LES SAINTS PROTECTEURS DU BETAIL

La Petite Gazette du 22 mars 2000

CES SAINTS PROTECTEURS DU BETAIL

Il y a quelques semaines, Monsieur Georges Hext, de Chênée, faisait appel à vous pour parfaire ses connaissances à propos des saints guérisseurs de bétail. Comme d’habitude, vous avez été prompts à lui répondre et il me serait impossible de publier tout ce que j’ai reçu pour lui. Aussi vais-je me borner à vous en donner un aperçu seulement.

Madame Marcelle Cornet, de Hotchamps,  nous a encore fait le plaisir de plonger dans sa belle collection pour en extraire ceci :

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     « En l’église de Deigné, il y a une belle statue de Ste-Brigitte. Il n’y a pas bien longtemps encore, le 1er février de chaque année, une messe était célébrée en son honneur. Les paroissiens et ceux des villages avoisinants y assistaient nombreux. Après la messe, une grande bassine remplie d’eau était bénite et chacun pouvait en emporter chez soi un flacon ou une petite cruche. Vous pouvez lire la prière que l’on distribuait ce jour-là. La légende veut que sainte Brigitte possédait une vache. Un jour, de nombreuses personnes se trouvaient chez elle et la sainte se présenta, à plusieurs reprises, sous la vache et, chaque fois, put tirer du lait et ainsi rassasier ses nombreux convives. »

Monsieur Balthasar Guissart, de Fraiture Tinlot, a également tenu à nous confier ce qu’il savait de cette sainte Brigitte :

« Avant la guerre de 40, il existait à Fraiture-Tinlot un pèlerinage à sainte Brigitte, le 1er lundi de mai. En son honneur,  monsieur le curé célébrait une messe à 10h. et une foule nombreuse y assistait. Je viens de retrouver, dans un vieux missel, la prière qui était récitée en son honneur. « Glorieuse sainte Brigitte, vous avez reçu le don de dieu de préserver le bétail de tout accident et maladie contagieuse ; daignez, nous vous en prions, intercéder pour nous afin que notre bétail reste sain et sauf et, qu’un jour, nous puissions, avec vous dans le ciel, glorifier dieu et le louer dignement toute l’éternité. Ainsi soit-il ! »

Tous les assistants déposaient leur offrande à la collecte, qui était importante, et achetaient des médailles de la sainte à la sortie de l’église, pour les mettre dans les étables.

Sainte Brigitte est une mystique suédoise qui vécut de 1302 à 1373. Mère de sainte Catherine de Suède, sa statue se trouve, à droite, dans l’église de Fraiture. En dessous, il y avait un tronc toujours bien approvisionné ; maintenant il n’existe plus, de toute façon, il serait dépouillé ! Depuis longtemps, le pèlerinage n’existe plus.

Je me souviens d’une anecdote : un jour, monsieur le curé, sortant de l’église après la messe, vit arriver une pauvre vieille ayant l’air minable et triste. Elle accoste le prêtre et lui demande : « Mossieu l’curé, wisse esse t’elle, li sinte qu’on preie po lès bièsses, mi pôve gate èst si malade ?» « La troisième statue à droite, Madame. » « merci, mossieu l’curé, dju dirè one bone pryère po vos ». Il partit, après remercié, mais tout en riant de se sentir désormais bien classé. »

Mon correspondant poursuit son courrier en signalant que « on priait aussi saint Hubert, le 3 novembre, et ce jour-là, le prêtre bénissait les pains qu’on distribuait aux animaux. On priait aussi saint Antoine l’Ermite, accompagné de son petit cochon, le 17 janvier.

Aujourd’hui, plus de pèlerinage aux saints guérisseurs, ni pour les gens, ni pour les animaux. Plus de prêtres pour célébrer les offices. La science a remplacé la prière ; maintenant, les médecins et les vétérinaires sont assez nombreux pour guérir toutes les maladies, mais à coups de billets. »

Le folklore lié à ces saints guérisseurs du bétail et aux lieux où ils sont invoqués a également ses « musts ». Jugez plutôt ce que me transmet cette correspondante de Dolembreux.

« Le curé (ou le doyen) de la paroisse de Nassogne, en faisant visiter son église à notre groupe de pensionnés, nous a montré la statue de saint Monon.  A son sujet, il nous a conté l’anecdote suivante. Un brave paysan vient à l’église faire ses décotions et demande au curé : « Wisse esse ti, Moncheu l’curé, li sint qu’on preie po lès bièsses ? » Alors lui désignant saint Monon, il lui dit : « C’èst ci là vèye Madame »  « Vos esté bin binamé, Moncheu l’Curé, dji li va dire ine priyire por vos ! » et ma correspondante de préciser que cette anecdote est authentique et, en effet, je ne doute pas un seul instant que cette plaisante histoire est racontée en de nombreux lieux.

Un grand merci à mes correspondants pour les précieux renseignements qu’ils nous communiquent, mais aussi pour les documents et les anecdotes qui les accompagnent. Nous y reviendrons encore la semaine prochaine.

La Petite Gazette du 29 mars 2000

LES SAINTS GUERISSEURS DU BETAIL

     L’appel de Monsieur Georges Hext, nous l’avons déjà constaté, a généré de bien intéressants courriers. Cette semaine nous partirons à la rencontre de la contribution de Madame Virginie Dussart, du Syndicat d’Initiative et de Tourisme d’Erezée, qui a eu la bonne idée d’extraire quelques passages de « L’Almanach des vieux Ardennais, Traditions et Saints de l’automne », édité par le musée en Piconrue, à Bastogne et d’autres documents relatifs au culte de Saint-Monon. Il y est, bien évidemment question des célèbres « remuages »

« Pendant la procession, les agriculteurs, qui y assistent, arrachent des branches aux arbres qui longent le chemin suivi par les reliques. Lorsque la châsse passe, ils y frottent les feuillages. Ils les ramènent chez eux pour les donner à manger à leurs animaux ou les pendre dans les étables. A Beausaint, on les garde pour en faire une infusion qui est donnée à boire aux veaux atteints de diarrhée.(…)

Protecteur des cochons, Monon est devenu le patron des bovins et des animaux de ferme.

A Marcourt, on recommande de l’invoquer tout spécialement lors des vêlages. A Noirefontaine, sur une bannière des années  1900, Monon est dit Assurance contre (la) mortalité (des) animaux. »

Monsieur Etienne Compère, de Remouchamps, m’a remis un article qu’il a signé dans la revue « Glain et Salm Haute Ardenne » (numéro 46, de juin 1997). Il y a recopié fidèlement, en respectant la forme et l’orthographe de l’auteur, de nombreux remèdes à destination des hommes ou des animaux puisés dans le « livre de raison » de Jean Mathieu Paquay (1797 – 1887), charretier à Vielsalm. A titre d’exemples, je vous livre ceux-ci :

« Remède pour une entors a une personne ous a un chevals

   Il faut metre le pies une demis lieux dans laux.

   Recette pour une vache qui hurine du sang

   Il faut prendre un blanc merte de chien et le mettre cuire dans un litre de bon lai et le donné  a la bete a jeun.

   Recette pour un vache qui a la maladie de poumon

    2 poinies de sel – une demis litre aux – une demis litre vinaigre de pomme. Il faut lui donne cette beuvage 4 jours et tous le jours il faut lui lavez la bouche avec un linge ataché a un bois avec le même beuvage. A pres les 4 jours il faut un demis livrs sel dangleterre – un jagtte drène de lains – 2 litre et demis aux et le metre bouir ensembre ; a près cela il faut lui donne le premier beuverage 8 jours et luis lavee la bouche et luis metrte une jenette a la bouche avec un gros noeque pandant un heurs.

    Recette pour faire aller le vage a toros

    Il fait prandre de bolet de cerf pour 3 sous et leire faire manger avec du buveage a plus jeurs fois. Cette recette peut servirs pour empaicher un cochon de venir en choleurs, il faut prandre de bolet de cerf pour 3 sous et leurs donner tout le 8 jours seur leurs mange peut a la fois.

    Remède pour un chevals forbus

    Il faut le faire saigne et puis le metre dans laux jusquas aux jenoux pandans une demie lieux. »

    Monsieur Compère en a ainsi répertorié plus de cinquante ! Pour ceux que cela intéresse, vous avez les références de la publication qui accueillit cet article.

    A nouveau à un grand merci à mes correspondants pour la qualité des réponses apportées à Monsieur Hext, qui me charge de les remercier chaleureusement.

QUAND UN OUTIL INSOLITE NOUS CONDUIT AU FAUCHAGE MANUEL

La Petite Gazette du 7 mars 2001

OBJET MYSTERE… OBJET CURIEUX… OBJET INSOLITE

Cette rubrique rencontre toujours un admirable succès auprès de vous toutes et de vous tous et vous mettez toujours votre point d’honneur à identifier tous ces objets curieux dont j’aime à vous soumettre les photographies. En sera-t-il encore de même cette fois-ci avec cet objet dont Mme Léonard, de Comblain-au-Pont, m’a envoyé le cliché ci-après ?

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Ma correspondante s’interroge sur cet outil dont elle ignore et l’usage et le nom : « le manche de bois de cet outil mesure un mètre de long, 1,5 cm d’épaisseur et 3 cm de largeur avant de s’élargir à son extrémité et de se terminer en pointe de flèche ; l’outil de fer à l’autre extrémité a une longueur de 25 cm. Est-ce que l’encoche présente dans le manche, au vu de son étroitesse, n’était pas destinée à une main féminine ? » Comme d’habitude, vous savez que tout ce que vous savez à propos de cet outil nous intéresse ; j’espère que vous aurez la gentillesse de nous écrire à son propos et je vous en remercie d’ores et déjà.

 

La Petite Gazette du 21 mars 2001

OBJET CURIEUX… OBJET INSOLITE… OBJET MYSTERE…

Il y a peu, vous avez découvert ce dessin représentant un objet qui constituait un mystère pour Madame Léonard, de Comblain-au-Pont. Vous êtes vraiment formidables car, déjà nous savons de quoi il s’agit.

Grâce à des courriers de Messieurs Mieler, de Comblain-au-Pont, et de Monsieur Marcel Kelmer, de Marche-en-Famenne, cet objet est déjà identifié : il s’agit d’un instrument utilisé par les faucheurs du temps passé. La semaine prochaine, je vous donnerai tous les détails recueillis et vous proposerai plusieurs dessins les illustrant. A suivre donc…

La Petite Gazette du 28 mars 2003

OBJET CURIEUX… OBJET INSOLITE … OBJET MYSTERE…

Monsieur Stéphane Mieler, de Mont Comblain, me dit que, s’il ne connaît pas le nom de cet objet, il en connaît fort bien l’usage.

« Avant les années 1950, on utilisait encore, principalement dans les Flandres, la « squèye », petite faux que l’on tenait d’une main pour couper les céréales (froment, avoine, orge) au temps de la moisson.

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L’encoche, dans l’outil dont le dessin était proposé, servait à y introduire la lame de la « squèye » pour la transporter durant les déplacements d’un champ à l’autre, en tenant la pointe du « crochet », le tout posé sur l’épaule. Lors du retour à la ferme, un emballage s’imposait (un vieux sac, par exemple, noué sur le manche du crochet).

Ce petit croquis permet de mieux comprendre comment on pratiquait alors.

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L’avantage de cette façon de faucher résidait dans le fait que le faucheur faisait les gerbes d’une main et fauchait de l’autre. Il convenait d’encore faire le lien par la suite. En Wallonie, à l’époque, le faucheur fauchait des deux mains et ne faisait pas de gerbes. Le « tchè », sorte de grand peigne, assurait le ramassage après la coupe. »

Monsieur Marcel Kelmer, de Marche-en-Famenne, a fouillé le dictionnaire liégeois de Jean Haust et en a extrait les informations suivantes :

« En certains endroits du Nord et du Nord Ouest de Liège, on fauche les céréales au moyen de la sape ou faux flamande appelée « fâcèye » (Argenteau, Glons) « skèye » (Vottem, Hognoul, Bergilers). La main droite du faucheur tient le « pâmè » (manche de la sape) ; la main gauche manie un crochet appelé « croc’ » (Argenteau), « crokmin » (Jupille), « graw’tê » (Glons). »

Mon correspondant poursuit notre information en nous disant que « un monsieur, âgé de plus de 80 ans, m’a signalé que le trou dans le manche servait à y passer la lame de la faucille pour rendre plus aisé le transport des outils. Ce vieux monsieur a encore vu employer ces ustensiles agricoles. Son frère dispose toujours de cet outil qu’il garde en souvenir. »

Un immense merci à Messieurs Mieler et Kelmer pour leurs précieuses, et précises, informations ! J’imagine que Mme Léonard doit être bien contente de tout savoir, aujourd’hui, sur cet objet qui l’intriguait.

La Petite Gazette du 4 avril 2001

ENCORE A PROPOS DE CET OBJET MYSTERIEUX

D’autres informations me sont venues à propos de cet objet et, vous allez le constater, toutes confirment ce qui en a été dit :

Je remercie M. F. Moreau, de Neupré, qui, comme M. Kelmer, a eu l’excellente idée de consulter le dictionnaire de J. Haust.

Monsieur R. L., de Tinlot, signale que cet objet s’appelle un « pic ». « jadis, les moissonneurs s’en servaient avec une sape (petite faux à manche court). Le pic attirait le grain fauché par la sape pour en faire une gerbe. Dans le manche du pic, la petite encoche sert seulement pour pousser la lame de la sape pour un transport plus aisé des deux outils. »

Monsieur Georges Pineur, de Bois Borsu, nous dit que cet objet est  appelé « pick » et qu’il servait lors du fauchage des blés. « je m’en suis servi pendant la guerre de 1940. De la main gauche, armé de ce crochet, on rassemblait une bonne poignée de blé et de la main droite, avec une petite faux montée en forme de S, d’un coup sec, on tranchait le blé. On renouvelait cette opération cinq ou six fois jusqu’à en avoir assez pour former une gerbe. On fauchait pour tracer un passage à la lisière du champ à moissonner pour y passer avec la moissonneuse-lieuse tractée par deux ou trois chevaux. Ce travail était surtout assumé par Flamands, qui venaient faire les moissons en Wallonie. Quant à l’encoche qui intrigue Mme Léonard, elle servait tout simplement à loger la lame de la faux pour le transport de l’outil. »

Monsieur Marcel Peters, de Gouvy, confirme également qu’il s’agit bien d’un outil destiné à ramasser le blé, l’orge, le froment, l’avoine… en vue d’en faire des gerbes. « Le gerbeur porte cet outil à la ceinture au moyen de la fente allongée et ce avec le crochet en fer tourné vers le bas. Il ramasse les céréales, les redresse en bottes contre son corps et les ligature en gerbes . L’outil reste toujours attaché à la ceinture. La mesure de la longueur de cet outil est variable ; elle est fixée en fonction de la taille de celui qui l’utilise. Parfois, elle ne dépasse pas 85 cm. pour permettre aux enfants de faire le travail. On en trouve encore régulièrement dans les vieilles fermes de notre région. »

La Petite Gazette du 23 avril 2001

OBJET CURIEUX… OBJET INSOLITE… OBJET MYSTERE

Dans le prolongement de tout ce que nous avons déjà publié au sujet de cet objet curieux que nous avait soumis Madame Léonard, de Comblain-au-Pont, j’aime à signaler que les membres du Cercle d’Histoire et Musée de Marchin-Vyle se penchent sur le contenu de La Petite Gazette lors de leur réunion mensuelle. C’est ainsi que M. Léon Colson, de Huccorgne, m’a fait parvenir un intéressant courrier dont il a puisé la substance dans le dictionnaire liégeois de Jean Haust.  Ces informations nous étant déjà parvenues par ailleurs, nous ne les republierons pas, mais nous ouvrirons néanmoins nos colonnes à la reproduction qu’il a faite de l’illustration présente dans cet extraordinaire ouvrage de référence.

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Monsieur René Toussaint, de Harzé, revient quant à lui sur des propos tenus à propos de cet outil. « S’il est possible que le graw’tê ait été utilisé dans les Flandres avant 1950, je me souviens très bien m’en être servi, quand j’avais 13 ans, en 1943, à la ferme des Floxhes, à Anthisnes. C’est en recourant à ces outils que l’on fauchait autour des champs de froment, d’avoine ou d’orge pour ménager le passage nécessaire aux trois chevaux tractant la faucheuse lieuse. »

Monsieur Georges Riollay, de Neupré, apporte un éclairage nouveau au sujet de cet objet : « En Gascogne, les ouvriers gemmeurs (résiniers) se servaient et se servent encore de ce genre d’outil appelé « crampon » pour récolter la résine des pins. Je suppose, poursuit mon correspondant, qu’en Ardenne il en était de même. Le travail des gemmeurs consistait à enlever une petite partie d’écorce et, avec la pointe de cet outil, faire une entaille dans l’arbre. Ensuite, ils plaçaient, en dessous, un récipient dénommé « crot » afin d’y recevoir la résine ou gemme. Ce métier de gemmeur est appelé à disparaître car la production industrielle supplante cette manière de procéder. »

Merci à tous pour ces témoignages et ces informations.

La Petite Gazette du 27 juin 2001

REVENONS UN MOMENT SUR L’USAGE DU GRÂV’TÈ

La Petite Gazette  a publié de nombreuses réactions déjà à propos de cet objet dont Mme Léonard, de Comblain-au-Pont, nous avait proposé le dessin, mais il nous a semblé intéressant d’y revenir à nouveau.

Monsieur Léon Mathot, de Haillot, m’avait écrit au sujet de ce grâv’tè et son témoignage apporte quelques précisions au sujet de cet outil :

« Ce type de faux a été utilisé pour la première fois dans ma région (Andenne) dans les années 1942 – 1943, au grand étonnement des agriculteurs du coin. C’est effectivement un agriculteur flamand (il venait de faire l’acquisition d’une ferme dans le village) qui l’utilisait et la maniait avec beaucoup d’adresse. Ce qui était important, c’était l’usage simultané du bâton muni d’un crochet (grâv’tè sur le croquis paru le 27 avril). En effet, le faucheur retenait le blé coupé dans le crochet et déposait ainsi de petites gerbes sur le sol au fur et à mesure de sa progression.

Je n’ai jamais vu, poursuit M. Mathot, un seul agriculteur du coin se servir de cet engin. A noter que la position de travail, très courbée, était fatigante ; ce type de faux ne devait convenir qu’aux personnes de petite taille !

Enfin, conclut mon correspondant, je reste perplexe à propos de l’information communiquée par M. Riollay. Je ne vois pas comment la « facèye » puisse servir à faire des entailles dans les troncs d’arbre ; la lame ne pourrait résister longtemps à ce genre d’usage. Je me demande s’il n’y a pas confusion avec une sorte de courbet à manche long dont se servaient les forestiers pour élaguer les arbres ou pour dégager les jeunes plants qui grandissent au milieu des buissons. Ce type de courbet peut effectivement servir à faire des entailles dans les troncs. »

Merci pour toutes ces précisions.

La Petite Gazette du 23 janvier 2002

AU TEMPS DU FAUCHAGE MANUEL

Madame Henard-Cornet, de Hives, a eu l’excellente idée de m’écrire pour me confier les souvenirs qu’elle conserve du temps où son papa fauchait à la main.

« Si mes souvenirs sont bons, mon père fit ses derniers fauchages manuels dans les années 1924-1925. Il partait de grand matin, au premier chant des oiseaux, avec sa grande faux sans oublier le coffin, « li coirny » attaché derrière le dos et dans lequel pn mettait la pierre à faux, trempée dans de l’eau vinaigrée et qui servait des dizaines e fois à aiguiser la lame de sa petite chansonnette.

Le lendemain, munis de fourches, on allait « disonner », éparpiller l’herbe et la retourner deux ou trois jours après, pour enfin en faire de gros melons, que l’on retournait le jour du charriage pour reprendre l’humidité pompée dans le sol.

Alors on arrivait avec le gros lourd chariot tiré par les deux chevaux de trait avec les grosses roues en bois ferrées par de beaux bandages forgés par notre bon maréchal ferrant. On ne devait pas oublier la perche et les deux fourches, surtout la grande qui servait à soulever les dernières « croyées ».

Il restait alors deux opérations : le peignage, en prenant le petit râteau en bois afin de faire descendre le foin qui aurait pu se perdre sur le chemin du retour. Il fallait alors soulever la perche attachée devant par une grand chaîne et également à l’arrière car celle-ci rattachée au « tir dial » qui, maille par maille, pressait fortement le foin. Il arrivait, mais très rarement, dans les terrains fort accidentés, que le foin « vêle » et il fallait recommencer tout le travail.

Pour nous, les enfants, la fenaison n’était pas terminée. En hiver, défense de monter sur les tas, mais nous devions tirer le foin mèche par mèche à l’aide d’un gros crochet en fer, dont je possède toujours un spécimen, afin de rationner le bétail jusqu’au printemps. »

Un grand merci pour ces souvenirs qui, on le ressent très fort, vivent toujours intensément dans la mémoire de ma correspondante.

La Petite Gazette du 28 août 2013

EN HAUTE ARDENNE, ON FAUCHAIT BIEN PLUS TARD…

Comme toujours quand il s’agit d’évoquer la Haute-Ardenne, c’est vers notre envoyé spécial dans le passé des hauts plateaux, M. Joseph Gavroye, que nous nous tournons :

« En juin, on fauche dans le bon pays. En Haute Ardenne, région pauvre et froide, c’était fin juin ou début juillet. A l’époque et cela se passait encore entre les deux guerres, de nombreux paysans ardennais partaient faucher dans le pays de Herve, région herbagère par excellence, avec une croissance de l’herbe bien plus hâtive. Ils y allaient, munis de leur faux, par groupes rassemblant le père et les fils, au moyen du train et du tram et arrivaient sur les lieux où ils étaient attendus d’année en année. Les coupes terminées, ils regagnaient le haut pays pour y entreprendre ensuite la même besogne.

Mon père, né en 1876, était lui aussi un maniaque de la faux. Comme le racontait si bien Monsieur Bolland, dans son évocation du mois de juin, mon père, levé très tôt le matin et assis sur un sac de jute devant l’enclumette, battait sa faux. Cela se passait dans les environs immédiats de la ferme et tant pis pour les lève-tard, dérangés par les coups répétés du marteau sur la lame d’acier. Ce travail terminé et sans trop s’attarder à table, à l’aube naissante, il se dirigeait vers le pré à faucher. Mon père avait comme habitude de s’équiper d’un parapluie qu’il rangeait à côté de la faux sur une épaule. Certains le raillaient lui reprochant, qu’équipé de la sorte, il allait faire pleuvoir. Il répondait avec humour que, lorsqu’il avait son parapluie, il ne pleuvait jamais… c’était son sentiment.

Une petite anecdote personnelle me revient à l’esprit. Papa et moi avions 53 ans de différence d’âge ; un jour qu’il était équipé de sa faux, je l’accompagnais avec le cheval tirant la faucheuse mécanique. Comme nous arrivions en face du pré à faucher, Papa constata qu’il s’agissait d’un pré d’une contenance d’environ 50 ares d’un jeune trèfle bien droit sur pied. Dans son orgueil du travail bien fait, il me donna l’ordre de déposer la machine à l’ombre d’un chêne et de détacher le cheval avant de rentrer à la ferme. A mon âge, j’avais alors 16 ou 17 ans, une autre génération donc, la chose me choqua mais je m’exécutai sans pouvoir émettre de commentaires, la décision venant du paternel !

Tout l’après-midi, le père Gavroye, faucheur émérite, s’adonna à faucher un chemin tout autour du terrain afin d’éviter que le cheval ne piétine ce magnifique trèfle. C’était un peu exagéré, mais il avait la fierté du travail bien fait, ce qui prévalait à l’époque.

Actuellement cette façon de faire est dépassée. Tout est fait à la grande échelle. Une partie du foin est abandonnée à la nature. Des machines de plus en plus sophistiquées sont utilisées, le temps presse ainsi que la rentabilité. La faux à main est rangée aux oubliettes ou déposée dans un musée. Finis les battements et l’aiguisage de la lame en acier pourtant si appréciés des anciens. »

LE FILS D’UN GI RECHERCHE DEUX FAMILLES, A LIEGE ET A ANDENNE

La Petite Gazette du 22 mars 2017

LES GI’S EN WALLONIE EN 1944 : AVIS DE RECHERCHE

Monsieur Roger Lemaire, d’Esneux, fait appel à vous, à vos souvenirs directs ou à vos souvenirs familiaux ; il vous en explique les raisons :

« J’ai reçu une demande d’un journaliste américain à la retraite, qui cherche à identifier deux familles de Liège et d’Andenne qui ont hébergé son père en 1944 quand il était enseigne de vaisseau dans la marine américaine ; il a séjourné plusieurs semaines ou mois dans la région liégeoise, s’occupant à préparer l’énorme matériel militaire que les alliés accumulaient à Liège en vue de l’offensive contre l’Allemagne. »

En parcourant les documents rapportés aux USA, il y a 72 ans, par son père, Benjamin (Benny) Wolfe  – décédé en 1994, il a trouvé des photos. Parmi celle-ci l’une montrait un petit garçon de +/- 4 ans avec au dos mon nom et mon prénom,  et l’adresse où j’habitais effectivement à Grivegnée avec mes parents.  Mon correspondant m’a retrouvé en tapant simplement dans Google mes nom et prénom et Liège ; il est ainsi tombé sur plusieurs de mes publications scientifiques, dont certaines mentionnaient mon adresse e-mail, et il a essayé à tout hasard ; il est tombé juste. Je me souviens effectivement qu’un GI est venu plusieurs fois à la maison après la libération de Liège, car mon père parlait aussi anglais.

Nous avons dû déménager peu après, car un V1 est tombé en face de chez nous et la maison est devenue inhabitable. La famille de Liège qui avait hébergé ce GI a vu aussi sa maison détruite par un V1 quelque temps après qu’il est parti pour Andenne. Ceci n’aide malheureusement pas à la localiser, car il en est tombé énormément (+ de 1.600) sur Liège et  toutes les communes environnantes (N.D.L.R. Plus d’infos sur ce sujet dans la rubrique « guerre 1940-1945 »).

Ce journaliste américain serait reconnaissant si quelqu’un pouvait l’aider à identifier ces deux familles au sein desquelles son père a été chaleureusement accueilli à cette époque, comme en témoignent les lettres qu’il écrivait à son épouse aux USA :

Sur cette première photo, vous découvrirez cette famille de Liège ou de sa banlieue, qui vivait dans une grande maison avec les grands-parents, leurs deux fils Victor et Maurice, et une fille Eva, qui avait elle-même une fille de 19 ans dont le GI avait probablement mal compris le prénom (il l’écrit Romon, peut-être Raymonde ?).

Photo N° 1

LA FAMILLE LIEGEOISE

Photo N° 2

Il y avait aussi une jeune femme Paula, sans doute l’épouse d’un des deux fils. Le nom de cette famille n’est pas mentionné dans les courriers, pas plus que sa localisation précise. Peu de temps après que l’unité du GI a été déplacée, il a appris que leur maison à Liège avait été dévastée par un V1 allemand, heureusement sans faire de victimes. Il est revenu leur témoigner de sa compassion pour leur malheur.

Photo N° 3

LA FAMILLE D’ANDENNE

PHOTO N° 4

La famille d’Andenne ne voit pas sa composition précise décrite dans les courriers. A en juger par les photos, il y avait les deux parents, plusieurs filles, d’âges différents, et un garçon. Une lettre du GI  mentionne  la « famille Badau à Andenne », mais l’orthographe correcte est plus probablement Badot. Le GI qui a ramené ces photos avec lui aux USA est le grand gaillard à droite  sur la photo, devant une jeune femme qui a posé une main sur son épaule. A gauche sur la photo, un autre GI.

Si quelqu’un croit connaître l’identité et la localisation précise de ces personnes, et peut-être aussi de leurs descendants,   aurait-il (ou elle) l’amabilité de nous en faire part, pour nous permettre de communiquer l’information à ce journaliste retraité qui se penche sur les témoins du passage de son père GI en terre wallonne en 1944 ? Un grand merci d’avance. »

DANS LE CHÂTEAU DE L’ESPERANCE UN POEME D’ALPHONSE RONDELET DURANT LA GUERRE 1940-1945

La Petite Gazette du 22 février 2017

ALPHONSE RONDELET, PROFESSEUR, DONNAIT DES COURS PRIVES DANS LES ANNEES 30…

Monsieur Michel Rasquin,  de Manhay, travaille actuellement à la rédaction d’un récit de vie sur l’évacuation de deux familles de Petithan (les Rondelet et les Gavrenne) en mai 1940, pour l’aider dans sa tâhce, il peut compter sur 3 témoins en vie, dont une dame de 97 ans à la mémoire fabuleuse, Mme Marthe Rondelet qui, lui a confié ceci :

« Avant la guerre, dans les années 30, Alphonse Rondelet, professeur, a donné à son domicile des cours privés particuliers à un nombre invraisemblable de jeunes de la région (dans un de ses carnets, je trouve les noms de jeunes de Werbomont, Harre, Tilff, Tohogne, La Roche, Ny, Oneux, Bende-Jeneret, Roche-à-Frêne, Villers Ste Gertrude, Houmart,Soy, Barvaux, Petithan bien sur,Wéris, Mormont,Habiémont,Burnontige, Fanzel, Méan, Aisne, Sy, Deux-Rys…). Nombre de ces jeunes, après des primaires et, souvent à l’époque, 2 années de plus (N.D.L.R. « le quatrième degré »), par ces cours, sont arrivés à présenter et à réussir les examens organisés par l’Etat et sont devenus  facteurs, gendarmes, douaniers, garde-forestiers, agents de la RTT, agents de la SNCB, militaires etc. Nombre de jeunes gens de la région lui doivent l’ouverture des portes à ces emplois ( je présume, que par cette formation de base complète – math, français, trigo, géographie, etc.- ils ont pu, dans un premier temps, accéder à des emplois de niveau 4 à l’époque, ce qui correspondait aux « moyennes », c’est-à-dire 3 ans après les primaires; d’autres ont persévéré et décroché des emplois de niveau  1 (directeur etc.): fabuleux !

Alphonse Rondelet, pendant la guerre, a composé un poème dont la scène se passe dans le château de l’espérance, mettant en scène Hitler, Mussolini, le diable et l’auteur, Alphonse  Rondelet, de Petithan, né en 1859 et décédé pendant la guerre 40-45. Ce poème est assez long, trois pages, et a été rédigé par colère et par dépit, après que son fils Louis a été tué lors d’un bombardement sur la route de « l’exode », vers le 17 mai 1940, entre Laon et Soissons. Il se termine par ces deux vers:  » Je vous avais maudits, d’avoir tué mon fils, Je remercie Dieu de vous avoir punis« . A découvrir très prochainement dans cette rubrique.

La Petite Gazette du 29 mars 2017

UN POEME D’ALPHONSE RONDELET REDIGE PENDANT LA GUERRE, INSPIRE PAR LA COLERE ET LE DEPIT

Monsieur Michel Rasquin, de Manhay, a recueilli les souvenirs, particulièrement clairs et précis, de Mme Marthe Rondelet, 97 ans, au sujet de la période de guerre, de l’évacuation et des drames qui bouleversèrent alors sa famille. Nous les avons déjà évoqués dans notre édition du 22 février dernier.

Monsieur Rasquin les rappelle brièvement : « Louis Rondelet, fils d’Alphonse, fut tué le 16 mai 1940 par l’aviation allemande, mitraillant et bombardant les colonnes civiles de réfugiés, lors de l’exode en France, à Froidmont, près de Soissons. » Ce tragique épisode lui a inspiré un long poème dont il est utile de rappeler le contexte. « Alphonse a perdu son épouse à l’accouchement lors de la naissance de son fils Louis. En mai 1940, Louis ne semblait pas clairement décidé à « évacuer », c’est son père qui l’a convaincu qu’il se devait d’accompagner son épouse et ses deux filles, Marthe et Maria.

Il a écrit ce poème peu avant sa propre mort, pendant la guerre, par dépit, se sentant coupable de la mort de son fils, culpabilisant énormément ; Alphonse est mort avant la fin de la guerre 40-45 , il n’a donc pas connu la mort d’Hitler ni celle de Mussolini.

Durant les premières années de guerre, on lui a fait remarquer tout le danger  d’avoir rédigé  et d’exhiber un tel poème ; il le cachait dès lors dans son veston, à l’emplacement de son cœur.

C’est à sa mort que Marthe l’a découvert, caché, dans la doublure de ses vêtements.

Le titre de ce poème,  « Le Château de l’Espérance »,  n’est pas choisi au hasard par Alphonse Rondelet : l’ « espérance » désignait, pour les habitants du milieu du village de Petithan, le quartier sis en haut du village, celui, entre autres, de la famille Rondelet ; on s’interpellait en demandant : «  comment ça va à l’espérance ! »

Ce texte était initialement rédigé à la main par Alphonse Rondelet, il a été recopié et dactylographié à diverses reprises, probablement avec quelques coquilles… ou interprétations… »

document confié à Michel Rasquin par Marthe, ce 18 janvier 2017

La scène se passe dans le château de l’espérance

 

Acteurs : Alphonse, Hitler, Mussolini, Le Diable

 

Alphonse

Heil Hitler, le menteur, le voleur et le traître

De l’Europe entière voudrait être le maître

Que dis-je ? Il le sera, le veut absolument

De sa voix de Stentor il le dit nettement

Qui pourrait résister à sa puissante armée

Si belle, si forte, si bien disciplinée ?

Maître de la terre, le sera sur les eaux,

De par ses aéros et ses nombreux vaisseaux

Il se crispe, mugit comme un taureau sauvage

Qu’un vieux toréador a mis en pleine rage

Que Dieu est avec lui, qu’il lui tend les deux mains

Afin qu’il punisse les peuples inhumains

Mais ton DIEU, hypocrite n’est autre que le diable,

Et non point le DIEU, bon et le seul adorable

Qui saura te punir pour les crimes affreux

Que tu auras commis dans ton règne odieux

Ton âme est gonflée de tous les plus grands vices

Aimant à répandre leurs graines si novices

Tu as eu, on le sait un très bon précepteur

Le gros Mussolini, maçon, instituteur,

 

Hitler

Si c’est de lui que je tiens les faits qu’on m’impose

Pourquoi me cherche-t-on une folle dispute ?

 

Alphonse

Si ton frère est menteur, faut-il que tu le sois

Remets dans ton carnier cet infantile exploit

Dans tout vice, il y a un peu de jalousie

Et dans les tiens, Hitler, perce la sombre envie

Je rends, moi, à César ce qui est à César

Et que chacun de vous prenne chacun sa part

Le maçon prit d’abord la belle Abyssinie

Et que peu de temps après, la petite Albanie

Dans ces coups de Jarnac le chemin fut tracé

Hitler prit l’Autriche, qu’il avait reniée

Huit autres États tombèrent l’un après l’autre

Y compris, ô regret, si tristement le notre ?

Les deux copains chantaient enivrés de bonheur

Or, ce dernier, souvent, est proche du malheur

Les Grecs prirent bon pied dans toute l’Albanie

Les Italiens sont chassés de la Lybie

Et le seront, sous peu, de leurs ports africains

Poursuivis, pas à pas, par les australiens

 

Mussolini

Le négus est rentré dans son Abyssinie

C’est un homme doué d’un superbe génie

Je n’ai plus, contre lui, la maîtrise de l’air

Et l’ai, moins encore, sur notre belle mer

Mes ennemis me chassent de la Numidie

Mes soldats se rendent, O triste perfidie

Mon DIEU que t’ai-je fait pour me punir ainsi

Me livrer tout entier, à un vil ennemi

Comtesse Gyano, charmante et douce fille

Que va-t-il advenir de toute ma famille ?

Entends-tu gronder toute ma nation

Ce tonnerre vengeur, la révolution

 

Mussolini appelle Hitler

Frère, vite, très vite, arrive à mon secours

Si tu ne veux me voir Knock-out dans peu de jours

 

Hitler

Ne désespère pas, ami, je t’en supplie

Je saurai dénouer leur Nœud d’hypocrisie

Je forme une seconde, invincible Armée

 

Mussolini

La première a brûlé, celle-ci rôtira

 

Hitler

Mes braves légions vont conquérir l’Attique

Et mettre dans ma main tout le sud balkanique

 

Mussolini

Nous avons au Nord Est un puissant ennemi

Que nous devrions tâcher de faire notre ami

 

Hitler

Un ami d’un traître, d’un juif comme Lénine

Mais c’est aller droit à la propre ruine

Le traître reste traître ; il ne saurait changer

Et marcher avec lui, c’est courir au danger

Deux cents divisions vont franchir sa frontière,

Bien habituées à l’ours : prendre son beau Moscou

Ou j’aurai le plaisir de lui tordre le coup

 

Mussolini

Ce gros animal est d’une forte structure

Qu’on ne remarque pas sous sa lande parure

Malheur qui compte seul se trompe aisément

Et tout ce que j’ai fait à mes propres dépens

 

Alphonse, Belge de cœur

Mais l’ours est un grizzly d’une très forte taille

Et saura riposter bataille par bataille

Pendant ce temps John Bull ce nouveau Jupiter

Arrose l’Allemagne et de feu et de fer

Détruit gens et maisons, usine après usine

Et rend de la vigueur à son ami Lénine

Qui blessé tout d’abord, redouble de courage

Et fait des allemands un terrible carnage

Les oblige à quitter en hâte son état

Après les avoir mis dans ce honteux état

Les géants s’embarquent à grands flots

 

Mussolini

Ami plus qu’un moyen pour se tirer d’affaire

Il faut savoir mourir quand on ne sait rien faire

 

Ils se pendent

 

Chers amis, je vous tiens de par l’ordre de DIEU

Que vous aurez laissé c’est un si méchant DIEU

Venez comme Néron, voir griller nos entrailles

Que je mets, à l’instant dans ces rudes tenailles

 

Alphonse

Je vous avais maudits, d’avoir tué mon fils

Je remercie DIEU  de vous avoir punis.

                                               Alphonse Rondelet, Petithan

 

BERGERS ET BERGERES DE NOS CONTREES

Petite remarque préliminaire : Les illustrations de ce chapitre sont loin d’être d’une qualité irréprochable, c’est parce qu’elle date d’une époque où mes chroniques étaient transmises au journal sans le support technique du numérique. La plupart des illustrations que me fournissaient les correspondants de la Petite Gazette étaient alors de simples photocopies. Il me semblait utile de le rappeler.

La Petite Gazette du 26 juillet 2000

A LA RENCONTRE DU BERGER DE PETIT-BOMAL

Madame Christine Gillet, de Jemelle, ne reçoit pas Les Annonces, car elle habite en dehors du triple secteur de distribution ; cela ne l’empêche cependant pas d’en être une lectrice assidue et attentive grâce à une de ses amies de Chéoux, qui lui envoie régulièrement ses journaux. Mme Gillet est née, en 1922, à Bomal, elle a quitté le village dix ans plus tard, mais en emportant avec de merveilleux souvenirs d’enfance. Elle se souvient notamment d’un personnage qui, il y a quelques années, tint la vedette de La petite Gazette : le berger de Petit-Bomal.

« Nous allions, de temps en temps, nous promener à la ferme ; il y avait une dame qui s’appelait Rachelle. Ce que nous adorions voir par dessus tout, c’étaient les moutons, quand ils rentraient de Saint-Rahy. Nous attendions pour les regarder rentrer. Le berger dormait alors dans la bergerie ; j’ai encore son image devant les yeux. Il est là devant moi avec sa houppelande… »

J’imagine que ma correspondante n’est pas la seule, parmi les lecteurs et les lectrices de La Petite Gazette, a avoir conservé des souvenirs, peut-être même aussi des photos, des derniers bergers de nos régions. Comme nous l’avons fait avec d’autres professions disparues ou menacées, j’aimerais beaucoup que cette rubrique s’ouvre aux souvenirs relatifs aux bergers de nos régions, aux craintes que leurs connaissances faisaient naître, à leur vie, aux horaires auxquels ils étaient soumis…J’espère surtout en recevoir des photographies, que ce soient celles de ces vieux bergers du début du siècle ou celles de ces nombreux enfants qui, il n’y a pas si longtemps, ont surveillé ou gardé les petits troupeaux des grandes fermes de chez nous. Qui sera le premier a faire revivre cette profession si importante hier encore.

La Petite Gazette du 13 septembre 2000

LES BERGERS DE NOS BELLES CONTREES

Les hasards du contenu de vos correspondances m’ont mis sur la piste des bergers et des bergères qui, jadis, faisaient paître petits et grands troupeaux le long de nos chemins, dans les bois ou sur les terrains communaux. Comme vous êtes réellement formidables, il m’a suffit d’en parler une seule fois pour recevoir vos premiers commentaires et, surtout, vos premiers documents.

Ainsi, j’ai l’immense plaisir de vous proposer une première photographie illustrant cette nouvelle rubrique ; elle provient des collections de Monsieur Freddy Lemaire, d’Aywaille.

001

« Ce berger a été photographié, pour les éditions LUMA, d’Aywaille, avant 1940, dans la région de Harre-Burnontige. »  Mais nous ne savons rien de l’identité de ce berger qui fait paître son maigre troupeau ; était-il vraiment berger ou l’a-t-il été le temps de prendre cette photo dont la légende nous dit qu’il s’agit de Bellem ? Grâce à vous, nous en saurons certainement davantage très bientôt. Dans nos prochaines éditions, nous retrouverons d’autres bergers et bergères de nos contrées, mais je vous engage à m’envoyer photos, documents et souvenirs que vous avez conservés de ces étonnants personnages d’hier.

La Petite Gazette du 20 septembre 2000

LES BERGERES ET LES BERGERS DE NOS REGIONS

Il n’y a pas que l’illustre Bellem qui garda les moutons de nos vallées et de nos plateaux…

Monsieur Louis Vieuxtemps, collaborateur régulier du journal Les Annonces, m’a confié cette jolie photographie d’une bergère, encore active avant la dernière guerre mondiale, Léocadie Hanozet

002

Mon correspondant apporte quelques renseignements intéressants sur ce personnage : « La famille Hanozet s’installe sur la ferme de Petit-Bomal en mai 1909 et y restera jusqu’en 1946. 14 enfants sont nés dans cette famille dont Jean-Baptiste Hanozet, (11 mars 1873 – 11 janvier 1963), l’aîné des quatre garçons qui sera le dernier berger de Saint-Rahy, pâturages dominant la ferme en direction d’Izier.

Léocadie Hanozet, (21 juillet 1867- décédée fin 1944) était une des dix filles de la famille. A l’occasion, elle relayait Jean-Baptiste, mais tout porte à croire qu’elle fut bergère avant lui et, de ce fait, fut l’avant-dernière bergère de Saint-Rahy. »

Vous aussi, certainement, vous avez des souvenirs de ces bergers d’hier, du mystère qui entourait leurs connaissances, de leurs pouvoirs supposés… Nous en parlerez-vous ? J’attends avec beaucoup d’impatience tout ce que vous pourrez nous dire à ce propos.

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

LES BERGERES ET LES BERGERS DE NOS REGIONS

C’est encore à Monsieur Louis Vieuxtemps que nous devons ces deux très jolies photographies du dernier berger de Saint-Rahy, pâturages relevant de l’ancienne seigneurie de Petit-Bomal, à quelques centaines de mètres d’où se construit votre hebdomadaire préféré ! On y voit Jean-Baptiste Hanozet, le frère de Léocadie dont vous avez fait la connaissance la semaine dernière.

003« Sur ce cliché, nous dit M. Vieuxtemps, Jean-Baptiste Hanozet est âgé de près de 70 ans (nous sommes en 1942), on le voit quittant la magnifique ferme de Petit-Bomal pour se rendre vers le mont Saint-Rahy, comme il le fit durant 37 ans.

 

004

Cette autre photographie date de la même époque, elle aurait été prise quelques semaines après la précédente, nous précise notre correspondant. Il semble bien que c’est alors le printemps, les fleurs éclairent les pâturages de leurs jolies couleurs et le berger est là, pensif mais attentif, son chien à ses pieds et sa canne à la main. »

Si vous avez connu ce berger ou si vous en avez connu d’autres, ce serait particulièrement intéressant que vous nous confiez vos souvenirs, vos anecdotes, vos documents pour faire revivre cette vieille profession de nos régions.

La Petite Gazette du 18 octobre 2000

LES BERGERS ET LES BERGERES DE NOS REGIONS

Grâce à la précieuse collaboration de plusieurs collectionneurs de vues anciennes de nos contrées, j’ai eu l’immense plaisir de vous présenter plusieurs clichés de bergers ou de bergères de nos régions ; et les photographies parues ont suscité, à leur tour, d’intéressantes réactions.

Aujourd’hui, c’est Monsieur Freddy Rixhon, de Ferrières, qui nous apporte de précieux renseignements relatifs au berger présent sur la carte postale que nous avait confiée M. Freddy Lemaire, d’Aywaille. (Voir l’article du 13 septembre 2000)

« Le berger présent sur cette photographie n’est autre que Monsieur François Mahieu, de Burnontige, mieux connu encore sous le nom de « François d’al Creû » explique mon correspondant. Voici ce que dit de lui Maurice Capitaine dans Temps et cendres de mes jeunes années, le numéro 11 de la très belle collection « Au rythme de Ferrières »

 « François Mahieu, habitant le lieu-dit Al Creû, sur le chemin de Saint-Antoine. Une grave maladie, le typhus, contractée dans son jeune âge, avait laissé quelques séquelles dans son comportement. Oh rien de bien grave ! C’est ainsi qu’il avait vingt, parfois trente, chèvres auxquelles il s’adressait sur un ton doctrinal châtié. Les chèvres qui ne comprenaient évidemment rien à cet éloquent laïus avaient pris l’habitude de s’assembler autour de lui, paraissant  prêter une oreille attentive à ses propos. Les enfants qui passaient par-là pour se rendre au catéchisme en avaient fait un sujet de curiosité. Ils s’arrêtaient pour voir et entendre notre ami pérorer, parfois pour s’en moquer, mais fort rarement, car François était un homme doux, gentil, malin qui n’aurait pas fait de tort à une mouche. »

Monsieur Rixhon, en collectionneur averti qu’il est, me signale qu’il existe au moins quatre autres cartes postales, d’autant d’éditeurs différents, immortalisant ce berger ! Je le remercie chaleureusement pour toutes ses informations.

Une personne de Werbomont, qui a très bien connu Jean-Baptiste Hanozet, le dernier berger de Petit-Bomal, a eu l’extrême gentillesse de nous contacter pour nous narrer quelques souvenirs :

« Je veux bien croire que j’ai bien connu ce berger, me dit-elle, car c’est mon mari, malheureusement décédé aujourd’hui, qui, au moment de l’Offensive, lui a racheté son troupeau. La famille Hanozet se préparait à quitter la ferme de Petit-Bomal et Jean-Baptiste proposa à mon époux de reprendre le troupeau. Mon mari a toujours élevé des moutons, il le faisait pour la viande, pour l’élevage… Il fut d’ailleurs le premier à avoir fait venir des moutons d’Angleterre ! Mon époux et le berger se connaissaient évidemment et, pendant les années de guerre, ils s’étaient notamment aidés pour répondre aux réquisitions allemandes. Quand mon mari a accepté la proposition du berger de reprendre ses bêtes, s’est posée la question du transport de celles-ci. Comment les moutons allaient-ils aller de Petit-Bomal à Bois Saint-Jean ? En marchant, tout simplement ! Jean-Baptiste Hanozet souhaita que ce soit mon mari qui l’accompagne pour cette longue promenade et c’est ce qui se fit. Quand les bêtes furent arrivées sur place, j’ai vu le vieux berger pleurer de joie ; il se disait très heureux de constater que ses moutons seraient mieux encore.

Au sujet du berger de Petit-Bomal, je me rappelle une anecdote qu’il racontait. Souvent, nous disait-il, il lui arrivait de se disputer avec son frère, mais toujours pour la même raison : la nuit, Jean-Baptiste se relevait pour aller chiper le bon foin que son frère gardait pour ses chevaux ! »

Un immense merci à cette lectrice qui nous a réservé ces quelques souvenirs de première main.

La Petite Gazette du 31 octobre 2000

LES BERGERS ET LES BERGERES DE NOS REGIONS

C’est toujours avec beaucoup d’impatience que j’attends que vous me confiez vos souvenirs des rencontres que vous avez sans doute faites avec ces étonnants personnes de nos régions. En effet, les bergers et les bergères ont toujours bénéficié d’une aura de mystère auprès de toutes les personnes qui ne possédaient pas leurs connaissances des choses de la nature. En espérant que vous aurez la gentillesse de nous parler de ces personnages extraordinaires, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter deux nouvelles cartes postales anciennes ayant pour sujet principal le berger de Burnontige, François Mahieu.

Monsieur F. Rixhon, de Ferrières, qui avait reconnu ce berger sur une photo prêtée par Monsieur Lemaire, d’Aywaille, m’a remis quatre cartes postales différentes présentant ce berger ; vous en découvrirez deux aujourd’hui.

005

 Carte postale des éditions Goblet, Source de Harre à Burnontige portant en légende « Harre : un berger ardennais dans les environs de la Source de Harre » avec, en plus, la mention « Touristes, visitez la Source de Harre »

 006

 carte postale des éditions Léon Vanderhoven, à Liège, portant en légende : « Burnontige – Le chèvrier. Un coin pittoresque de nos environs » Avec, en plus, la mention : « Pension de Famille Gaiemet-Mignolet Burnontige – Werbomont. Téléphone : 70 Werbomont »

 

La Petite Gazette du 8 novembre 2000

LES BERGERS ET LES BERGERES, DES PERSONNAGES ETONNANTS …

Toujours avec le seul désir de vous voir me communiquer les souvenirs que vous avez conservés de vos rencontres avec ces personnages étonnants qu’étaient les bergers et les bergères de nos contrées, j’ai l’immense plaisir de vous faire découvrir les deux dernières cartes postales représentant le berger de Burnontige que m’a, si gentiment, prêtées Monsieur Rixhon, de Ferrières.

007

 Carte postale éditée par Photo Gonay, Moulin Harre

008

Editeur Hôtel Colin

Mon correspondant a indiqué que cette vue daterait de 1935

Si vous possédez, vous aussi, des photos de bergers ou de bergères de nos villages ; pensez que nombreux sont les lecteurs et les lectrices qui prendraient plaisir à les découvrir. Vos souvenirs sont, bien entendu, les bienvenus. Merci d’avance.

La Petite Gazette du 15 novembre 2000

LES BERGERS ET LES BERGERES DE NOS REGIONS

Monsieur J. Paquay, de Nadrin, nous a déjà fait le plaisir de partager avec nous les jolies photographie de sa collection ; aujourd’hui, il nous propose cette jolie carte postale du château Saint-Jean, aux environs de la Baraque Fraiture, plus précisément à Samrée.

009

« Cette carte postale a été postée le 22 juin 1913, me précise M. Paquay. Cette photographie nous fait découvrir un berger bien habillé, gardant son troupeau près de la façade arrière de l’imposant château de « Bois Saint-Jean ». Il est aidé dans sa tâche par un garçon et deux chiens.

Le recto de la carte atteste du reçu par un certain Victor Vincent, à Bihain, de la somme de deux cent treize francs et cinquante centimes, à l’adresse de François Chabat, négociant en laines à Comblain-la-Tour.  Qui était le dénommé Victor Vincent ? Etait-il le propriétaire des moutons ou le régisseur du château ?

En ce qui concerne le château construit au XIXème siècle par le Comte de Limburg Stirum, il avait alors, avec son impression donjon et sa tour ronde, des allures de petite forteresse. Ayant été réquisitionné par les Allemands pour y établir le quartier-général de Von Manteuffel à la fin de la guerre, il fut bombardé et incendié par les Alliés, fin 1944. Reconstruit après la guerre, il a perdu les allures médiévales de son caractère d’antan. »

Merci pour toutes ces informations ; j’espère que l’un ou l’autre lecteur pourra répondre à votre question relative à Monsieur Victor Vincent.  Votre question j’ajoute la mienne, qui nous parlera de ce négociant en laines de Comblain-la-Tour ? J’imagine que parmi les lecteurs de l’excellente revue « Les Echos de Comblain », il s’en trouvera un qui possède des renseignements à propos de ce négociant ; peut-être nous fera-t-il le plaisir de les partager avec nous ?

Monsieur Freddy Rixhon, grâce à qui nous avons pu faire la connaissance du berger de Burnontige,  m’a écrit à nouveau pour me demander de rectifier le nom de ce berger : « depuis toujours, j’ai entendu les gens du cru parler de F. Mathieu, pour désigner ce berger ardennais ; le livre de M. Capitaine, qui est une référence pour moi, m’a conduit à corriger le Mathieu en Mahieu :  ce fut une erreur. Ce Mathieu, source confirmée par une nonagénaire, en pleine forme, de Burnontige, a eu une fille mariée à un Mahieu, d’où probablement la confusion. »

Merci à M. Rixhon pour son souci du détail et de la précision.

La Petite Gazette du 20 décembre 2000

BERGERS ET BERGERES DE NOS REGIONS

La photo parue, il y a un mois, dans La Petite Gazette et nous présentant le berger du château de Bois St-Jean, a fait réagir un lecteur heureux cette photo et tout aussi heureux de partager ses souvenirs avec nous

« Le berger Victor Vincent, que l’on voit sur cette photo, était le cousin germain de mon père, Camille Vincent. Il exploitait, en tant que locataire et avec ses parents, ses frères et ses sœurs, la ferme du Bois St-Jean, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Son père, Lambert Vincent, était le frère jumeau de mon grand-père paternel ; il est décédé au Bois St-Jean et repose au cimetière de Bérismenil. Mon père parlait assez souvent de ses cousins et cousines du Bois St-Jean et, particulièrement, de Victor qui s’occupait d’un grand troupeau de moutons, dont ils étaient les propriétaires. »

Merci M. Vincent d’avoir, pour La Petite Gazette, ressuscité les souvenirs de votre papa.

La Petite Gazette du 10 janvier 2001

LES BERGERS ET LES BERGERES DE NOS REGIONS

Après la parution de la jolie photographie et des informations relatives au berger du domaine de Bois Saint-Jean, M. J. Paquay, de Nadrin, a glané de nouvelles informations qu’il a tenu à partager avec nous.

Madame J. Renard-Cornet, de Hives, dont le papa était garde-chasse à Saint-Jean, a bien connu Victor Vincent. « Il était fermier au domaine de Bois Saint-Jean ; je me souviens bien qu’il faisait aussi, à la demande, le tour des fermes des villages voisins pour châtrer les jeunes taureaux et en faire des bœufs destinés à l’engraissement. »

010 Carte-vue montrant la façade avant du château, avant 1903 (carte-vue extraite des collections de M. J. Paquay)

 

 

 

Madame P. Petit-Rappe lui a également confirmé que Victor Vincent était bien le fermier de Saint-Jean : « je l’ai d’autant bien connu qu’il était un frère de ma maman ; il était aussi marchand de bestiaux. A cette époque, le troupeau de moutons se composait d’un millier de têtes appartenant au fermier. Ceci explique le reçu attestant une transaction personnelle de V. Vincent, pour une fourniture de laine à M. Chabat. La production herbeuse sur ce plateau froid, sur des terres acides, dans un îlot agricole souvent noyé dans le brouillard et entouré de grandes forêts, était très aléatoire. De plus, les moutons devaient chaque jour partager leur herbage avec le gibier : cervidés et surtout sangliers laboureurs. La concurrence était très vive. C’est d’ailleurs cette raison qui motiva V . Vincent à quitter le domaine dans les années 20 – 25 pour émigrer à Ortho, puis à aller finir ses jours à Bastogne. Il fut remplacé à Saint-Jean par la famille Désert, qui continua l’exploitation ovine jusque dans les années 70. Le troupeau de moutons d’Alphonse Désert se composait lui aussi d’un millier de têtes. »

Monsieur Louis de Fisenne, de Fisenne, a également réagi suite à la parution de la photo du berger de Bois Saint-Jean : « Dans mon jeune âge, j’allais passer une partie de mes vacances au château de Bois Saint-Jean. J’y ai dès lors connu, bien qu’il soit déjà très âgé, l’ancien propriétaire, le Comte de Limburg, qui n’avait pas d’enfant. Je connaissais bien son fils adoptif, Charles, avec qui j’entretenais d’excellentes relations. Je possède la même carte postale que celle publiée dans La Petite Gazette et je puis vous affirmer que le berger avec ses moutons est bien le propriétaire du troupeau et non le régisseur du château. Le gamin qui l’accompagne est son neveu, Léon Dumont, mon cousin. En effet, la maman de Léon et la mienne étaient les sœurs de Victor, qui, avec  sa maman, et d’autres sœurs et  frères, occupait les bâtiments de la ferme. Je suis né en 1911 et je me souviens  très bien que nous allions, à Pâques, récolter les œufs que les cloches avaient déposés dans le parc du château. C’était encore la bonne époque. Je suis déjà retourné souvent à Bois Saint-Jean pour revivre un peu de ma jeunesse. »

011Photo de la cour de la ferme de Bois Saint-Jean dans les années 1920. A l’arrière-plan : le château (document extrait des collections de M. J. Paquay)

Monsieur Paquay a également conservé des souvenirs du début de sa carrière de garde forestier quand, plus d’une fois, il a retrouvé des animaux égarés, ou en fugue, dans les bois communaux de Samrée, dont j’ai la garde et qui jouxtent le domaine de Saint-Jean Les moutons quitteront définitivement Saint-Jean après la retraite de M. A. Désert. Après un intermède de bétail indigène, ils sont remplacés, depuis quelques années, par des animaux plus imposants, venant d’outre-Atlantique : des bisons canadiens. Nos cervidés et autres sangliers ardennais ne font plus le poids face à ces mastodontes américains : la concurrence est devenue déloyale, ils doivent désormais s’alimenter en forêt uniquement. »

Un immense merci

La Petite Gazette du 27 novembre 2013

LES MOUTONS ET LES BERGERS DE LA COMMUNE DE FERRIERES

Monsieur René Gabriel, de Roanne-Coo, a entrepris une intéressante recherche sur les troupeaux et les bergers de Ferrières au début du XIXe siècle. Il nous en livre le résultat :

« Nous  avons  remarqué  que  le  relevé géographique  de  Philippe Vandermaelen établi  en  1831 précisait  que  la  commune  de  Ferrières  comptait autrefois  8  troupeaux  de  moutons. Les  relevés  de  population  de  la  commune  ont  commencé  à  être  tenus  à  partir  de  1846. Nous  devrions  donc  y  retrouver  la  trace  de  plusieurs  de  ces  bergers. Le  résultat  de  cette  recherche  donne :

Stiennon Gilles, 67  ans, né  à  Esneux,  il  habite  Lognoul.

Dubois  Lambert, 32  ans, né à Hamoir.

Dengis  Julien, né  à  Villers  Ste-Gertrude  le  15  mars  1830.

Maréchal Gilles, né  à  Louveigné  le  13 mars 1802.

Maon Gérard, né 15  janvier 1792, il  habite  le  Thier  de  Ferrières.

Bodson Gilles, né  à  Bra, 23 ans, il  habite  St-Roch.

Abraham Servais, 47 ans, né  à  My, il  habite  Rouge Minière.

Gosset  Théodore Joseph, berger  né  à  Heid  le  9 octobre  1825.

Le  relevé  suivant, celui  de  1866, en  cite  encore :

Maréchal Gilles  Joseph, né  à  Louveigné  le  13  mars 1802, il  meurt  le  27  avril 1868. Berger  à  Thiers, maison nr 4.

Maon Gérard, né  à  Ferrières  le  15 janvier 1792, il  meurt  le  6  juin 1869, il  habitait  à  Thiers.

Dangis  Julien, né  à  Ferrières  le  3  septembre 1808, berger  à  Burnontige.

Ajoutons  qu’un  dénombrement  établi  en  1822  dans  la  commune  mentionnait :

165 vaches  et  395 moutons  à  Burnontige, 44 chefs  de  famille.

143 vaches  et   32 moutons  à  Houpet  et  Malacord, 47 cf.

109 vaches et  227 moutons  à  Ferrières  et  Lognoul, 43 cf.

69 vaches  et  62 moutons  à  Rouge Minière, 29 cf.

Soit un total : 486 vaches  et  716  moutons  pour  163 chefs  de  famille. »

 

 

MANHAY

Vlan-Les Annonces du 27 mai 2015

MANHAY

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Durant tout l’ancien régime, le territoire de l’actuelle commune de Manhay illustre parfaitement la réalité souvent évoquée du morcellement des terres entre de nombreuses juridictions. Jugez plutôt : Grandmenil et Vaux-Chavanne appartiennent à la Terre de Durbuy et forment une de ses quatre cours, Dochamps relève du Comté de Montaigu, Odeigne appartient à l’Abbaye de Stavelot et Harre à celle du Val-Saint-Lambert alors que la Prévôté de Bastogne englobe Odeigne. Bien sûr, une grande partie de ces territoires était des terres du Duché de Luxembourg, suzerain de la Terre de Durbuy, du Comté et de la Prévôté évoquées, mais ces possessions côtoient celles de la très étendue Principauté de Stavelot-Malmédy.

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La fin de l’ancien régime ne réunira pas encore les différents villages et hameaux qui, aujourd’hui, forment cette commune. En effet, si, quand nous devenons français, la plupart de ces lieux de vie sont rattachés au Département de Sambre et Meuse mais Harre, quant à lui, dépendra du Département de l’Ourte (il n’y avait effectivment pas de « h » à l’époque !). Il faudra attendre 1839 pour que tous ces territoires soient enfin réunis dans la Province de Luxembourg.

Dochamps peut se targuer d’un passé plus que millénaire puisqu’une charte datée de novembre 1011, bien connue aujourd’hui depuis les célébrations de cet extraordinaire anniversaire, voyait le prince-évêque de Liège, Baldéric II donner l’église de Dochamps, ses revenus et biens, à l’autel de Sainte-Croix à Liège. Le document indique, en outre, ce qui motive cette décision du chef de l’Eglise liégeoise et, vous en conviendrez, il est interpellant : « pensant à la crainte du Seigneur et à la récompense éternelle (…) pour le soulagement de mon âme ».

manhay 2Cet important document met particulièrement à mal une tradition tenace qui, basée sur un document découvert à la fabrique d’église de Samrée donnait une origine bien différente à Dochamps. Les habitants d’un village existant entre Lamormenil et Dochamps auraient eu à subir deux terribles événements en moins d’un siècle ; d’abord un incendie qui, en 1419, aurait détruit une partie des habitations, puis, en 1512, la destruction complète des lieux par des troupes huguenotes. Les habitants se seraient alors réfugiés dans des constructions de fortune élevées en un lieu récemment essarté appelé « Champs ». L’un d’entre eux, se présentant au bailli de Montaigu, se serait dit « d’au Champs »… De façon plus réaliste cependant, ce toponyme d’origine celtique signifierait plutôt « champs entre deux collines »

L’église d’origine n’est évidemment plus celle que  Baldéric évoquait. Elle fut brûlée et détruite en 1642 et a été rebâtie grâce à deux enfants de Lamormenil, deux Pères jésuites, les frères Germais (dits Lamormainy) qui en firent une des plus belles églises de l’Ardenne.

Les bois constituent depuis toujours une des richesses des lieux et ils furent exploités sous diverses façons et notamment pour fournir les tanneries de Stavelot, de Malmédy, de La Roche et, plus localement, de Vaux-Chavanne en tan. C’est dans un moulin du village que l’on broyait les écorces des chênes, si nombreux dans la région.

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Jusqu’à l’indépendance de la Belgique, le haut plateau ardennais se trouva fort isolé car seulement desservi par quelques grands chemins peu praticables. La création de la Nationale 30 changea la donne et permit une circulation quelque peu plus confortable aux usagers des diligences et des malles-poste. Manhay devint d’ailleurs un grand relais sur leurs parcours menant tant vers Bomal que vers Erezée, Houffalize, Lierneux, Samrée ou Werbomont.

Manhay

Cette activité en créa évidemment d’autres : hôtels, restaurants, forge où s’activait un maréchal-ferrant ne manquant pas d’ouvrage. Peu avant la Grande Guerre, Manhay vit arriver la modernité avec le chemin de fer vicinal car, situé en haut du plateau et à mi-parcours entre Melreux et Comblain-la-tour, l’endroit fut naturellement choisi pour devenir une gare importante avec de nombreuses dépendances, ateliers et garages.

 

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La longueur de cette ligne justifia que les travaux de construction débutèrent en même temps à ses deux extrémités. Si Manhay fut reliée à Melreux dès le 25 février 1911, il faudra encore attendre jusqu’au 15 septembre 1912 pour que soit terminé le tronçon au départ de Comblain-la-Tour. C’est peut-être dans la longueur des travaux, plus de quatre années, qu’il faut trouver une justification à l’abandon du projet qui, au départ de Manhay, devait permettre une jonction vers Lierneux.

Il ne fallait pas être pressé à l’époque car pour rejoindre Comblain à Manhay il fallait compter plus de 2h30, un quart d’heure de moins dans le sens inverse, celui de la descente. Le trafic de marchandises fut particulièrement florissant sur cette ligne qui permettait l’expédition de bois de mine vers la vallée et l’arrivée principalement de charbon et de matériaux de construction vers le haut plateau. Le trafic des voyageurs sera remplacé dès 1948 par une ligne de bus reliant Liège à Manhay alors que l’acheminement des marchandises survécut quelques années encore.

Les deux grandes guerres du vingtième siècle furent vécues difficilement à Manhay et dans les environs. Dès le 4 août 1914, les uhlans sont à Vaux-Chavanne. A Grandmenil, des habitants sont retenus en otage dans leur église durant la nuit du 18 au 19 août… sur tout le territoire du Manhay d’aujourd’hui on ne compte plus les incendies, les destructions, les exécutions, les prises d’otages, les rançons…

L’offensive allemande de l’hiver 1944-1945 sera plus terrible encore et son lot de destructions particulièrement traumatisant pour les habitants. En effet, sous le feu de l’artillerie américaine, presque toutes les constructions de Manhay furent détruites durant les violents combats pour la reprise du carrefour. De nombreux autres villages de la commune, Grandmenil, Dochamps, Lamormenil et Malempré, connurent également leur lot de destructions. Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie vers l’ouvrage d’un spécialiste de la question M. Eddy Monfort et plus spécifiquement son remarquable ouvrage « la Bataille des carrefours – des combattants racontent ».

René HENRY

HAMOIR

Hamoir doit sa naissance à un gué sur l’Ourthe

Hamoir doit indubitablement son développement à sa présence sur une ancienne route existant déjà à l’époque gallo-romaine et y traversant l’Ourthe. Cette antique voie reliant Liège au Condroz et à la chaussée romaine Tongres-Arlon traversait l’Amblève à Aywaille puis rejoignait Hamoir par Awan, Xhoris, Ville et My. C’est donc son emplacement géographique qui, à l’instar d’Aywaille, donna à Hamoir son orientation commerciale.

Non loin de là, à peu près à égale distance de Hamoir et de Xhignesse, des fouilles menées dès 1967 mirent à jour une très importante nécropole mérinvingienne au lieu-dit Tombeu. Ce site funéraire compte 272 sépultures datant de 550 à 700 et atteste de la présence, à l’endroit et jusqu’à la christianisation des lieux, d’une petite communauté vivant du travail de la terre. On sait en effet qu’une église primitive fut édifiée non loin de l’église actuelle de Xhignesse. La présence de ce premier édifice religieux est toujours attestée par la toponymie, elle aurait été saccagée lors des invasions normandes que connurent nos régions.

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Si l’on sait que Xhignesse fut jadis le centre d’une très importante paroisse, relevant de l’abbaye de Stavelot-Malmédy et dont dépendaient toutes les localités existant entre Poulseur, Lorcé, Villers-Sainte-Gertrude et Fairon, nous ne connaissons pas la date de sa fondation qu’une vieille tradition fait remonter, entre 687 et 709 à Plectrude, la femme de Pépin II de Herstal, comme c’est le cas pour la paroisse de Lierneux suite à leur donation en 692. Malheureusement aucun document fiable ne vient attester cette antique croyance. L’exceptionnelle église romane de Xhignesse, remarquable patrimoine de Wallonie,  présente les caractéristiques architecturales de l’art mosan sous influence rhénane du XIe siècle.

Hamoir appartient, avec Ferrières, Sy, Logne, Vieuxville et Lorcé, au premier des quatre quartiers du Comté de Logne, dans la Principauté abbatiale de Stavelot-Malmédy, et dont le territoire se confond quasiment avec celui de la paroisse primitive de Xhignesse. Nous l’avons vu, c’est d’abord autour du gué sur l’Ourthe que se rassemblent les premiers habitants de Hamoir. La rencontre de deux voies d’accès, ici l’Ourthe et la vieille route dont nous avons déjà parlé, se montre toujours particulièrement attractif et, petit à petit, la population locale grandira. Si un recensement mené en 1130 ne mentionne pas Hamoir, le cahier de l’assiette des tailles (les impôts) en renseigne 305 en 1624 et 600 en 1760.

C’est en ces lieux que semble avoir été édifié le premier pont jeté sur l’Ourthe moyenne mais on ignore à quelle date ; par contre, il est ruiné en 1556 et les habitants qui se voient contraints de subvenir aux frais des réparations accensent une île leur appartenant entre Hamoir et Hamoir-Lassus. Manifestement la construction restaurée n’est pas suffisamment robuste car, moins de 20 ans plus tard, une des arches du pont s’écroule lors d’une crue et emporte plusieurs personnes en s’effondrant. Le pont sera une nouvelle fois renouvelé vers 1610 et les habitants durent s’en souvenir longtemps car ils se virent alors imposer taille et corvées extraordinaires en plus de l’obligation qui leur a été faite de mettre en gage leurs biens propres en garantie du prêt nécessaire pour couvrir le coût important des travaux, 7 à 8000 florins. La création d’un péage censé permettre à la communauté de récupérer l’investissement consenti est décidée.

Nos régions ont trop régulièrement connu les sinistres conséquences du passage et de l’occupation par des troupes étrangères. En 1635, les développements de l’important conflit qui opposait alors la France et ses alliés : les Provinces Unies du Nord, les princes luthériens d’Allemagne et les Suédois, à l’Espagne, les Pays-Bas, l’Empereur et les princes catholiques de l’Empire rendirent nécessaire la destruction du pont pour rendre malaisé le franchissement de l’Ourthe. Hamoir fut dès lors privée de pont un siècle durant !

L’importance économique de l’Ourthe est capitale dans le développement de la localité où la métallurgie locale vit ses heures de gloire, c’est à Hamoir que le fer produit dans les environs est chargé par les naiveurs, les bateliers de l’Ourthe.

Hamoir vieux fourneaux

Les usines à fer existent à Hamoir au moins depuis le début du XVe siècle et leur nombre ne fait qu’augmenter au fil des ans jusque dans le courant du XVIIe siècle époque où on y rencontre un membre de la célèbre famille de maîtres de forge de Geer qui exporta les procédés wallons en Suède où se développa dès lors une très florissante industrie métallurgique. C’est lors de ce même siècle que Hamoir voit l’avènement d’un autre commerce fructueux, celui du charbon de bois produit dans les bois des alentours et acheminé par bètchettes vers les usines créées, toujours plus nombreuses, le long du cours inférieur de l’Ourthe.

Hamoir est bien entendu le berceau du célébrissime Jean Del Cour, ce prodigieux sculpteur dont les drapés de pierre et de marbre paraissent aussi légers et aussi souples que ceux des tissus les plus fins. Ce sont ses dispositions testamentaires en date du 25 octobre 1702 qui créent les conditions permettant l’édification d’une chapelle dans son village. La paroisse primitive de Xhignesse voit ainsi se terminer son long rayonnement spirituel progressivement réduit depuis le moyen âge pour terminer par être réduite au rang de dépendance de Hamoir.

D’incroyables histoires judiciaires ont ponctué l’histoire des lieux et il est intéressant de se pencher sur le procès en sorcellerie menant à l’exécution de Marguerite Renard, en 1585, ou le crime du curé de Xhignesse en 1778, mais après les tourments de l’époque révolutionnaire et des changements successifs de régime, c’est résolument vers le futur que se tourna Hamoir.

Hamoir rue du pont

La tradition commerciale des lieux s’est maintenue, adaptée et développée pour accueillir un nouveau public attiré par les beautés et les richesses historiques et patrimoniales des lieux.

René HENRY

ATHENEE ROYAL DE BOMAL S/O VOUS RECONNAISSEZ-VOUS?

La collecte des souvenirs retraçant les 60 années d’existence de cet athénée se poursuit et, cette semaine, M. Hardy vous donne à découvrir cette photo prise lors d’une opération « Dépollution » menée à Fanzel  en 1979. En étiez-vous ? Quels souvenirs en avez-vous conservés ? Reconnaissez-vous les participants à cette opération ?

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Mon correspondant nous précise que sur ce document on  reconnaît Madame Breulheid, ancienne directrice de la section primaire.

J’espère que vous aurez à cœur de répondre à cet appel si vous pensez pouvoir faire progresser cette recherche renforçant encore, si besoin en était, la réputation de La Petite Gazette et surtout de ses lecteurs pour lesquels rien ou presque n’est impossible. Merci pour votre indéfectible fidélité.

José WOLFF-Vie et Lumière, une expo à ne pas manquer, à Aywaille, du 17 au 26 mars à l’Espace 17bis

José WOLFF – « VIE ET LUMIERE »

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José Wolff est un peintre né à Liège en 1885 qui sera un brillant élève d’Adrien de Witte. A 17 ans à peine, mais déjà plusieurs fois récompensé par des prix prestigieux, il part à Paris pour y parfaire son art. Après plusieurs expositions, Liège, Paris, Grenade, où il rencontre le succès ; il est convié à l’Union Internationale des Beaux-Arts et des Lettres et y côtoiera les Rodin, Degas, Monet, Cézanne, Anatole France, Tolstoï…

Après la Grande Guerre, il découvre notre région et, au départ de Vieuxville, il excursionne dans les vallées de l’Amblève, de l’Ourthe, de l’Aisne et de la Lembrée y trouvant l’inspiration pour de très nombreux tableaux. Il habitera ensuite à Fanzel avant d’acheter une maison à Roche-à-Frêne.

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La maison du peintre à Fanzel.

 

Les lecteurs de la Petite Gazette compte en leur sein un extraordinaire spécialiste de la vie et de l’œuvre de ce peintre en la personne de Francis Laboureur qui, en 1999 déjà, consacrait une très intéressante plaquette à José Wolff. Aujourd’hui, poursuivant inlassablement son envie de mieux faire connaître cet artiste tombé amoureux de nos paysages, il s’est associé à Luc Vivegnis et à sa galerie « Espace 17bis » à  Aywaille pour mettre sur pied une formidable exposition rassemblant plus de 80 toiles, dessins et affiches généreusement prêtés ou proposés à la vente par des collectionneurs de cet artiste aujourd’hui toujours très apprécié.
Cette exposition-hommage constitue une occasion inédite d’appréhender une part importante de l’œuvre de ce peintre, de le découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas encore et, pour les autres, de parfaire leurs connaissances à son sujet.

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Villers-Sainte-Gertrude

Intitulée « Vie et Lumière », cette expo sera également le prétexte à la publication d’un catalogue permettant de situer l’artiste dans le mouvement « luministe » belge.

Je pense très sincèrement qu’une visite à l’espace 17bis est incontournable entre le 17 et le 26 mars prochain, ne laissez surtout pas passer pareille occasion qui ne se représentera pas de sitôt.

L’exposition se déroulera du 17 au 26 mars 2017 inclus et sera accessible les mercredis, jeudis et vendredis de 14h. à 18h30, les samedis de 11h. à 18h30 et les dimanches de 14h. à 18h.

Espace 17bis est installé au n°17 de l’avenue Jean Wilmotte à Aywaille.

POUR PROLONGER L’INFORMATION…

La Petite Gazette a déjà évoqué la vie et l’oeuvre de ce peintre et, bien entendu, c’était déjà à l’initiative de Francis Laboureur.  Voici ce qu’il vous était donné à lire dans l’édition du 12 septembre 2012:

JOSE WOLFF (1885 – 1964) – PEINTRE DE NOS VALLEES

José Wolff, ce nom – s’il parle immédiatement aux amateurs d’art – reste encore, et c’est assez incompréhensible, étranger pour nombre d’entre vous qui me lisez… Voilà ce qui a poussé Monsieur Francis Laboureur à nous présenter ce peintre qui en parlant de l’Aisne disait « Ma rivière, mon pays ». Monsieur Laboureur est intarissable sur le sujet, il est vrai qu’il a, en 1999 déjà, consacré une publication, largement illustrée, à cet artiste que nos régions inspirèrent profondément. C’est auprès de cet auteur que je puise les éléments biographiques suivants.

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José Wolff  naît à Liège, rue des Guillemins, le 18 février 1885. Très tôt, il manifeste de véritables prédispositions pour le dessin. Ses études brillantes ne sont pas brillantes mais ses qualités artistiques lui ouvrent très vite les portes de l’Académie des beaux-arts de Liège où il sera notamment l’élève d’Adrien de Witte. Il a à peine 17 ans quand, muni déjà de quatre premiers prix, il quitte Liège pour Paris et l’atelier du célèbre professeur Fr. Cormont. Il y rencontre d’emblée un certain succès. Après un séjour en Hollande, il revient à Liège où il expose une trentaine d’œuvres au 20e Salon des Artistes, en avril 1908. Il exposera ensuite à Grenade et à Paris

En 1913, il est invité à rejoindre l’Union Internationale des Beaux-Arts et des Lettres au sein de laquelle se retrouvent, entre autres, Auguste Rodin, Degas, Anatole France, Claude Monet, Cézanne, Tolstoï…

Peu avant la Grande Guerre, il retourne à Paris où il côtoie notamment Jules Romains et Anatole France. Pendant la guerre, il est en Belgique et ne la quittera quasiment plus. Les expositions se multiplient dans tout le pays et il gagne la profonde estime de ses contemporains : Richard Heintz, Adrien de Witte, Auguste Donnay…

Au lendemain de la guerre, il découvre notre région, et plus spécialement Vieuxville, grâce à son ami Evariste Carpentier, qui deviendra directeur de l’académie des Beaux-Arts de Liège. Il parcourt les vallées de l’Ourthe, de l’Amblève, de l’Aisne et de la Lembrée qui lui inspirent de nombreux tableaux. Bien vote imprégné des us et des traditions locales, José Wolff réalise la décoration de chars (on y reconnaîtra notamment le château de Logne) quand, à Vieuxville, en 1930, on commémore le centenaire de l’Indépendance de la Belgique.

En 1935, par amitié pour le père du prêtre Pierrard, curé à Heyd, il va recréer les quatorze tableaux du chemin de croix de l’église.

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 La ferme Mathy à Roche-à-Frêne

Il réside ensuite à Fanzel, puis achète une maison à Roche-à-Frêne. Avec un ami liégeois d’origine française, peintre amateur en villégiature à Burnontige, il sillonne la région à bord d’une fourgonnette 2 cv. Les deux peintres peignent de nombreuses toiles.

Jose Wolff est également un portraitiste de renom à qui se sont adressés de très nombreuses personnalités de Liège ou d’ailleurs. On rapporte à ce sujet que Léon Degrelle posa pour lui mais que dès que Wolff cerna la personnalité de son modèle, il refusa de poursuivre le travail entamé en expliquant à Degrelle toute son opposition aux thèses rexistes.

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Vous voyez, il s’agit bien là d’un personnage qui, pour les témoignages d’amour qu’il laissa à nos vallées et pour sa personnalité attachante, méritait d’être évoqué dans La Petite Gazette.

 

Conférence de René Henry sur nos Châteaux et la table du seigneur ce 9 mars, 14h30 à Sougné-Remouchamps

Amicale des Pensionnés              

d’Aywaille                          

L’amicale des 3×20 a le plaisir de vous inviter

LE JEUDI 09 MARS 2017 A 14H30

 Cafétaria du Centre récréatif de Remouchamps

à la CONFERENCE animée par René HENRY

Sur le thème « NOS CHATEAUX »

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Suivi d’un goûter à prix démocratique (Café –Crêpes-Gaufres)

INSCRIPTION OBLIGATOIRE AVANT le 06 MARS  2017

MOUSSEBOIS Joseph : TEL  04 / 384 84 28 ou GSM 0471 / 56 49 83

ou par EMAIL : joseph.moussebois@skynet.be

Visitons nos châteaux, découvrons leurs cuisines et asseyons-nous à la table du seigneur…

Nous vivons dans une région dans laquelle on compte un nombre très impressionnant de châteaux, de forteresses, de tours… René Henry, historien régional et chroniqueur historique bien connu, viendra vous expliquer les raisons qui poussèrent à la construction de ces impressionnants monuments. Il vous en contera, avec sa verve et son humour habituels, l’évolution, les transformations et même, pour certains, leur destruction.

Durant cet après-midi, notre conférencier se propose également non seulement de vous faire visiter ces châteaux mais aussi de vous permettre de vous installer à la table des seigneurs de l’époque et de découvrir ce qu’il y avait alors dans leurs assiettes. Ce voyage dans le temps promet d’être étonnant à plus d’un titre car vous pourrez quitter les clichés traditionnels qui s’imposent à l’esprit quand il est question de cuisine sous l’ancien régime. En vous détaillant les menus présentés, l’aspect étonnant que revêtaient les plats servis, la subtilité de leurs parfums et les incroyables menus de l’époque,  René Henry vous fera revivre les repas fastueux servis à la table de la noblesse tout en vous narrant, avec force anecdotes, les usages de la bienséance à y respecter.

Où mangeait-on ? Quels couverts étaient alors utilisés ? Comment s’installait-on à table ? Comment se déclinaient les différents services ? Combien de plats étaient servis ? Quels étaient les goûts à la mode ? Comment bien se tenir à table ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses durant cet après-midi. Avec l’orateur du jour, vous pourrez ensuite vous installer à la table dues Princes-Evêques de Liège au XVIe siècle et découvrirez une table somptueuse où lors de certains banquets de prestige plus 100 plats différents étaient mitonnés… Bien entendu, vous serez également conviés à suivre votre guide du jour jusque dans les cuisines où s’afférait parfois une véritable armée de marmitons, jonglant avec d’étonnantes épices pour l’époque. A chaque surprise en succéderont de nouvelles… pour un plaisir garanti.

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C’est donc à une très intéressante et très amusante rencontre avec un des aspects de notre passé régional resté très inconnu que vous êtes invités ce jeudi  9 mars prochain, à 14h30 en la Cafeteria du Centre récréatif à Sougné-Remouchamps. Ce serait vraiment dommage de manquer ce rendez-vous car, en plus, c’est totalement gratuit !