UN ELEVAGE DE RENARDS ARGENTES A SEVISCOURT-LIBRAMONT

La Petite Gazette du 2 mars 2005

L’ÉLEVAGE   BELGE DE RENARDS ARGENTÉS

Monsieur Roland Georges, de Welkenraedt, m’a envoyé cet étonnant document daté d’octobre 1928 au sujet d’un étonnant « ranch d’élevage » ardennais. En avez-vous déjà entendu parler ? Savez-vous quelque chose au sujet de cette entreprise ? En possédez-vous des photographies ? Bref, comme d’habitude, tout ce que vous savez est susceptible de nous intéresser ; répondrez-vous à cet appel ? Merci de contribuer à alimenter agréablement votre Petite Gazette.

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Fondée le 9 octobre 1925, cette société, ayant acquis, dès sa constitution, 11 paires de renards argentés du réputé élevage de B. Graham Rogers, île du Prince-Edouard, Canada, tous sujets issus de parents primés ou primés eux-mêmes, a pris un développement considérable. Son ranch d’exploitation, situé à 515 mètres d’altitude, com­porte un plateau de 6 hectares au centre d’un domaine privé de 2 000 hectares, dans les Hautes Ardennes belges, à Séviscourt, près de Libramont, ligne de chemin de fer Bruxelles-Luxembourg.

Après avoir conservé en vie successivement pour ses trois premières années d’exploitation : 17 jeunes en 1926, 41 jeunes en 1927 et 65 jeunes en 1928, la Société, après ses ventes de  l’année, tant en paires de renards vivants qu’en fourrures, et ses achats annuels de quelques nouvelles paires au Canada, possède à ce jour — août 1928 — un cheptel de 157 renards argentés de toutes premières ori­gines et de toute première qualité.

Par sa situation isolée, ses installations perfectionnées, ses grands enclos de semi-liberté estivale, ses cages pour les accouplements et l’élevage des jeunes, ses soins méticu­leux, son personnel d’élite et enfin son cheptel de pre­mière origine, l’« Elevage Belge de Renards Argentés » peut être considéré comme un des premiers élevages mo­dèles mondiaux.

L’« Élevage Belge de Renards Argentés» vend des paires de renards adultes et des paires de renardeaux de toute première qualité à des prix défiant toute concurrence. Pour l’acheteur européen, ces bêtes acclimatées constituent, par suite du change déprécié belge, en outre, de réelles occasions à tous points de vue.

A des conditions avantageuses pour l’acheteur, s’il le désire, 1’ « Elevage Belge de Renards Argentés» conserve en pension des paires achetées et les élève, elles et leur progéniture.

Pour tous Renseignements, permis de visite d’Août à fin Novembre, etc. , s’adresser à

Monsieur Fontaine-Bour,  administrateur-délégué,  au  Parc  de Séviscourt, par Libramont (Belgique) »

La Petite Gazette du 23 mars 2005

L’ÉLEVAGE   BELGE DE RENARDS ARGENTÉS

   Un lecteur de Welkenraedt vous a présenté un document daté d’octobre 1928 au sujet d’un étonnant « ranch d’élevage » ardennais. Je vous demandais si vous pouviez me parler de ces renards argentés élevés jadis en notre Ardenne et, quasiment comme toujours quand je vous questionne, vous m’avez répondu.

Mme Joëlle Gillet, de Jeneffe-en-Condroz, m’a transmis une passionnante documentation que possédait sa grand-mère, Mme Léona Martin-Ninin qui habitait à Séviscourt. Ma correspondante précise que ces renseignements sont extraits d’un ouvrage édité en 1985 et intitulé « Si Freux m’était conté ».

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L’ouvrage mentionné renseigne sur cette étonnant élevage en se basant sur les souvenirs de Mme Hélène Zune qui y travailla avec son époux.

« Fondé le 9 octobre 1925 par une société anversoise et repris en 1934 par le baron Jacques de Pierlant, cet élevage se situait sur la propriété du baron de Pierlant à proximité de la ferme de Chevrihet.

Sur une superficie de 6 Ha, un parc avait été délimite et bordé de cages (12m. sur 6m.) réalisées tout exprès par Jacquemin de Nivelles. Un treillis enterré à 50 cm. de profondeur entourait ce parc. Deux observatoires de 18m. de haut servaient à la surveillance du rut, des accouplements et de la mise bas. De plus, des lampes tout autour du parc permettaient de repérer les rôdeurs éventuels.

L’élevage portait le nom d’ EIBEREAR (él/evage be/lre du re/nard ar/genté)

Les renards (11 couples au départ) importés de l’île du Prince Edouard au Nord du Canada, se multiplièrent bien vite pour arriver aux chiffres impressionnants de deux cents têtes. Aussi, pour diriger tout ce petit monde, un personnel qualifié (Hélène Zune et son mari Hector Pelix) se trouvait 24 H. sur 24 sur place. »

Monsieur Anicet Fraselle évoque, à son tour, cette exploitation originale. Lui aussi signale les informations contenues dans l’ouvrage consacré à l’histoire de Freux.

« Etant né à Freux (sans jeu de mots, tient à préciser mon correspondant) et y ayant passé toute mon adolescence, je connais particulièrement bien la région (…)

Les animaux étaient très fragiles. Ils exigeaient une bonne hygiène et une bonne nourriture : pas de puces, pas de poux de peur qu’ils se grattent et abîment leur fourrure. Ainsi ils étaient lavés soigneusement et régulièrement et leur cage devait être d’une propreté impeccable. Ils mangeaient un mélange de gruau d’avoine, de riz, de foin et de cœur…

Les renards adultes étaient tués en décembre, au moment où leur fourrure est au maximum de beauté et de solidité. Les peaux étaient envoyées à Bruxelles où elles étaient tannées selon une méthode particulière. Chaque peau valait entre 17.000 et 25.000 francs. Le couple d’éleveurs gagnait 2.500 francs par mois, un salaire très élevé, surtout si on y ajoute les avantages en nature : l’eau qui venait d’un étang voisin, l’électricité et le chauffage, sans compter les pourboires des visiteurs.. .11 est intéressant de noter qu’un journalier de l’époque gagnait de 150 à 250 francs.

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Document extrait de « Si Freux m’était conté » De gauche à droite Maurice Lurkin (ouvrier), Hector Félix et Hélène Zune. A remarque les peaux de renards suspendues derrière eux.

   En 1940, une vingtaine de renards furent relâchés dans la nature où ils ne survécurent pas. Bien sûr, il fallait les nourrir et en temps de guerre, ce n’est pas facile. De plus, il semble que ces animaux non adaptés à nos climats tempérés étaient très sensibles aux maladies et que l’élevage ait périclité petit à petit. »

 

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