Pourquoi y a-t-il autant de châteaux dans notre région? Que servait-on à la table des seigneurs? Conférence à Hamoir ce jeudi 22 mars

Visitons nos châteaux, découvrons leurs cuisines et asseyons-nous à la table du seigneur…

Une conférence de René HENRY, ce jeudi 22 mars à 14h. à la cafeteria du hall omnisport de Hamoir, à l’initiative du Conseil Communal des Seniors.

002

 

 

 

Nous vivons dans une région dans laquelle on compte un nombre très impressionnant de châteaux, de forteresses, de tours… René Henry, historien régional et chroniqueur historique bien connu, viendra vous expliquer les raisons qui poussèrent à la construction de ces impressionnants monuments. Il vous en contera, avec sa verve et son humour habituels, l’évolution, les transformations et même, pour certains, leur destruction.

Durant cet après-midi, notre conférencier se propose également non seulement de vous faire visiter ces châteaux mais aussi de vous permettre de vous installer à la table des seigneurs de l’époque et de découvrir ce qu’il y avait alors dans leurs assiettes. Ce voyage dans le temps promet d’être étonnant à plus d’un titre car vous pourrez quitter les clichés traditionnels qui s’imposent à l’esprit quand il est question de cuisine sous l’ancien régime. En vous détaillant les menus présentés, l’aspect étonnant que revêtaient les plats servis, la subtilité de leurs parfums et les incroyables menus de l’époque,  René Henry vous fera revivre les repas fastueux servis à la table de la noblesse tout en vous narrant, avec force anecdotes, les usages de la bienséance à y respecter.

Où mangeait-on ? Quels couverts étaient alors utilisés ? Comment s’installait-on à table ? Comment se déclinaient les différents services ? Combien de plats étaient servis ? Quels étaient les goûts à la mode ? Comment bien se tenir à table ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses durant cet après-midi. Avec l’orateur du jour, vous pourrez ensuite vous installer à la table dues Princes-Evêques de Liège au XVIe siècle et découvrirez une table somptueuse où lors de certains banquets de prestige plus 100 plats différents étaient mitonnés… Bien entendu, vous serez également conviés à suivre votre guide du jour jusque dans les cuisines où s’afférait parfois une véritable armée de marmitons, jonglant avec d’étonnantes épices pour l’époque. A chaque surprise en succéderont de nouvelles… pour un plaisir garanti.

C’est donc à une très intéressante et très amusante rencontre avec un des aspects de notre passé régional resté très inconnu que vous êtes invités ce jeudi 22 mars prochain, à 14h. en la Cafeteria du cafétéria du Hall Omnisport de Hamoir. Ce serait vraiment dommage de manquer ce rendez-vous !

Une organisation du Conseil Communal des Seniors

LA CHRONIQUE DU 20ème SIECLE A VIELSALM par ROBERT NIZET

UNE IMMERSION DANS UN PASSE A LA FOIS SI PROCHE ET SI ELOIGNE DE NOTRE QUOTIDIEN

Avec La chronique du 20ème siècle à Vielsalm, le tout récent ouvrage de Robert Nizet, vous êtes emmenés dans un voyage à travers le 20ème siècle – une époque à la fois si proche et si lointaine…

001

« Ce siècle avait commencé dans un autre monde » précise d’emblée l’auteur et la richesse de l’iconographie illustrant son propos le confirme page après page. Toutes les années du siècle sont évoquées et, si nombre de bâtiments et lieux emblématiques de Vielsalm sont toujours bien reconnaissables, tous les autres éléments du décor et les personnages l’animant vous feront prendre la mesure des bouleversements considérables vécus par nos aïeuls ayant traversé ce siècle.

L’anecdote, l’insolite et la grande Histoire se partagent les lignes des articles de cette chronique : des loups sont aperçus dans l’hiver rigoureux de 1902, le tram Vielsam-Lierneux est mis en service en 1904, Vielsalm doit payer aux Allemands une rançon de 20.000 francs en or ou en argent dès les premiers jours de la Grande Guerre, en août 1914, pour éviter que le feu soit mis à la localité…

Robert Nizet vous fait assister à diverses séances du conseil communal où, même avant la guerre de 14, les propos ne sont guère raffinés et où les noms d’oiseaux s’échangent allégrement. Vous suivrez avec intérêt l’histoire de nombreux monuments salmiens : le kiosque de la place du marché, la chapelle Saint-Gengoux, le Monument aux Morts, l’ancienne fontaine… Vous assisterez à la naissance de sociétés aujourd’hui disparues ou toujours particulièrement actives sur les rives de la Salm.

En feuilletant, avec plaisir j’en suis convaincu, les pages de cette chronique et en en découvrant, avec curiosité et intérêt, le contenu, vous ne pourrez que vous rendre compte de l’immense travail de compilation auquel s’est livré Robert Nizet : des heures et des heures de lecture attentive des journaux locaux : « L’Organe de Vielsalm » et « L’Annonce de Vielsalm », la consultation minutieuse d’une volumineuse collection de coupures de presse, de notes, de documents administratifs et, bien entendu, des articles de « Glain et Salm, Haute Ardenne » ont été nécessaires pour mener à bien ce projet et le rendre particulièrement attractif.

Capture2

Pareil travail impose bien évidemment des choix, ceux de l’auteur sont judicieux et mêlent subtilement vie économique, sociale et culturelle avec le quotidien des Salmiens durant tout le siècle, vous faisant vivre une réelle expérience d’immersion dans le passé proche. Pour vous en convaincre, vous découvrirez, comme j’ai déjà eu la chance de le faire, la vie des ardoisières mais aussi le développement de l’artisanat ardennais à Cahay ou de la Beurrerie de la Salm ; vous revivrez les heures fastes de la société de chasse à courre « Rallye Vielsalm », de « Vielsam-Attractions » ou de la société de pêche « La Salmiote ». Vous serez conviés à l’inauguration du Musée du Coticule, de la caserne Ratz du 3e ChA et de la clinique Saint-Gengoux. Vous serez au premier rang lors des visites royales, princières et ministérielles dont Vielsalm a été honorée. Vous prendrez la mesure de l’importance des marchés au bétail, des petits et grands faits des deux guerres mondiales. Vous revivrez les premières projections cinématographiques organisées dans la localité mais aussi de nombreux faits heureux ou tragiques qui marquèrent la population : accidents, incendies, assassinats, inaugurations diverses, nouvelles sportives…

Le texte est remarquablement soutenu par une très agréable mise en pages vous invitant à dévorer ces 256 pages très richement illustrées. Vous pouvez acquérir l’ouvrage, au prix de 20€, chez l’auteur Robert Nizet, rue du Vieux Marché 21 à 6690 Vielsalm ou vous le faire envoyer en adressant un versement de 26€ (frais d’emballage et de port compris) au compte BE21 3401 2620 3203 de Robert Nizet à 6690 Vielsalm. Vous ne serez pas déçus, je puis vous l’assurer.

L’ENQUÊTE SUR LA PRESENCE DU G.I. BEN WOLFE A GRIVEGNEE ET A ANDENNE EN 1944 SE POURSUIT

LE G.I. BEN WOLFE, A GRIVEGNEE ET A ANDENNE EN 1944 – SUITE DE L’ENQUÊTE

Monsieur Roger Lemaire, d’Esneux, a bien entendu poursuivi son enquête ; il a eu la gentillesse de tenir la Petite Gazette et ses lecteurs informés de ses multiples démarches et résultats de celles-ci. Rappelez-vous que cette recherche initiée dans La Petite gazette avait retenu l’attention d’une journaliste de La Meuse… M. Lemaire explique :

« J’avais reçu un coup de téléphone d’une jeune (à en juger par sa voix) journaliste de La Meuse, qui voulait tout savoir sur cette affaire. Comme vous, j’ai constaté qu’elle négligeait de citer ses sources.  Je lui ai dit que j’avais reçu le fils du G.I. Ben Wolfe et son épouse en octobre, et que nous avions, entre autres choses,  rendu visite au petit garçon visible sur une des photos d’Andenne, devenu un homme  de 82 ans ; je ne lui donné ni son nom ni son adresse comme elle le demandait, car je ne m’y sentais pas autorisé. Elle les a cependant trouvés par elle-même par la suite. En fait, j’avais eu de sérieuses difficultés pour les trouver moi-même, car le G.I.Wolfe avait donné dans ses courriers trois orthographes du nom de famille, toutes incorrectes.  C’est le message d’une ancienne Andennoise paru dans La Petite Gazette qui m’a fourni l’orthographe correcte: elle avait été en classe avec une des sœurs du « petit garçon ».Ceci m’a permis, après quelques recherches, de trouver finalement la bonne piste.

En ce qui concerne la famille de Liège, malgré des recherches longues et variées, je n’ai pas trouvé la solution de l’énigme. Le nom de famille est inconnu et ne figure sur aucun document accessible ; la localisation de la maison où les photos ont été prises en 1944 est inconnue. Le seul point utilisable est la narration dans un courrier du G.I.Wolfe du fait que la maison de cette famille a été fortement endommagée par un V1 tombé entre le 8 et le 14 novembre 1944. J’ai pu consulter sur internet deux sites  qui donnent la liste de tous les V1 tombés sur le grand Liège pour l’un, sur la Belgique entière pour l’autre ; il apparaît que le seul V1 tombé sur Liège et sa banlieue entre ces deux dates est tombé à Grivegnée le 14 novembre. Je m’en souviens d’ailleurs, car il est tombé à 50 mètres de notre maison en faisant plusieurs tués et pas mal de blessés, dont moi.   Cependant, en regardant attentivement une des  photos de la famille de Liège, on peut voir que la porte d’entrée porte le n° 110 ; or, il n’y avait pas de n° 110 dans ce qui s’appelait à l’époque « rue de l’Enseignement » : la numérotation s’arrêtait à 51. Le seul V1 qui aurait pu détruire ou endommager une maison portant le n° 110 semble être celui qui est est tombé au quai de la Boverie, mais toutes les maisons qui se trouvaient à cet endroit avant guerre ont été remplacées par cinq très larges buildings, donc la numérotation a changé. De plus, ce V1 est tombé le 28 novembre…     De toute façon, cela ne nous permettrait pas d’identifier cette famille si accueillante et bien de chez nous.  Le G.I. se serait-il trompé de date dans ses courriers ? Nous ne le saurons jamais.

Je vous remercie en tout cas pour votre aimable collaboration dans cette recherche, et je continue à lire avec plaisir votre Petite Gazette sur internet, puisqu’elle n’est plus accessible dans la presse écrite.

La Petite Gazette du 24 janvier 2018

LES GI’s PRESENTS CHEZ NOUS EN 1944

Monsieur Roger Lemaire, d’Esneux, fait le point sur cette recherche de GI’s présents chez nous en 1944 (voir notre édition du 22 mars 2017 ou www.lapetitegazette.net)

« Faisant suite à l’article de la Petite Gazette, il y a du nouveau : M. Wolfe Junior (le fils du G.I)  et moi avons continué à correspondre après sa visite en Belgique et nous sommes arrivés à la conclusion  que son père a bien séjourné en octobre 1944  à Grivegnée,  rue de l’Enseignement (rebaptisée depuis rue de la Haminde), plus précisément dans  une des deux maisons jointives qui se trouvent dans un petit parc tout en haut de la rue à droite en montant – la rue est en forte pente -. C’est à quelques mètres de l’endroit où un V1 est tombé le 14 novembre 1944, tuant au total 3 personnes domiciliées dans les maisons qui portaient alors les n° 47 et 51. Comme il n’y a pas eu de victime dans la famille d’accueil du G.I , on peut conclure qu’elle n’occupait ni le n° 47 ni le n° 51. La numérotation des maisons a cependant changé depuis 1944, et l’emplacement précis des n° 47 et 51 en 1944 ne nous est pas connu avec certitude. Actuellement,  dans le haut de cette rue, l’observation visuelle tout comme le plan cadastral montrent que  la première maison au coin de la rue Lovinfosse porte le n° 37 ; lui font suite, en montant, trois maisons qui portent les n° 39, 41 et 43. La maison suivante ne porte pas le n° 45 comme on s’y attendrait, mais bien le n° 49 ; c’est une construction récente, qui s’étend sur  l’équivalent de trois parcelles de terrain, d’où sans doute son n° 49.Tout contre cette maison, en haut sur la troisième parcelle, se trouve  une  allée étroite, maintenant bétonnée, qui conduit à une longue parcelle de terrain non bâti enclavée derrière les maisons. Vient ensuite un petit parc très arboré, dans lequel se trouvent deux maisons contiguës, dont la première semble avoir été reconstruite depuis la guerre. Là encore, une surprise : sur un pilier à l’entrée du parc figure un seul numéro, le n° 55, alors qu’il y deux maisons contiguës mais perpendiculaires l’une à l’autre, la deuxième clairement beaucoup plus ancienne que la première. On peut supposer que la première de ces deux maisons portait en 1944 le n° 51 et a dû être reconstruite, tandis que la maison qui portait en 1944 le n° 47 a été détruite pat le V1 et que l’actuelle maison n° 49 occupe son ancien emplacement. Cela ne nous dit pas pourquoi il n’y a pas de n° 51 et 53, ni affichés ni mentionnés sur le plan cadastral.

Photo N° 1

Autre point qui nous avait intrigués : une des photos prises en 1944 montre deux militaires américains et deux femmes de la famille d’accueil devant une petite maison. En agrandissant fortement la photo, on peut y lire un n° en haut sur la porte : n° 110; or, il n’y a pas de n° 110 rue de l’Enseignement.  De plus, Mr Wolfe Junior qui dispose des photos d’origine a pu y lire nettement une plaque qui porte une inscription de trois lignes : INFIRMIER/MASSAGE/ VENTOUSES. La seule maison qui porte un n° 110 dans les environs se trouve rue Belvaux, à une distance de 200 mètres de la maison d’accueil des G.I.’s. Sa façade a été rejointoyée, et porte et fenêtres ont été remplacées depuis la guerre, mais le peu qu’on en voit sur la photo  est  compatible avec  le 110 rue Belvaux (n° inchangé !).  Nous pensons que  ce n’est pas là qu’étaient hébergés les Gis car il fallait une maison bien plus grande pour loger une famille de 6 personnes et 2 ou 3 G.I.’s. Est-ce que ceci réveillerait un souvenir dans la mémoire d’un des lecteurs ?

Nous pensons donc avoir localisé l’endroit où étaient accueillis les G.I.’s à Grivegnée, mais nous ignorons toujours le nom de cette famille. La personne la plus jeune de cette famille (Paula)  avait à l’époque 19 ans. Elle aurait maintenant 92 ans.  Peut-être est-elle encore en vie… Je remercie encore tous les lecteurs pour leur aimable collaboration dans cette recherche. »

Cette enquête qui a attiré, à ce jour, plus de 4000 visites dans la version électronique de la Petite Gazette peut sans doute encore nous valoir, si vous le souhaitez, l’une ou l’autre bonne surprise…

LE DYNAMISME DES CERCLES HISTORIQUES DE CHEZ NOUS ET LEURS NOUVELLES PUBLICATIONS

La Petite Gazette du 3 janvier 2018

LES ANNALES 2017 DU CERCLE HISTORIQUE MARCHE-EN-FAMENNE, HOTTON, RENDEUX

La Petite Gazette débute cette année 2018 avec la ferme intention d’encore vous faire découvrir de nouvelles facettes de notre riche passé régional et de son patrimoine sous tous ses aspects, du plus monumental ou plus discret. Pour rencontrer cet ambitieux  objectif, votre collaboration est encore et toujours indispensable; plus que jamais le partage de vos incroyables connaissances permettra de compléter la formidable collection de contributions rassemblées dans cette chronique depuis bientôt 20 ans. Merci pour votre indéfectible intérêt et merci pour votre implication.

Je désirais, en ces premiers jours de l’année nouvelle, rendre un hommage vibrant à l’extraordinaire dynamisme des cercles d’histoire locale de chez nous; aujourd’hui, je vous présenterai la nouvelle et magnifique publication du Cercle historique Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux asbl, célébrant 40 années d’histoire locale au travers de 124 pages très richement illustrées, aussi en quadrichromie, et idéalement mises en page. Les « plumes » habituelles, dont certaines sont bien connues des lecteurs de La Petite Gazette, proposent des articles admirablement documentés et vous menant vers d’étonnants horizons.

001

Gilbert Vanbelle s’est penché sur l’histoire de Roy, de Lignières et de Grimbiémont, et de leurs églises et chapelle; dessins, plans et photographies viennent utilement soutenir un texte précis apportant d’intéressantes anecdotes. Avec l’étude de Philippe Annaert, c’est au coeur du duché de Luxembourg au XVIIe siècle que vous serez plongés à la rencontre des principaux pèlerinages évoqués dans les archives ardennaises. A cette époque, la promotion du culte est assurée par les nombreux témoignages des faits miraculeux relevés dans les sanctuaires et chapelles du duché. L’auteur s’attache principalement au site du monument du Saint-Sépulcre à Marche-en-Famenne grâce à un dossier, particulièrement riche en information, qu’a rédigé, en 1678, une commission diocésaine constituée alors par l’évêque de Liège. Vous glisserez ainsi vos pas dans ceux des pèlerins du ardennais du XVIIe siècle, simplement passionnant.

Jean-Louis Schmitz explore un autre aspect de la vie marchoise au XVIIe siècle en nous proposant de feuilleter avec lui un livre de raison soit une chronique familiale rédigée vers 1619 par le notaire Toussaint Gouffart (1573-1648) et donnant de bien intéressantes informations sur le quotidien à Marche-en-Famenne à la charnière des XVIe et XVIIe siècles que l’auteur a la judicieuse idée de replacer dans leur contexte historique général pour une compréhension optimale. Maurice Petit, quant à lui, nous livre une étude sur les prêtres de Hodister et de Gênes. Bien loin des simples listes que proposaient jadis les monographies villageoises, Maurice Petit nous donne une foule de détails sur ces desservants, leurs qualités certes mais surtout leurs petits « travers » ou habitudes étonnantes vu leur fonction… et cela va vraiment dans tous les sens. Etonnant et très intéressant.

André Collard et André Haquin vous plongent dans les premières semaines de la Seconde Guerre Mondiale à Marche-en-Famenne en suivant le « journal » tenu par Madame Julia Fisenne-Lecocq qui le commence par ces mots : « Mon journal pour mes enfants au cas où je ne les reverrais plus. 1940. Jeudi 9 mai. » Ce journal rédigé au crayon dans un agenda couvre 110 pages et aborde toutes les réalités quotidiennes des premières semaines de guerre, depuis l’exode vers la France d’une partie de sa famille jusqu’à leur retour le 20 juillet. Ce journal constitue une chronique locale très précise rendant de façon très humaine l’état d’esprit de ces temps troublés. Les Annales 2017 se complètent des rubriques habituelles : récit de l’excursion du Cercle, « De cent ans en cent ans, les années ’17 » et la remarquable contribution d’Erika Berger « Nous avons lu pour vous » vous présentant par le détail les nombreuses publications reçues par le Cercle.

Pour recevoir les publications du Cercle historique Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux, asbl, il suffit d’adhérer à l’association comme simple membre adhérent par le versement d’une cotisation de 20€ à verser sur le compte BE48 1420 6513 5727 du Cercle historique de Marche-en-Famenne, Hotton, Rendeux. Cette cotisation vous donne droit à la un exemplaire des Annales de l’année en cours. Pour acquérir les publications des années antérieures, il vous suffira de consulter le site http://cercle-historique.marche.be

 

La Petite Gazette du 10 janvier 2018

LE NOUVEL  ARCHEO-CONTACT DU VIEIL ESNEUX EST ARRIVE …

Dans notre dernière édition, j’évoquais, tout en m’en réjouissant, la vivacité de nos cercles historiques régionaux et, cette semaine, c’est avec plaisir que je vous présente le contenu du n°51 de « Archéo-Contact », le bulletin du Cercle Archéo-Historique « Le Vieil Esneux – Ardenne-Condroz ASBL ». Les passionnés qui animent ce cercle et dont les recherches et les travaux remplissent les pages de ses bulletins vous emmènent à leur suite dans l’histoire locale, survolant allègrement les siècles.

001

Ce numéro ne fait pas exception : Harald Delaitte vous plonge dans nos paysages à l’époque du Paléolithique à la rencontre des Homo-Erectus et des Néandertaliens dont il nous présente les caractéristiques, quelques-uns de leurs outils découverts chez nous et d’autres traces locales de leur époque. Le même auteur, rejoint par Joseph Graftiau cette fois, aborde l’âge de la pierre polie, le néolithique, à Lincé et environ, en passant en revue les nombreuses découvertes de trois chercheurs de chez nous, Harald Delaitte, Gaston Lawarrée et André Nélissen. Cet article passionnant revient aussi sur les fouilles menées dans les années 80 au « Château de Fays » et lance une intrigante réflexion sur l’orientation de la chapelle de cette place fortifiée qui, manifestement, est une construction liée aux solstices… Bien plus proche de notre temps, c’est la distribution d’eau à Esneux qu’a étudiée André Baltia qui nous entraîne à l’époque des pompes à bras et des bornes-fontaines en illustrant ses propos de très jolies anciennes vues. Pol Walhain, quant à lui, se penche sur le crash d’un bombardier bi-moteur U.S., à la Noël 1944, à Colonster. Philippe Hamoir nous fait assister à la spectaculaire résurrection du Christ des Ruelles. Ce bulletin contient évidemment ses rubriques habituelles assurées par « l’archiviste de service » mais aussi quelques textes en wallon, un rappel par l’image du succès rencontré lors des Journées du Patrimoine…

Toutes celles et tous ceux s’intéressant à l’histoire de notre région trouveront plaisir et intérêt à lire cette nouvelle publication. Le Vieil Esneux en édite deux par an que vous recevrez simplement en devenant membre de l’asbl par un versement de 15€ pour les Esneutois, 20€ pour tous les autres (la différence représente les frais d’affranchissement des bulletins) à verser sur le compte BE90 6528 4546 6432 du Vieil Esneux asbl.

 

LES SOLDATS D’AYWAILLE SOUS LA PERIODE FRANCAISE, une nouvelle publication d’ETIENNE COMPERE

La Petite Gazette du 27 décembre 2017

DES AQUALIENS ONT COMBATTU PARTOUT EN EUROPE DANS LES ARMEES FRANCAISES…

Dès septembre 1798, durant la période française, à Aywaille -comme dans toute la région- tous les hommes âgés de 20 à 25 ans sont soumis au « service militaire obligatoire permanent« . Ce service militaire a une durée de 5 ans et s’effectue soit par enrôlement volontaire soit par conscription, c’est-à-dire par tirage au sort.

Etienne Compère, sans doute le plus parfait connaisseur de la population aqualienne à travers les siècles, s’est intéressé à ces hommes dont le destin fut bouleversé par la loi Jourdan dont l’article 1 précise que « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la Patrie. » or les Aqualiens sont français depuis le 1er octobre 1795!

001

Etienne Compère, chercheur rigoureux, minutieux et, surtout, passionné, s’est plongé dans les liasses d’archives communales, paroissiales et les registres de contrôle des troupes à la recherche de ces jeunes hommes d’Aywaille, de Remouchamps, de Harzé, d’Ernonheid et de Deigné dont il découvrit la trace sur tous les champs de bataille d’Europe. Au gré des pages de sa toute récente publication, l’auteur vous entraîne à Breslau, à Coblence, à Augsbourg, à Brême, en Saxe, en France, en Hollande, au Portugal, en Espagne, en Autriche et en Russie; dans les pas des fusiliers, des voltigeurs, des tirailleurs, des grenadiers, des canonniers, des sapeurs ou des gendarmes, près d’une centaine de jeunes hommes ayant abandonné nos vertes campagnes pour des contrées qu’ils n’avaient jamais imaginé fouler! Fidèle à son souci d’humanisme, Etienne Compère nous invite à partager des moments d’intimité familiale en nous donnant à connaître diverses lettres adressées par ces soldats à leurs parents, il nous plonge également dans les difficiles réalités provoquées par la conscription et qui poussèrent bien de ces jeunes gens à devenir des réfractaires ou des déserteurs, d’autres connurent le sort peu enviable des prisonniers de guerre ou des condamnés aux travaux forcés pour cause de désertion. D’intéressantes anecdotes viennent émailler ces petits récits de vie militaire : l’un de ces soldats aurait dialogué avec l’Empereur, un autre s’est vu étonnamment impliqué dans une affaire criminelle, nombre d’entre eux se verront décorer…

Ne négligeant aucun aspect du régime de la conscription, Etienne Compère s’est également intéressé à ceux qui ont échappé à ce long et dangereux service militaire parce qu’ils ont fourni un remplaçant, parce qu’ils étaient soit le fils aîné ou le fils unique d’une veuve, parce qu’ils étaient de trop faible constitution ou trop petits (15% d’entre eux) ou qu’ils présentaient une invalidité (28% !). Dans cette nouvelle publication (92 pages A4, très bien présentées), l’auteur pense bien entendu à vous fournir toutes les indications nécessaires à la juste perception de l’état d’esprit de cette période qui bouleverse toutes les ancestrales habitudes : prêtres de nos paroisses refusent de prêter le serment « de haine » constitutionnel, les règles régissant la conscription et le tirage au sort mais aussi les faits du quotidien qui font alors l’actualité (les réquisitions de chevaux, de charrettes, de voitures, de fourrage, de viande…), la chasse aux réfractaires et aux déserteurs et bien d’autres faits divers du temps.

Cette étonnante « photographie » de cette époque si particulière qui sanctionne la brutale transition entre l’ancien et le nouveau régime se doit de trouver place dans la bibliothèque de tout amateur de l’histoire de notre région. Pour l’acquérir, rien de plus simple : un versement de 25€ (port compris) sur le compte BE60 06187698 6070 d’Etienne Compère à 4920 Aywaille avec la communication « Conscrits d’Aywaille » et le livre vous sera très vite livré.

« CAMILLE GASPARD – AUTEUR WALLON » UN MAGNIFIQUE OUVRAGE

La Petite Gazette du 20 décembre 2017

CAMILLE GASPARD, VOUS CONNAISSEZ?

Et si j’ajoutais Camille Gaspard, auteur wallon… Auteur particulièrement prolixe et éclectique puisque, parmi ses nombreux écrits, nous trouvons des chansons, des poèmes, des déclamations, des paskèyes, des pièces de théâtre et même quelques opérettes au travers desquels il nous offre un remarquable témoignage d’authenticité ardennaise. Camille Gaspard voit le jour à Dairomont (Grand-Halleux) en 1917 dans une famille d’agriculteurs-éleveurs où seul le wallon est parlé, « lu sâvadje èt si vî patwès, lu pârler d’nos péres, lu cok’sant Languèdje », Cette seule définition du wallon selon Camille Gaspard nous plonge d’emblée dans son style à la fois savoureux et recherché qui lui assurera une solide réputation s’étendant dès après la Libération, depuis Wanne, où il habite depuis son douzième années jusqu’à son décès en 1990, autant vers Liège que vers Bastogne.

Les textes de Camille Gaspard sont largement inspirés de la réalité de son quotidien et éclairent, d’un regard sans concession, la vie rurale dans les petits villages ardennais accablés par l’occupation, quand néanmoins l’auteur témoignera d’un indéfectible espoir en des lendemains joyeux. Le ton de ses productions est, bien sûr, influencé par tout ce que vit le village et, avec la liberté retrouvée, c’est la gaieté et le bonheur qui désormais chantés.

Camille Gaspard écrit beaucoup et l’ouvrage publié par « Mémoires ardennaises » vous présente 150 textes couchés sur le papier une fois les travaux agricoles terminés car, dès 1950, Camille a repris la ferme familiale.

001

Ce remarquable et imposant ouvrage (550 pages), à la fois anthologie, biographie, petite monographie de la vie ardennaise, recherche philologique, bibliographique et lexicale est l’oeuvre de Jean-Philippe Legrand, « li pitit poyon » de Camille Gaspard, son grand-père et parrain, qui, indubitablement, aurait été très fier du minutieux travail de son filleul. En effet, Jean-Philippe Legrand n’a pas ménagé ses efforts pour présenter l’oeuvre de son grand-père, il s’est assuré de précieuses collaborations, dont  notamment celle de François Duysinx conférant ainsi à ses recherches une rigueur philologique exemplaire, mais aussi celle d’André Lamborelle, collaborateur régulier de La Petite Gazette et ardent défenseur de la culture wallonne.

Il s’agit là du cadeau idéal qui plaira aux amoureux de la langue wallonne, de la truculence et de l’humour présidant aux « sizes » et aux « concèrts« , aux passionnés de nos musiques traditionnelles car l’ouvrage nous livre pas moins de 80 partitions. L’ouvrage intéressera tout autant celles et ceux qui se passionnent pour les expressions et les mots de notre wallon car l’auteur a eu l’excellente idée d’ajouter, aux régulières précisions lexicales émaillent ses pages, les annotations et ajouts que Camille Gaspard avait apportés à ses exemplaires du Dictionnaire liégeois de Haust et du Glossaire de La Gleize de Remacle.

En outre, ce livre se veut « extensible » car il vous propose d’accéder en ligne à plus de 60 morceaux enregistrés, patiemment collectés par l’auteur lors de ses recherches. Ce livre de 550 pages est de plus un bel objet bien fait : cartonné, cousu, magnifiquement imprimé chez nous est en vente au prix de 30€ (5€ de frais d’expédition postale). Vous pouvez découvrir dans de nombreuses librairies dont la liste est accessible sur www.memoires-ardenaises.be adresse où vous découvrirez aussi tous les renseignements nécessaires à sa commande. Pour vous qui n’avez pas accès à internet, l »éditeur vous propose de le joindre par téléphone : 080/643 208 ou 0475/337 124

 

Tot toûrnant lès pådjes, Novèles èt coûtès istwéres par Jean-Pierre DUMONT

Lors de l’enregistrement de la partie studio de l’émission « Wallons, Nous! » du 20 décembre, sur le plateau de la Médiacité, j’ai pu retrouver un contributeur régulier de La Petite Gazette qui intervient dans la seconde partie de l’émission évoquée (voir l’article précédent), Jean-Pierre Dumont, un remarquable auteur wallon dont les propos m’ont immédiatement donné envie de découvrir et de vous parler de son nouvel ouvrage édité par Le Musée de la Parole en Ardenne, collection « Paroles du Terroir ». Quand vous l’aurez entendu, vous aurez, je le sais, la même envie pressante de le lire.

001

Dans une langue remarquablement authentique, et vous en serez convaincus en l’entendant dans l’émission, Jean-Pierre Dumont vous emmène dans ses souvenirs et ses pensées très actuelles. Il vous fera réfléchir sur la truculence du wallon tout en vous prodiguant quelques judicieux conseils : « Aprindez à viker avou vos frés walons ! Ni sayez nin d’pèter pus hôt qu’vos cous, èt tot l’s-ôtes ni vinront pus fé so vosse soû ! ». L’auteur vous mettra ensuite aux prises avec quéquès vicåreyes, d’étonnants destins, mais également à la rencontre dès pititès djins, avant de vous plonger dans l’histoire, proche ou lointaine, de nos belles contrées du Condroz, d’Ardenne et de Famenne. Rien que des faits dont la présence est toujours bien prégnante dans la mémoire collective. Vous le suivrez alors dans d’incroyables histoires de chasse avant qu’il vous entraîne à sa suite dans des voyages plus lointains où les rencontres surprenantes ne sont pas rares : il est en Bavière quand il s’entend demander s’il connaît Harzé… et de s’entendre alors raconter comment Joseph Bonmariage, après sa captivité à Ulsenheim s’est vu désigné « Bürgermeister » par les Américains : « Il a tant ovré po l’boune étinte inte lès peûpes qui lès deûs comeunes sont di’nowes djèrmales. »

Les amateurs du wallon trouveront, sous la plume de Jean-Pierre Dumont, une langue admirable, simple, authentique, à la grammaire rigoureuse et au lexique précis. Enfin, avec un indéniable souci pédagogique, l’auteur complète son recueil (148 p.) par une vingtaine de pages d’un lexique où les termes qu’il emploie sont traduits po si è cas.

On peut commander ce livre en versant 12 euros + 3 euros de port au compte  BE 78 0682 1708 2286 du Musée de la Parole en Ardenne  3 rue du Chant  d’oiseaux 6900 Marche-en-Famenne. C’est un très beau cadeau à faire et à se faire.