin.

001

Le propriétaire de l’établissement, dont il est question, en possédait un et avait donné à son restaurant le nom de l’avion. Une piste d’atterrissage avait été aménagée à l’arrière du bâtiment.

Henri Mignet voulait que l’aviation soit à la portée de tous ; c’est pourquoi il avait conçu et mis au point cet avion, dont on pouvait acheter les plans et que l’on construisait dans son atelier à moindres frais.

Beaucoup d’exemplaires ont vu le jour. On en construit encore aujourd’hui mais en carbone et avec des moteurs plus performants.

Dans les années 1950, lorsque j’étais à l’école gardienne chez les sœurs, à l’école libre du village de Soy, je me souviens avoir vu plusieurs fois passer, très bas et venant de Marche, ce petit avion qui survolait l’école puis atterrissait dans les champs. Il était assez souvent en panne de moteur !

Après l’école, nous courions pour aller le voir de plus près. C’était celui du propriétaire de cet établissement de la N4. »

Monsieur Charles Gillet, de Liège, m’apporte quant à lui une très intéressante information à propos du moteur qui équipait ces petits avions, inventés par Henri Mignet avant 1930. « Certains de ces avions, m’écrit-il, étaient équipés d’un moteur Saroléa – oui, Saroléa fabriquait également des moteurs d’avion ! »

Je suis persuadé que nous en reparlerons…

La Petite Gazette du 23 mars 2011

LE POU DU CIEL

Quand il est question de moteurs de motos liégeoises, Monsieur Jean-Pierre Beaufays a toujours des choses à nous apprendre. Cette fois encore, il ne rate pas l’occasion de nous apporter de précieux renseignements :

« Pour faire suite à ce que vous a écrit mon ami Charles Gillet concernant les moteurs Saroléa ayant équipé certains de ces petits avions, je vous parlerai du lieutenant Robert Fabry qui, dès 1929, avait monté un moteur monocylindrique Gillet 500cc à culbuteurs sur une avionnette légère et avait à son bord effectué plusieurs vols de test.

Il avait également par la suite équipé cet appareil d’un moteur FN 4 cylindres de 750 cc du type M50.

Trop lourd et trop peu puissant, ce moteur ne lui a jamais permis de faire décoller l’appareil.

Je lui ai racheté ce moteur peu avant son décès dans les années 70. Il équipe maintenant une moto FN.

Une de mes connaissances, Monsieur Victor Collard, de Neupré, décédé il y a environ 2 ans, avait également construit peu après la guerre un pou du ciel suivant la licence Mignet mais quelque peu modifié par ses soins notamment en ce qui concerne les commandes.

Il l’avait équipé d’un moteur français Salmson à 5 cylindres en étoile. Il a effectué quelques vols à son bord et le film de ses « exploits » est passé à la télévision il y a quelques années. Cet avion existe toujours entre les mains d’un collectionneur.

je devrais être sous peu à même de vous en adresser des photos.

En attendant, je vous envoie une photo de l’avion à moteur Gillet du Colonel (grade auquel il a terminé sa carrière) Fabry ainsi que celle d’un moteur d’avion Saroléa.

A noter que ces moteurs Saroléa « aviation » étaient tous des bicylindres à plat à culbuteurs de cylindrées de 900, 1000 et 1100 cc , les différents modèles produits portant les noms évocateurs d’ Epervier, Vautour, Albatros et Aigle. »

Comme d’habitude, c’est absolument passionnant ; merci beaucoup.

Monsieur Michel Guillaume, de Stoumont, a lui aussi connu l’avion de Monsieur Collard; il a l’amabilité de nous en parler :

« J’ai connu dans le début des années 1960, un certain Monsieur Victor Collard qui habitait à Neuville-en-Condroz et qui possédait ce type d’appareil.

Monsieur Victor Collard exerçait la profession de contremaître à Cockerill-Ougrée Providence.

J’ai eu l’occasion de voir ce petit avion à Neuville-en-Condroz.

Il était équipé d’un moteur de 8 cylindres en étoile et il le tractait avec sa moto munie d’une boule de remorquage; les ailes étaient repliées bien sûr, la moto, je me souviens était une “lion rapide”  les garde-boue et  les roues de l’avion étaient ceux d’une Vespa.

Ce monsieur avait fait la guerre de 40-45 dans l’aviation, enfin c’est ce qu’il disait. »

La Petite Gazette du 6 avril 2011

CE MERVEILLEUX POU DU CIEL

Monsieur Alexandre Steenebrugen, de Warre-Tohogne, a vu le pou du ciel en construction…

« A travers mon beau-père, j’ai bien connu ce monsieur Victor Collard évoqué dernièrement dans La Petite Gazette. Dans les dernières années de la Seconde Guerre Mondiale, mon beau-père et lui s’étaient engagés à la Royal Air Force et, comme dit l’adage, étaient devenus copains comme cochons. Mon beau-père a gardé toute sa vie son livret militaire de la R.A.F. avec quelques photos où l’on pouvait voir ces deux joyeux lurons, fiers et fringants, dans leurs uniformes et portant le calot réglementaire de l’époque. Il faut toutefois savoir qu’ils n’étaient aucun des deux pilotes mais qu’ils travaillaient au sol.

J’ai pu voir l’avion construit par Victor Collard, il était au stade de la finition et Victor nous fit le récit de son ouvrage. Je peux dès lors confirmer les dires de M. Jean-Pierre Beaufays, il s’agissait bien d’un moteur en étoile qu’il avait fait venir de France. Quant aux commandes de l’appareil, ce qui me frappa le plus c’était le manche à balai, un tube montant du plancher et qui se terminait par une boucle fermée légèrement ovoïde. Mis à part l’absence du bouton de tir, c’était presque la réplique exacte du manche du fameux « Spitfire  anglais ». Pour fabriquer ce pou, il avait employé assez bien de bois très léger, du balsa.

Pour l’anecdote finale, cet avion fut construit dans le grenier de Victor. C’est là que je l’ai vu et, quand mon beau-père lui posa la question : « Comment vas-tu le sortir ? », Victor répondit : « S’il le faut, on démontera le toit ! ». Je n’ai jamais su s’il blaguait ou non… »

La Petite Gazette du 4 mai 2011

POU DU CIEL ET VICTOR COLLARD

Monsieur Jean-Pierre Beaufays nous confie souvenirs et jolie photo à propos de Victor Collard, présenté ici de la façon la plus sympathique qui soit.

Victor Collard 

 « Victor Collard est photographié auprès de sa célèbre moto Lion Rapide de 1951.

La firme Lion Rapide d’Alost construisit des motos de 1923 à 1957. Sa production comprenait essentiellement des machines à moteurs 2 temps Villiers ou JLO de faible cylindrée.

Le modèle que possédait Victor, dénommé type « Sport » faisait exception car il était équipé d’un moteur FN type XIII de 350 cc à culbuteurs.

Très bien entretenue par son propriétaire, cette moto était demeurée dans un très bel état d’origine.

Notre ami Victor, qui n’en était pas à une exagération près, affirmait volontiers avoir parcouru plus d’un million de kilomètres à son guidon. Je pense; pour ma part, qu’il y avait un zéro de trop dans ce nombre…

Victor était un personnage très attachant et haut en couleurs qui aimait énoncer des théories toutes personnelles. Il disait par exemple que les végétaux se déplaçaient très lentement et qu’un arbre pouvait se mouvoir de plusieurs mètres durant son existence. C’est pourquoi il disait dangereux d’en planter le long des routes. »

La sœur de Victor Collard, Madame Jeannine Collard, de Nandrin, a fait parvenir à La Petite Gazette diverses photographies de son frère et de son Pou du ciel, dont celle-ci

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Et celle-ci qui montre bien comment Victor Collard déplaçait son petit avion. Sa sœur me précise qu’il a mis deux ans pour le construire en suivant les plans d’Henri Mignet.

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La Petite Gazette du 8 juin 2011

LE POU DU CIEL

Monsieur Charles Gillet, d’Angleur, nous apporte maintenant une foule d’informations passionnantes pour faire le lien entre la firme Saroléa et le « pou du ciel » dont nous avons largement parlé dans La Petite Gazette.

« Après la première guerre mondiale qui avait été plus que meurtrière, suivie immédiatement après d’une terrible épidémie (la « grippe espagnole ») qui fit plus de morts que la « Grande Guerre » car elle s’est attaquée à une population affaiblie par les privations, le monde n’avait qu’une seule idée : vivre et profiter de la vie. La classe ouvrière avait obtenu des avantages vu ses sacrifices et une ère nouvelle s’ouvrait. La « Der des Der » était passée et le progrès semblait s’ouvrir à tous.

Parmi ces progrès, l’aviation qui avait vraiment vu le jour durant le conflit. De « saut de puce » l’on était passé aux vrais avions. D’intrépides aventuriers s’élançaient au-dessus des océans et des continents et généraient un enthousiasme que l’on ne peut imaginer aujourd’hui.

Je ne cite qu’un exemple : avez-vous déjà vu ou revu ce film d’époque de l’arrivée de Lindberg au Bourget… C’est hallucinant de voir toute cette foule enthousiaste, que dis-je cette marée humaine impensable aujourd’hui à nos yeux blasés par tant (trop !) de technologie.

Bref, c’était les « années folles » et l’aviation faisait des progrès énormes (un peu comme aujourd’hui avec l’informatique, ce qui est neuf aujourd’hui est périmé demain !).

C’est à cette époque qu’un Français, Henri Mignet, voulut placer l’avion à la portée de tous. En 1928, il écrivit un livre « Comment j’ai construit mon avionnette » qui connut un immense succès car il décrivait par le détail (plans compris) comment la réaliser chez soi. Un simple bricoleur pouvait y arriver sans problème et, muni d’un moteur soit de moto soit prévu pour, s’envoler et parcourir les cieux. Heureux temps où la législation n’existait pas et le ciel presque vide !

Il faut tout de même préciser que ces avionnettes n’étaient prévues que pour le seul pilote. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre qu’un essai pour deux personnes verra le jour.

L’aviation populaire était en marche et dans les mêmes années, un jeune homme terminait ses études d’ingénieur à Liège. Il s’agissait de Nicolas Lempereur.

Nous avons bien connu cet homme au caractère bien trempé et à la voix forte. Réaliste et visionnaire, au sortir de ses études, il entre chez SAROLEA, le grand constructeur de motos belges établi à Herstal. Là, il dessine simplement au bureau d’études, mais les motos ne le passionne pas et comme l’aviation est sur toutes les lèvres, il dessine un moteur d’avion, un bicylindre à plat, type « boxer » de 1000cc… et le laisse dans ses cartons.

Mais la grande crise survient, la vente des motos chute et le directeur, Martin Fagard, un homme au caractère bien trempé lui-aussi, se souvient des plans de notre jeune ingénieur. Une diversification de l’entreprise ne pouvait être mauvaise et voilà comment SAROLEA se mit à construire des (petits) moteurs d’avion. Certes, tout était à faire et à tester.

Pour ce faire, l’on fabriqua une petite table roulante avec des tubes afin d’y placer des manettes de commande de motos. Des spécialistes en électricité, en huile et en carburation furent requis. En effet, en aéronautique les magnétos sont spéciales, dites « à rattrapage » afin d’avoir une meilleure étincelle, l’allumage doit être doublé (2 bougies par cylindre pour éviter les pannes), le refroidissement conséquent et la carburation parfaite en toutes positions.

Bref, en octobre 1934, sur le toit de l’usine SAROLEA à Herstal, la table d’essai était installée et le premier moteur testé.

004« Sur le toit de l’usine Sarolea, rue Saint-Lambert. De gauche à droite : Louis de Lamine (représentant la société de lubrifiant), Willy Chantraine (ouvrier monteur de l’usine), Nicolas Lempereur (ingénieur concepteur) et « John » Conrad (représentant des carburateurs Amal)

Il s’agissait d’un moteur type « Boxer » (deux cylindres à plats opposés) d’une cylindrée de 916cc (80,5×90), avec des cylindres en alliage spécial d’aluminium, qui délivrait une puissance de 27CV à 2750 t/m, avec graissage dans le carter, et qui répondait au joli nom « d’EPERVIER ».

Le moteur « tourna » durant 1000 heures sans interruption (je ne connais pas les réactions des voisins !) puis fut démonté pour inspection. Tout était parfait et la série pouvait commencer.

Pour avoir un moteur plus puissant, on porta l’alésage à 88m/m, ce qui en fit un 1100cc d’une puissance de 32CV et son nom devint « Le VAUTOUR ».

Ces deux moteurs « lancèrent » vraiment SAROLEA dans le monde de l’aéronautique privée. Leur vente fut un succès et bien que prévus initialement pour le « Pou du Ciel » (Henri Mignet lui-même équipa son « Pou du Ciel » d’un moteur SAROLEA) ils ne tardèrent pas à équiper également des petits avions « Typsy » qui étaient en quelque sorte des petits avions de reconnaissance monoplace.

005 « 1935 : Henri Mignet devant son Pou du Ciel et Nicolas Lempereur à côté d’un avion Autogyre »

Sûr de son succès, Nicolas Lempereur dessina un 3° moteur identique en cylindrée et en puissance au « Vautour » mais équipé d’un carter sec ce qui permettait une meilleure répartition dans le nez de l’avion et permettait une réserve d’huile plus grande sans entraver l’encombrement du moteur et en allégeant celui-ci (43Kg). Ce modèle porta le nom « d’ALBATROS ».

Mais l’infatigable ingénieur planchait déjà sur un 4° moteur, plus puissant, dénommé « L’AIGLE » qui devait donner plus de vitesse de rotation à l’hélice puisque le moyeu de celle-ci était placé sur un pignon réducteur alors que dans les trois précédents moteurs le moyeu d’hélice était monté directement sur le vilebrequin.

006 Publicité Sarolea avec vue d’une avion Typsy »

Les qualités de ces moteurs, unanimement reconnues, attirèrent l’attention de l’Etat Major de l’armée polonaise. Après bien des péripéties il fut passé commande à la firme SAROLEA de plus de 80 moteurs du type « Albatros » pour équiper des petits avions de reconnaissance. La livraison s’effectua par chemin de fer en gare de Varsovie en août 39. Quelques jours plus tard ils furent détruits dans le bombardement qui détruisit ce nœud ferroviaire important.

La guerre mit donc fin à cette belle  aventure aéronautique privée.

Je connais quelques rares collectionneurs qui possèdent encore soit un moteur soit une partie de celui-ci, mais cela est rare, et je reste à leur disposition.

Nicolas Lempereur, infatigable chercheur, fut aussi un pionnier dans la fabrication de matériaux pour l’industrie, les fameuses « plaquettes métalliques » qui équipèrent moult outils de coupe.

Une dernière anecdote pour situer l’homme : lorsque je lui posais la question de savoir combien de moteurs d’avion SAROLEA avaient été fabriqués (tous types confondus), il me répondit « environ 150 ». Oh, lui dis-je, ce n’est pas beaucoup ! Malencontreuse parole car il s’emporta aussitôt pour me répondre « Et bien, vous trouvez que faire voler 150 avions ce n’est pas beaucoup » suivi d’une tirade de jurons !

Voilà, une « tranche de vie liégeoise » de notre industrie motocycliste, qui à l’époque, était à la pointe du progrès et vitrine du savoir-faire de nos parents. »

Un immense merci pour nous avoir fait bénéficier des fruits de cette passionnante recherche. Quelle chance a La Petite Gazette de compter sur pareils collaborateurs.

LES GUES SUR L’OURTHE SOUS LE REGIME HOLLANDAIS

La Petite Gazette du 7 janvier 2015

POUR TRAVERSER L’OURTHE SOUS LE REGIME HOLLANDAIS : LES GUÉS

Monsieur René Gabriel, de Roanne-Coo, est, vous le savez, un infatigable chercheur. Il aime à étudier les archives et à en extraire tout ce qui permet de mieux comprendre notre passé régional. Des archives des Ponts et Chaussées, il a extrait cet intéressant document faisant l’inventaire des gués sur l’Ourthe de Barvaux à Angleur. Il se demande cependant ce qui motiva la rédaction de ce document faisant manifestement réponse à une étude relative à un autre projet (Vous remarquerez que cet employé, au vu de la façon qu’il les écrit, ne connaissait sans doute pas très bien les lieux dont il parlait). Pourrez-vous éclairer M. Gabriel à propos de ce document ? En outre, ces anciens gués évoquent-ils pour vous des souvenirs particuliers ? Possédez-vous des informations les concernant ? Il serait vraiment intéressant de pouvoir se pencher sur les moyens de communication de jadis dans nos contrées…

« Renseignements  demandés  sur  la  position  et  l’importance  des  gués  se  trouvant  dans  les 2, 3 et  4 e lots.

1-. Gué du  Grand  Barvaux. Laisse  la  maison  de  M. Colin  à  droite, traverse  la  queue  de l’île, forme  une  ligne  oblique  au  courant  de  l’Ourthe, traverse  le  courant  du  moulin  en  aval, sert  à  la  communication  des  Ardennes  avec  le  Condroz passant  par  les  villages  de  Tohogne et  Wéris. Communication  qu’on  propose  de  conserver  au  moyen  de  pont  fixe  sur  les  ouvrages nr 30. Ce  serait  sur  l’écluse et  le  barrage  nr 30  qu’on  proposerait  un  pont  pour  voiture  destiné  à  conserver  cette  communication  importante.

2-. Gué 700 a (aune : ancienne  mesure  de  longueur  représentant  autrefois  1 m20, supprimée  en  1840.) aval  du  précédent  contre  une  batte  appartenant  à  M. Colin  au  lieu-dit Habinet, forme  une  ligne  brisée  et  oblique  au  courant. Communication  à  l’usage  des  habitants  de  Barvaux  pour  l’exploitation  des  prairies et  de  la  culture.

3-. Gué 400 aunes en aval  barrage  nr 29, forme  une  ligne  oblique  au  courant.  Communication  de  Barvaux  à  Bomal. Le  chemin  se  trouvera  coupé  par  la  dérivation  de  l’écluse nr 29. Cette  communication  étant  indispensable  surtout  pour  l’entrée  dans  Barvaux  des  produits  de  la  culture  situés  sur  la  rive  droite  de  l’Ourthe  entre  Bomal  et  l’écluse  nr 29. On  propose  la  maintenir  au  moyen  d’un  pont  sur  les  ouvrages  nr 29.

4-. Gué  situé  à  Bomal  100 aunes  en  aval  du  barrage  nr 28. Oblique  au  courant, sert  de  communication  du  Condroz  avec  Spa et  Malmedy  par  Tohogne  et  Wéris, les  chemins  y  arrivent  presque  en  ligne  directe. Communication  à  conserver  aussi  au  moyen  des ponts  sur  les  ouvrages nr 28.

5-. Gué  en  dessous  de  la  ferme  de  Petite  Bomal, amont  de  l’écluse  nr 27 servant  à  l’exploitation  des  terrains  de  cette  ferme  qui  se  trouvent  sur  la  rive  gauche. Ce  gué  est  sur  une  ligne  oblique  au  courant.

6-. Gué  en  dessous  du  ruisseau  de  Logne, 500 aunes  amont  de  l’écluse  nr 25, est  oblique  au  courant, le  chemin  pour  y  arriver  venant  de  Verlenne (sic)  fait  beaucoup  de  détours. Ce  qui  sert  de  communication de  ce  dernier  endroit  avec  Vieux Ville.

7-. Gué  400 aunes  aval  de  Sy et  400 aunes  en  amont  du  barrage  nr 24, forme  une  ligne  brisée  au  courant. Communication  de  Verlenne  à  Filot. Ce  chemin  est  vicinal  et  forme  des  détours  pour  arriver  au  gué.

8-. Gué  en  amont  et  près  l’écluse  nr 23, il  est  d’équerre  au  courant. Ce  chemin  servant  de  communication  de  Hamoir  Lassue  avec  Verlenne, Durbuy, Tohogne et  le  Condroz  fait  plusieurs  détours  à  cause  des  montagnes. Un  pont  pour  voitures  sur  les  ouvrages  nr 24  serait  peut-être  suffisant  pour  remplacer  le  gué  et  les  précédents.

9-. Gué  à  Hamoir  Lassue  en  face  du  château de  M. Doneat servant  à  l’exploitation de  la  ferme  de  ce  château, le  gué  est  oblique  au  courant.

10-. Gué  à  Hamoir en  aval  du  pont  et  1200 aunes  aval  de  l’écluse  nr 22  est  oblique  à  la  rivière. Le  chemin  passant par  ce  gué  sert  de  communication  des  Ardennes  avec  le  Condroz  passant  par  les  communes  de  Filot  et  Ouffet. L’ancien  pont  indique  suffisamment l’importance  de  cette  communication  qu’on  pourrait  rétablir  commodément  sur  les  ouvrages  nr 22 ou  mieux nr 21. Les  ponts  nouveaux , serviraient  aussi, malgré  l’allongement  du  chemin, à  l’exploitation  des  fermes  de  Tabreux et  de  Renne.

11-. Gué  vis  à  vis  de  la  ferme  de  Tabreux, 800 aunes  en  aval  de  l’écluse  nr 21, est  oblique  à  la  rivière,  sert  à  l’exploitation  des  prairies  de  la  ferme  de  Tabreux, se  dirige  vers  Ouffet  dont  on  amène  les  produits  sur  la  rive  gauche.

12-. Gué à  300  aunes  en  aval  de  l’écluse  nr 20, 10  aunes  en  amont  de  l’île  près  Fairon, est  oblique  au  courant, sert  de  communication  de  Fairon  à  Hamoir et  Xinies (sic). Serait  remplacé  part  les  ponts  à  établir  sur  les  ouvrages  nr 21.

13-. Gué  à  Comblain la  Tour  près  du  passage  d’eau, est  oblique  à  la  rivière. Le  passage  est  facile  en  été, sert  de  communication  vicinale  de  Ouffet  à  Xhoris.

14-. Gué  à  Comblain  au  Pont. Communication  d’Antine (sic)  à  Oneux et  Beaufays. Ce  gué  est  oblique  à  la  rivière. Sur  les  ouvrages  nr 17  pourrait  être  rétablie  l’ancienne  communication  du  Condroz  avec  Spa  et  par  conséquent  celle  de  Comblain   avec  Oneux  et  villages  voisins, réclamé  par  les  habitants  des  deux  rives.

15-. Gué  de  Douflamme  passant  sur  les  deux  îles  de  l’embouchure  de  l’Aiwaille (sic) (l’Amblève)  et  de  là  va  traverser  l’Ourthe  en  amont  du  pont. Sert  de  communication  de  Beaufays  avec  le  Condroz  par  Comblain  au  Pont.

16-. Gué  à  la  Gombe, 900 aunes  en  aval  de l’écluse  nr 13, il  est  oblique  à  la  rivière. Communication  de  Beaufays  avec  le  Condroz  passant  par  le  village  du  Sart. Il  est  avantageusement  remplacé  par  les  ponts  à  exécuter  sur  l’écluse  nr 13  qui  servira  de  communication  d’Esneux  avec  Poulseur  et  le  Condroz.

17-. Gué  à  Esneux  en  face  du  village  en  amont  de  l’île, forme  une  ligne  oblique  à  la  rivière. Chemin  de  Beaufays  avec  le  Condroz, est  peu  commode  et  ne  sert  que  pour  les  riverains.

18-. Gué, 1200 aunes  en  aval  de  l’écluse  nr 10  à  côté  de  la  maison  de  M. Damery. Ce  gué  est  fort  difficile  et  forme  une  ligne  brisée. Communication  de  Hon (?)  à  Plainevaux. C’est  par  les  ouvrages  nr 11  et  préférablement  par  les  ouvrages  nr 10  qu’on  croit  qu’il  conviendrait  d’établir  les  communications  réclamées  par  les  habitants  d’Esneux  et  villages  voisins.

19-. Gué  en  amont  de  Fechereux, 200 aunes  en  amont  du  nr 9, forme  une  ligne  brisée  et  est  très  difficile. Communication  d’Esneux à  Fechereux, impossible  actuellement.

20-. Gué à  100 aunes  du  nr 8, est  oblique  à  la  rivière et  difficile, sert  à  la  communication  de  Hony  à  Esneux.

21-. Gué  à  500 aunes  du  nr 6, forme  une  oblique. Communication  vicinale et  Tilff  à  Angleur, ce  gué  est  peu  pratiqué.

Près  de  la  borne (68) Les  ponts  qu’on  devrait  proposer  sur  l’écluse  et  les  barrages  nr 6  à  Tilff  font  l’objet  d’une  proposition  spéciale  conformément  à  la  lettre  de  l’administration  du  15  août 1829 pour  assurer  les  communications  par  voiture  depuis  Barvaux  jusqu’à  Tilff. On  propose  la  construction  de  grands  ponts, compris  celui  sur  les  ouvrages  nr 136  à  Poulseur. Ces  ponts  pourraient  changer  de  numéro  selon  les  arrangements que  voudraient  ou  pourraient  prendre  les  communes  les  plus intéressées  et  les  plus  riches. Ces  arrangements  pourraient  consister  en  un  péage  qu’elle  percevraient  à  leur  profit. Lorsqu’elles  auraient  fait  le  tout  ou  au  moins  grande  partie  de  la  dépense  de  construction  première ou  d’une  rétribution  à  consentir  par  elles  sur  chaque  passant. Lorsque  l’administration  aurait  supporté  les  frais  d’établissement il  serait  prudent  de  stipuler  aussi  dans  les  deux  cas  à  laquelle  des  deux  parties  resterait  l’entretien des  communications.

Je  crois  que  plusieurs  communes  convenablement  avisées  entreraient  facilement  en  négociation  pour  l’exécution  d’ouvrages  qui  leur  procureraient  tant  d’avantages  pour  l’avenir.

Comblain au Pont  le  27  août 1829. »

 

La Petite Gazette du 21 janvier 2015

LES GUÉS SUR L’OURTHE

Le document présenté par Monsieur René Gabriel vous a fait réagir… C’est tant mieux et j’espère que vous n’en resterez pas là…

Monsieur Robert Gillon, de Tilff, a lu attentivement ce document et nous fait part de ses remarques :

« A propos des passages à gué, je crois reconnaitre le village de Hon que vous indiquez d’un point d’interrogation. Il s’agit probablement de Ham, village classé du site de la boucle de l’Ourthe, entre Esneux et Hony. La rivière décrit un oméga à cet endroit, sur la rive droite. En face, c’est la Roche aux Faucons, alors commune de Plainevaux. Je ne vois pas de gué à cet endroit… »

Monsieur Jean-Francois Gerardy, d’Houffalize, s’est également penché sur la question et rappelle :

«  A la fin de l’époque hollandaise, Guillaume d’Orange avait pour objectif de développer notre Ardenne qui était la région la plus pauvre de son royaume.  Pour ce faire, un projet d’envergure était envisagé : relier La Meuse et la Moselle.   Ce nouveau cours d’eau navigable devait développer l’économie dans notre verte province.

Pour ce faire, il comptait se servir du bassin de L’Ourthe.  Pour arriver à rendre l’Ourthe navigable, il était nécessaire de modifier fortement la géométrie du cours d’eau naturel.  Un nombre conséquent d’écluses étaient prévues.  Cela allait modifier les traversées du cours d’eau, donc les gués.  Des ponts allaient devoir être construits, il était donc nécessaire de les définir et le premier travail était de quantifier l’importance de chaque gué de l’Ourthe et sa transformation future, si nécessaire,  en pont.

La difficulté technique de ce projet consistait à relier les deux bassins hydrographiques, celui de La Meuse et celui de La Moselle.  La ligne de séparation de ces bassins se situe à proximité du village de Buret dans la commune d’Houffalize, à proximité de la frontière du Grand-Duché de Luxembourg.  A cet endroit, des vestiges de cet ouvrage d’art subsistent : le début d’un tracé d’un canal, le canal de Buret à Bernistap.  Il s’agit d’un canal d’une longueur d’environ 1 km en pleine campagne.  A une extrémité de ce canal, on peut encore apercevoir la voute d’un tunnel qui devait permettre aux bateaux de passer sous la ligne de séparation des bassins hydrographiques.  Dans le village de Buret, les ouvriers étaient logés au lieu dit – Les baraquements – tandis que les ingénieurs séjournaient à quelques kilomètres de là, au château de Tavigny.

La révolution belge a éclaté et le projet fut arrêté.  Après la révolution, l’essor du chemin de fer sonna le glas de ce projet qui fut abandonné. »

 

La Petite Gazette du 28 janvier 2015

ENCORE LES GUÉS SUR L’OURTHE

Monsieur René Gabriel, de Roanne, qui m’avait donné l’occasion de vous présenter cet étonnant recensement des gués sur l’Ourthe en 1829, nous apporte une précision :

« Je  retrouve  d’autres  notes: Ponts  et  Chaussées farde  4450. Réclamation  de  la  commune  de  Comblain-au-Pont.

Liège  le  4  août 1865. Comblain  au  Pont  réclame  suite  à  la  suppression  de  trois  gués  par  suite  du  canal  de  l’Ourthe et  du  chemin  de  fer  en  voie  d’exécution  dans  cette  vallée.

Le  premier  en  aval  du  passage  d’eau  de  Liotte  sur  l’Emblève, les  2  et  3  situés  sur  l’Ourthe  respectivement  en  amont  du  pont  de  Scay (aval de  Comblain  au  pont) et  à  Lawé  en  dessus  de  ce  village. Le  gué  de  Liotte  a  été  supprimé  en  1859  par  la  construction  du  barrage  de  Douxflamme  qui  a  surélevé  le  niveau  de  l’Amblève  de  0,80 m  en  ce  point.

Il  serait  préférable  d’adjoindre  au  passage  d’eau  de  Douxflamme  un  bac  pour  voitures. La  fourniture  de ce  bac  incombe  à  la  Compagnie du  Luxembourg  chargée  de  pourvoir  au  rétablissement  des  communications  supprimées  par  ses  travaux.

Le  gué  au  pont  de  Scay  devient  inutile  suite  à  la  construction  prochaine  de  la  route  d’Aywaille  à  Douxflamme.

Pour  le  gué  de  Lawé  la  Compagnie  du  Luxembourg  est  tenue  à l’entretenir  suite  aux  termes  du  cahier  des  charges  relatif  à  la  concession  du  chemin  de  fer. »

 

La Petite Gazette du 4 février 2015

LES GUÉS DE HAM ENTRE HONY ET ESNEUX

C’est un réel plaisir pour moi de constater comme vous suivez attentivement les sujets traités dans cette page et comment vous manifestez votre intérêt au travers de vos communications.

Ainsi, Madame Nicole Dodeur complète les informations publiées jusqu’à ce jour à propos de l’existence ancienne de ces gués sur l’Ourthe :

« Il y avait deux gués menant à Ham dans la boucle de l’Ourthe. On ne les distingue plus maintenant. Ils sont en pointillés sur la carte faite lors du recensement des chemins pour la confection du livret « Grand Site de la Boucle de l’Ourthe » (2011 ?)

1) gué d’amont situé + ou – 1 km après la Roche aux faucons. Dans le prolongement, plus en amont le long du chemin de halage, il y avait le chemin du gué d’amont CV51 arrivant au bout du village de Ham.

Celui-ci se prolongeait sur la rive gauche par le chemin menant à Avister : actuellement rue du gué d’amont puis chéra de Fêchereux très encaissé.

2) gué d’aval situé en face du hameau de Fêchereux. Dans le prolongement, en aval, il y avait le chemin de halage puis le chemin du gué d’aval CV51 commençant à Lhonneux et arrivant aussi au bout du village de Ham. »

Merci pour ces précisions qui permettent de bien visualiser les lieux.

 

La Petite Gazette du 18 février 2015

TOUJOURS A PROPOS DES GUÉS SUR L’OURTHE

C’est au tour de Monsieur Jean Ninane, d’Esneux, de partager ses connaissances sur ce sujet qui, manifestement, vous passionne :

« Oui, il y eut des gués, très anciens, à proximité de Ham.

Autrefois, Il n’y avait aucun pont, ni à Esneux, ni à Hony, ni à Méry. Aucune canalisation de l’Ourthe n’existait. Aucune route n’unissait Esneux à Liège par la vallée. Seules les betchètes
permettaient un voyage direct.

Les charrettes et autres véhicules attelés devaient gagner les hauteurs pour rejoindre
un accès à Liège. C’est ainsi que ces attelages se rendaient à Ham (rive droite de l’Ourthe) pour rejoindre par des chemins encore plus ou moins accessibles le hameau de Féchereux situé sur la rive gauche.

On devrait plutôt parler des gués de Féchereux. Là nous avions un double gué. Un chemin menait de Ham au gué d’Amont et un autre au gué d’Aval. De Féchereux deux chemins encore accessibles menaient à Nomont, Famelette… C’est attesté car, à Féchereux, existe encore la « rue Gué d’Amont ».

Ces gués sont-ils encore utilisables, décelables ? On a construit en aval pour favoriser l’accès au canal de l’Ourthe, un barrage imposant à Lhonneux. La hauteur d’eau a augmenté au-dessus des gués.  M. André Nelissen(+) (déjà cité dans la découverte des tombes de Crèvecoeur) a publié un article « les gués de Fechereux » dans le bulletin du Vieux Liège n° 144 (T IV) de janvier mars 1964. »

Le sujet intéresse également Madame Céline Bayer, d’Esneux :

Il y avait également un gué à Hony, il se trouvait un peu plus bas que le pont, à la hauteur du « Chemin des Cloutiers » et de l’autre côté « du Trou Lina« .  Ces deux chemins existent toujours.

D’ailleurs, au début du siècle dernier, le pont était là, mais le fermier qui avait son champ le long de l’eau passait par le gué quand l’eau était basse, et jusqu’au dragage de l’Ourthe il y a une 50 d’année on pouvait encore y passer

Voici  ce que les anciens m’ont raconté et que j’ai connu pour le passage à pied quand l’été était très sec. »

 

La Petite Gazette du 4 mars 2015

TOUJOURS CES GUÉS SUR L’OURTHE

Monsieur Maurice Demoulin s’est lui aussi investi dans cette recherche et il a patiemment étudié la magnifique carte des Pays-Bas Autrichiens établie par le comte de Ferraris  entre 1770 à 1778.

« Si nous parlions encore un peu des gués sur l’Ourthe.

Sur une carte de 1777, j’ai retrouvé des informations qui concernent ces passages d’eau de l’Ourthe (Ourt) sur la carte.

On peut y voir un gué entre Esneux et Amostrenne, vers le château d’Esneux (différent du château du Rond Chêne).

La carte ne représente pas de gué du côté de Ham (Han sur la carte), mais un chemin aboutit sur la berge de l’Ourthe face à Beauregard (ferme de Lonneux)

Sur la rive droite de l’Ourthe, dans la boucle, plusieurs chemins mènent à Ham : comme Monsieur Ninane le précise dans l’article paru dans La Petite Gazette du 20 février, il doit y avoir eu un ou des gués en cet endroit pour passer sur la rive gauche en direction de Plainevaux.

Un chemin venant de Hayen, Hotgné (Hoteigné sur la carte) et le château d’Avionpuits arrive au village de Méry, rive droite, face au château de Monceau. Il serait surprenant qu’un passage n’ait pas existé à cet endroit, surtout que l’île (un peu en amont du pont actuel) devait faciliter la traversée. N’oublions pas, non plus, que les armées de la toute jeune République française ont traversé l’Ourthe à cet endroit lors de la bataille de Hamay.

A Hony, rive gauche, deux chemins arrivent sur la berge sans autre issue : peut être aussi un passage à cet endroit.

La carte représente également des gués du côté de Poulseur et Comblain.

Je suis persuadé qu’il existait un gué à Chanxhe à l’endroit de la «maison du passeur » où j’ai habité début de la guerre 40/45. Ce passage correspond à un chemin reliant Chanxhe à MontComblain et que j’ai souvent emprunté. Ajoutons que le canal de l’Ourthe avait prévu une jonction vers cet endroit et que la SNCB y avait aménagé un passage à niveau, d’où…

C’est aussi à cet endroit que l’armée allemande avait construit un pont après que l’ancien a sauté.

Pour les amateurs, la carte ancienne de la Belgique se trouve sur le site « http://www.ngi.be/ferraris KBR/index».

LES BELLES CHAPELLES DE NOS REGIONS ET LEURS HISTOIRES…

A ce jour, le 29 juillet 2017, ce sont 915 Petites Gazettes sous ma plume qui ont été publiées et, parmi les nombreux aspects de nos patrimoines régionaux évoqués dans mes chroniques hebdomadaires, les chapelles de nos régions ont occupé une place importante.

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Leur histoire et leurs histoires vous ont tellement passionnés que cela m’a donné l’envie de présenter nombre d’entre elles dans un ouvrage paru en 2016 : Vertiges du Passé, Nos Chapelles d’Ardenne, de Condroz, de Famenne et d’Ourthe-Amblève.

Cependant bien d’autres témoins encore de la piété populaire qui anima nos aïeux existent toujours dans nos villages, nos hameaux, nos campagnes ou nos bois. Ci-dessous, je vous en ai rassemblé une première série qui, bien entendu, appelle une suite prochaine.

Répondant ainsi à une question fréquemment posée, mon ouvrage sur les Chapelles est toujours disponible. Si vous souhaitez l’acquérir, il vous suffit de verser 20€ (port postal gratuit pour la Belgique) sur le compte BE29 0682 0895 1464 de P.A.C. Awaille avec la communication « Chapelles + vos nom, prénom et adresse complète ». Cet ouvrage vous sera alors envoyé dans les délais les plus brefs.

 

La Petite Gazette du 17 mai 2000

LA CLOCHE DE LA CHAPELLE DE SOMAL A RESONNE

    Muette depuis le 8 avril 1956, la cloche de la chapelle de Somal a tinté à nouveau ce 11 février 2000. Monsieur Maurice Grün a estimé, à juste titre, que cela valait bien une évocation dans La Petite Gazette.

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Mon correspondant a tenu a apporté quelques informations historiques à propos de cet édifice :

« Les fondations datent du XIe siècle. Des écrits évoquent la chapelle, sans la citer précisément, dès 1028. Elle devait faire partie de la donation confirmée à l’église de Havelange par l’empereur Conrad, au même titre que les chapelles de Maffe et de Havelange.

    Vers 1650, la messe y était célébrée par le curé d’Havelange, le dimanche et les jours de fête. La chapelle actuelle date de 1636, une porte en plein cintre y donne accès. Elle porte les clous de la porte originelle. Elle s’ouvre par un mécanisme spécial, en bois, commandé par une clé en fer forgé que seul le préposé à sa garde peut manier (cf. Adolphe Pickart, Le Val de Somme).

La chapelle fut exhaussée vers 1750.

Un obit démontre que cet ancien oratoire appartenait aux barons de Vivario ; finalement, de succession en succession, une bonne trentaine de propriétaires ont fait don de leurs parts pour réunifier le domaine de la chapelle de Somal.

La chapelle renferme quelques pièces intéressantes : le retable du maître-autel présente une toile inspirée de Rubens,  le Christ montrant ses plaies aux apôtres. On trouve également une crédence du siècle écoulé, un bénitier et un banc de communion du XVIIe siècle. En outre, trois sculptures en bois polychromé orent la chapelle : un Christ en croix, un St-Roch, à l’ange et au chien, et un St-Clément, invoqué contre la goutte.

Le 11 février dernier, Cyprien Simal, doyen de Somal et gardien traditionnel de la chapelle, a fait tinter la cloche de la chapelle, muette depuis le baptême de Michel Bouvy, le 8 avril 1956. Ce symbole si représentatif ponctuait, de la meilleure façon qui soit, la fin des travaux de restauration du toit et de renforcement des maçonneries du chœur. »

Précisons encore, à toutes fins utiles, que l’oratoire « chapelle St-Roch », saint invoqué pour se protéger de la peste, est maintenant monument classé.

Dans les semaines à venir, nous aurons le plaisir de vous inviter à la rencontre ou à la découverte d’autres chapelles de nos belles régions.

La Petite Gazette du 7 juin 2000

LES VIEILLES CHAPELLES DE NOS CAMPAGNES ET DE NOS FORETS

   Monsieur André Fagnoul, de St-Séverin, vous lance un appel à propos de ces vieux monuments, vestiges de la piété et de la ferveur populaires de nos aïeux.

« Construites souvent dans des endroits isolés, campagnes ou bois, ou encore le long des routes ; c’est à nous, lecteurs de La Petite Gazette, qu’il revient de faire revivre et parler ces édifices.

Dans le bois de Maynery St-Séverin ou Aux Houx, se trouve une chapelle construite au XVIIe siècle. Je ne sais à qui elle est dédiée. Quand j’étais jeune, avec mes parents, nous  y allions souvent.

002        cliché datant de 1930 environ

A l’intérieur, au-dessus de l’autel, était écrit « Oh ! Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à vous. » A droite, un bougeoir à sept branches, à gauche, le « Je vous salue Marie » ; au milieu, un prie-Dieu, au mur, des deux côtés, des remerciements pour des grâces obtenues et un petit tronc. Il y a cinq ou six ans, cette chapelle a vu le passage de vandales ; tout a été détruit, il ne restait que les quatre murs, et encore ils étaient abîmés. Avec le curé du village, l’abbé Bienvenu, et mon voisin, Léon Lallemand, nous avons tout reconstruit et restauré.

Seul l’Ave Maria et le banc prie-Dieu étaient encore intacts. Parmi les remerciements cassés en petits morceaux, j’ai retrouvé un fragment portant la date de 1693, ce qui me fait penser que cette chapelle a pu être élevée au dix-septième siècle. Elle est accessible par la rue du moulin de Falogne, cent mètres plus loin que le moulin, à droite, se trouve l’entrée du bois ; il vous suffit de longer la prairie pendant une centaine de mètres et vous la verrez, à droite, blottie dans la verdure. Malheureusement, nous avons dû la protéger en plaçant des grillages métalliques cadenassés devant la porte et les fenêtres. »

003La chapelle restaurée en 1995 par l’abbé Bienvenu et MM. Léon Lallemand et André Fagnoul 

     Qui pourra nous apporter des renseignements sur cette chapelle, son histoire, qui l’a fait édifier, à qui était-elle dédiée, quel culte y était rendu ? Comme d’habitude, tout ce que vous savez nous intéresse. D’avance, un grand merci.

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

UNE CHAPELLE ORIGINALE A SOMME-LEUZE

Monsieur Maurice Grün, de Somme-Leuze, est particulièrement attaché au patrimoine régional et à ses traditions. Partant du principe que « rien n’est aimé s’il n’est connu », mon correspondant aime à nous entretenir de ce qui fait le paysage de sa campagne.

« A Vieille Leuze, la chapelle N D de Lourdes, lui dédiée en 1933, remplace la croix de Saint-Roch et porte en fait son nom.

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Il n’y a pas bien longtemps, elle était surmontée d’un Christ en béton moulé, aujourd’hui disparu. Sa particularité provient du fait que sa bâtisseuse achetait, chaque année, une statuette en plâtre destinée au l’autel de son édicule. L’abbé Tinant, curé de la dernière guerre, de passage lors d’une procession, qualifia la chapelle de « musée Saint-Roch », comme le cite l’abbé Hacherelle. Jugez plutôt :

« Autour de N.D. de Lourdes, saint Monon et son veau, l’enfant Jésus de Prague, saint Joseph, saint Donat, sainte Marguerite, sainte Rita, saint Eloi et saint Roch. Et encore au pied de la Vierge, le frère Mutien. Attendez : un Sacré-Cœur de grand format, une imposante sainte Brigitte fixés au mur. Une statuette de Saint-Roch de grande valeur a été mise à l’abri des tentations. Au-dessus de l’autel, trois panneaux en bois représentent la Vierge, le Sacré-Cœur et le Christ en croix. »

   Et mon correspondant de conclure de façon plaisante : « admirons la foi de ces bâtisseurs, mais reconnaissons qu’en leur oratoire, on ne sait à quel saint se vouer ! »

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

D’ETONNANTS VITRAUX INTERPELLENT ET INTRIGUENT A MONT COMBLAIN

   Monsieur Jacques Defgnée, de Mont Comblain, prépare, avec les membres de l’a.s.b.l. « La chapelle de Mont », une exposition qui, l’an prochain, mettra à l’honneur la chapelle bien entendu, mais aussi son ensemble unique  en Province de Liège, et pourtant non répertorié, de quatre vitraux qui commémorent la Résistance pendant la guerre 40 – 45 et, plus précisément, le groupe Bayard et Les Mouettes Blanches. Bien entendu, les responsables de cet intéressant projet ont déjà réuni de nombreuses informations sur le sujet en puisant dans la mémoire de quelques spécialistes locaux, mais aussi en faisant une lecture très attentive de l’excellent mensuel « Les Echos de Comblain ». Néanmoins, certains documents suscitent encore de nombreuses interrogations ; aussi Monsieur Defgnée a-t-il, tout naturellement, pensé mettre les lectrices et les lecteurs de La Petite Gazette à contribution.

Nous aurons l’occasion, dans les semaines à venir, de nous pencher de plus près sur le passé de cette chapelle, mais, en attendant, je vous livre le premier document qui réclame des précisions…

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Quelqu’un pourra-t-il nous aider à identifier les enfants photographiés sur cette ancienne photographie ? La moindre indication pourrait s’avérer essentielle ; aussi, si vous pensez reconnaître qui que ce soit sur ce cliché, je vous engage vivement à m’envoyer un petit courrier.

La Petite Gazette du 25 octobre 2000

L’ERMITAGE DE SAINT THIBAUT A MONTAIGU

   A plusieurs reprises déjà, La Petite Gazette a ouvert ses colonnes pour présenter ce site extraordinaire et pour y rappeler l’extraordinaire dévotion dont il est toujours le témoin.

Le responsable de cet ermitage, cette personne qui est présente sur les lieux tous les week-ends pour y accueillir les visiteurs a eu la bonne idée de me transmettre encore quelques documents relatifs à ce site au passé remarquable.

«Ici s’élevait, explique le document remis aux visiteurs, dès le onzième siècle, le château-fort des Comtes de Montaigu, descendants des Normands qui avaient conquis la contrée où coulent l’Ourthe, la Vesdre et l’Amblève. Pour cette raison, ils seront dénommés « Prévots des rivières » (…) En 1413, le château est incendié par Antoine de Brabant, frère du Duc de Bourgogne, venu faire prêter obédience à ses nouveaux sujets du duché de Luxembourg, dont il vient d’hériter de sa tante Charlotte. Le Comte de Montaigu s’y refuse : la vengeance, c’est le feu. Les ruines du donjon se trouvent sous la butte du calvaire.

La chapelle castrale a été dédiée à saint Thibaut. Elle a disparu avec le château, mais le culte a continué à la fontaine. En 1600, à la suite de deux miracles importants, on y élève une grande croix dont les pèlerins emportent des éclats en guise de souvenirs. En 1608, le calvaire est érigé et, dans le pied de la croix, une niche abrite une statue de St-Thibaut : elle mesurait 30 cm, le saint était vêtu en ermite (avec une robe noire) ; parvenue jusqu’à nous, elle a été volée en 1968 !

Le culte prend une telle ampleur que les gens réclament une chapelle. La Comtesse Jocelyne de la Mark décide de leur donner satisfaction, mais meurt en 1626. Le projet est repris en 1639 et exécuté par Sire Jamotte, curé de Marcourt. Les pierres sont trouvées sur place. Hotton fournit la chaux, Dochamps les ardoises, Marcourt le bois. Comme assise, on arase une tour de défense « la plus avancée vers Marcourt ». Vers 1645, l’ermitage est construit. La chapelle est consacrée en 1660. Les ermites ont résidé ici par intermittence jusqu’en 1968. Les bâtiments ont été classés en 1973.  1999 et 2000  verront la restauration des toitures, de la butte – calvaire et de la source.

Saint Thibaut est né vers 1033 à Provins, en Champagne, et mort en 1066 à Vicence, en Italie. Renonçant à la vie princière, il était comte de Champagne, il part avec son ami Gauthier vivre la vie de pèlerin, de charbonnier, d’ermite. Deux ans avant sa mort, il est ordonné prêtre et entre dans les ordres des Camaldules. Ainsi le représente, vêtu de blanc, sa statue dans la chapelle. Il est atteint d’un tel degré de sainteté que sa renommée se propage d’Italie, où il s’est fixé, à toute la Lotharingie et ce dès avant sa mort. La dédicace de la chapelle s’explique sans doute par une parenté avec les Comtes de Montaigu. »

Au-delà de ce que disent les mots, mon souhait serait que ceux et celles qui ont visité ces lieux, ceux et celles qui y ont fait leurs dévotions nous relatent le pourquoi de leur visite et ce qu’ils en ont retiré. J’aimerais beaucoup aussi que l’on me reparle des vertus de l’eau de la fontaine, des divers rituels auxquels se livrèrent les pèlerins … Bref, tout ce que vous savez sur ces lieux m’intéresse et je gage que cela intéressera énormément de lectrices et ce lecteurs.

La Petite Gazette du 29 novembre 2000

L’ERMITAGE DE SAINT THIBAUT A MONTAIGU

   Il y a un mois, je demandais aux personnes qui avaient fait leurs dévotions en ce lieu à nous en parler ; c’est ce qu’a fait, avec beaucoup de gentillesse Monsieur Gustave Etienne, de Natoye.

« Je suis né le 11 décembre 1920, me dit-il, et, alors que j’avais dépassé l’âge de deux ans, je ne manifestais toujours pas le désir  de parler. Mon père, originaire de Hiver, La Roche, connaissait cet ermitage et il m’y a conduit. Je me souviens très bien de la chapelle et de l’eau de la fontaine. J’en ai bu et mon père m’a lavé la figure avec. Après ces dévotions, je me suis mis à parler. J’ai souvent raconté cette pieuse démarche. Bien entendu, mon épouse et moi-même y sommes retournés avec nos deux gamins. Nos petits-enfants n’ignorent pas non plus l’ermitage de saint Thibaut, en qui nous gardons la foi. »

Qui viendra, à son tous, évoquer pour nous sa ou ses visites à l’ermitage de Montaigu et nous dire ce qu’il en retira ? J’attends vos courriers avec beaucoup de curiosité.

La Petite Gazette du 29 août 2001

LA CHAPELLE SAINT-MORT A HAILLOT

    C’est grâce au fidèle max-Léon Jadoul, d’Arlon, que je puis vous proposé cette ancienne carte postale représentant la chapelle Saint-Mort, située à Saint-Mort-au-Bois, dans l’entité  de Haillot.

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« Ce saint est toujours vénéré au pays condruze. Saint Mort est décédé en 913 indique une pierre placée devant l’autel surmonté de sa statue. Cette chapelle a, hélas, fait l’objet de dégradations et son mobilier a été volé. »

La Petite Gazette du 8 octobre 2003

REVOICI UNE PETITE CHAPELLE DONT ON VOUDRAIT CONNAITRE L’HISTOIRE

   Monsieur Maurice Grün, de Durbuy, comme ses amis de Petit Han, est passionné par le patrimoine qui égaie son quotidien. Il est également interpellé par le passé et l’histoire de tout ce qui l’entoure.

« Chaque fois que je quitte ma retraite sauvage dans les fonds de Petite Somme, je passe à proximité de cette jolie chapelle en excellent état et bâtie en briques, comme le voyez sur la photo que je joins. A son fronton, je lis : «Bienheureux saint Donat, de la foudre, préservez-nous »

Elle est bâtie depuis… à Petit Han, Durbuy bien sûr, au croisement de la grand-route de Barvaux et de la rue du Vieux Mont.

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Invoque-t-on encore Saint Donat contre la foudre, comme on allume la bougie de la Chandeleur en cas d’orage ?

Quid de cette chapelle ? De quand date-t-elle ? Plus ou moins récemment ? Des briques et de la pierre… pourquoi l’avoir bâtie ?

Elle a donc une histoire. Y a-t-il ou y a-t-il eu un culte qui lui était spécifiquement lié ? Si oui, lequel et quand ? Y allait-on en pèlerinage ?

Qui nous aidera à répondre à toutes ces questions, car nous sommes vraiment sans références ? Notre reconnaissance est, d’ores et déjà acquise à tout qui nous éclairera… »

La Petite Gazette du 30 décembre 2003

UN ROBOT TOMBÉ  À LIÈGE EST À L’ORIGINE DE LA CONSTRUCTION D’UNE CHAPELLE À PETITE-SOMME

003Monsieur Jean Courtois, de Somme-Leuze, nous conte cette étrange histoire.

« A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un robot tombe sur le couvent des Sœurs de la Charité de Cointe. Ce couvent avait pour Mère supérieure la fille du comte Charles de Vaux, propriétaire d’un château à Petite-Somme.

Le couvent étant très endommagé, les Sœurs vinrent s’installer au château accompagnée d’un aumônier, l’abbé Francois Willem.

   En 1944, lors de la retraite allemande, une charrette, tirée par un cheval, venait de Somme-Leuze en direction de Petite-Somme, elle était remplie de soldats allemands (des SS de triste réputation). A l’église, ils commencent à monter la route du village. Il y avait alors un nid très important de résistants à la ferme des basses, exploitée à l’époque par Emile Piron. Une rencontre entre les Allemands et les résistants aurait été catastrophique.

L’abbé Willem, accoudé à une fenêtre du château, imaginant le nombre de victimes que ferait pareille rencontre, fit la promesse de faire bâtir une chapelle en l’honneur de N-D de Lourdes si tout se passait sans casse.

L’abbé avait vraisemblablement une bonne cote auprès du Très-Haut car, à mi-côte, les Allemands firent demi-tour pour se diriger vers Septon. Là, ils rencontrèrent des maquisards et  bien des morts et des blessés restèrent sur le terrain.

En 1946 –1947, sous l’impulsion de l’abbé, les habitants de Petite-Somme se mirent au travail. Les pierres furent amenées du Bois des Roches, au lieu dit Sur Ourmont, avec un tombereau et un cheval.

Joseph Courtois mit, gracieusement, à disposition le terrain pour bâtir la chapelle. Aidé par son frère Louis, ils retroussèrent leurs manches et, en quelques semaines, la chapelle était bâtie.

Elle fut inaugurée, en grande pompe, à l’occasion d’une grand-messe dite par l’abbé lui-même. La bénédiction fut suivie d’une réception réunissant les autorités communales et paroissiales, mais aussi la fanfare et les personnes qui avaient participé à cet événement.

C’est avec émotion que je vous fais ce récit car, âgé de dix-sept ans alors, j’ai vécu ces faits. J’en profite pour remercier toutes les personnes qui entretiennent ce lieu béni. »

Vous avez peut-être participé à cette inauguration ? Vous en avez peut-être conservé des souvenirs ? Penserez-vous à les partager avec nous ? Nous donnerez-vous l’occasion de voir les photos qui ont certainement été prises à cette occasion ? D’avance un grand merci.

La Petite Gazette du 18 février 2004

A LA CHAPELLE DE TINSEUBOIS PETIT-THIER

   Grâce à Mme Germaine Jeanpierre, de Beaufays, nous pouvons évoquer, cette semaine, l’histoire d’une petite chapelle élevée, il y aura bientôt 150 ans, dans les bois des environs de Vielsalm. Le texte qu’elle destine à ces colonnes est largement inspiré d’un écrit commémorant le centième anniversaire de la première messe qui y fut célébrée.

   « Tinseubois, haut lieu de pèlerinage et de prière, est situé dans le calme de la forêt, près de Petit-Thier, dans un endroit boisé d’épicéas, joignant la forêt domaniale du Grand Bois, entre Petit-Thier et Commanster, à environ sept kilomètres de Vielsalm et à treize kilomètres de Saint-Vith.

tinseubois   C’est là qu’est blottie la chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes, bâtie 20 ans après les apparitions à Bernadette, par la famille Rotsart de Hertaing, qui habitait la villa voisine.   Vers 1852, le baron de Pellaert de Gand fit construire, à Tinseubois, une habitation dont il ne reste plus que la cour pavée et les étables. Aux environs de 1857, c’est la famille Rotsartt de Hertaing, de Bruxelles, qui vint s’y établir (maison forestière actuelle).

Madame Rosalie Petit, épouse en deuxième noce d’Idesbalt Rotsart, assez tôt, devint souffrante : une jambe nécessitait de tels soins que l’amputation fut même envisagée. A l’époque, on parlait de Lourdes et de ses miracles. Madame Rotsart y mit toute sa confiance et y entreprend un pèlerinage. L’amputation est évitée et, en reconnaissance à la Vierge, elle fait construire la chapelle, dédiée à Notre Dame de Lourdes.

C’est vers 1878, sous le pastorat du curé Gérard, qu’elle aurait été édifiée. Ce n’était alors qu’une très humble chapelle qui se composait uniquement du chœur existant encore aujourd’hui.

A gauche de la statue de Notre Dame, on installa, sur un piédestal, une jambe en plâtre, grandeur nature, enlacée d’un ruban bleu rappelant le miracle accompli. Le bruit de cette guérison se répandit et, de partout, on vint implorer Notre Dame de Trinseubois. Les murs se couvrirent d’ex-voto, de jambes en plâtre de toutes dimensions, parfois façonnées très artisanalement (il en reste une sur l’autel). La chapelle devint trop exiguë, on lui ajouta une nef et on la meubla de chaises à fond de paille.

La première messe y fut célébrée le 16 juillet 1883. La famille Rotsart, qui quitta Tinseubois en 1903, fit construire un muret de délimitation de la chapelle et la confia au curé de Petit-Thier.

Pendant la dernière Guerre, les troupes allemandes la transformèrent en écurie. Elle est maintenant restaurée, mais, hélas, pour « faire plus moderne » peut-être, on a enlevé, à l’indignation de nombreux pèlerins, les ex-voto qui en garnissaient l’intérieur.

Depuis le 18 avril 1962, suite à un accord avec l’Etat belge (Eaux et Forêts), elle est, de même qu’un terrain de 630 m2, la propriété de la Fabrique d’église de Petit-Thier. Les habitants des localités voisines, ainsi que des pèlerins des cantons de l’Est, viennent y prier régulièrement.

Sous le patronat de feu l’abbé Cahay, curé de Petit-Thier, la messe y était organisée, en, 1908, 1923 et 1946, le lundi de la Pentecôte et le 15 août.

Le Ministère de l’Agriculture (Eaux et Forêts), par arrêté du 13 octobre 1961, autorise les pèlerins à se rendre à la chapelle, de jour, même en voiture, par les chemins existants. »

LES BRASSERIES DE HOTTON

La Petite Gazette du 5 septembre 2007

UNE BRASSERIE ARTISANALE  ET BIERE DU SANGLIER A HOTTON

Mme Monique Beenders, de Vottem, est une fidèle lectrice de La Petite Gazette. Elle sait donc qu’elle peut vous mettre à contribution pour tenter de réunir les informations qu’elle souhaite rassembler :

« Dans les années 1948 – 1950, existait à Hotton, à 100 ou 200m. de la brasserie Jacquemart, sur la route de Hotton à Laroche, à droite, une brasserie, artisanale sans doute, produisant une bière de qualité connue sous le nom de « Bière du Sanglier ».

Pourra-t-on, s’il vous plaît, m’indiquer quand cette brasserie a vu le jour ? Qui l’a créée ? Quels ont été ses exploitants successifs ? A-t-elle connu des succursales ? Quand elle a cessé de fonctionner ? La bière qui y était confectionnée existe-t-elle ailleurs ? »

Bref, vous l’aurez compris, tout ce qui concerne cette brasserie et sa production intéresse ma lectrice. Aurez-vous la gentillesse de la renseigner ? Je compte sur vous et vous en remercie déjà.

La Petite Gazette du 3 octobre 2007

UN PREMIER MOT SUR LES BRASSERIES DE HOTTON

MonsieurRaymond Pirotte, d’Evelette, apporte des renseignements à Mme Beenders, de Vottem:

« La brasserie Jacquemart dont il a été question n’est pas répertoriée comme telle : il s’agit sans doute d’un négociant – marchand de bières.

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Quant à l’autre brasserie, ayant produit la « Bière du Sanglier », elle a été fondée par Emile Remy à la fin du XIXe siècle (1899 ?). Vers 1926, elle fut rachetée par Alexandre Lobet. 002.jpg

 

 

 

La  « Super Sanglier » était effectivement la spécialité la plus connue de cette brasserie.

 

En dehors des bières de ménage, la « Mustel » était une autre spécialité, qui ne semble pas avoir connu un grand succès. » A suivre.

La Petite Gazette du 10 octobre 2007

UN PREMIER MOT SUR LES BRASSERIES DE HOTTON

Retrouvons M. Raymond Pirotte, d’Evelette, et les renseignements qu’il apporte à Mme Beenders, de Vottem :

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« Je possède dans ma collection un verre d’ « Export Chasseurs Ardennais », datant probablement des années 1930 et représentant un sanglier dans une roue de vélo. 004

 

 

Selon toute vraisemblance, il s’agit aussi d’une appellation de la brasserie Lobet. Peut-être une énigme supplémentaire à résoudre par les lecteurs de la Petite Gazette ?

 

Après la Seconde Guerre, la brasserie fut dirigée par Lobet Frères. Connue aussi sous l’appellation « Brasserie Luxembourgeoise », elle cessa toutes ses activités vers 1955. »

Maintenant, j’ai la chance et le plaisir de vous donner à connaître le témoignage d’un ancien employé de chez Lobet, M. Edouard Triolet, de Lierneux : « Pour vous parler de la Brasserie Lobet, de Hotton, je dois me reporter en 1936. N’ayant plus de travail, mon père, Joseph, est contacté par les frères Lobet et, après discussion, papa devient dépositaire et négociant en bières et dérivés. Ayant terminé mes études moyennes, j’ai 15 ans et j’aide mon père dans le commerce. Nous sommes ravitaillés par camion et habitons Vielsalm. Notre commerce marche très bien, mais la guerre de 1940 et l’Offensive détruisent tout et papa est tué le 12 janvier 1945.

En 1947, jeunes mariés, nous allons habiter Melreux et je deviens chauffeur-livreur à la brasserie Lobet, gérée par les quatre frères.

Le papa Lobet, qui était tonnelier de profession, a été tué à Hotton, lors de l’Offensive des Ardennes.

Joseph Lobet, l’aîné, brasseur en bières blonde et brune ; Antoine Lobet, comptable ; Léon Lobet, entretien du matériel et André Lobet, avec un camion wagon, ravitaille les dépôts et hôtels. Parmi le personnel, il y a encore : Félix Petit, comptable, Antoine Gérard et H. Dessaive, entretien des machines et soutirage des bières. Fernand Gérard (lu Blan) chauffeur-livreur (le plus ancien), Clément Jacquet, chauffeur-livreur, Edouard Triolet, moi-même, chauffeur-livreur habitant à Melreux, près du garage de François Houssa (de 1947 à 1951). En 1948 – 1949, Joseph Lobet, brasseur qui est allé, pendant des mois, à Munich se perfectionner dans l’art de la fabrication des bières spéciales, lance la « Super Sanglier », bière brune de très grande qualité.

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 verre de la collection de M. Raymond Pirotte

 Soutirée dans une bouteille d’1/4 de litre, pansue (genre Perrier), elle porte une étiquette avec, en gros plan, un sanglier de belle allure et une colorette portant le texte :

J’aime le son du cor

Le soir au fond des bois,

Mais je préfère encor

La bière que voilà

Avec l’évolution du commerce, la brasserie Lobet est entrée en rapport avec celle de Koekelberg, de Bruxelles. Les responsables de cette brasserie ont demandé, ou plutôt imposé, à M. Joseph Lobet de fabriquer la Super sanglier en blonde au lieu de la brune. Malheureusement cela s’est révélé un réel fiasco et la disparition de cette « Perle des Ardennes » a été inévitable.

J’ai quitté la brasserie Lobet, en 1951 et, avec mon épouse, nous sommes établis à notre compte à Grand Sart, puis à Lierneux en 1955 et depuis nous sommes lierneusiens retraités. J’ignore totalement ce qui s’est passé à la Brasserie Lobet depuis mon départ… »

Un immense merci pour ce témoignage passionnant.

La Petite Gazette du 30 octobre 2007

ENCORE DE PASSIONNANTES PRECISIONS A PROPOS DES BRASSERIES DE HOTTON

Monsieur Fernand Lobet, né il y a 65 ans à Hotton, habite aujourd’hui Comblain-au-Pont. Il a pensé qu’il serait utile qu’il nous livre également ses souvenirs et il a vraiment bien fait.

« Comme chauffeur-livreur plus ancien, il y avait Julien Lobet, mon grand-père. C’était avant la guerre. Il travaillait pour ses cousins et assurait les livraisons avec un chariot tiré par un cheval.

Au sujet de Fernand Gérard, on a déjà dit qu’il était surnommé  « lu Blan », mais il était aussi affublé d’autres appellations : « le petit Fernand » par exemple, mais on le désignait également en associant son prénom au nom de ses patrons : « Fernand Lobet ».

Après les années 50, Antoine s’est installé comme distributeur Coca-Cola, à  300 mètres de la brasserie vers le centre du village, dans un grand hall. Un délégué, tout de vert vêtu, formé par la firme dirigeait l’affaire avec le financier Antoine.

Dans les anciens bâtiments de la brasserie existait une glacière qui se révéla être très utile pour les cafés du coin mais aussi lors d’organisation de fêtes ou de fancy-fair à des kilomètres à la ronde.

Léon et Jules Lobet ont fabriqué et vendu la bière Lobet en bouteilles de 75 centilitres, mais également de la bière de table, dite bière de ménage.

La « pils » qu’ils mettaient en vente était la bière « Lamot » distribuée en fûts et en bouteilles de 25 centilitres. Cette bière était alors très bue, comme la Stella, on ne parlait pas tant de la Jupiler. Evidemment, ils distribuaient également des eaux et des limonades. La bière Diekirch était leur grande et bonne bière, en fûts et en bouteilles également. Les grandes réclames vantant cette marque décoraient le plus grand café de la région, « Chez Jacquemart », sur la place. Les enfants ont quitté le commerce et Léon, qui vécu très vieux, avait repris, pour les connaissances uniquement, son ancien métier de cordonnier. »

Un tout grand merci pour tous ces renseignements qui viennent compléter ceux déjà publiés.