LES CARRIERS FIRENT NOS VILLAGES EN CREUSANT LES CARRIERES

La Petite Gazette du 17 décembre 2003

QUAND LES CARRIERS FETAIENT LA SAINTE-BARBE…

   C’est M. Pierre Willems, d’Outrelouxhe, qui me permet de parler des carriers et j’en suis tout à fait ravi… Mon correspondant sait bien de quoi il parle puisqu’il se présente lui-même comme un vieux carrier avec « cinquante ans de carrière en carrières ». Suivons-le parmi ses souvenirs :

« Autrefois, la Sainte-Barbe se fêtait autrement qu’aujourd’hui. Le 3 décembre, veille de la fête, avant midi, le maître artificier faisait forer des trous de pétard dans les gros blocs de pierre.  On les bourrait à la poudre noire et de la poussière, puis on les reliait à un cordon de mèche. Vers 14h30, on arrêtait le travail et l’artificier allumait la mèche du cordeau détonant pour faire sauter les blocs dans un bruit assourdissant. Heureusement, les villageois étaient prévenus.  010

 

 

 

 

Pierre Willems, épinceur-appareilleur

    Ensuite, les ouvriers, le contremaître et, souvent, le patron se réunissaient au réfectoire pour boire les bouteilles de pékèt, surtout, mais aussi de la bière. On racontait des blagues et certains poussaient la chansonnette. Le soir tombait vers 17 heures et chacun rentrait alors chez soi, comme il le pouvait ! Ainsi, je suis déjà revenu, à vélo, de Limont-Tavier à Ouffet, même par temps de pluie ou de neige.

Aux carrières Depauw d’Ouffet, les patrons offraient un souper aux ouvriers accompagnés de leur épouse, du moins ceux qui étaient mariés.

Le lendemain, 4 décembre, une messe était célébrée en l’église. Les croyants, ou ceux qui faisaient semblant pour être bien vus des patrons catholiques, ou du moins les épouses y assistaient. Les autres ouvriers étaient déjà dans les cafés en train de boire, en attendant que les autres sortent de l’église pour venir les retrouver. C’étaient alors des beuveries jusque tard dans l’après-midi…

On ne mangeait guère, vu que, suivant le dicton de chez nous, « Où le brasseur passe, le boulanger n’a que faire ! »

Aujourd’hui, à cause des voitures et des contrôles d’alcool-test, il devient impossible de s’amuser comme autrefois. Ce jour de congé est payé comme un jour férié et les ouvriers boivent un coup chez eux en regardant la télé ! On appelle cela le progrès… à chacun son jugement. »

La Petite Gazette du 30 décembre 2003

LES CARRIERS FIRENT NOS VILLAGES EN CREUSANT NOS CARRIÈRES…

   Bien des villages de l’Ourthe-Amblève et du Condroz n’existeraient pas si, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, l’exploitation de la pierre n’avait pas connu un essor extraordinaire. Ils sont nombreux nos grands-pères qui ont travaillé péniblement pour arracher ces pierres qui donnent tant de charme à nos villages. Et si nous profitions de 2004 pour leur rendre un hommage. Envoyez-moi vos photos de carriers au travail et parlez-moi de leur dextérité, mais aussi de leurs conditions de travail, de leurs coutumes… Comme Mme Biet, d’Awan-Aywaille, permettez à toutes et à tous de découvrir les réalités de ce métier.

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La Petite Gazette du 7 janvier 2004

LES CARRIERS D’OURTHE-AMBLÈVE ET LA SAINTE-BARBE

   Madame Renée Louise Califice, de Sprimont, se fait l’écho de l’amertume de M. Willems.

   « Il y a quelques années, les carriers ont offert à l’église de Sprimont, une très belle statue à l’effigie de sainte Barbe. Cette statue a été placée devant l’entrée de l’église entourée de pierres du pays.

Chaque année, la chorale Sainte-Cécile s’évertue, le 4 décembre, à chanter durant la messe célébrant la fête en l’honneur de cette sainte patronne des carriers. Il est triste de constater que seule une dizaine de personnes assistent à l’office. Où sont passés les carriers de Sprimont ? Les chanteurs de cette chorale se posent la question… »

J’imagine qu’ils auront à cœur de vous répondre car, par les temps qui courent et il faut le regretter amèrement, les carriers font plus souvent l’objet de récriminations que de regrets…

La Petite Gazette du 4 février 2004

LES CARRIERS FIRENT NOS VILLAGES EN CREUSANT NOS CARRIERES…

Monsieur Jacques Stoquart me transmet cette intéressante carte postale, postée à Andenne, le 26 janvier 1909, et arrivée – sans timbre Prior – le lendemain à Melreux.

012      Mon correspondant revient sur la parution, le 2 janvier dernier, de la photo prêtée par Mme Biet : « un des ouvriers carriers figurant sur cette photo a été identifié comme étant Alphonse Simon. Or la carte que je vous présente a été signée d’un certain Aug(uste) Simon et adressée au maître de carrières Emile Oger, de Hotton-Melreux.

013   Le salut qui termine la brève missive est, pense mon correspondant, révélateur de l’appartenance maçonnique du signataire : « Salut et fraternité ».

Auguste était-il parent d’Alphonse ? Quelqu’un se souvient-il avoir entendu parler d’Aug(uste) Simon  ou/et d’Emile Oger ? Les lecteurs répondront peut-être. » Oui, certainement s’ils peuvent vous éclairer.

Mme Léona Biet, d’Awan-Aywaille, m’a précisément apporté des précisions sur son beau-père, Alphonse Simon :

« Il fallait alors être très courageux pour exercer le métier de carrier. Il était, je crois ne pas me tromper, « rocteur ». Il partait d’Awan le matin, pour rejoindre Hagonheid,  et le soir, bien sûr, il faisait le chemin inverse, toujours à pied. Il accomplissait un travail très périlleux ; on le laissait descendre, retenu par une corde qui lui entourait la taille et qui le maintenait contre le rocher. Il cherchait alors une légère aspérité dans la roche pour y appuyer les pieds et se maintenir debout. Puis, à l’aide d’un fer à mine et d’un marteau, il creusait un trous très profond dans la roche. Là, on introduisait la poudre explosive pour faire sauter le rocher. Cette poudre était reliée à une longue mèche qu’on allumait en temps utile. Celui qui y mettait le feu devait courir vite pour se mettre à l’abri. A l’aide d’un cor très puissant, tous les alentours étaient prévenus du danger. Quelques minutes plus tard, c’était la déflagration et les blocs de pierre volaient en l’air, accompagnés d’un énorme nuage de poussière. C’était alors du travail pour un bon bout de temps pour les carriers. »

Merci pour ce témoignage. Vous aussi, venez rendre hommage à ces travailleurs de la pierre, confiez-moi vos photos et vos souvenirs. D’avance, un immense merci.

DE NOMBREUX CARRIERS ONT PERDU LA VIE AU TRAVAIL…

Monsieur Albert Etienne, de Sprimont, aime à se souvenir que, le 26 mai 1954, à Florzé, la carrière tua neuf ouvriers. Cette année, il y aura donc cinquante ans déjà que se drame endeuilla les familles ouvrières de chez nous.

014   Mon correspondant s’est engagé dans un projet d’érection d’un élément commémoratif sur les lieux même du drame et, pour cela, il a besoin de votre aide : pourrez-vous l’aider à établir la liste des rescapés de l’accident et toujours en vie aujourd’hui, ainsi que la liste des veuves et enfants des neuf victimes directes de l’accident.
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Merci de penser que tout document d’époque serait très intéressant et de nous permettre de le consulter. Je compte sur vous pour permettre l’aboutissement de ce projet  et vous remercie, d’ores et déjà, de votre précieuse collaboration.

La Petite Gazette du 18 février 2004

LES CARRIERS FIRENT NOS VILLAGES EN CREUSANT NOS CARRIERES…

Monsieur Jacques Bastin, de Heyd, évoque pour nous la vie des carriers d’Ouffet.

« Mon grand-père paternel, prénommé Victor, est né à Ouffet en 1866, il y est décédé en 1950. Il exerça le métier de tailleur de pierre et son habileté fit qu’il fut très apprécié. Ouffet vit nombre de ses habitants montrer un réel talent dans l’art de sculpter la pierre. Rappelons les Jeannette, Sprumont, Baulieu… il en est d’autres, mais ils ont quitté ma mémoire.

Après la Grande Guerre, mon grand-père, en compagnie d’autres ouvriers du lieu, participa activement à la réalisation du monument aux morts qui devait s’ériger sur la place du village. Il sculpta les bottines du sujet principal, un soldat casqué dressant un étendard. Chaque fois que je lui disais que j’étais passé près du monument en question, il me demandait, pour me taquiner, si les chaussures qu’ils avaient réalisées ne méritaient pas une réparation.

Mon grand-père, reconnu comme sage par ses compagnons de misère et étant un peu plus instruit qu’eux, fut pressenti pour s’occuper, en leur nom et tout à fait bénévolement, des discussions avec la direction de la carrière et de la paperasserie administrative requise. En fait, à l’heure où les premières organisations ouvrières se développaient (le Parti Ouvrier Belge avait été fondé en 1885 et les premières associations mutuelles commençaient à fonctionner), il fut un genre de syndicaliste avant l’heure. »

Nous retrouverons Victor la semaine prochaine et, avec lui et au travers des souvenirs qu’en a gardés son petit-fils, nous vivrons un peu la vie des carriers de la fin du XIXe siècle en nos régions.

016Photo extraite de : René HENRY, L’Almanach de notre Terroir, éditions Dricot, Liège, 1999

La Petite Gazette du 25 février 2004

LES CARRIERS FIRENT NOS VILLAGES EN CREUSANT NOS CARRIERES…

Monsieur Jacques Bastin, de Heyd, évoquent pour nous la vie des carriers d’Ouffet grâce aux souvenirs qu’il a conservés de son grand-père Victor, tailleur et sculpteur de pierre.

« Il n’y avait alors ni dimanche, ni congé, ni relâche dans le travail ; exception faite toutefois pour la fête du village qui était l’événement marquant de l’année. Les ouvriers se voyaient alors accorder le samedi, le dimanche et le lundi pour prendre pleinement part aux réjouissances.

Ces hommes prestaient nettement plus de douze par jour, dans des conditions de confort et de sécurité pratiquement nulles et, rappelons-le, sans loi sociale. Ils partaient au point du jour et rentraient souvent à la nuit tombée pour des salaires de famine. Notons cependant qu’on ne pointait pas et que tout se faisait bien calmement. Un moment particulier de la journée contribuait largement à resserrer les liens entre ces ouvriers solidaires, c’était, le matin, quand le travail s’interrompait une heure durant pour pouvoir se parler, fumer, boire une petite goutte ou, le cas échéant, manger un bout.

Le règlement sur la « sécurité du travail » n’existant point du tout, mon grand-père devait, été comme hiver, tailler ses pierres, par tous les temps, à l’extérieur, sous un frêle abri fait d’un cadre de bois couvert de paille tressée. En hiver, il devait se mettre plusieurs épaisseurs sur le dos pour, dans de telles inhumaines conditions travailler un rien artificiellement au chaud. 017

 Photo extraite de : René HENRY, L’Almanach de notre Terroir, éditions Dricot, Liège, 1999

Mon grand-père ayant immédiatement cotisé, dès qu’on le sollicita, pour sa pension de vieillesse, il l’obtint en 1931, soit à l’âge de 65 ans. Elle n’était certes pas terriblement élevée, mais c’était toutefois un indéniable premier pas en avant pour la classe ouvrière. La vie de pensionné l’ayant, du jour au lendemain, assez désorienté, mon grand-père s’en retourna, après quelques jours de repos seulement, travailler comme il l’avait toujours fait. Bien vite, les Autorités de l’Etat ne trouvèrent rien de mieux que de suspendre le versement de la pension due. Mon père écrivit alors une lettre pas piquée des vers au Ministre concerné et, peu de temps, après mon grand-père retrouvait sa pension et les arriérés qui lui venaient de plein droit. »

Mon correspondant conclut son récit en souhaitant que bien d’autres lecteurs confieront les souvenirs de carriers, patrimoine régional, à la Petite Gazette. J’espère, bien entendu, que cet appel sera suivi.

VIENT DE PARAITRE : L’ABBE PAUL DESIRANT – RESISTANT INEBRANLABLE – de MAURICE PETIT

C’est à Devantave (Rendeux), tout à côté du presbytère, où il exerça son ministère et où il fut arrêté puis torturé, et à deux pas du petit cimetière où il repose, que l’ouvrage que Maurice Petit a consacré à l’abbé Paul Désirant a été présenté, il y a quelques jours, devant une foule nombreuse.

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Paul-Marie Renard, pour la section Luxembourg-Namur de la Royale Union des services de Renseignement et d’Action, a présenté cet abbé de façon simple et profonde à la fois : « Cet homme est un exemple » et du livre de Maurice Petit, il dira : « Ce livre force la réflexion… »

Romain Pousseur, l’étudiant qui se chargea de la mise en page de ce travail et qui fut conquis par son contenu, a eu cette phrase remarquable pour commenter la vie et l’action de ce prêtre : « C’est un modèle pour une civilisation en devenir constant ».

Des propos qui ne pouvaient que ravir l’auteur qui a exprimé son désir de voir son travail de mémoire devenir un outil pédagogique pour permettre la réflexion et la discussion chez les étudiants qui découvriront cette époque qu’ils n’ont heureusement pas connue au travers de la vie de cet homme « bien de chez nous » qu’était l’abbé Paul Désirant. C’est pour faciliter ce travail et initier le débat que l’auteur a choisi de découper son ouvrage en petits chapitres, denses mais clairs et précis. « Ce travail de mémoire, je l’ai voulu pour appréhender l’avenir avec une réelle dose d’espoir »

Grâce aux documents, aux photos et aux témoignages qu’il a récoltés, Maurice Petit nous plonge dans le quotidien et l’engagement de ce jeune abbé. Nous le suivons, pérennisant les valeurs qu’il a découvertes et développées chez les scouts en s’engageant, dès le mois de septembre 1940, dans le service de renseignement Clarence de Walthère Dewé ; puis, peu après, il deviendra agent d’un deuxième service de renseignements militaires, le réseau Benoit et encore du Mouvement National belge et du Front de l’Indépendance. L’auteur nous mène alors dans les arcanes de ces mouvements pour indiquer les connexions que l’abbé Désirant créera avec le réseau Bayard, la distribution de la presse clandestine, l’hébergement de soldats français évadés… Les faits qui mènent à son arrestation sont détaillés et commentés ainsi que le calvaire de l’abbé qui finira devant le peloton d’exécution à la Citadelle de Liège le 31 août 1943, quelques minutes après l’abbé Joseph Peeters, le curé de Comblain-au-Pont. L’auteur termine son ouvrage en publiant les dernières lettres de l’abbé Désirant et en évoquant les hommages qui lui furent rendus après la guerre.

Ce livre (124 pages), grâce notamment aux multiples liens qu’ils créent avec de nombreux mouvements de résistance ou membres de ces mouvements, vous passionnera. Vous pouvez l’acquérir par un versement de 15€ + 5€ de frais d’emballage et d’expédition soit 20€ sur le compte BE52 0011 4088 5809 de RUSRA LUXNAM à 5000 Namur.

Précisons que ce livre est maintenant disponible aussi:

– à la librairie Nouvel Horizon, de Rendeux;

– au Royal Syndicat d’Initiative de Marcourt;

– au Centre de Documentation de l’Ourthe moyenne à Bardonwez

Je m’en voudrais de ne pas mettre en exergue le généreux soutien de l’Administration communale de Rendeux, l’éditeur de cet ouvrage.

Un excellent conseil donné à tout qui  souhaiterait trouver une information complémentaire concernant les S.R.A. (Services de Renseignement et d’Action) et les objectifs défendus par l’asbl RUSRA-KUIAD vzw, allez donc consulter ce lien : 16-0531-SRA-rdd- Les Services de Renseignement et d’Action.pdf.

POUR RAMONER LES CHEMINEES: LES EPLUCHURES DE POMMES DE TERRE !

La Petite Gazette du 22 décembre 2010

POUR RAMONER LES CHEMINEES ?

Il y a quelque temps de cela, une charmante dame, fidèle lectrice de cette page, m’affirmait que, dans sa jeunesse, son papa, un Ardennais de vieille et pure souche, jetait toujours dans le poêle à bois de la maison familiale les épluchures de pommes de terre car disait-il « Cela ramone la cheminée ! »

Avez-vous déjà entendu parler de cette pratique ? Qu’en pensez-vous ? Connaissez-vous un autre procédé que la bonne vieille brosse à ramoner, lestée d’un poids ou munie de manches successifs, pour l’entretien des cheminées des maisons chauffées au bois ?

J’attends vos réponses avec beaucoup de curiosité.

La Petite Gazette du 5 janvier 2011

POUR RAMONER LA CHEMINEE…

Madame Christine Petit, Aye, respecte toujours cet usage ancien :

« Tout comme l’explique votre fidèle lectrice, je mets les épluchures de pommes de terre dans le poêle à bois pour ramoner la cheminée. Je suis née en 1960 et j’ai le souvenir déjà de ma grand-mère qui mettait ses épluchures dans le poêle à bois pour nettoyer la cheminée disait-elle. »

Monsieur Jacques Bastin,  de Heyd,  se souvient lui aussi et explique :

«Cette fidèle lectrice a parfaitement raison en ce qu’elle avance au sujet des pelures de pommes de terre. En effet, quand j’habitais au quartier du Laveu à Liège, très nombreuses étaient alors les familles qui, dans les années quarante, jetaient régulièrement, sur le feu brûlant de leur cuisinière à charbon, des pelures de pommes de terre et épluchures diverses en vue d’éviter tout feu dans la cheminée. Ce truc marchait à merveille. Il venait, à la fois, d’un ancien ami de régiment de mon père, qui était devenu poêlier, et du père d’un de mes amis d’enfance qui était maçon.

Je suppose que la protection provenait du simple fait qu’en brûlant vivement toutes ces pelures  et épluchures on humidifiait, non seulement assez fortement ainsi, le conduit de la cheminée où s’était déposée la suie, mais que, quand la quantité de cette suie était devenue un rien trop importante, cette accumulation d’humidité en augmentait le poids au point qu’elle finissait  vite alors par se détacher  d’elle-même. »

Monsieur Christian Delhez, de Remouchamps, sait lui aussi que cette pratique était courante :

« Effectivement, j’ai déjà entendu parler des épluchures quand j’étais gamin, mais sans pouvoir vous parler des résultats obtenus !

Un autre « truc et astuce » brûler des morceaux de vieux zinc, morceaux venant du démontage
d’anciennes toitures. C’est sensé limiter les dépôts de goudron dans les conduits de cheminée. J’ai testé, pas sur un très long terme, mais le conduit restait bien sec. Maintenant la qualité du bois a aussi toute son importance.

Néanmoins, conclut-il avec prudence, tout cela ne remplace pas un ramonage correct. »

C’est toujours un plaisir que de vous questionner… Vos réponses sont toujours si intéressantes !

La Petite Gazette du 19 janvier 2011

ENCORE LE RAMONAGE DES CHEMINEES

Madame Lamette, de Waha, aime à confirmer ce qui a été dit sur l’usage des épluchures de pomme de terre à des fins de ramonage.

« J’ai 73 ans et, depuis ma plus tendre enfance, je me souviens de mes grands-parents et de maman, que j’ai encore le bonheur d’avoir auprès de nous, qui confiaient au feu les épluchures de pomme de terre.

Etant jeune, j’en riais un peu mais, un jour, un feu de cheminée s’est déclaré chez des voisins. Les pompiers marchois sont intervenus avec de l’eau et il y a eu des dégâts… Un pompier, parmi les plus âgés, a alors parlé des épluchures…

Depuis des années, je sèche légèrement les épluchures et, toutes les deux semaines, je ramone ma cheminée avec un bon sachet d’épluchures de pomme de terre, quand il y a un bon feu de bois. Chaque fois, je pense que nos anciens avaient de bonnes idées et étaient de bons conseils. »

La Petite Gazette du 26 janvier 2011

ENCORE LE RAMONAGE DES CHEMINEES

Cette fois, c’est Mme Marie Wirtz, de Somme-Leuze, qui confirme ce qui a été dit jusqu’à présent :

« Je confirme bien la pratique de jeter les épluchures de pommes de terre dans le poêle pour le bon entretien de la cheminée. J’ai toujours vu ma belle-mère, qui aujourd’hui serait âgée de 97 ans, agir de cette façon dans la région arlonnaise. Il est vraisemblable que tout le monde ne faisait pas comme cela, je pense notamment aux personnes qui élevaient un cochon et qui lui réservaient dès lors les épluchures des pommes de terre. »

Un grand merci pour cette communication.

 La Petite Gazette du 2 février 2011

UNE EXPLICATION AU RAMONAGE PAR LES EPLUCHURES

Un très aimable lecteur nous explique en quoi les épluchures de pommes de terre peuvent effectivement avoir une vertu « ramoneuse » :

« Il est tout à fait plausible, m’écrit-il, que les épluchures de pomme de terre puissent avoir un effet sur l’élimination des suies dans les conduits de cheminées. Le zinc est un des composants utilisé dans les bûches ramoneuses qu’on trouve de nos jours dans divers magasins ; en effet, le zinc présent également dans les épluchures de pomme de terre soumises à de hautes température s’évapore sous forme d’oxyde et décroche avec efficacité les suies…cqfd. »

Ah ! ces merveilleux trucs de grand-mère…

La Petite Gazette du 9 février 2011

CONFIRMATION : LES EPLUCHURES DE POMMES DE TERRE RAMONENT…

Monsieur Jacques Petit, de Sprimont, apporte une nouvelle confirmation à ce qui a été publié sur le sujet : « Ce procédé est efficace et, d’ailleurs, il y a quelques années, un technicien de la firme Eifel l’a préconisé lors d’une émission télévisée.

La pomme de terre est un tubercule à forte teneur d’amidon. C’est l’amidon qui doit imbiber les suies qui collent dans la cheminée. Ces suies qui sont normalement grasses sont asséchées par l’amidon contenu dans les fumées. Nous constatons que cette suie asséchée et devenue craquante tombe toute seule dans la cheminée. Après un ramonage sommaire, on la retrouve au pied de cette cheminée. Il suffit alors de la récolter à la main afin de l’évacuer.

Cependant, pour plus de tranquillité, nous ramonons par le dessus et nous constatons que la cheminée s’est ramonée toute seule. Seule, un petit résidu tombe au pied de la cheminée.

Avant de mettre les épluchures dans le feu, nous les laissons sécher pour éliminer l’eau qui ne ferait qu’encrasser davantage la cheminée. »

Monsieur Marcel Pestiaux, de Marche-en-Famenne, a également tenu à vous faire savoir que ses « grands-parents paternels utilisaient eux aussi cette vertu des épluchures de pommes de terre. Ils ont élevé douze enfants, dont neuf sont restés très longtemps en vie, mon papa était l’aîné. Une fois par semaine, on attendait un feu bien flambant pour y introduire une portion d’épluchures mi-séchées. Jamais ils ne connurent d’incendie… »

La Petite Gazette du 23 février 2011

ENCORE A PROPOS DU RAMONAGE DES CHEMINEES

Monsieur R. Lecomte, de Clavier, apporte lui aussi sa confirmation :

« Oui, les épluchures de pommes de terre ramonent ! » Il poursuit son envoi en donnant d’autres moyens d’arriver au même but : « Si vous avez chaque jour des capsules senséo, jetez au feu ce marc de café. Il est aussi un autre moyen bon marché et très efficace, un bon vieux morceau de zinc glissé entre deux bûches flambantes, le morceau fondra très vite et la fumée fera son effet salutaire. » Mon correspondant précise qu’il n’a pas consulté Monsieur van Ypersele, le célèbre climatologue belge, pour connaître l’impact environnemental de ce procédé… »

A PROPOS DE CES TOURS PYRAMIDALES EN BOIS…

Monsieur Claude Léonard, réagissant à l’évocation de pareille tour pyramidale dans les articles publiés sous le titre « Voyage en Haute Ardenne » et signés par Monsieur Gavroye (voir dans la rubrique « Archives »), questionne à propos d’une semblable construction à la Baraque Michel.

« Dans une récente Petite Gazette, était présenté un article concernant la tour de la Baraque Fraiture. J’ ai retrouvé dans les photos de mon grand-père prises au début du XXe siècle, la photo d’une tour pyramidale rudimentaire en bois située à la Baraque Michel qui , avant 1919, était le point culminant de Belgique. Cette tour était munie d’un escalier qui permettait d’atteindre le 1er étage. On l’appelait « la Tour de la Solitude ». 27-baraque-michel-tour-de-la-solitude

Je pose quelques questions qui trouveront peut-être réponse de la part des lecteurs de la Petite Gazette.

1) années de construction et de destruction de la tour

2) dans quel but cette tour a-t-elle été construite :point de vue pour les touristes !!!  surveillance des fagnes(incendie ?) ou autre

3) que représente cette espèce de monument pointu , au loin visible entre les montants de la tour?

Un grand merci pour vos éclaircissements.

N.D.L.R. Outre les intéressants commentaires déjà apportés en réponse aux questions de Monsieur Léonard, je vous engage à découvrir, dans cette même rubrique « Prolongeons la Petite Gazette« , la remarquable contribution de Monsieur Joseph Toubon qui vous explique dans quel contexte ces tour pyramidales ont été élevées.

 

A LA DECOUVERTE DES BORNES DITES DE STAVELOT

QUAND UN PETIT PATRIMOINE DISCRET TEMOIGNE D’INCROYABLES REALITES … LES BORNES DITES DE STAVELOT borne-stavelot

 

 

 

 

 

Photographie de Michel Riga,

extraite de « Aywaille 500 »

 

 

Les problèmes liés à la mobilité – contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire – ne sont pas nés avec l’avènement du tout à l’automobile… Non, au XVIIIe siècle déjà, c’est le projet de construction d’une route reliant Liège à Spa qui connut des vicissitudes responsables de 35 années de tergiversations causant d’incessants reports du début des travaux. C’est le Prince-Evêque de Liège qui souhaite la réalisation de cette voie car il veut relier la capitale de sa Principauté au Marquisat de Franchimont, l’une des nombreuses dépendances liégeoises. Le morcellement territorial de nos régions rend impossible la concrétisation de ce souhait sans que soient traversées les terres de la Principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy. Les exigences et prérogatives respectives, légitimes ou non, de ces deux chefs d’Etat, le prince-Evêque et le Prince-Abbé, furent sources de nombreux conflits.

Un accord fut enfin dégagé et se concrétisa, le 23 avril 1768, par l’érection de neuf bornes marquant le nouveau partage d’un territoire particulier : la Commune Dieu et Saint-Remacle. Ces bornes, voisines de celles de la Porallée récemment redressées et que nous avons visitées il y a peu, virent leur fonction initiale traverser les siècles puisqu’elles assurèrent, après la chute de l’ancien régime, les limites administratives entre les communes de Theux et La Reid et celles de Louveigné et de Sougné-Remouchamps. Aujourd’hui encore, elles délimitent les arrondissements de Liège et de Verviers. affiche-sds-2016-avec-aywailleAller à la rencontrer de ce patrimoine, c’est se donner l’occasion de franchir les siècles, d’aborder les rivalités territoriales de l’ancien régime mais également les réalités économiques qui les justifiaient déjà alors. Evidemment, comme toujours en nos contrées, ces lieux sont également le décor de nombreuses et savoureuses anecdotes qui viendront pimenter et agrémenter l’évocation historique que cette petite balade permettra.

C’est avec grand plaisir que je vous retrouverai à cette occasion et que je commenterai cette petite promenade qui nous permettra d’aller à la rencontre de ces éléments de petit patrimoine riches d’une longue et passionnante histoire.

Besoin de davantage d’informations ? Administration communale d’Aywaille : 04/384 05 19 ou 0495/45 31 59

L’IMPORTANCE DE L’ACTIVITE LIEE A L’EXTRACTION DU MINERAI DE FER A FERRIERES A LA FIN DU XVIIIe SIECLE

Monsieur René Gabriel, de Roanne-Coo, est, vous le savez bien, un inlassable chercheur, passionné par les réalités passées de sa région. Il ne se fatigue de fouiller et de déchiffrer les archives que nous ont laissées les siècles écoulés et il aime à partager ses intéressantes découvertes. Il revient sur l’évocation de l’importante activité que générait, encore à la fin du XVIIIe, l’extraction du minerai de fer.Voic, avec l’orthographe de l’époque, le fruit de ses découvertes:

Liste  des  minéraux  tirez  au  Comté  de  Logne  sur  le  bien  des  Seigneurs  du  Chapitre  de  Stavelot  depuis  le  Noel 1781  jusqu’au  Noel 1782.

1781.

Le  28  Xbre (décembre)  mesuré  à  L. Sylvestre  et  consors 18  chars  mine  tirez  sur  le  bien  des  Seigneurs  du  Chapitre  de  Stavelot  deriere  leur  cense  à  Feriere  lesquels  sont  vendus  à  la  Delle veuve  Xhardez  à  9 florins  le  char, vient  auxdits  Sgr  pour  propriété   la  dime  déduite  25  sous  par  char, ici : 20,9,1 florins.

Le  28  Xbre  mesuré  à  Martin  Paulus et  à  G. J. Sylvestre  12  chars  mine  tirez  sur  le  même  bien  que  dessus  audit  lieu  lesquels  sont  vendus  aux  Mrs Boumalle  à  9  florins  le  char,  vient  auxdits  Sgrs  pour  propriété  25  sous  par  char  la  dime  déduite, icy  13,12,3 florins.

Le  28  Xbre  mesuré  à  Antoine  Sylvestre  de  Feriere  6  chars  mine  tirez  sur  le  même  bien  que  dessus  audit  lieu  lesquels  sont  vendus  au  Sr Henry  Lambert   à  9  florins  le  char, vient  auxdits  Sgrs  pour  propriété  25  sous  par  char  la  dime  déduite, icy  6,16,2 florins. 

1782.

Le  2  janvier  mesuré  audit  Sylvestre  15 ½  chars  mine  tirez  sur  ledit  bien  audit  lieu et  sont  vendus  au  Sr  H. Lambert  à  9 florins  le  char,  vient  auxdits  Sgrs  pour  propriété  25  sous  par  char  la  dime  déduite, icy  17,1,0 florins.

Le  2  janvier  mesuré  à  Martin  Paulus et  à  G. J. Sylvestre  25 ½ chars  mine  tirez  sur  ledit  bien  et  sont  vendus  aux  Mrs  de  Boumal  à  9  florins  de  char, vient  pour  propriété  auxdits  Sgrs  25  sous  par  char la dime  déduite, icy  28,8,1 florins.

Le  15  avril  mesuré  à  H. Roucelle  et  consors  11  chars  mine  venante  du  bien  des  Sgrs  du  Chapitre  de  Stavelot  et  tirée  par  le  bien  du  Sr Biron  à  Filot, icy  aux  Sgrs  1  florin  par  char  la  dime  déduite, 10 florins.

Le  19  avril  mesuré  à  J. J. Charlier  et  consors  59  chars  mine  tirez  sur  le  bien  des  Sgrs  du  Chapitre  de  Stavelot  aux  Aguesses  et  sont  vendus  au  Sr J. P. Hubin à  4,15 florins  le  char, icy  auxdits  Sgr  le  4 eme  la  dime  déduite  ou  63,13,3 florins.

Le  20  dito  mesuré  à  Henry Seret et  consors 18  chars  mine  tirez  sur  le  bien  audit  lieu  et  sont  vendus  au  même  à  3  florins  le  char, icy  auxdits  Sgrs le  4 eme  la  dime  déduite  ou  12,5,1 florins.

Le  23  dito  mesuré  audit  Seret 10 ½ chars et  1  mesure  grosse  mine  tirez  sur  ledit  bien audit  lieu  et  sont  vendus  au  même  à  3  florins  le  char, icy  aux  Sgrs le  4 eme la  dime  déduite, 7,3,3 florins.

Le  23  avril  mesuré  à  J. J. Charlier et  consors  21  chars  et  2  mesures  grosse  mine  tirez  sur  le  même  bien  que  dessus  audit  lieu  et  sont  vendus  au  Sr mayeur Lembrée  à  3  florins le  char,  icy  auxdits  Sgrs  le  4 eme  la  dime  déduite, 14,7,2 florins.

Le  5  juillet et  suivants  mesuré à  Seny  et  consors 149 ½ chars mine  tirez  sur  le  bien  des  Sgrs  du  Chapitre  de  Stavelot  à  la  heid  des  Cheins  à  Filot  et  sont  vendus  aux  Mrs Hauzeur  à  5 florins  le  char, icy  auxdits  Sgrs 1 florin  par  char  la  dime  déduite, 135,18,1 florins.

Le  5  juillet  mesuré  à  H. Roucelle et  consors  72 ½ chars  mine  tirez  sur  le  même  bien, vient  auxdits  Sgrs  1  florin  par  char  la  dime  déduite, 65,18,1 florins.

Le  9  juillet mesuré  à  M. Bonjean et  consors  13  chars  mine  tirez  par  le  bien G. Bonjean  venante  de  dessous  le  chemin  à  Feriere et  sont  vendus  au  Sr M. Wathelet  à  7,5 florins  le  char, icy auxdits  Sgrs  le  10 eme pour  terrage  la  dime  déduite, 8,0,1 florins.

Le  9 dito mesuré  à  G. Masset  et  consors 13  chars  mine  tirez  par  le  bien  G. Bonjean  venante  de  dessous  le  chemin  à  Feriere  et  sont  vendus  aux  Mrs Boumalle  à  7,5 florins  le  char, icy  aux  Sgrs du  Chapitre  le  10 eme pour  terrage  la  dime  déduite, 8,0,1 florins.

Le  19  juillet  mesuré  à D. Brialmont  46  chars  mine  tirez  sur  le  bien  des  Sgrs  aux  Aguesses  et  sont  vendus  à  la  Delle  veuve  Xhardez  à  4,5 florins  le  char, ici  aux  Sgrs le  4eme  la  dime  déduite, 44,8,2 florins.

Le  19  juillet  mesuré  à J. C. Hubin  46  chars  mine  tirez  sur  le  même  lieu  et  sont  vendus  à  J. P. Hubin  à  4,10 florins  le  char, icy  auxdits  Sgrs le  4eme  la  dime  déduite, 47,0,3 florins.

Le  19 dito  mesuré  à  F. Marechal  46  chars  mine  tirez  sur  le  même  lieu et  ont  vendus au  Sr  maieur  Lembrée  à  4,10 florins le  char, icy auxdits  Sgrs le  4eme  la  dime  déduite, 31,7,1 florins.

Le  20  août  mesuré à  Henry  le  Kaye  et  consors  100 chars  mine  tirez  sur  ledit  bien  audit  lieu et  sont  vendus  au  même  à  3  florins  le  char, icy  aux  Sgrs la  4 eme  la  dime  déduite, 68,3,2 florins.  

Le  4 7bre mesuré  à  J.P. Hubin et  consors  94  chars  mine  tirez  sur  ledit  bien  audit  lieu  dont  la  dime  se  paie  à  3  florins  le  char, icy  aux  Sgrs le  4eme  la  dime  déduite, 64,1,3 florins.

Item  aussi  estimé  audit  Hubin  9 ½ chars  mine  venantes  du  bien  Joseph  Guillaume  et  tirée  par  celui  des  Sgrs  du  Chapitre  de  Stavelot  audit  lieu  dont  la  dime  se  paie  à  3  florins  le  char, icy  auxdits  Sgrs le  30 eme  la  dime  déduite, 0,18,3 florins.

Le  6 9bre mesuré  à  J.C. Hubin et  consors  101 chars  mine  tirez  sur  le  bien  des  Sgrs  audit  lieu  et  sont  vendus au  Sr maieur  Lembré  à  3  florins  le  char, icy  aux  Sgrs le  4eme la  dime  déduite, 68,17,1 florins.

Le  8  dito mesuré à  J.F. Brialmont  et  consors  127  chars  mine  tirez  sur  le  même  bien  que  dessus  audit  lieu  et  sont  vendus  au  même  à  3  florins  le char, icy  aux  Sgrs le  4eme  la  dime  déduits, 86,1,3 florins.

Les  postes  de la  veuve  Xhardez  portent : 64,17,3 florins.

Les  postes  de  Mrs  Boumalle  portent : 50,1,1 florins.

Ceux  du  Sr H. Lambert  portent 23,17,2 florins.

Ceux  de  Herman Roucelle  portent : 17,18,1 florins.

Ceux  de  J.P. Hubin  portent : 193,4,0 florins.

Ceux  du  Sr maieur  Lembrée  portent : 268,17,1 florins.

Celui  de  Mrs Haueur  porte : 135,18,1 florins.

Celui  du  Sr Wathelet  porte : 8,0,1 florins.

Total : 822,14,2 florins.

Le  Sr Henry  Lambert  at  quitté  le  poste  le  28  mars  1785 portant  40,12,1 florins  par  une  étuve  quarrée  qu’il  at  livré  auxdits  Sgrs  du  Chapitre  de  Stavelot  à  leur  cense  de  Ferière.

B. Gisbrant.

Mon correspondant commente : « Plus de 1.000 chars, 1.011 exactement, ont été extraits des terres des Seigneurs du Chapitre de l’abbaye de Stavelot à Ferrières durant cette seule année ! remarquons qu’ils sont vendus à des prix différents et que plusieurs taux d’imposition existent. Retenons également qu’ils sont désignés « char mine » ou « grosse mine » ; il semble ainsi que le minerai soit de qualité différente suivant les endroits d’extraction. »

N.D.L.R. J’attire également votre attention sur le fait que c’est bien la dîme, l’impôt religieux, qui s’applique puisqu’il s’agit d’une ressource du sous-sol, cet impôt ne concerne donc pas que les carottes, les navets ou les pommes de terre…

LES ATTELAGES DE NOS CAMPAGNES

La Petite Gazette du 27 décembre 2007

POUR LES SPECIALISTES DU WALLON OU CEUX DE L’ATTELAGE

Madame Stéphanie Demazy, de Waillet, est enchantée de découvrir, semaine après semaine, l’étendue de vos connaissances ; elle a donc décidé de faire appel à votre sagacité.

« Je me suis mise à écrire un texte qui fait appel à des termes du patois, dont j’indique la traduction française entre parenthèses. Je bute actuellement contre le mot « gaillo » que personne n’arrive à traduire en français dans mon entourage. Il s’agit d’une petite charrette basse et triangulaire, à trois roues, celle de devant étant plus petite, à courtes ridelles, à laquelle s’attelait un cheval. Les hommes, je crois, s’en servait pour transporter leurs outils aux champs et en ramener, par exemple, les sacs de pommes de terre. J’espère m’être bien expliquée, j’espère être comprise de l’un ou l’autre lecteur à qui, d’avance, je dis merci. »

A vous de jouer et d’étonner encore cette lectrice.

 

La Petite Gazette du 9 janvier 2008

POUR LES SPECIALISTES DU WALLON OU CEUX DE L’ATTELAGE

Madame Stéphanie Demazy, de Waillet, avait  décidé de faire appel à votre sagacité pour obtenir la traduction française d’un terme wallon « gaillo » que personne n’arrive à traduire en français dans son entourage.

Monsieur René Gabriel, de Roanne Coo,  s’est penché dans ses vieux dictionnaires et nous livre le fruit de ses recherches : « Je ne trouve aucune mention de ce mot dans le dictionnaire de Jean Haust, par contre le dictionnaire de L  Remacle édité en 1823 reprend :

Galio : s.m. Efourceau, machine composée d’un essieu, deux roues et un timon pour transporter des fardeaux très pesants.

Le dictionnaire de la langue française par E. Littré, tome II, année 1876 donne la définition suivante :

Efourceau : s.m. Nom d’une voiture à deux roues qui sert à conduire de pesants fardeaux, tels que les troncs d’arbres, de grosses poutres, etc.

Etym. : ce mot paraît formé du latin « furca » fourche : chariot à fourche. »

Un immense merci pour cette recherche précise. D’autres développements très prochainement.

La Petite Gazette du 16 janvier 2008

POUR LES SPECIALISTES DU WALLON OU CEUX DE L’ATTELAG

Madame Stéphanie Demazy, de Waillet, avait  décidé de faire appel à votre sagacité pour obtenir la traduction française d’un terme wallon « gaillo » que personne n’arrive à traduire en français dans son entourage. La semaine dernière, je vous livrais l’analyse faite par M. Gabriel, de Roanne-Coo ; d’autres me sont parvenues et elles sont également intéressantes :

Mme Marcel David-Lacasse, de Manhay, s’est plongée dans les dictionnaires et voici ce qu’elle a trouvé :

« Dans le dictionnaire de Hesbaye d’Eugène Dethier, édition 1994, je lis :

Galiot : sorte de banneau (petit chariot aux roues antérieures amovibles pouvant être remplacées, en hiver, par un traîneau)

Gaillotte : grosse brouette utilisée en Champagne. »

Mme Godinas-Borsu,de Lorcé, m’écrit pour signaler que, selon elle, « ce mot wallon est mal orthographié, il s’agit plutôt d’un ‘galiot’. Le dictionnaire de Jean Haust en donne la définition suivante : ‘terme rural, petit chariot bas sur roues, pour les travaux des champs’ Il s’agit donc, tout simplement, d’un chariot. D’après ce dictionnaire, ‘galiot’ signifie aussi haquet de brasseur et, en terme de houillère, un petit wagonnet employé dans les voies intermédiaires. Dans notre région, poursuit ma correspondante, je n’ai jamais entendu ce terme de ‘galiot’. Chez nous, on dirait tout simplement ‘on tchårê’. Le dictionnaire de Jean Haust est très explicite, je doute fort que Mme Demazy trouve d’autres formules. »

Monsieur Jean Grosdent, de Hotton, puise aux mêmes sources : « petit chariot pour les travaux des champs ou haquet (camion) de brasseur ». Il ajoute que « ce mot est dérivé de l’ancien français ‘galie’ qui était une galère. »

Merci à ces dames et à ce monsieur pour les recherches menées.

 La Petite Gazette du 23 janvier 2008

GALLIO… GALIOT… GARIOT

Comme beaucoup d’autres, M. Louis Daems, d’Ougrée, s’est passionné par cette question linguistique.« Cette lectrice désire connaître la signification du mot « gaillo ». En wallon liégeois (Jean Haust), il s’agit du mot « galiot » et « gariot » dans la région de Durbuy. Il s’agit d’un terme rural qui désigne un petit chariot bas, souvent à trois roues, pour les travaux des champs (J. Haust). La Petite Gazette du 1er avril 2005 a publié une illustration de ce type de véhicule, communiquée par M. Dethier, de Méan. » (N.D.L.R. La voici) bel-attelage

M. J. Polet, de Sprimont,  a cherché lui aussi et, outre ce qu’en dit Jean Haust il nous apprend que « Dans les années 1935, lors de la première invasion de notre région par des cultivateurs du plat pays, j’ai vu un «galiot » au travail. A la description faire par Mme Demazy, j’ajouterai que la petite roue située à l’avant pivotait sous le chariot, actionnée par un court timon auquel le cheval était attaché par un palonnier simple (« on cope »dans notre wallon de Sprimont, pour découvrir d’autres noms de ce palonnier simple, voir J. Haust p. 163 : coplê, copê, coplî, couplî). Le chariot que j’ai vu ne possédait pas de « mécanike », système de freins à patins de bois dur, ou une manivelle à vis sans fin, rabattait simultanément sur les roues arrières.Dans un pays accidenté comme le nôtre, cet engin n’était pas commode à utiliser. Avant d’entamer une descente, le charron devait stopper son cheval et bloquer ses roues arrières au moyen d’une perche passée entre les rayons ; le cheval tirant dans la descente.L’éfourceau dont parle M. R. Gabriel dans l’édition du 9 janvier dernier est un « trikebale » (voir J. Haust, page 676).Pour M. Georges, de Bomal, « le gallio » est une petite charrette à trois roues, avec ridelles sur les côtés, une petite roue devant (semblable à une roue de brouette) et un crochet d’attelage pour transporter des charges légères (les semences, les pommes…)

Pour M. Jacob, d’Ambly, il s’agit tout simplement d’un tombereau.

Monsieur Guy Miny, d’Aywaille, renvoie à l’excellent dictionnaire de M. Simon Stasse, d’Aywaille lui aussi. Voici ce qu’on peut y lire:

GALIOT : 1. Haquet, charrette étroite pour le transport des tonneaux ; syn. Tchèrète di brèsseû  (ou al bîre). 2. Efourceau, fardier, petit chariot bas sur roues pour le transport de lourdes charges. 3. wagonnet employé dans les voies intermédiaires.

M. Jean Dolne, de Sendrone, s’est également fendu d’une intéressante recherche :

« J’ai vu les premiers éléments de réponse parus ce 9 janvier.

Le « Dictionnaire pratique du wallon liégeois » de Jules Lempereur et Jacques Morayns, reprend le galiot avec comme seule précision « haquet, camion ». Mais ce n’est ni un haquet (véhicule à deux roues pour transporter des charges lourdes, des tonneaux), ni un camion (véhicule bas à deux ou quatre roues).

En faisant la même confusion, le dictionnaire Remacle a envoyé M. Gabriel sur une fausse piste. La définition de l’éfourceau montre bien que ce n’est pas ce que nous cherchons. Le « gaillo » décrit par Mme Demazy a trois roues, l’éfourceau en a deux. Il y en a plusieurs définitions de l’éfourceau sur Google, je vous donne celle de l’Académie.

ÉFOURCEAU : n. m. XVIIIe siècle. Issu de la forme masculine de l’ancien français forcelle, « clavicule », qui remonte au latin furcilla, « petite fourche ».

Chariot composé de deux roues, d’un essieu et d’un timon, utilisé pour le transport des grumes, des poutres, etc.

Une recherche plus poussée sur l’éfourceau m’a permis de trouver une illustration dans un ouvrage qui apparaît sur Internet, Elfinspell: Late 19th Century Modes of Transportation In France Taken from The Dictionary of P. Larousse

trinqueballeC’est donc bien une espèce de triqueballe, dont les roues sont reliées par un essieu droit, celles du triqueballe sont fixées sur une sorte d’arceau qui augmente la distance sol-support,

 

 

ou de diable. c003_102

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai trouvé – en cherchant dans la traction chevaline – le « beignot » utilisé en France, dans le Nord: ce serait bien un engin semblable à ce que nous cherchons … mais cela ne résout pas la question, car je n’en trouve que deux occurrences en cherchant avec Google. (Le diable et le beignot sont visibles sur http://metiers.free.fr/ac/c003_d.html). Qui trouvera ? … si c’est trouvable? »

Un tout grand merci pour cette belle recherche.

La Petite Gazette du 6 février 2008

GALLIO… GALIOT… GARIOT

Monsieur Roger Dorval, d’Emptinne, a rassemblé ses souvenirs :« Natif d’un petit village agricole à l’époque…, j’ai souvent entendu ce terme de « gaillo » qui désignait un petit chariot à deux ou quatre roues (le plus souvent), utilisé pour le transport de quantité ou volume peu important : des strains (paille), des canadas (pommes de terre), des pils (pulpe de betterave et ses feuilles)… attelé d’une seule bête. Le transport de matériaux plus lourds se faisait aussi à l’aide d’on bègnon (tombereau) qui, lui, avait deux roues et pouvait souvent basculer pour aider au déchargement del terroul (charbon), des sauvion (sable), encine (fumier)…Au contraire, le grand chariot était on tchôr pour le transport des grandes masses : moissons, pétrâles (betteraves)… beaucoup plus lourdes et attelé, souvent, de plusieurs bêtes. Il était fabriqué par on tcherron (charron) et entretenu par le tchorli qui était aussi le menuisier du village (châssis, cercueil, escaliers…) »Un immense merci pour cette précieuse collaboration. Merci également pour les recherches faites par Mme Jacqueline Wilmet-Mottet, de Marchin, et M Léon Franchimont, d’Esneux.Monsieur Jean De Tender revient sur ce sujet qui, décidément, aura passionné tous les amateurs de vocabulaire, tant wallon que français. Mon correspondant vous propose de découvrir ce petit passage de l’œuvre de Victor Hugo qu’il extrait de   Les misérables, livre IV chapitre premier : « Rien n’est plus ordinaire qu’un tombereau ou une charrette à la porte d’une auberge. Cependant le véhicule ou, pour mieux dire, le fragment de véhicule qui encombrait la rue devant la gargote du Sergent de Waterloo, un soir du printemps de 1818, eût certainement attiré par sa masse l’attention d’un peintre qui eût passé là.C’était l’avant-train d’un de ces fardiers, usités dans les pays de forêts, et qui servent à charrier des madriers et des troncs d’arbres. Cet avant-train se composait d’un massif essieu de fer à pivot où s’emboîtait un lourd timon, et que supportaient deux roues démesurées. Tout cet ensemble était trapu, écrasant et difforme. On eût dit l’affût d’un canon géant. Les ornières avaient donné aux roues, aux jantes, aux moyeux, à l’essieu et au timon, une couche de vase, hideux badigeonnage jaunâtre assez semblable à celui dont on orne volontiers les cathédrales. Le bois disparaissait sous la boue et le fer sous la rouille. Sous l’essieu pendait en draperie une grosse chaîne digne de Goliath forçat. Cette chaîne faisait songer, non aux poutres qu’elle avait fonction de transporter, mais aux mastodontes et aux mammons qu’elle eût pu atteler ; elle avait un air de bagne, mais de bagne cyclopéen et surhumain, et elle semblait détachée de quelque monstre. Homère y eût lié Polyphème et Shakespeare Caliban
(…)
Le centre de la chaîne pendait sous l’essieu assez près de terre, et sur la courbure, comme sur la corde d’une balançoire, étaient assises et groupées, ce soir-là, dans un entrelacement exquis, deux petites filles, l’une d’environ deux ans et demi, l’autre de dix-huit mois, la plus petite dans les bras de la plus grande. Un mouchoir savamment noué les empêchait de tomber. Une mère avait vu cette effroyable chaîne, et avait dit : « Tiens ! voilà un joujou pour mes enfants.»
Et Monsieur de Tender de commenter cet extrait :« A mon avis, ce qu’a vu Victor devant l’auberge de Thénardier est bien un éfourceau. Pour que deux fillettes, même si l’aînée n’a que deux ans et demi, puissent se balancer en dessous de l’essieu, il faut bien que celui-ci soit cintré vers le haut, même si les roues sont démesurées aux yeux du grand homme. Celui-ci semblait donc connaître la bonne mesure qu’auraient du avoir ces roues, mais  ignorant le nom à donner à cette apparition, il a recours à la bible et à la mythologie pour enrichir sa description. Que n’avait-il la « Petite Gazette » à sa disposition ! Osons croire que, dans un âge plus avancé il aura pris connaissance du dictionnaire de l’académie. »

Mme Stéphanie Demazy, de Waillet, qui est à l’origine de cet engouement pour cette petite charrette tient à remercier tout qui lui a apporté des informations et elle profite de l’occasion pour me livrer celles-ci :« Ma nièce, Jeanine Saint-Viteux, a découvert, dans une vieille encyclopédie, le terme « gaillote » qui en Champagne, serait « une brouette pour charger le raisin. » Mon fils, Patrice, sur un site wallon, a découvert pas mal de synonymes à ce gaillot :galiot, galiyot, garlot, gariot, siglisse, tchèrèt di brèsseu qui serait on piti tchèrèt avou dè ptitè rowes. Mon frère, Jean-Marie¸ décidément la famille s’investit, se réjouit ma correspondante, m’adresse la reproduction d’une photographie, que je vous propose de découvrir ci-dessous, que sa femme a découverte dans ses archives et sur laquelle figure cette petite charrette (à laquelle, faute de mémoire, je ne voyais que trois roues). L’âge du garçonnet nous indique que cette photo daterait des années 1942 ou 1943. »

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La semaine prochaine nous partirons à la découverte d’autres souvenirs et d’une autre photographie de cette petite charrette.

La Petite Gazette du 13 février 2008

ENCORE LE GALLIO …

Extraordinaire l’engouement suscité par ce mot…

Monsieur M. Godfrind, de Xhoris, nous donne à connaître cette photographie que lui a prêtée M. Jules Bastin, de Sougné-Remouchamps.

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« Cette photo correspond bien à la description que donnait M. Georges, de Bomal : « le gallio est une petite charrette à trois roues, avec ridelles sur les côtés, une petite roue devant (semblable à une roue de brouette) et un crochet d’attelage pour transporter des charges légères (les semences, les pommes…). Cette petite charrette est aussi appelée « clitchet » »

Merci pour ces précisions et merci également à Mme Marie-Thérèse Damoiseau pour sa communication.

La Petite Gazette du 20 février 2008

ENCORE A PROPOS DU GALIOT

Quand vous vous passionnez pour une recherche, c’est vraiment tout bénéfice pour tous les lecteurs…

Voici la très intéressante contribution de Mme Madeleine Jamotton-Collin, de Somme-Leuze que je remercie très chaleureusement pour la clarté de ses explications.

« Cette semaine (N.D.L.R. Voir l’édition du 23 janvier dernier) la photo parue est celle d’un gros tombereau ou bègnon. Il avait de grandes roues à l’arrière et une petite roue devant sous un petit timon triangulaire sur lequel on pouvait s’asseoir et auquel on attelait les  chevaux. Dans les petites fermes où il n’y avait qu’un cheval, la roue avant était remplacée par des brancards (crustale en wallon), dans lesquels on faisait reculer le cheval pour l’atteler.

Ces gros tombereaux servaient à conduire le fumier dans les champs, ramener les betteraves ou les pommes de terre. Ils étaient pourvus de freins à patins que l’on actionnait avec une mécanike placée à portée de main à l’avant du véhicule.

On pouvait également relever le devant de la caisse et la faire basculer, ce qui permettait de la vider plus facilement soit progressivement pour tirer le fumier, la caisse étant alors attachée à l’avant avec une chaîne et allongée au fur et à mesure ; soit d’un coup pour verser les betteraves ou les pommes de terre. On disait alors : taper li bègnon à cou.

Voici la photographie d’un galiot, beaucoup plus bas et plus léger et qui servait à conduire des charges plus légères : sacs de semences, piquets de clôture etc. Ils étaient beaucoup plus maniables qu’un les gros tombereaux et avaient aussi une petite roue pivotante à l’avant.

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Cette photo a été prise en 1938 et, dans le galiot, il y a ma grand-mère, mon père, ma mère, ma petite sœur, un cousin et moi. A l’avant, on distingue bien la manivelle qui servait à freiner, la mécanike. »

Après avoir fait des recherches dans les dictionnaires, ma correspondante se demande s’il n’y a pas un lien sémantique entre « galiot » et « galiote » petite galère à voiles rondes dont se servaient les Hollandais pour pêcher. Appelée aussi « caboteur », petit navire côtier employé pour de petites distances entre deux ports d’une même mer par exemple. Mme Jamotton a relevé la similitude d’emploi : « un petit véhicule pour transporter de petites charges, à faible distance » Qu’en pensez-vous ?

Monsieur Damoiseau, de Jambes, m’adresse un courrier plein d’humour, jugez plutôt : « en Namurois qui se respectent, nous arrivons sûrement les derniers… Qu’à cela ne tienne ! Les lumçons, les caracoles ni vont nin vite ! Do momin qu’i z’arrivaient ! »

Il revient ensuite sur le lien déjà fait entre galiot et éfourceau en précisant que ce petit chariot à trois roues utilisé pour les travaux des champs tire son nom du latin furcilla, petite fourche.

Force est de s’interroger sur l’éventualité d’interprétations différentes données à ce chariot d’une région à l’autre…

 

 

UN HALIFAX TOMBE A MARCHE-EN-FAMENNE LE 4.11.1944

La Petite Gazette du 14 septembre 2016

UN HALIFAX EN FEU SURVOLE MARCHE-EN-FAMENNE LE 4 NOVEMBRE 1944

Monsieur Michel Lecarme, de Marche, se souvient et raconte :

« Le 4 novembre 1944, un Halifax en feu, piloté par le Captain Berry, survole Marche-en-Famenne. Le capitaine ordonne à son équipage de sauter, il y aura deux survivants ; lui, a décidé de rester aux commandes et de tenter un atterrissage sur ce qu’il pense être une belle prairie. Cependant, au centre de celle-ci, coule le ruisseau de la Folie… qui aboutit à la propriété des frères franciscains.

Cet endroit s’appelait « les promenades de saint Antoine », il était très connu et très fréquenté par les Marchois.

L’avion, stoppé par les terres molles des berges, s’enfonce et brûle complètement. Les débris créent un bouchon sur le ru et, quelques années plus tard, ceux de ma génération ont bien connu « l’Etang de l’Avion » !

Les corps calcinés de ces Anglais ont pu être récupérés, ils sont tous ensterrés ensemble au cimetière anglais de Menil Favay, près de Hotton.

Après la guerre, des ferrailleurs ont récupéré tous les débris de cet Halifax mais, d’après la rumeur, ils n’auraient pu sortir, de l’étang qui s’était alors formé à cet endroit, tous les moteurs…

Pour moi, ce pilote est un héros car, s’il avait abandonné l’avion, celui-ci serait tombé en flammes sur notre ville causant peut-être des victimes civiles en plus…

Le 4 novembre 2004, exactement 60 ans après ce crash, nous sommes allés, le frère du pilote et moi-même, sur les tombes de cet équipage, jamais je n’oublierai !

La commune de Marche a bien changé depuis cette date fatidique : le ruisseau a été canalisé et passe désormais sous la Nationale 4, le zoning a été construit et, dernièrement, un parking pour poids lourds a été aménagé à l’endroit exact de ces faits.

J’ai toujours pensé que nous devions notre liberté à tous ces soldats alliés qui ont donné notre vie pour nous. Je pense tout simplement que les autorités communales pourraient ériger une stèle ou donner un nom à ce parking afin de rappeler à tous le sacrifice de cet équipage, surtout pour empêcher l’oubli ! »

Avez-vous, vous aussi le souvenir de ce spectaculaire atterrissage d’un Halifax en flammes ? Nous confierez-vous vos souvenirs ? Existe-t-il des photos des débris calcinés de cet avion ? Nous les montrerez-nous ? J’exprime le vif souhait de pouvoir compléter cet intéressant témoignage grâce à vos souvenirs ou documents. Merci d’avance de bien vouloir nous les confier.

La Petite Gazette du 28 septembre 2016

A PROPOS DE CE HALIFAX TOMBE A MARCHE LE 4 NOVEMBRE 1944

Monsieur José Paquet, de Bourdon, s’est passionné pour ce sujet évoqué par M. Lecarme, il m’écrit avoir passé deux journées formidables à chercher, dans les archives accessibles grâce à internet et sur le terrain, et à … trouver.

« Cet Halifax III est le MZ933, code MH-W de la 51e escadrille.

Son équipage comptait sept membres:

Berry L./Burrows D.E./Cantle A.B./Davis J./Gunning E.C./Hinchcliffe P.C./Williams N.
Tous décédés suivant la base de donnée http://www.aircrewremembered.com/homepage.html Ce qui est faux car Davis J. et Hinchcliffe P. ont survécu! Ils ne sont pas dans la base de donnée du Commonwealth War Graves Commission http://www.cwgc.org/
Mon correspondant s’est ensuite rendu au cimetière du Commonwealth à Hotton où, dans la rangée II/E de 8 à 12, il a photographié les cinq tombes que vous découvrirez ci-dessous.

tombe-william-halifaxtombe-pilote-halifax-marche

 

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Monsieur Paquet a poursuivi ses recherches et, s’il n’a pas découvert de traces relatives à  Davis J., il a pu trouver un témoignage écrit par  Peter Hinchliffe (Huddersfield U3A). Je vous propose de découvrir ce témoignage dans sa version originale :

Written by Peter Hinchliffe (Huddersfield U3A) – Published on September 15, 2006 10:10 AM

Peter Hinchliffe introduces the rightfully famous Peter Hinchliffe.

Hes quite a man, this Peter Hinchliffe. How about this for a list of achievements?

* Navigator on Halifax bombers during the war. Bailed out after being shot down over Belgium on his 15th mission. Returned to UK and went on another 22 missions.

* Author and translator of military biographies and histories. His books are appreciated world-wide.

* Peace-time fighter controller in the RAF.

* Worked for the British Military Government in Berlin after the war.

* Diplomatic work.

* School teacher.

No wonder he was awarded the Order of the British Empire!

Allow me now to set the record straight. I am not writing about myself. I am not the Peter Hinchliffe with the distinguished military record, the author, diplomat, and teacher.

I’m Peter Hinchliffe the journalist, a chap whose achievements are all too modest when set beside those of THE Peter Hinchliffe who lives near Rye in East Sussex.

Recently I have received e-mails from people who mistook me for that Peter Hinchliffe, the author/translator of such books as Betrayed Ideals: Memories of a Luftwaffe Fighter Ace, The Other Battle: Luftwaffe Night Aces versus Bomber Command and Enemy in the Dark – The Story of a Night Fighter Pilot.

Time, I thought, for a telephone chat with the worthily well-known Peter Hinchliffe.

Peter Hinchliffe, now in his late 70s, was amused to receive an unexpected call from Peter Hinchliffe.

And would you believe, he has connections with the town where I live, Huddersfield in Yorkshire. What else would you expect of a man with a surname associated with the Holme Valley in written records dating back to 1307.

Peters father, James, was born in Holmfirth and was badly wounded at Gallipoli during World War One. His wife died in a flu outbreak following the war.

James re-married and Peters mother was from Nottingham. The family moved to Merseyside where Peter won a scholarship to Wirral Grammar School. Huddersfields own Harold Wilson, three-term Labour Prime Minister, was head boy at Wirral GS while Peter was a pupil.

Peter was a member of 51 Squadron based at Snaith in Yorkshire during the war. He was a navigator on Halifaxes, flying on bombing missions to Germany, France and Holland.

In November, 1944, his plane was shot down over Belgium while returning from a raid on Bochum near Essen. Five of the crew were killed but Peter and another airman managed to bail out. Fortunately they landed in a section of Belgium which had been retaken by American troops and were soon repatriated to UK.

Peter stayed on in the RAF after the war, flying airlift relief missions to Berlin during the Cold War days when the Russians were blockading the city.

He left the Air Force in 1948, studied to be a teacher, then lived and taught in Dewsbury.

He was on the staff of Thornhill Secondary Modern School. I was a pupil at that school for one year – but that was four years before Peter arrived.

A snotty-nosed 11-year-old and a teacher, both called Peter Hinchliffe, would have made for some jolly confusion.

Peter eventually re-joined the Air Force with the rank of Flight Lieutenant to be an air traffic controller in Germany.

Because of his fluency in German he was eventually offered the chance to work in the British Military Headquarters in Berlin, then later to join the Foreign Office staff and undertake diplomatic work up to his retirement.

Having been shot down by a German night fighter it would not be surprising if Peter had born a life-long resentment against the Luftwaffe. Just the opposite. He has a respect for the skill and bravery of enemy aircrew caught up in a conflict that was not of their making.

He has translated the reminiscences of Luftwaffe pilots and turned them into books, the most recent being The Lent Papers.

Peter wrote a biography of Heinz-Wolfgang Schnaufer, the most brilliant German air ace in World War Two. In 164 sorties Schnaufer shot down 121 Allied aircraft.

In 1945 he destroyed nine RAF bombers in a single day.

Flight Lieutenant Peter Hinchliffe of East Sussex is the author/translator of highly readable books. Check them out on www.amazon.co.uk

Leading Aircraftsman (National Service) Hinchliffe P is yours truly.

Vous aurez compris que le Peter Hinchliffe qui a rédigé ce texte n’est pas le Peter Hinchliffe qui appartenait à l’équipage de ce Halifax qui est tombé à Marche, mais un journaliste portant le même nom que ce pilote de la R.A.F. durant la Seconde Guerre Mondiale. Mon ami Jean s’est chargé de la traduction de la partie de ce texte qui nous intéresse le plus.

« Peter faisait partie, pendant la guerre, du 51e escadron basé à Snaith dans le Yorshire. Il était pilote sur Halifax, effectuant des missions de bombardement sur l’Allemagne, la France et la Hollande.

En novembre 1944, son avion fut abattu au-dessus de la Belgique lors du retour d’un raid sur Bochum près d’Essen. Cinq membres d’équipage furent tués mais Peter ainsi qu’un autre aviateur réussirent à s’éjecter de l’avion. Par chance, ils ont atterri dans une partie de la Belgique qui avait été reconquise par les troupes américaines et furent très vite rapatriés en Angleterre.

Peter resta à la RAF après la guerre, effectuant des missions de sauvetage à Berlin pendant la guerre froide quand les Russes bloquèrent la ville. Il quitta la Force aérienne en 1948, étudia pour devenir professeur, ensuite vécu et enseigna à Dewsbury (…)

Peter a finalement rejoint l’armée de l’air avec le rang de Lieutenant pour devenir contrôleur aérien en Allemagne.

Grâce à sa maîtrise de l’allemand il lui a été donné la chance de travailler au QG à Berlin ; ensuite, de rejoindre le personnel du Ministère des affaires étrangères et de travailler dans la diplomatie jusqu’à  sa retraite. 

Ayant été abattu par un chasseur de nuit allemand il n’aurait pas été surprenant que Peter ait entretenu un ressentiment perpétuel contre la  Luftwaffe. Tout au contraire, il manifestait un respect pour l’habileté et le courage avec lequel un équipage ennemi rattrapait le retard dans un conflit qui n’était « pas leur fabrication » (their making ?)

Il a traduit les réminiscences de pilotes Luftwaffe et les a rapportées dans des livres, le plus récent étant « les Papiers prêtés ».

Peter a écrit une bibliographie de Heinz-Wolfgang Schnauffer, l’as allemand le plus brillant de la Seconde Guerre Mondiale. En 164 sorties, Schnauffer a abattu 121 avions alliés.

En 1945, il détruisit 9 appareils de la RAF en une seule journée.

Le Lieutenant Peter Hinchliffe du Sussex est l’auteur et le traducteur de livres trèsaccessibles.

Consultez- les sur www.amazon.co.uk »

 

Monsieur Rik Verhelle, de Bomal s/O, s’est également manifesté car vous connaissez sa passion pour pareil sujet :

« Bien sûr je connais le cas de la chute de ce bombardier tombé le 4 novembre 44 à Marche-en-Famenne.
Il s’agit d’un quadrimoteur britannique du 51 Squadron, immatriculé MZ.933. Il était un de 720 bombardiers expédiés vers Bochum (une ville industrielle importante dans Ruhrgebiet en Allemagne) et dont 28 appareils n’allaient plus revenir.

Ce crash au rond-point de « La Pirire » à Marche-en-Famenne se solda par la mort de 5 hommes (enterrés à Hotton), et deux rescapés, dont un deviendra enseignant, écrivain et même diplomate.

Je suis heureux d’avoir croisé Monsieur Michel Lecarme qui m’a fourni des infos importantes. Ensuite, j’ai analysé les faits, et les ai consignés dans un article de 12 pages (photos y comprises), qui sera publié dans les annales du Cercle Historique de Marche-en-Famenne-Rendeux-Hotton dont la publication est annoncée pour la mi-décembre 2016. »

Nous reviendrons alors sur le sujet après l’édition de cette excellente publication annuelle, dont La Petite Gazette se fait régulièrement l’écho.

 

COMMENT FAIRE DU SIROP DE BETTERAVE?

La Petite Gazette du 6 décembre 2000

QUI CONNAIT LA RECETTTE DU SIROP DE BETTERAVE SUCRIERE ?

   Monsieur Jean Leroy, de Marchin, voudrait retrouver la recette du sirop de betterave que confectionnait sa maman, c’est pourquoi il f       ait appel à vous :

« J’habitais alors Chokier et, en 1940, j’avais 8 ans. Je me souviens que je lavais les betteraves à la Meuse, dans le bassin de Chokier, car il fallait beaucoup d’eau pour les décrotter à l’aide d’une brosse en chiendent. Ensuite, à la maison, nous les râpions en nous écorchant le bout des doigts. Ensuite, nous mettions les cossettes à chauffer avec de l’eau dans le stérilisateur. Je ne me souviens ni du temps de cuisson ni ce que maman ajoutait au jus pour en éliminer certaines substances nocives. Finalement, elle faisait épaissir le jus dans la bassine à confiture. Quelqu’un possède-t-il encore cette recette ? »

Si quelqu’un en possède le « secret », aura-t-il la gentillesse de le communiquer à monsieur Leroy ?  Confiant en la solidarité exemplaire qui unit les lecteurs de La Petite Gazette, il vous remercie chaleureusement de l’aider à retrouver les saveurs de sa jeunesse.

La Petite Gazette du 27 décembre 2000

LA RECETTE DU SIROP DE BETTERAVE

Il n’aura pas fallu attendre longtemps afin que certaines d’entre vous se manifestent au sujet de l’appel lancé par Monsieur Jean Leroy, de Marchin, au sujet de la recette du sirop de betteraves que sa maman faisait pendant la guerre. En effet, deux lectrices attentives m’ont déjà écrit pour me communiquer la recette qu’elles détenaient ; vous allez voir qu’il s’agit bien de recettes tout à fait différentes :

Madame Jeanne Douhard, de Modave, nous confie un procédé des plus simples : « Vous lavez et brossez bien les betteraves. Vous les évidez, vous mettez dedans du sucre candi et vous placez la betterave près d’une source de chaleur, le sucre fond et vous buvez le sirop. J’ai aujourd’hui 76 ans, me dit ma correspondante, mais je me souviens très bien en avoir bu durant mon enfance. »

Mme L. Deward-Alexandre, de Chêne-al’Pierre, a puisé cette recette dans son cours de l’Ecole Ménagère de Heyd. « Elle est, m’écrit-elle, telle que les élèves l’ont expérimentée en 1942. Je cite le texte dicté par Mme Comblain, de Villers-ste-Gertrude.

Lavez soigneusement des betteraves sucrières à la brosse dure. Les couper en morceaux ou les hacher, les couvrir d’eau (à hauteur des betteraves). Laisser cuire trois heures à partir du premier bouillon, à découvert. Recueillir le jus puis celui des betteraves pressées. Remettre le jus à feu doux en mélangeant souvent. Il est préférable d’utiliser une casserole en cuivre. Bien surveiller la fin de la cuisson jusqu’à ce que le sirop ait la consistance voulue. La quantité de sirop équivaut environ à un dixième du poids des betteraves.

Remarque : il est recommandé d’ajouter des pommes et des poires aux betteraves.

Mais, insiste ma correspondante, ce que je n’ai pas noté et dont je me souviens parfaitement, c’est qu’il faut ajouter un peu de chaux aux betteraves et c’est là le « secret » que recherche M. Leroy. Malheureusement, je n’ai noté ni la quantité de chaux à ajouter ni à quel moment de la cuisson il faut procéder à l ‘opération. Peut-être que l’une des anciennes élèves de cette l’école ménagère s’en souviendra et vous en fera part. »

C’est évidemment ce que je souhaite, mais, en attendant que vos anciennes condisciples se manifestent, permettez-moi de vous remercier chaleureusement au nom de M. Leroy, vous et Mme Douhard.

La Petite Gazette du 3 janvier 2001

LA RECETTE DU SIROP DE BETTERAVE

Vous avez découvert, il y a une semaine, les premières recettes qui me sont parvenues suite à l’appel lancé par Monsieur Leroy, de Marchin. Dans cette édition, j’ai le plaisir de vous faire partager le contenu de deux nouveaux envois relatifs au même sujet.

Madame Flore Crevin, de Hargimont, nous confie ce dont elle se souvient à ce propos :

Gelée ou sirop de betteraves. Le choix des betteraves est important, il faut utiliser si possible des betteraves sucrières, car avec des demi-sucrières il faut laisser cuire beaucoup plus longtemps et on obtient beaucoup moins de sirop. Les fourragères ne conviennent pas car elles contiennent beaucoup trop peu de sucre.

Manière de procéder. Choisir des betteraves en bonne santé, les laver à grande eau jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de terre, enlever le collet, les petites racines et les radicelles. Quand elles sont bien propres, hacher les betteraves plus ou moins finement (chez M. Leroy, on était plus courageux que chez nous puisqu’on y râpait les betteraves !). Récolter le jus qui, déjà, colle aux mains. Mettre le tout dans une grande marmite, en cuivre si on en possède une, et couvrir d’eau. Faire bouillir jusqu’à ce que les betteraves tournent à compote et laisser tiédir. Bien égoutter le tout et filtrer le jus. Le remettre dans la marmite et le faire cuire (cûre èt dèscûre  comme on disait) pour que l’eau s’évapore. C’est ici qu’il faut faire preuve de patience. Quand le jus commence à épaissir, après des heures parfois, il faut mélanger sans arrêt pour que le fond ne colle pas à la marmite ce qui, immanquablement, donnerait un goût de brûlé. Quand on juge que le sirop est assez épais, c’est fini. Le jus, assez peu attrayant au début, a pris progressivement une belle couleur.

Il faut donc cuire longtemps pour évaporer toute l’eau, maman disait qu’il fallait 24 heures pour cuire le sirop. La légende voulait que, dans les grosses familles, chacun tourne dans la marmite autant de fois qu’il avait d’années d’âge et tant mieux s’il y avait des grands-parents ! Et chez les autres ?

Moi, j’aimais bien être la dernière à touiller parce que ça sentait bon. A peine fini, on mangeait une tartine couverte de sirop encore chaud tellement c’était bon. Quand on avait des poires et des pommes, on les lavait les coupait en quartiers qu’on ajoutait aux betteraves. On disait que le goût était meilleur, mais je ne le crois pas. D’ailleurs, si nous avons fait du sirop de betteraves pendant la guerre par manque de sucre, nous avons continué ensuite, par goût, et aussi longtemps que nous avons eu des betteraves.

Es walon, on louméve ça : dol méchtrole, do clape à gngno, do bure di coche                         ou tot simplumint dol sirôpe. » (N.D.L.R. sauf erreur de transcription de ma part).

Un immense merci à Mme Crevin pour  la précision de ses souvenirs, auxquels se mêlent tradition et folklore.

Mademoiselle de Villers, de Miécret, a recopié pour M. Leroy et pour nous tous, une recette qu’elle tient de ses grands-parents :

« Bien laver les betteraves et les râper finement. Verser de l’eau dessus, jusqu’à ce que la pulpe soit sous eau et laisser ainsi toute une nuit. Le lendemain, mettre au feu et bien laisser cuire, jusqu’au moment où la pulpe devient bien tendre. Ensuite, égoutter la pulpe et ne conserver que le jus. Remettre le jus au feu après y avoir ajouté 20 grammes de sucre par litre de jus (ceci pour favoriser la formation du sirop). Lorsque la décoction a acquis la consistance de sirop, enlever du feu et laisser refroidir avant de mettre en bocaux. Il arrive quelquefois qu’après quelques semaines, le sirop devienne plus liquide ; dans ce cas, il faut de nouveau le mettre à cuire pour lui rendre sa consistance. »

Et voici encore un sujet qui, grâce à la gentillesse dont vous faites preuve, semaine après semaine, nous aura permis de rassembler divers témoignages qui, j’en suis persuadé, auront ravi de nombreux lecteurs. Un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui ont contribué à l’aboutissement de cette recherche.

l’ Asbl Le Vieil Esneux vous invite ce 30 septembre 2016

En collaboration avec le CCPL, nous avons invité René Henry à venir nous présenter son dernier ouvrage, consacré aux chapelles de nos régions:

                  Vertiges du Passé – Nos chapelles

René Henry est le chroniqueur de “La Petite Gazette” dont nous sommes très nombreux à apprécier les articles chaque semaine dans Les Annonces (et depuis peu sur le net: https://lapetitegazette.net/)

Nul doute qu’avec sa verve habituelle, René Henry vous passionnera, notamment en abordant l’histoire de chapelles qui nous sont proches.

Se lancer à la découverte de nos chapelles, qu’elles soient minuscules ou majestueuses, abandonnées ou toujours régulièrement fleuries, en ruine ou récemment restaurées,

        c’est partir à la découverte d’un patrimoine chargé d’histoire, de traditions tantôt religieuses tantôt populaires et témoignant toujours des peurs, des drames, des joies et des espoirs des populations locales.

Nous espérons vous rencontrer à cette occasion à l’Escale, avenue de la station, 80, à Esneux, le vendredi 30 septembre à 20 heures.

Pour l’Asbl Le Vieil Esneux,

Michel Eubelen, Julien Brusten, Philippe Hamoir.

Info: 04 380 10 81

henry-2016-09