POURQUOI APPELLE-T-ON « CANADAS » LES POMMES DE TERRE?

La Petite Gazette du 5 mars 2008

POURQUOI DES CANADAS ?

Monsieur Evrard-Segers, de Leignon, se pose une question qui, à mon avis, a dû, un jour ou l’autre intriguer bien d’autres personnes.

« Pourquoi mon grand-père ainsi que les personnes de sa génération appelaient-ils quasi toujours les pommes de terre des « canadas ». S’agit-il d’une variété particulière de ce tubercule ou cette appellation se réfère-t-elle à autre chose ? »

Un coup d’œil au dictionnaire de Jean Haust m’apprend que ce terme désignait d’abord les topinambours avant d’être emprunté au wallon namurois pour désigner les pommes de terre. En effet, le wallon liégeois utilise plus fréquemment le mot « crompîre ». Il y a sans doute bien d’autres choses à dire à propos de ce nom. Pourrez-vous nous expliquer ce que vous savez à son propos ? D’avance, merci.  

La Petite Gazette du 19 mars 2008

POURQUOI DES CANADAS ?

Monsieur René Brialmont, sans doute intéressé par la question posée par Monsieur Evrard-Segers, de Leignon,  lui apporte des éléments de réponse en précisant qu’il le fait « sans prétention autre que celle de posséder quelques bouquins indispensables » Voici ce que ses bouquins lui ont appris :

« Effectivement, Jean Haust mentionne « canada » comme synonyme plaisant, par référence au Namurois, de « crompîre » dans l’Est-wallon (Liège), et Eugène Dethier, dans son dictionnaire wallon de Liège et de Hesbaye, (1994), mentionne le terme comme désignant un peuplier dans la Hesbaye-Ouest, ou une pomme de terre. Georges Themelin traduit aussi canada par pomme de terre dans son dictionnaire lorrain (gaumais) de 1999. Par contre, J.B. Dasnoy (dictionnaire wallon de la province de Luxembourg, 1856), ne le mentionne pas, ni Philibert Delmotte (Hainaut,1812) ni Cambresier ( Liège, 1787). Par contre, une vieille chanson namuroise des Wallons du Wisconsin dit clairement : » Dji m’fou d’çà, dj’a dès canadas…« . Il semble donc que le terme « canada » ait trouvé racine au XIXe S. dans la région de Namur, et qu’un linguiste namurois pourrait nous en donner l’explication historique.
Quant à « crompîres », c’est peut-être le terme européen le plus ancien qui désigne une pomme de terre, si on excepte « patate ». En effet, étymologiquement, une crompîre est une « grund-peer » (en allemand : poire de terre), ou « erdapfel » (aardappel en flamand): pomme de terre, et les premières cultures de plants de pommes de terre arrivant du Nouveau Monde se situent en Allemagne au XVIe S. Ceci dit, une « pomme de terre », était à l’origine un topinambour, et Parmentier généralisa le mot « pomme de terre » vers 1770-1780 à la patate. Ce dernier terme provient du mot espagnol batata, puis patatta, copiant le terme local d’Amérique centrale, puis patate, francisé par Champlain en 1601.(Larousse -Dictionnaire étymologique et historique du français, 1964 et 1993.) »

Merci pour cette recherche et pour en communiquer les résultats d’une façon si précise et si accessible.

La Petite Gazette du 26 mars 2008

LES CANADAS

Monsieur Raymond Gillet, de Nandrin, nous adresse quelques informations :

« Dans ma région (Bouillon), les pommes de terre s’appelaient, s’appellent encore, « les canadas « et par extension la surface de culture «  la canad’yre ».

Mais à 2 – 3 villages de chez nous, elles s’appellent  «  kartouches «  ou «  trucs « ; plus loin vers le Nord-Est elles s’appellent «  krompîres ».

La Petite Gazette du 2 avril 2008

QUELQUES REFLEXIONS AU DEPART DES CANADAS

M. Jean-Pierre Dumont, de Clavier, n’est pas inconnu des lecteurs de la Petite Gazette. Souvenez-vous, il y a quelques temps, je vous avais présenté son recueil de nouvelles en wallon :  » Contes di m’payis èt d’co pus lon » qui lui avait permis d’obtenir le prix des langues endogènes décerné par la Communauté française. Il vient de se voir attribuer un autre prix, par la province de Liège cette fois, pour un nouveau recueil de nouvelles en wallon, non publié,  « Tot toûrnant lès pâdjes ». On ne sera, dès lors, pas étonné de le voir prendre la défense d’une appellation wallonne.« Je voudrais évoquer une « dérive » concernant une pomme de terre portant un nom bien de chez nous  » li Cwène di gate » connue sous ce nom dans de nombreuses régions, notamment dans le sud de la France. Or, on la trouve de plus en plus souvent dans le commerce sous le nom de  » corne de gatte », un début de francisation qui à terme  » désidentifiera » notre pomme de terre. A l’heure où l’identité wallonne est de plus en plus niée en haut lieu (Il n’y a pas de Wallons, il n’y a que des francophones (prononcez « frankeupheunes »), n’abandonnons pas les noms de nos produits du terroir.Saluons en passant l’érudition de René Brialmont, grand homme de théâtre et du théâtre wallon en particulier, dont nous avons pu voir il y a quelque temps à la télévision une excellente pièce dont l’action se déroulait à Durbuy.Quant à la chanson évoquée par madame Odile Bastin d’Odeigne,  je voudrais signaler que le chanteur Philippe Anciaux, grand prix de la chanson wallonne dans les années 70, l’avait mise à son répertoire. Elle se chante sur un air de « charleston » d’avant guerre  » Yes sir, that ‘s my baby ».  Elle évoque la vie chère et la hausse des prix (bien d’actualité encore aujourd’hui).   En résumé, « on r’monte tot, n-a qu’ l’ovrî qu’on n’ rimonte nin. » Et mon aimable correspondant de conclure avou sès mèyeûsès salutâcions walones.

La Petite Gazette du 9 avril 2008

ENCORE LES CANADAS

C’est M. Jacques Bastin, de Heyd, qui y va maintenant de quelques souvenirs :

« Je vais tout de même un rien prendre part au débat afin de rapidement exposer le peu que je sais sur cette appellation fort particulière de nos bonnes vieilles crompîres. Voici : J’ai entendu articuler ce mot Canada (que Jean Haust  signale comme acception plaisante de crompîre à la page 369 de son Dictionnaire Français-Liégeois) pour la toute première fois, en 1947, à Ouffet, par un cousin direct (né le 6 juin 1919 et vivant toujours actuellement, au même endroit, à Ouffet). Il expliquait alors, à mes grands-parents paternels, ses oncle et tante et voisins directs,  «qu’i d’vév’ aler atch’ter des canadas». N’ayant jamais entendu ce mot wallon, je fis toutefois vite le rapprochement adéquat avec crompîre.

A la fin des Années 40 (ou au tout début des Années 50?), la grande fantaisiste française Line Renaud lança la fameuse chanson : «Ma cabane au Canada», chanson qui  connut un succès qu’on peut vraiment qualifier de mondial (Un vrai «Tube», dirait-on de nos jours).

Un jour, de cette même période, alors que je campais, en compagnie d’amis liégeois, à Sy, petite localité de la vallée de l’Ourthe située entre Hamoir et Bomal, nous pûmes  constater qu’une personne originale de l’endroit, saisissant sans doute la balle au bond, avait eu la bonne idée de peindre, au fronton de la petite baraque où elle faisait ses frites, la mention  de : « La Cabane aux Canadas ».

Ce sont les seules fois où j’ai pu entendre ou voir, dans la région Liège-Ouffet-Hamoir-Barvaux,  ce mot wallon employé en tant que synonyme de crompîre. »

La Petite Gazette du 21 mai 2008

A PROPOS DES CANADAS

Monsieur André Maréchal, de Bende, vous suggère cette explication à propos de ces pommes de terre appelées « canadas ».

« Mon arrière-grand-père, Antoine Dossogne, fermier à la ferme de Bende, a tenu un journal de ce que fut son métier d’agriculteur Antoine J. Dossogne a été bourgmestre de la commune de Bende Jeneret, sa pierre tombale se trouve dans le vieux cimetière de Jeneret, à côté de l’église. Voici, sorti de sa plume, le récit de l’apparition du mildiou.

« Souvenir d’une punition de Dieu qui est arrivée au mois d’août 1845 dans tous les pays. Maladie sur la pomme de terre, presque toutes les tiges sont mortes, c’est-à-dire toutes noircies, les pommes de terre tachées d’un rouge-noir, les feuilles sont parties. On devait semer de la chaux, un setier par verge, mais cela ne fait aucun effet – chose qu’on n’a jamais plus vue ! où on pouvait avoir quatre chariots de pommes de terre, on n’a que trois tombereaux qu’on doit conserver pour planter. L’étendue de cette punition est de trois cents lieues de long et de large alors qu’on m’a dit qu’il y avait encore la même chose il y avait cent cinquante ans ! Pluie continuelle qui arrive devant la fenaison de foin et jusqu’au 25 août, on a eu cinq jours pour faner et couper le seigle, et en 1842, le 25 dont nous avons fini l’août de dur grain. Et en 1845, on n’a encore que coupé le seigle et pas seulement mis la faux dans d’autres grains. Il est parvenu pendant ce temps, de l’orage et du tonnerre qui ont des eaux, d’une grosseur, qu’on n’avait jamais rien vu de pareil. Les terres labourées ont été recouvertes d’eau qui y faisait des concavités extraordinaires et, du côté de Saint-Hubert, des villages entiers ont été ravagés par d’abondants morceaux de glace. Jusqu’à des maisons de particuliers ont été rasées par la grêle et les eaux.

En parlant des pommes de terre ci-dessus, je viens en donner mémoire à cause de la rareté et en même temps de la cherté des pommes de terre.

Comme on n’en avait recueilli que pour planter et encore que celles que nous appelons les plates qui avaient été plantées de bonne heure car surtout les plantées tard, il n’y en n’aura pas eu. Il en est venu de Liège, sur le wagon, en grande quantité, qui provenait de l’Amérique, origine de cette plante, et du Limbourg.

Le 7 avril 1846, j’ai été chercher à Terwagne, 350 kilos pour treize francs le cent kilos, moitié pour planter, moitié qu’on aurait bien mangé, mais à raison qu’elle venait d’un pays lointain, outre Saint-Hubert, nous les avons gardées pour planter. »

Et mon correspondant de commenter utilement cet étonnant récit :

« Deux références à la ville de Saint-Hubert, bien explicites quant à l’importance donnée alors, point de repère.

En plus, à un kilomètre d’ici, à Ponthoz, anciennement Pontu, le cortège transportant les restes de saint Lambert vers Saint-Hubert s’est arrêté là pour une nuit (point d’eau, fermes…) A cet endroit a été construite une chapelle, classée aujourd’hui et possédant des peintures magnifiques, propriété des Comtes Van der straten ponthoz, elle fut reprise dans la vente des biens en indivision et fait maintenant partie du domaine de M. Butzen, qui doit l’entretenir ce qu’il fait d’ailleurs très bien. »

VIEILLES CHARPENTES ET LES QUALITES DU BOIS D’AULNE

La Petite Gazette du 19 janvier 2000

QUE SAVEZ-VOUS DE LA CHARPENTERIE DES ANCIENNES FERMES ARDENNAISES ?

Monsieur J-Cl. Hendrick, de Stavelot, est, comme beaucoup d’entre vous, un passionné des choses du passé. Il me demande de vous interroger sur quelque chose qui constitue une énigme pour lui.

« Dans les anciennes fermes, il y avait souvent trois pièces en enfilade : la cuisine, la belle chambre et la chambre de derrière. Chacune de ces chambres étaient munies d’une fenêtre sur le pignon. Quasiment toujours, une poutre soutenant les solives du plafond de chacune de ces chambres repose sur la poutre linteau de ces fenêtres. Or cet endroit semble rendre la construction plus vulnérable que si elle était enchâssée dans le mur pignon, de part et d’autre de ces baies…

Un ancien « maître charpentier » pourrait-il donner la raison de ce mode ancien de construction ? »

Si oui, qu’il n’hésite surtout pas à encore à La Petite Gazette, je suis intimement convaincu que M. Hendrick n’est pas le seul à se poser cette question qui vient à l’esprit de toute personne curieuse admirant l’une de ces anciennes fermes.

La Petite Gazette du 1er mars 2000

QUE SAVEZ-VOUS DE LA CHARPENTE DES ANCIENNES FERMES ARDENNAISES ?

Monsieur Hendrick, de Stavelot, vous interrogeait sur un aspect particulier des charpentes anciennes reposant sur les linteaux des fenêtres et il se demandait pourquoi cette façon de faire. Je n’ai malheureusement pas reçu de réponse précise à ce sujet, mais des lecteurs m’ont néanmoins communiqué certaines réflexions et souvenirs.

Monsieur J. Ringlet, de Neuville en Condroz, nous dit ceci : « c’est avec plaisir et curiosité que j’ai pris connaissance de cette demande. Lors d’une voyage dans le Jura, j’ai séjourné dans à l’hôtel « La Poutre » (Cf. Guide Michelin rouge, page 229). L’origine du nom de cet établissement vient de la présence dans son restaurant d’une poutre, d’une seule pièce,  de plus ou moins 22 mètres et ne reposant que sur deux appuis. Si, un jour, Monsieur Hendrick passe dans cette région, je lui conseille d’aller l’admirer. »

Madame Dehossay, de Comblain-au-Pont, a, quant à elle, extrait ce texte de son imposante documentation :

« Un de mes cinq frères, Albert Dehossay, a été fermier à Xhout-si-Plout Malempré, voici ce qu’il écrivait à Monsieur Detaille (fondateur des excellents Echos de Comblain), en mars 1977. Il fut l’un des collaborateurs de M. Detaille et même, pendant quelques années, administrateur du Musée de Comblain.

Des poutres qui transmettent.

L’aulne est un bois tendre mais il est très dur quand il est coupé « so deûre leune » d’août. Etant fermier en Ardenne, je faisais mes balais d’étable moi-même. J’allais couper mes « rinmes », jeunes pousses d’aulne, dont on fait les balais) toujours au même endroit. Certains duraient, d’autres pas. J’en parlai un jour à un vieil Ardennais qui me demanda si je les coupais « so deûre leune » ou « so tinre leune ». Il me dit que je devais les couper le plus près possible de la pleine lune, « so deûre leune », la nouvelle lune étant « li tinre leune ». Je fis comme il me dit et c’était vrai. L’aulne doit être coupé « so deûre leune » d’août pour être dur comme le chêne ; il en est de même pour avoir des cadres à rayons qui ne « travaillent » pas dans les ruches d’abeilles. Attention, l’auteur parle bien de « couper » et non de placer. De nombreux parquets et poutres des châteaux-forts étaient recouverts avec ce bois « al mézon » (Vaux renard). Etaient désignés par « Maison » de gros bâtiments, plus ou moins carrés, qui se situaient entre le château-fort et le château de plaisance, c’étaient des maisons fortes. »

Au témoignage de son frère, Madame Gabriel-Dehossay ajoute ceci : «La famille Gabriel a exploité la ferme de Paradis-Harzé, de 1901 à 1963. Cette métairie a été construite en forme de petit château il y a près de 400 ans. Sur le seuil du jardin, gravé dans la pierre, on peut lire 1626. Chaque année, au temps de la fenaison, quand le fenil de la grange est rempli, sur la poutre maîtresse du toit, on peut lire, marqué à chaud : « Je suis aulne, celui qui m’a coupé connaissait ma saison ». Ainsi c’est vrai que le bois d’aulne coupé sur la « deûre leune » d’août est dur comme le chêne puisqu’on en parlait déjà, in y a 400 ans. »

Peut-être que ces quelques réflexions et surtout le manque de réponse précise à la question posée inciteront certains d’entre vous à nous dire ce qu’ils savent à propos des vieilles charpentes ? Allons, ce que vous savez nous intéresse ; confiez-le-nous.

La Petite Gazette du 17 mai 2000

DU NEUF A PROPOS DES  VIEILLES CHARPENTES

Souvenez-vous, nous avons, il y a quelque temps déjà, évoqué l’utilisation du bois d’aulne et des précises conditions à respecter lors de sa coupe. Monsieur Gaston Hankard, de Aye, nous a, lui aussi, apporté quelques précisions à ce sujet :

« Il y a plus de 50 ans, un habitant (déjà d’un certain âge) du village était venu couper des manches en plein été… ma curiosité me fit lui demander pourquoi il venait chercher des manches à cette saison ? Sa réponse fusa en ces termes : l’aulne se coupe lors de la dure lune, entre les deux Notre-Dame, c’est-à-dire en le 15 août et le 8 septembre. Il en va de même pour bouturer certains arbustes. »

J’ai également entendu parler, poursuit mon correspondant, qu’une poutre en bois d’aulne se trouverait sur une entrée de cour à la Trappe St-Remy de Rochefort qui porterait une inscription ; mais je n’ai jamais pu vérifier cela ! »

Nous en saurons peut-être davantage grâce aux lecteurs de La Petite Gazette !

La Petite Gazette du 7 juin 2000

LES VIEILLES CHAPELLES DE NOS CAMPAGNES ET DE NOS FORETS

   Monsieur André Fagnoul, de St-Séverin, vous lance un appel à propos de ces vieux monuments, vestiges de la piété et de la ferveur populaires de nos aïeux.

« Construites souvent dans des endroits isolés, campagnes ou bois, ou encore le long des routes ; c’est à nous, lecteurs de La Petite Gazette, qu’il revient de faire revivre et parler ces édifices.

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Dans le bois de Maynery St-Séverin ou Aux Houx, se trouve une chapelle construite au XVIIe siècle. Je ne sais à qui elle est dédiée. Quand j’étais jeune, avec mes parents, nous  y allions souvent.

A l’intérieur, au-dessus de l’autel, était écrit « Oh ! Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à vous. » A droite, un bougeoir à sept branches, à gauche, le « Je vous salue Marie » ; au milieu, un prie-Dieu, au mur, des deux côtés, des remerciements pour des grâces obtenues et un petit tronc. Il y a cinq ou six ans, cette chapelle a vu le passage de vandales ; tout a été détruit, il ne restait que les quatre murs, et encore ils étaient abîmés. Avec le curé du village, l’abbé Bienvenu, et mon voisin, Léon Lallemand, nous avons tout reconstruit et restauré.

Seul l’Ave Maria et le banc prie-Dieu étaient encore intacts. Parmi les remerciements cassés en petits morceaux, j’ai retrouvé un fragment portant la date de 1693, ce qui me fait penser que cette chapelle a pu être élevée au dix-septième siècle. Elle est accessible par la rue du moulin de Falogne, cent mètres plus loin que le moulin, à droite, se trouve l’entrée du bois ; il vous suffit de longer la prairie pendant une centaine de mètres et vous la verrez, à droite, blottie dans la verdure. Malheureusement, nous avons dû la protéger en plaçant des grillages métalliques cadenassés devant la porte et les fenêtres. »

025 La chapelle restaurée en 1995 par l’abbé Bienvenu et MM. Léon Lallemand et André Fagnoul

     Qui pourra nous apporter des renseignements sur cette chapelle, son histoire, qui l’a fait édifier, à qui était-elle dédiée, quel culte y était rendu ? Comme d’habitude, tout ce que vous savez nous intéresse. D’avance, un grand merci.

La Petite Gazette du 21 juin 2000

LE BOIS D’AULNE ET SES ETONNANTES QUALITES

   Monsieur Robertt Heiderscheidt, de Modave, me dit être très intéressé par tout ce qui touche au bois et, comme il a lu que nos évoquions les qualités de l’aulne, il nous communique ce qui suit :

«Cet arbre sans intérêt qui pousse au bord des rivières, je dis sans intérêt car il ne se conserve pas, il ne chauffe pas, il est juste bon à porter des graines qui font le bonheur des tarins ; mais c’est méconnaître ses qualités qui ont servi les bâtisseurs d’antan.

C’est ainsi qu’il y a une cinquantaine d’année, dans un château de Vyle-Taroul, les propriétaires ont fait abattre une aile du bâtiment pour réduire les frais d’entretien et les charges foncières. Un voisin en avait reçu les bois de charpente pour en faire du bois à brûler. Malheureusement pour lui, il n’a rien su en faire. Aucun outil n’a permis d’en débiter un morceau. Il en a fait un tas dans le fond du jardin et y a mis le fu, content de s’en débarrasser. Son aventure lui a quand même appris une chose : le charpentier, maître d’œuvre, avait gravé au ciseau sur une poutre : « Celui qui ne connaît pas mon époque ne connaît pas ma durée. »

Un vieux charron de mes connaissances m’a dit un jour que l’aulne remplaçait avantageusement l’acacia parce que plus léger, pour autant qu’il ait été coupé entre les deux « Sainte-Marie » ; ce qui rejoint ce qu’en disait un autre lecteur. »

Il s’agit effectivement d’une réalité bien connue et souvent rapportée. Connaissez-vous d’autres essences de bois aux qualités étonnantes ou particulières ? Tout ce que vous savez à ce sujet nous intéresse.

La Petite Gazette du 6 septembre 2000 

QUAND IL EST A NOUVEAU QUESTION DU BOIS D’AULNE

    Monsieur Heidencheidt, de Modave, revient sur les propriétés particulières de l’aulne : « Il me revient à l’esprit d’avoir rencontré, il y a une cinquantaine d’années, un transport de bois. Il s’agissait en fait de fagots de bois d’aulne qui étaient destinés à la Poudrerie de Neuville-en-Condroz. Je me suis laissé dire que l’aulne entrait dans la fabrication de la poudre. S’il en était ainsi, ce bois n’a pas toujours été laissé pour compte. »

Cet intéressant souvenir m’intrigue, vous aussi j’imagine. Quelqu’un pourra-t-il nous expliquer en quoi le bois d’aulne entrait-il dans la fabrication de poudre ? Je suis très impatient de vous lire.

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

A PROPOS DU BOIS D’AULNE

   Vous vous souviendrez certainement des interrogations d’un de mes lecteurs à propos d’un transport de fagots d’aulne destinés à une poudrerie… Comme les questions posées dans La Petite Gazette restent très rarement sans réponse, vous ne serez pas surpris d’apprendre que, déjà, M. De Tender, d’Embourg, m’a fait parvenir de nombreuses informations sur la question.

« Les fagots que M. Heidenscheit a vu conduire à la poudrerie étaient peut-être de la Bourdaine, qui peut s ‘appeler aussi « aulne noir » ou « bois à poudre » et, en latin, « frangula alnus ».

Dans « Le Guide des arbres, du Reader’s Digest, M. De Tender a lu « Le bois de bourdaine a été longtemps recherché pour le charbon de bois qu’on en obtenait, qui, très pur, entrait dans la composition de la poudre à canon. »

Et mon passionnant lecteur de poursuivre : « Il y a vingt ou trente ans, j’ai entendu parler d’aunettes dont on formait des fagots pour les poudreries. Il ne s’agissait pas de branches coupées à des arbres, mais de pousses provenant d’arbustes buissonnants que l’on coupait avant qu’ils ne soient bien grands et qui rejetaient de souche. Ces aunettes poussaient sur les terrains qui entouraient des captages de la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux. Ces terrains sont destinés à protéger la pureté des eaux, et le bétail, les engrais et les grosses machines en sont donc exclus. Les « aunettes » dont la culture est peu exigeante convenaient donc bien comme plantations autour des captages. » M. De Tender engage les habitants de Modave à interroger les anciens à propos de ce qui se passait sur les terrains avoisinant les captages de la CIBE ; mais on pourrait tout aussi utilement s’intéresser aux captages réalisés ailleurs.

Qui mènera l’enquête ? Qui nous apportera d’autres renseignements à ce sujet ? Je ne doute pas qu’il existe parmi vous de fins limiers qui, bientôt, auront des tas de choses à nous apprendre sur ce bois d’aulne utilisé dans les poudreries. D’avance je les en remercie.

La Petite Gazette du 21 novembre 2000

QUAND IL EST A NOUVEAU QUESTION DU BOIS D’AULNE ET DE SES EXTRAORDINAIRES QUALITES

   Monsieur R. Heidencheidt, de Modave, nous a entretenus, il y a quelques semaines, de l’aulne et de ses applications en poudrerie. Il revient sur le sujet.

« Je suis heureux d’apprendre que le scepticisme qui régnait autour de mes dires au sujet de l’aulne et de la poudre noire soit relativement aplani.  J’ai cru un moment devoir douter de la parole de mon transporteur (cf. La petite Gazette de la première semaine de septembre 2000).

Il m’est revenu à l’esprit que, durant l’hiver 1940 – 1941, je me suis trouvé plusieurs jours chez ma sœur, à Casteau. Elle habitait une maison à l’écart ; au bout du jardin, il existait une plantation d’aulnes que l’on éclaircissait en coupant les plus gros montants. Ceux-ci étaient mis en fagots et empilés, prêts à être transportés.

Quelle ne fut pas notre surprise en voyant, un jour, arriver deux Allemands qui examinèrent les tas de fagots et en ont fait l’inventaire.

Ceci dit, je suis né dans la vallée de l’Ourthe et Dieu sait si les berges regorgent d’aulnes ! Je ne conteste pas les dires de M. de Tender (cf. La Petite Gazette de la dernière semaine de septembre), mais je maintiens que le bois dont je parle est bien de l’aulne. Je connais un arbuste à écorce noire appelé « bois noir », mais il n’a rien de commun avec l’aulne. J’espère, conclut M. Heidencheidt, qu’on éclaircira un jour cette amusante énigme. »

Chers lecteurs, il ne tient qu’à vous…

La Petite Gazette du 31 janvier 2001

QUAND IL EST A NOUVEAU QUESTION DU BOIS D’AULNE

Nous en avons déjà parlé à diverses reprises, mais, comme au sein des lecteurs de La Petite Gazette, il en est beaucoup qui aiment à mener des recherches pour tenter de répondre à un maximum de questions posées, voici ce que Monsieur Raymond Gillet, de Nandrin,  a découvert :

« J’ai tout simplement, m’écrit-il, repris les définitions données par le Larousse Universel de 1972 :

aune ou aulne : nom masculin (lat. alnus). Genre de castanéacées, comprenant des arbres à bois léger des régions tempérées humides. Syn. Verne ou Vergne.

Encycl. L’espèce type de ce genre est l’aune visqueux (alnus glusitona), répandu dans toute l’Europe et la Sibérie, et qu’on appelle aussi verne. Le bois de l’aune, susceptible de recevoir un beau poli et prenant bien la couleur noire, est très propre à l’ébénisterie. Résistant longtemps à l’action de l’eau, il peut être employé  dans les constructions hydrauliques. L’écorce de l’aune est astringente et peut servir au tannage des cuirs. Combinée avec quelques préparations ferrugineuses, elle fournit une couleur noire dont les teinturiers, et surtout les chapeliers, font usage.

026

l’aune visqueux

 

Bourdaine ou bourgène : nom féminin. Arbuste du genre nerprun (M. Gillet ajoute, bien à propos, que cela équivaut à prune noire), que l’on désigne vulgairement sous le nom d’aune noir et dont le bois, réduit en charbon, sert à la fabrication de la poudre de chasse : la bourdaine croît dans les forêts humides. (l’écorce de bourdaine est employée en médecine comme laxatives »

Merci à Monsieur Gillet pour son intéressante communication.

Puisque nous parlons de bois, j’aime reprendre ici une partie d’un envoi de Monsieur Hendrick, de Stavelot, qui évoque, comme cela avait été fait pour l’aulne, un vieux précepte relatif aux dates à respecter pour couper telle ou telle essence de bois. Mon correspondant m’a transmis un extrait du Sillon Belge du 3 mars 2000 dans lequel on peut lire, sous la signature de M. Vanhoren, d’Erezée : « Dans un vieil ouvrage sur la construction des cathédrales, j’ai lu que le bois destiné à leur charpente était abattu le dernier jour de la lune montante, à la lueur des torches. Ce qui, affirme l’auteur, les préservera de l’attaque des vers. » Cet habitant d’Erezée poursuit son courrier en expliquant qu’il a tenté l’expérience en 1976 avec un hêtre et qu’il n’a eu qu’à se féliciter du résultat.

Vous sera-t-il possible de m’aider à rassembler tous ces vieux préceptes recommandant les périodes ou les dates recommandées pour couper les bois ? Il me semble qu’il serait très intéressant de réaliser cet inventaire et, surtout, de vérifier si des constantes se dégagent ou, a contrario, si les principes à respecter changent de région en région.

La Petite Gazette du 7 mars 2001

DU BON USAGE DES BOIS

   Il y a déjà pas mal de semaines, suite aux informations recueillies sur le bois de saule, je vous demandais de me faire parvenir ce que vous saviez sur le bon usage des diverses essences de bois ; à quels usages les destinait-on ? quand est-il recommandé d’abattre certaines essences ?… Monsieur André Dethier, de Méan, vient de m’adresser un courrier abordant la plupart de ces sujets. Commençons-en la lecture/

« Il y a bien longtemps, bien avant que l’usage de la télévision (elle n’existait pas encore) ne détruise les liens d’intimité qui unissaient toutes les familles campagnardes et qui étaient l’essence même des communautés des petits villages condruziens et ardennais. Le soir, il était de coutume d’aller à la soirée (al’sîze) chez l’un ou l’autre. Les vieux parlaient volontiers de leurs jeunes années et des souvenirs, bien vivants dans leur mémoire, des coutumes et croyances d’autrefois.

Il fut un temps où les phases de la lune avaient une grande importance sur la vie rurale pour ces gens qui vivaient près de la terre et des réserves de la nature. Ainsi, il y a près de soixante ans, pendant l’une de ces soirées éclairées seulement par la lueur du feu du poêle duquel, par économie, le couvercle était gardé entrouvert, un ancien racontait que, dans sa jeunesse, les vieux de cette époque lui disaient, alors qu’il était ouvrier carrier, que les manches des maillets en acier utilisés par les tailleurs de pierre devaient être faits du bois de cornouiller coupé durant la « dure lune » (la lune descendante). N’y croyant pas trop, il coupa donc douze manches pendant la « tendre lune » (lune montante), appelée ainsi par comparaison avec les végétaux qui sont plus tendres quand ils poussent, et douze autres pendant la « dure lune », dans le même buisson de cornouiller. Il les mit tous à sécher dans le fenil durant un an. Les manches pris pendant la lune montante se brisaient rapidement tandis que les autres duraient très très longtemps. Lancé sur le sujet, un autre dit que les semis, pour une rapide germination, devaient être faits pendant la « tendre lune » et la récolte, particulièrement des fruits, devait être faite lors de la « dure lune », leur conservation étant plus longue. »

Pour prolonger le plaisir trouvé lors de cette veillée, je vous propose d’en redécouvrir les participants la semaine prochaine.

La Petite Gazette du 21 mars 2001

DU BON USAGE DES BOIS

   Monsieur André Dethier, de Méan, nous a conviés, toutes et tous, à une extraordinaire veillée durant laquelle il fut largement question du bon usage des bois ; après une petite interruption (due à l’abondance des sujets traités pour le moment) nous le retrouvons avec grand plaisir :

« J’ai vu, dit alors un autre participant à cette veillée, à la ferme de Leuze (Somme-Leuze), une inscription gravée dans le sommier qui supporte les charpentes du plafond « Qui m’a coupé connaissait ma saison ». Cette poutre était taillée dans du bois d’aulne. Il paraît que la bonne saison se situe entre les deux Notre-dame, entre le quinze août et, probablement, les environs du quinze septembre. Alors, l’aulne, qui est un bois tendre, devient très dur et d’une longévité exceptionnelle. Cette ferme fut vraisemblablement construite au cours du XVIIe siècle.

La conversation lancée sur l’usage du bois, m’appris que les fonds des tombereaux, pour éviter qu’ils ne pourrissent trop tôt, devaient être faits avec des planches de saule ; elles peuvent être saturées d’humidité sans dommage ! Quant aux roues, pour être très solides, le moyeu devait être fait de bois de chêne, les rais en bois d’acacias (robinier) et les jantes en bois de frêne pour son élasticité. Tandis que les râteaux servant à la fenaison étaient fabriqués avec du bois de saule marsault, les manches des cognées l’étaient en bois de merisier, les manches fabriqués en bois de frêne sont très solides, mais « durs aux mains » alors que ceux en saule, quoique moins solides, mais plus doux et plus légers, étaient préférés pour certains outils à cette époque où tous les travaux étaient manuels. »

Si certains d’entre vous restent sceptiques quant à ce qui pourrait leur apparaître comme étant des croyances de jadis, je leur conseille vivement de découvrir le témoignage suivant, transmis par M. Marc Tondeur, d’Esneux.

« J’ai vécu pendant 13 ans au Nicaragua, où j’exerçais la profession de vétérinaire, et ce jusqu’en 1995. Mon frère, agronome, y vit toujours. C’est amusant de comparer des pratiques populaires très similaires, comme celle qui consiste à tenir compte de la lune pour couper son bois de construction. Au Nicaragua, les campesinos qui veulent remplacer leurs piquets de clôture se gardent bien de le faire sans choisir le moment. E bois coupé en dehors des périodes propices (une certaine phase de la lune) se « pica », c’est-à-dire qu’il est attaqué rapidement par les vers. Certains insectes xylophages font correspondre certaines phases de leur cycle avec celui de la lune, ce qui donne un début d’explication scientifique à ce qui pouvait passer pour de la superstition.

Hélas, poursuit mon passionnant correspondant, le « bon sens populaire » a tendance à faire des extrapolations indues. C’est ainsi que la castration des taurillons doit se faire impérativement un jour après la pleine lune, sans quoi on a tous les problèmes : infection, hémorragie, dépérissement et même mort de l’animal. J’ai pratiqué des centaines de castrations de toutes sortes d’animaux : chevaux, bovins, boucs, gorets, chiens, chats et même poulets sans jamais rien constater de tel. Je n’ai pas d’indications que ces croyances soient connues ici, mais je connais très mal la Belgique où j’ai vécu très peu de temps. Si vous avez des références à me donner concernant les pratiques « magiques » concernant l’élevage, je vous serai reconnaissant de me le faire savoir. »

Un tout grand merci pour ce témoignage relatant un vécu d’outre océan ! Vous avez lu l’appel de M. Tondeur, comme d’habitude, je compte sur vous pour y répondre et pour nous confier les rites ancestraux employés dans l’élevage jadis.

CE 8 OCTOBRE VOUS AVEZ RENDEZ-VOUS SUR DE TRES ANCIENNES VOIES… (FOSSE, TROIS-PONTS)

L’EGLISE ST-JACQUES A FOSSE (TROIS-PONTS) SUR LE CHEMIN DE COMPOSTELLE

A Trois-Ponts, comme dans d’autres communes, on ne se contente pas des éphémères Journées du Patrimoine pour mettre en valeur les merveilles de nos contrées… Le programme inscrit dans le cadre de l’Année Patrimoniale 2017 vous propose une alléchante journée, le dimanche 8 octobre prochain, en l’église Saint-Jacques de Fosse, Trois-Ponts.

Par nos chemins anciens 2 (1)

Dès 10h. vous êtes conviés à visiter une exposition de photos  anciennes  évoquant l’histoire de l’église Saint-Jacques et la vie, durant le 20e siècle, des villages attachés de Fosse, Bergeval, Dairomont, Cour, Mont-de-Fosse.

A 16h., Quentin et Lionel Hurdebise, les petits-fils de Jules Hurdebise,  porteurs du projet « Lu Stâve dès Boûs » de Logbiermé, reviendront sur l’histoire de deux voies majeures qui parcouraient jadis notre territoire en empruntant ses sommets : le Grand Chemin du Luxembourg  connu notamment pour le transport des écorces de chênes en direction de Stavelot et de Malmedy et la fabuleuse voie de Compostelle qui, semble-t-il, voyait passer les pèlerins par les hauteurs de Saint-Jacques. A tour de rôle, ils évoqueront les différentes curiosités naturelles et historiques qui jalonnent ces anciennes voies (faune et flore, maisons et personnages célèbres, croix et monuments, etc.) ; la raison de l’existence du chemin de st-Jacques de Compostelle et son tracé en Belgique afin de comprendre pourquoi « Saint-Jacques » à Fosse.

 

Par nos chemins anciens 2 (2)

A leur suite, René Gabriel, bien connu de tous les lecteurs de La Petite Gazette, présentera le fruit de son inlassable travail de recherche. Sa consultation d’archives et de récits anciens de voyageurs apportera un intéressant éclairage sur l’histoire du ban de Fosse et de nos régions à une époque où les déplacements s’organisaient bien différemment dans nos campagnes. Le livre qu’il vient de publier sur le sujet, à cette occasion, sera disponible sur place.

Une organisation de l’Espace culturel de Trois-Ponts en collaboration avec le « Stâve dès Boûs, Monsieur René Gabriel, le musée de Wanne et Madame Madeleine Gaspar.

Conférence > 3€. Rens. Espace culturel de Trois-Ponts 080/292460 ou 0471/226 883

Exposition >accès gratuit. Rens. Madeleine Gaspar

 

 

LA TRAITE DES VACHES A LA MAIN

La Petite Gazette du 14 janvier 2009

QUAND TRAIRE SE FAISAIT A LA MAIN… UN RAPPORT PUISSANT ENTRE L’HOMME ET LA BÊTE.

Madame Viviane Bultot, de Dolembreux, évoque pour nous un geste ancestral qui permit de nourrir des générations entières…

«Chaque vache possède un prénom (Mignonne, Charmante…), se reconnaît, reprend sa place à l’étable (Allez comprendre comment ?). Chaque troupeau a un chef qui, à chaque déplacement, prend la tête.

Il y a 50 ans, la plupart des fermiers ne possédaient pas de machine à traire, tout se faisait à la main. A cette époque, la plus grande partie des fermes ne comptaient que 7 ou 8 vaches et étaient déjà considérées « riches » ! Très souvent, elles tournaient aux bons soins de la fermière, le fermier travaillait, en complément, comme salarié. Il était maçon, cantonnier, bûcheron…

Il appartenait à la fermière d’assumer le quotidien tout en élevant, très souvent, une grosse famille. Elles n’étaient pas rares les familles de 4 à 8 enfants ! La vie était très rude, parfois abrutissante, en raison de la charge de travail trop élevée pour une seule personne… mais c’était une vie saine.

Les traites étaient réalisées, comme à l’heure actuelle, deux fois par jour. Dès l’aube, la fermière s’en allait avec son chien, en poussant une charrette divisée en trois ou quatre parties pour y placer les cruches à lait, le seau et le passêt, petit tabouret court sur trois pieds.

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 Jean-Pol Bultot, (le frère de ma correspondante) et les chiens Camelle et …

 

Il fallait compter de 15 à 30 minutes par vache suivant ce que la bête donnait. Je me souviens d’une vache (Brunette) qui donnait 32 litres de lait en deux traites, elle faisait la fierté de la ferme. La technique consistait à tirer sur la mamelle tout en exerçant une pression. Le jet était parfois très puissant, le bon lait arrivait en moussant dans le fond du seau. Deux mamelles étaient vidées en même temps, dans un joli chassé-croisé. Personnellement, je n’y suis jamais arrivée – ne riez pas ! – c’était un art ! il fallait beaucoup de force dans les mains et de l’expérience. Bravo, je rends ici hommage à toutes ces femmes et à ces hommes qui ne baissaient jamais les bras.

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Gislaine Jardon, épouse Bultot, de Nadrin (La maman de ma correspondante) et la fameuse Brunette

De retour à la ferme, le lait était versé dans l’écrémeuse qui séparait la crème du petit lait. J’ai encore connu l’écrémeuse à la main ; la démarrer était pénible, un véritable tour de force. Une fois lancée, on s’y relayait avec mes frères.

Toute petite, je me rappelle être descendue, avec la charrette à lait et ma grand-mère, à la laiterie du village. Cette laiterie était mise à la disposition de tous les petits fermiers qui ne possédaient pas encore d’écrémeuse. Inutile de vous dire, mais vous pouvez l’imaginer, comment tous les petits potins pouvaient rapidement circuler…

Dans mon souvenir, le laitier passait, deux fois par semaine, ramasser la crème et il apportait le solde « la quinzaine » deux fois par mois. Ah ! cette bonne crème qui nous servait à tout et surtout dans la bonne  trulèye. »

La Petite Gazette du 12 février 2009

DES SOUVENIRS DE LA VIE A LA FERME

Mademoiselle H. Dumont, de La Gleize, a pris du plaisir à lire les souvenirs de Mme Viviane Bultot. A son tour, elle se souvient :

« Avant la guerre, mes parents aussi avaient une petite ferme. Mes deux sœurs et moi, nous avons appris à traire les vaches. Etait-ce par plaisir… ou pour aider nos parents selon la nécessité ? Les deux probablement !

Nous avions une vache appelée « la bleue », vu son pelage gris bleuté parmi les autres « pie-noire ». Parfois, la Bleue ne donnait presque pas de lait. Pourquoi ? Eh bien, je l’ai vue un jour se traire elle-même ! Elle bombait un peu le dos, soulevait une patte de devant, passait sa tête sous le ventre pour se téter… se traire elle-même. Nous ne l’avons pas gardée. Elle était bonne pour la boucherie !

Une autre fois, ma jeune sœur et moi, pour nous amuser, avons voulu traire la même vache : une bien brave bête sans aucune malice. Nous nous sommes installées sur nos petits « passèts », une de chaque côté de la vache pour la traire. Imaginez la scène… Pauvre bête tiraillée à gauche et à droite par des mains malhabiles ! Nous avions peut-être 7 et 9 ans. La vache a bombé le dos, très lentement ; elle a soulevé ses pattes de derrière et, d’un bond, elle est passée au-dessus de nous, sans nous toucher, sans renverser nos seaux. Nous nous sommes retrouvées face à face, en riant probablement. »

Bientôt d’autres souvenirs de Mlle Dumont que nous remercions de nous ouvrir sa mémoire.

La Petite Gazette du 18 février 2009

ENCORE EN MARGE DE LA TRAITE A LA MAIN

Mademoiselle H. Dumont, de La Gleize, nous a déjà gratifiés de quelques souvenirs liés à l’évocation dans la Petite Gazette de la traite manuelle des vaches. En voici encore un, qui nous conduit en juillet 1940.

« Ma sœur aînée avait contracté la fièvre typhoïde ; donc, au village, nous étions mis « en quarantaine » à cause de la contagion. Nous avons été vaccinés et le docteur nous avait dit que nous aurions, peut-être, des réactions désagréables. Qu’importe, il fallait bien y passer !

En effet, le lendemain après-midi, nos parents ont dû retourner au lit ; ils étaient fiévreux, malades, sans appétit, sans force, au point de ne pouvoir traire les vaches en fin de journée. C’est ma jeune sœur et moi qui avons pris la relève. Le vaccin ne nous avait pas provoqué d’effets désagréables… Nous sommes allées rechercher le troupeau à l’autre bout du village pour ramener les bêtes dans la cour de la ferme et nous mettre à traire

Il faisait très chaud, les mouches étaient piquantes, les vaches étaient très agitées et elles levaient souvent la patte ! Nous avons reçu combien de coups de queue ! A 12 et 14 ans, traire les vaches dans ces conditions a dépassé nos possibilités.

Les vaches ont « retenu leur lait » ; elles nous ont donné à peine la moitié d’une traite normale. Je me souviens avoir pleuré en trayant… Après ce travail, disons « bâclé », ce n’était pas fini… Il fallait d’abord reconduire les bêtes en pâture ! Un voisin, qui avait sans doute pitié de nous, nous a gentiment proposé de les mettre, dans son pré, juste à côté de notre ferme, jusqu’au lendemain quand nos parents seraient de nouveau sur pied. Merci cher voisin ! »

Vous aussi vous pouvez nous transmettre vos souvenirs liés à ces gestes d’hier ; il serait malheureux qu’ils sombrent dans l’oubli le plus total… Il n’y a pas que la traite manuelle, vous pouvez nous parler de ce temps où l’eau ne coulait pas de robinets si nombreux aujourd’hui dans nos maisons et qui donnait une importance étonnante au bain hebdomadaire dans la tine en galvanisé. Vous pouvez également évoquer les souvenirs des conserves familiales avant l’avènement des congélateurs ou des supermarchés du surgelé. Si vous y pensez un peu, vous trouverez bien d’autres domaines, souvent strictement domestiques, qui ont connu bien des bouleversements grâce aux innovations techniques, ne citons que la lessive pour illustrer notre propos.

Je compte sur vous pour faire revivre dans les colonnes de la Petite Gazette ces gestes quotidiens si communs il y a seulement deux générations et qui apparaissent, aujourd’hui et à juste titre, comme appartenant à des temps à jamais révolus. N’oubliez pas d’illustrer vos propos, si cela est possible, de photographies ou d’autres documents. Aidez-moi à voyager dans le quotidien de nos parents et grands-parents.

La Petite Gazette du 11 mars 2009

UNE VACHE EXCEPTIONNELLE

Monsieur Joseph Gavroye, de Soumagne, se souvient d’une vache vraiment   exceptionnelle :

« L’évocation de la traite à la main dans les colonnes d’une récente Petite Gazette a remémoré chez moi quelques souvenirs lointains. En effet, ce que je vais vous conter s’est passé dans les années 1930 lorsque mes parents avaient pris en location une ferme de 13 hectares à Regné. Papa étant plutôt cultivateur, c’était à maman, aidée par ses filles, à s’occuper du petit troupeau de six à sept vaches.

Parmi ces dernières, l’une sortait quelque peu de l’ordinaire. Elle était de bonne conformité, mais jamais saillie par des taureaux de race, elle avait toujours des veaux de qualité (genre cul de poulain). Son rendement en lait était exceptionnel et elle était très facile à traire.

La bête, de race « noir et blanc » avait un petit défaut, elle boitillait légèrement d’un pied (accident ou malformation). A cause de cela, on lui avait attribué le nom de « Chalèe », en bon patois de haute Ardenne : « boiteuse ». Lorsqu’elle se trouvait en prairie, il suffisait de l’inviter par ce nom pour qu’elle obtempère promptement à l’appel. Vu son comportement, elle avait la sympathie de tout le monde.

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La brave Chalèe, à Regné, dans les années 1930

 

La « Chalèe » fera partie du troupeau pendant de longues années. Ses descendants seront du même acabit.

Personnellement, à 17 ans, je m’engagerai dans la traite manuelle des vaches quoique la chose ne  m’enchantât pas trop. La seule de mes sœurs restant dans l’exploitation me facilitait la tâche en me confiant les laitières les plus douces.

En 1953, lorsque je quittai la profession pour engager mon avenir dans un autre domaine, je découvris un matin, en entrant dans l’étable, une vache vêlée depuis deux jours morte probablement à cause d’une trop forte abondance de lait (tétanie ou fièvre de lait). C’était une descendante de la vieille « Chalèe », son nom était « Djolèe » (jolie) ; perte sèche car aucune indemnisation n’était prévue, mais aussi, un peu, perte sentimentale. »

La Petite Gazette du 25 mars 2009

SOUVENIRS DE LA TRAITE A LA MAIN…

Le geste ancestral de la traite à la main a fait ressurgir bien des souvenirs … chez les lectrices surtout. Pour bucoliques que soient ces réminiscences du passé, elles n’ont pas laissé que des souvenirs heureux…

Mme S. Kaye, de Marche-en-Famenne,  réagit : « A mon humble avis, je pense qu’elles sont rares les personnes qui, aujourd’hui, pensent que la belle époque a vraiment existé…

Comme cadeau, à 18 ans, chaque matin à 7 heures et, plus tard, vers 17h30, deux vaches à traire, les plus jolies de la série de sept, Rosette et Rosalie. Samedi et dimanche, repos dominical … Cinq jours pour ma mère, c’était assez ! Le week-end, c’était mon père !

Le matin, c’étaient les gouttes de lait tombant dans le seau qui me réveillaient ; le soir, elles m’endormaient.

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Le Doyard, Gros Chêne, par Havelange

 

Vieux foulard sur les cheveux, déchets de corde pour lier la queue, vieux seau lavé en fer… Les plus joyeux, c’étaient les chats qui attendaient que le seau soit rempli de lait. Leurs manies déplaisaient à ma mère.

Ayant passé la semaine, parfum de lait et soir de Paris, j’étais contente de trouver un tuyau d’arrosage et une vieille bassine dans laquelle les vaches buvaient. Savon Sunlight à volonté. L’été cette pratique était plus régulière et l’eau se troublait, le bétail ressentit un petit malaise. Mon père vida la bassine et y remit de l’eau propre. L’hiver, la bassine devenait ma patinoire…

Dj’in veu c’on sôre, motte lès vatchs al min, lès bèrbis ôssi, po avou bon lèssè ! boûrre èt cras stoffè à volonté.

 La Petite Gazette du 1er avril 2009

LA TRAITE DES VACHES A LA MAIN…

Les souvenirs se bousculent en pagaille, certains quelque peu amers d’autres franchement amusants…

Ceux de Mme Maria Lambotte sont plutôt à ranger dans la seconde catégorie :

«J’ai pris bien du plaisir à lire les souvenirs de la vie à la ferme. Et si, naguère, le fossé était plus creusé entre les campagnards et les gens de la ville, la petite paysanne en dessous de ses vaches fait encore rire aujourd’hui. Jugez plutôt.

Un jour, je suis amenée à consulter un rhumatologue qui m’interroge pour établir mon dossier.

Avez-vous déjà été opérée ? 

– Oui, pour une fracture du plateau tibial, on a posé une tige et deux vis.

– Vous aviez fait une chute ?

– Non, c’est suite à un coup de pied de vache !

 Oh ! oh ! fait le médecin étonné, mais je ne m’étends pas là-dessus, les médecins sont pressés.

– Puis une fracture de l’humérus ou j’ai eu des broches, mais cela c’était plus conséquent.

Et le docteur, amusé : « Oh oui, c’était le taureau… »

Mais revenons à la ferme de mes parents, où on finissait la traite par la petite étable. Maman trayait déjà et n’avait pas éclairé. Je ne pris pas non plus la peine d’allumer bien qu’il fasse sombre. Je pose mon passet et m’installe avec mon seau sous la première vache. Au moment de saisir le pis, mes mains tombent dans le vide et, sans réfléchir, je veux le saisir plus haut. C’est alors que mon sang se glaça dans mes veines parce que je m’aperçus, horrifiée, que j’étais bel et bien assise avec mon seau en dessous du taureau ! La peur au ventre, je me suis faite toute petite et très discrète pour me sortir de cette fâcheuse position. Aucune réaction de l’animal, peut-être dormait-il ? L’explication de ma méprise me vint par la suite : Papa, pendant la journée, avait changé les bêtes de place !

En conclusion : le tibia en trayant, l’humérus en fanant et le taureau qui aurait pu être très méchant et après tot çoulà, on vik’ co ! »

La Petite Gazette du 8 avril 2009

LES TRAVAUX DE LA FERME ET LA TRAITE

Madame Françoise Schröder-Closjans, de Louveigné, nous conte, à son tour, ses souvenirs à la ferme :

« Chez mes parents, les travaux de la fenaison se faisaient en commun avec un frère de maman. Celui-ci possédait une faucheuse tirée par deux chevaux, papa ouvrait le passage en fauchant une batte à la main le long des clôtures. A midi, pour ne pas perdre de temps à dételer les chevaux, mon oncle mangeait dans la prairie. Maman préparait un paquet de tartines emballées dans du papier parchemin, un thermo de café et des tasses, elle déposait le tout dans un panier en osier que nous portions, mon frère et moi, avec la permission de partager le repas de mon oncle. Déjeuner sur l’herbe, c’était bien agréable ! Pendant ce temps, les chevaux se reposaient en mangeant l’avoine dans leur musette.

005 Ferme de Colonheid Fraipont, 1950.

En 1945, le frère de maman cessait son activité et papa a acheté une Jeep et du matériel plus moderne.

A l’âge de 7 ans, j’ai appris à traire, d’abord une vache, ensuite plusieurs. Papa m’avait fabriqué un petit passet et maman m’avait acheté un seau de 15 litres en fer étamé. Pendant les vacances, mon frère et moi, nous aidions nos parents pour la traite et nous trouvions cela tout à fait normal. »

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Ferme de Colonheid 1950. C’est mon beau-frère qui trait, à côté de lui un petit voisin. Derrière la vache, une de mes belles-sœurs avec l’aîné des petits enfants.

LE POU DU CIEL A MARCHE-EN-FAMENNE

La Petite Gazette du 2 février 2011

LE POU DU CIEL A MARCHE

Monsieur Jean-Claude Michel, secrétaire de l’Harmonie communale de Marche, aimerait être renseigné sur l’origine du site du ‘’Pou du Ciel’’, actuellement Tour de la Famenne. Il a, m’écrit-il, reçu une explication – celle d’un petit avion –  mais il aimerait, bien sûr, en savoir davantage. Voudrez-vous bien le renseigner ? D’avance un grand merci.

La Petite Gazette du 16 février 2011

LE POU DU CIEL…

« Tout a démarré, nous explique un précieux et régulier correspondant de nos colonnes, Monsieur Francis Roufosse, avec Monsieur Albert de Haan, né à Schaerbeek le 13 février 1916.
Pourvu d’un solide esprit d’entreprise, cet homme dynamique va venir s’installer en Famenne et construire dans les années 50, sur la route de Namur à 3km de Marche, un café-restaurant-motel « Le Pou du Ciel » (avec plaine de jeux, mini-zoo et… la première piscine de la région !).
Il va baptiser son établissement du nom d’un curieux petit avion monoplace qu’il a construit de ses propres mains, d’après les plans d’un français passionné d’aéronautique : Henri Mignet. Ce dernier avait d’ailleurs largement diffusé dans les revues spécialisées les plans « pour permettre à un bricoleur moyennement doué de construire lui-même son propre Pou du Ciel, dans un esprit de simplicité, de sécurité et de faible coût ! ». Celui d’Albert de Haan était un modèle HM-290 dessiné par Mignet en 1946.

Mignet

 

Avec son fuselage minimum, le Pou du ciel possédait deux ailes décalées en tandem et de faible allongement ; le manche à balai (unique commande) faisait osciller l’aile avant dans son ensemble ; l’engin était d’ailleurs qualifié d’« aéronef sans queue, à aile vivante ».

Si j’ai bonne mémoire, un article, signé Jean Englebert avec photo d’un certain Monsieur Jules Delvaux de Barvaux, parlait déjà du « Pou du Ciel » de Marche ; il était paru dans les Annonces de l’Ourthe fin 2003 (avec la double photo ci-dessous).

pou_du_cielToujours dans le même esprit, signalons qu’Albert de Haan avait déposé le 20 juin 1951 auprès du Ministère des Communications, une autorisation d’exploitation d’un aérodrome particulier à  Aye-lez-Marche, en bordure de la route Namur-Marche. Sa destination était pour l’usage particulier de l’exploitant et de ses invités. La piste ferait 600m x 40m et serait orientée S-O – N-E. D’après le texte, on y notera que « l’herbe ne pouvait y dépasser à aucun moment 10 cm de hauteur ; un cercle blanc de 10m de rayon devait être tracé au centre de la piste ; les vols acrobatiques ne pourraient s’effectuer que dans un ciel absolument libre d’aéronefs et à plus de 600m de hauteur ; un manche à air serait placé à un endroit dégagé et visible du sol… En aucune manière l’aérodrome ne pourrait être ouvert à la circulation aérienne internationale (!). Les atterrissages forcés venant de l’étranger devraient être signalés immédiatement aux autorités compétentes… etc. ».

Signalons encore qu’on devait à Monsieur de Haan la « Tour de la Famenne », construite sur la N4 dans les années 70 ainsi que le dancing «Las Vegas », le long de l’ancienne nationale 4.
C’est d’ailleurs là qu’il est décédé le 17 décembre 2004. »

Madame Myriam Dossogne-Maréchal, de Aye, confirme ce qui précède, précise que l’article paru l’a été le 19 mai 2005 alors qu’elle préparait un voyage à Malte et qu’elle avait eu son attention attirée par ce qu’elle lisait dans le guide « Le routard » de Malte, 2004-2005 à propos d’un musée de l’Aviation qu’elle se proposait de visiter à La Valette : »Le clou du musée, c’est ce Spitfire de la Royal Air Force qui veillait sur le ciel maltais pendant la Seconde Guerre mondiale, en compagnie du fameux Hurricane.  Plus comique cette fois, le « Pou du ciel », un petit aéroplane amateur construit par un allumé français, Henri Mignat (orthographe différente ici), et qui volait avec un moteur de 2 CV. »Cette tour qui se voit de bien loin nous annonce que la dynamique ville de Marche n’est plus bien loin.  Maintenant, pourquoi une tour restaurant?  Je présume que ce Monsieur de Haan, fou d’aviation, ne pouvait que construire une tour qui s’élève dans le ciel, à l’image de son petit avion qui osait défier certaines lois physiques… » Merci pour vos renseignements précis et vos avis. La semaine prochaine, nous découvrirons d’autres documents liés à ce « Pou du ciel ».

La Petite Gazette du 9 mars 2011

ENCORE LE POU DU CIEL

Monsieur Prignon, de Hotton, a des souvenirs très précis de ce pou du ciel :

« Le nom de l’établissement installé le long de la N4 à Marche vient évidemment du petit avion inventé par l’ingénieur français Henri Mignet et appelé « Pou-du-ciel » en raison de sa petite taille (L. 3,50 m. Envergure : 6m ; Poids 140 kg) ; on pouvait facilement le tracter, ailes repliées, avec une moto.

Mon correspondant a pensé à joindre ce schéma qui nous permet effectivement de bien nous rendre compte de la simplicité de l’engin.

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Le propriétaire de l’établissement, dont il est question, en possédait un et avait donné à son restaurant le nom de l’avion. Une piste d’atterrissage avait été aménagée à l’arrière du bâtiment.

Henri Mignet voulait que l’aviation soit à la portée de tous ; c’est pourquoi il avait conçu et mis au point cet avion, dont on pouvait acheter les plans et que l’on construisait dans son atelier à moindres frais.

Beaucoup d’exemplaires ont vu le jour. On en construit encore aujourd’hui mais en carbone et avec des moteurs plus performants.

Dans les années 1950, lorsque j’étais à l’école gardienne chez les sœurs, à l’école libre du village de Soy, je me souviens avoir vu plusieurs fois passer, très bas et venant de Marche, ce petit avion qui survolait l’école puis atterrissait dans les champs. Il était assez souvent en panne de moteur !

Après l’école, nous courions pour aller le voir de plus près. C’était celui du propriétaire de cet établissement de la N4. »

Monsieur Charles Gillet, de Liège, m’apporte quant à lui une très intéressante information à propos du moteur qui équipait ces petits avions, inventés par Henri Mignet avant 1930. « Certains de ces avions, m’écrit-il, étaient équipés d’un moteur Saroléa – oui, Saroléa fabriquait également des moteurs d’avion ! »

Je suis persuadé que nous en reparlerons…

La Petite Gazette du 23 mars 2011

LE POU DU CIEL

Quand il est question de moteurs de motos liégeoises, Monsieur Jean-Pierre Beaufays a toujours des choses à nous apprendre. Cette fois encore, il ne rate pas l’occasion de nous apporter de précieux renseignements :

« Pour faire suite à ce que vous a écrit mon ami Charles Gillet concernant les moteurs Saroléa ayant équipé certains de ces petits avions, je vous parlerai du lieutenant Robert Fabry qui, dès 1929, avait monté un moteur monocylindrique Gillet 500cc à culbuteurs sur une avionnette légère et avait à son bord effectué plusieurs vols de test.

Il avait également par la suite équipé cet appareil d’un moteur FN 4 cylindres de 750 cc du type M50.

Trop lourd et trop peu puissant, ce moteur ne lui a jamais permis de faire décoller l’appareil.

Je lui ai racheté ce moteur peu avant son décès dans les années 70. Il équipe maintenant une moto FN.

Une de mes connaissances, Monsieur Victor Collard, de Neupré, décédé il y a environ 2 ans, avait également construit peu après la guerre un pou du ciel suivant la licence Mignet mais quelque peu modifié par ses soins notamment en ce qui concerne les commandes.

Il l’avait équipé d’un moteur français Salmson à 5 cylindres en étoile. Il a effectué quelques vols à son bord et le film de ses « exploits » est passé à la télévision il y a quelques années. Cet avion existe toujours entre les mains d’un collectionneur.

je devrais être sous peu à même de vous en adresser des photos.

En attendant, je vous envoie une photo de l’avion à moteur Gillet du Colonel (grade auquel il a terminé sa carrière) Fabry ainsi que celle d’un moteur d’avion Saroléa.

A noter que ces moteurs Saroléa « aviation » étaient tous des bicylindres à plat à culbuteurs de cylindrées de 900, 1000 et 1100 cc , les différents modèles produits portant les noms évocateurs d’ Epervier, Vautour, Albatros et Aigle. »

Comme d’habitude, c’est absolument passionnant ; merci beaucoup.

Monsieur Michel Guillaume, de Stoumont, a lui aussi connu l’avion de Monsieur Collard; il a l’amabilité de nous en parler :

« J’ai connu dans le début des années 1960, un certain Monsieur Victor Collard qui habitait à Neuville-en-Condroz et qui possédait ce type d’appareil.

Monsieur Victor Collard exerçait la profession de contremaître à Cockerill-Ougrée Providence.

J’ai eu l’occasion de voir ce petit avion à Neuville-en-Condroz.

Il était équipé d’un moteur de 8 cylindres en étoile et il le tractait avec sa moto munie d’une boule de remorquage; les ailes étaient repliées bien sûr, la moto, je me souviens était une “lion rapide”  les garde-boue et  les roues de l’avion étaient ceux d’une Vespa.

Ce monsieur avait fait la guerre de 40-45 dans l’aviation, enfin c’est ce qu’il disait. »

La Petite Gazette du 6 avril 2011

CE MERVEILLEUX POU DU CIEL

Monsieur Alexandre Steenebrugen, de Warre-Tohogne, a vu le pou du ciel en construction…

« A travers mon beau-père, j’ai bien connu ce monsieur Victor Collard évoqué dernièrement dans La Petite Gazette. Dans les dernières années de la Seconde Guerre Mondiale, mon beau-père et lui s’étaient engagés à la Royal Air Force et, comme dit l’adage, étaient devenus copains comme cochons. Mon beau-père a gardé toute sa vie son livret militaire de la R.A.F. avec quelques photos où l’on pouvait voir ces deux joyeux lurons, fiers et fringants, dans leurs uniformes et portant le calot réglementaire de l’époque. Il faut toutefois savoir qu’ils n’étaient aucun des deux pilotes mais qu’ils travaillaient au sol.

J’ai pu voir l’avion construit par Victor Collard, il était au stade de la finition et Victor nous fit le récit de son ouvrage. Je peux dès lors confirmer les dires de M. Jean-Pierre Beaufays, il s’agissait bien d’un moteur en étoile qu’il avait fait venir de France. Quant aux commandes de l’appareil, ce qui me frappa le plus c’était le manche à balai, un tube montant du plancher et qui se terminait par une boucle fermée légèrement ovoïde. Mis à part l’absence du bouton de tir, c’était presque la réplique exacte du manche du fameux « Spitfire  anglais ». Pour fabriquer ce pou, il avait employé assez bien de bois très léger, du balsa.

Pour l’anecdote finale, cet avion fut construit dans le grenier de Victor. C’est là que je l’ai vu et, quand mon beau-père lui posa la question : « Comment vas-tu le sortir ? », Victor répondit : « S’il le faut, on démontera le toit ! ». Je n’ai jamais su s’il blaguait ou non… »

La Petite Gazette du 4 mai 2011

POU DU CIEL ET VICTOR COLLARD

Monsieur Jean-Pierre Beaufays nous confie souvenirs et jolie photo à propos de Victor Collard, présenté ici de la façon la plus sympathique qui soit.

Victor Collard 

 « Victor Collard est photographié auprès de sa célèbre moto Lion Rapide de 1951.

La firme Lion Rapide d’Alost construisit des motos de 1923 à 1957. Sa production comprenait essentiellement des machines à moteurs 2 temps Villiers ou JLO de faible cylindrée.

Le modèle que possédait Victor, dénommé type « Sport » faisait exception car il était équipé d’un moteur FN type XIII de 350 cc à culbuteurs.

Très bien entretenue par son propriétaire, cette moto était demeurée dans un très bel état d’origine.

Notre ami Victor, qui n’en était pas à une exagération près, affirmait volontiers avoir parcouru plus d’un million de kilomètres à son guidon. Je pense; pour ma part, qu’il y avait un zéro de trop dans ce nombre…

Victor était un personnage très attachant et haut en couleurs qui aimait énoncer des théories toutes personnelles. Il disait par exemple que les végétaux se déplaçaient très lentement et qu’un arbre pouvait se mouvoir de plusieurs mètres durant son existence. C’est pourquoi il disait dangereux d’en planter le long des routes. »

La sœur de Victor Collard, Madame Jeannine Collard, de Nandrin, a fait parvenir à La Petite Gazette diverses photographies de son frère et de son Pou du ciel, dont celle-ci

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Et celle-ci qui montre bien comment Victor Collard déplaçait son petit avion. Sa sœur me précise qu’il a mis deux ans pour le construire en suivant les plans d’Henri Mignet.

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La Petite Gazette du 8 juin 2011

LE POU DU CIEL

Monsieur Charles Gillet, d’Angleur, nous apporte maintenant une foule d’informations passionnantes pour faire le lien entre la firme Saroléa et le « pou du ciel » dont nous avons largement parlé dans La Petite Gazette.

« Après la première guerre mondiale qui avait été plus que meurtrière, suivie immédiatement après d’une terrible épidémie (la « grippe espagnole ») qui fit plus de morts que la « Grande Guerre » car elle s’est attaquée à une population affaiblie par les privations, le monde n’avait qu’une seule idée : vivre et profiter de la vie. La classe ouvrière avait obtenu des avantages vu ses sacrifices et une ère nouvelle s’ouvrait. La « Der des Der » était passée et le progrès semblait s’ouvrir à tous.

Parmi ces progrès, l’aviation qui avait vraiment vu le jour durant le conflit. De « saut de puce » l’on était passé aux vrais avions. D’intrépides aventuriers s’élançaient au-dessus des océans et des continents et généraient un enthousiasme que l’on ne peut imaginer aujourd’hui.

Je ne cite qu’un exemple : avez-vous déjà vu ou revu ce film d’époque de l’arrivée de Lindberg au Bourget… C’est hallucinant de voir toute cette foule enthousiaste, que dis-je cette marée humaine impensable aujourd’hui à nos yeux blasés par tant (trop !) de technologie.

Bref, c’était les « années folles » et l’aviation faisait des progrès énormes (un peu comme aujourd’hui avec l’informatique, ce qui est neuf aujourd’hui est périmé demain !).

C’est à cette époque qu’un Français, Henri Mignet, voulut placer l’avion à la portée de tous. En 1928, il écrivit un livre « Comment j’ai construit mon avionnette » qui connut un immense succès car il décrivait par le détail (plans compris) comment la réaliser chez soi. Un simple bricoleur pouvait y arriver sans problème et, muni d’un moteur soit de moto soit prévu pour, s’envoler et parcourir les cieux. Heureux temps où la législation n’existait pas et le ciel presque vide !

Il faut tout de même préciser que ces avionnettes n’étaient prévues que pour le seul pilote. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre qu’un essai pour deux personnes verra le jour.

L’aviation populaire était en marche et dans les mêmes années, un jeune homme terminait ses études d’ingénieur à Liège. Il s’agissait de Nicolas Lempereur.

Nous avons bien connu cet homme au caractère bien trempé et à la voix forte. Réaliste et visionnaire, au sortir de ses études, il entre chez SAROLEA, le grand constructeur de motos belges établi à Herstal. Là, il dessine simplement au bureau d’études, mais les motos ne le passionne pas et comme l’aviation est sur toutes les lèvres, il dessine un moteur d’avion, un bicylindre à plat, type « boxer » de 1000cc… et le laisse dans ses cartons.

Mais la grande crise survient, la vente des motos chute et le directeur, Martin Fagard, un homme au caractère bien trempé lui-aussi, se souvient des plans de notre jeune ingénieur. Une diversification de l’entreprise ne pouvait être mauvaise et voilà comment SAROLEA se mit à construire des (petits) moteurs d’avion. Certes, tout était à faire et à tester.

Pour ce faire, l’on fabriqua une petite table roulante avec des tubes afin d’y placer des manettes de commande de motos. Des spécialistes en électricité, en huile et en carburation furent requis. En effet, en aéronautique les magnétos sont spéciales, dites « à rattrapage » afin d’avoir une meilleure étincelle, l’allumage doit être doublé (2 bougies par cylindre pour éviter les pannes), le refroidissement conséquent et la carburation parfaite en toutes positions.

Bref, en octobre 1934, sur le toit de l’usine SAROLEA à Herstal, la table d’essai était installée et le premier moteur testé.

004« Sur le toit de l’usine Sarolea, rue Saint-Lambert. De gauche à droite : Louis de Lamine (représentant la société de lubrifiant), Willy Chantraine (ouvrier monteur de l’usine), Nicolas Lempereur (ingénieur concepteur) et « John » Conrad (représentant des carburateurs Amal)

Il s’agissait d’un moteur type « Boxer » (deux cylindres à plats opposés) d’une cylindrée de 916cc (80,5×90), avec des cylindres en alliage spécial d’aluminium, qui délivrait une puissance de 27CV à 2750 t/m, avec graissage dans le carter, et qui répondait au joli nom « d’EPERVIER ».

Le moteur « tourna » durant 1000 heures sans interruption (je ne connais pas les réactions des voisins !) puis fut démonté pour inspection. Tout était parfait et la série pouvait commencer.

Pour avoir un moteur plus puissant, on porta l’alésage à 88m/m, ce qui en fit un 1100cc d’une puissance de 32CV et son nom devint « Le VAUTOUR ».

Ces deux moteurs « lancèrent » vraiment SAROLEA dans le monde de l’aéronautique privée. Leur vente fut un succès et bien que prévus initialement pour le « Pou du Ciel » (Henri Mignet lui-même équipa son « Pou du Ciel » d’un moteur SAROLEA) ils ne tardèrent pas à équiper également des petits avions « Typsy » qui étaient en quelque sorte des petits avions de reconnaissance monoplace.

005 « 1935 : Henri Mignet devant son Pou du Ciel et Nicolas Lempereur à côté d’un avion Autogyre »

Sûr de son succès, Nicolas Lempereur dessina un 3° moteur identique en cylindrée et en puissance au « Vautour » mais équipé d’un carter sec ce qui permettait une meilleure répartition dans le nez de l’avion et permettait une réserve d’huile plus grande sans entraver l’encombrement du moteur et en allégeant celui-ci (43Kg). Ce modèle porta le nom « d’ALBATROS ».

Mais l’infatigable ingénieur planchait déjà sur un 4° moteur, plus puissant, dénommé « L’AIGLE » qui devait donner plus de vitesse de rotation à l’hélice puisque le moyeu de celle-ci était placé sur un pignon réducteur alors que dans les trois précédents moteurs le moyeu d’hélice était monté directement sur le vilebrequin.

006 Publicité Sarolea avec vue d’une avion Typsy »

Les qualités de ces moteurs, unanimement reconnues, attirèrent l’attention de l’Etat Major de l’armée polonaise. Après bien des péripéties il fut passé commande à la firme SAROLEA de plus de 80 moteurs du type « Albatros » pour équiper des petits avions de reconnaissance. La livraison s’effectua par chemin de fer en gare de Varsovie en août 39. Quelques jours plus tard ils furent détruits dans le bombardement qui détruisit ce nœud ferroviaire important.

La guerre mit donc fin à cette belle  aventure aéronautique privée.

Je connais quelques rares collectionneurs qui possèdent encore soit un moteur soit une partie de celui-ci, mais cela est rare, et je reste à leur disposition.

Nicolas Lempereur, infatigable chercheur, fut aussi un pionnier dans la fabrication de matériaux pour l’industrie, les fameuses « plaquettes métalliques » qui équipèrent moult outils de coupe.

Une dernière anecdote pour situer l’homme : lorsque je lui posais la question de savoir combien de moteurs d’avion SAROLEA avaient été fabriqués (tous types confondus), il me répondit « environ 150 ». Oh, lui dis-je, ce n’est pas beaucoup ! Malencontreuse parole car il s’emporta aussitôt pour me répondre « Et bien, vous trouvez que faire voler 150 avions ce n’est pas beaucoup » suivi d’une tirade de jurons !

Voilà, une « tranche de vie liégeoise » de notre industrie motocycliste, qui à l’époque, était à la pointe du progrès et vitrine du savoir-faire de nos parents. »

Un immense merci pour nous avoir fait bénéficier des fruits de cette passionnante recherche. Quelle chance a La Petite Gazette de compter sur pareils collaborateurs.

LES BRASSERIES DE HOTTON

La Petite Gazette du 5 septembre 2007

UNE BRASSERIE ARTISANALE  ET BIERE DU SANGLIER A HOTTON

Mme Monique Beenders, de Vottem, est une fidèle lectrice de La Petite Gazette. Elle sait donc qu’elle peut vous mettre à contribution pour tenter de réunir les informations qu’elle souhaite rassembler :

« Dans les années 1948 – 1950, existait à Hotton, à 100 ou 200m. de la brasserie Jacquemart, sur la route de Hotton à Laroche, à droite, une brasserie, artisanale sans doute, produisant une bière de qualité connue sous le nom de « Bière du Sanglier ».

Pourra-t-on, s’il vous plaît, m’indiquer quand cette brasserie a vu le jour ? Qui l’a créée ? Quels ont été ses exploitants successifs ? A-t-elle connu des succursales ? Quand elle a cessé de fonctionner ? La bière qui y était confectionnée existe-t-elle ailleurs ? »

Bref, vous l’aurez compris, tout ce qui concerne cette brasserie et sa production intéresse ma lectrice. Aurez-vous la gentillesse de la renseigner ? Je compte sur vous et vous en remercie déjà.

La Petite Gazette du 3 octobre 2007

UN PREMIER MOT SUR LES BRASSERIES DE HOTTON

MonsieurRaymond Pirotte, d’Evelette, apporte des renseignements à Mme Beenders, de Vottem:

« La brasserie Jacquemart dont il a été question n’est pas répertoriée comme telle : il s’agit sans doute d’un négociant – marchand de bières.

001

Quant à l’autre brasserie, ayant produit la « Bière du Sanglier », elle a été fondée par Emile Remy à la fin du XIXe siècle (1899 ?). Vers 1926, elle fut rachetée par Alexandre Lobet. 002.jpg

 

 

 

La  « Super Sanglier » était effectivement la spécialité la plus connue de cette brasserie.

 

En dehors des bières de ménage, la « Mustel » était une autre spécialité, qui ne semble pas avoir connu un grand succès. » A suivre.

La Petite Gazette du 10 octobre 2007

UN PREMIER MOT SUR LES BRASSERIES DE HOTTON

Retrouvons M. Raymond Pirotte, d’Evelette, et les renseignements qu’il apporte à Mme Beenders, de Vottem :

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« Je possède dans ma collection un verre d’ « Export Chasseurs Ardennais », datant probablement des années 1930 et représentant un sanglier dans une roue de vélo. 004

 

 

Selon toute vraisemblance, il s’agit aussi d’une appellation de la brasserie Lobet. Peut-être une énigme supplémentaire à résoudre par les lecteurs de la Petite Gazette ?

 

Après la Seconde Guerre, la brasserie fut dirigée par Lobet Frères. Connue aussi sous l’appellation « Brasserie Luxembourgeoise », elle cessa toutes ses activités vers 1955. »

Maintenant, j’ai la chance et le plaisir de vous donner à connaître le témoignage d’un ancien employé de chez Lobet, M. Edouard Triolet, de Lierneux : « Pour vous parler de la Brasserie Lobet, de Hotton, je dois me reporter en 1936. N’ayant plus de travail, mon père, Joseph, est contacté par les frères Lobet et, après discussion, papa devient dépositaire et négociant en bières et dérivés. Ayant terminé mes études moyennes, j’ai 15 ans et j’aide mon père dans le commerce. Nous sommes ravitaillés par camion et habitons Vielsalm. Notre commerce marche très bien, mais la guerre de 1940 et l’Offensive détruisent tout et papa est tué le 12 janvier 1945.

En 1947, jeunes mariés, nous allons habiter Melreux et je deviens chauffeur-livreur à la brasserie Lobet, gérée par les quatre frères.

Le papa Lobet, qui était tonnelier de profession, a été tué à Hotton, lors de l’Offensive des Ardennes.

Joseph Lobet, l’aîné, brasseur en bières blonde et brune ; Antoine Lobet, comptable ; Léon Lobet, entretien du matériel et André Lobet, avec un camion wagon, ravitaille les dépôts et hôtels. Parmi le personnel, il y a encore : Félix Petit, comptable, Antoine Gérard et H. Dessaive, entretien des machines et soutirage des bières. Fernand Gérard (lu Blan) chauffeur-livreur (le plus ancien), Clément Jacquet, chauffeur-livreur, Edouard Triolet, moi-même, chauffeur-livreur habitant à Melreux, près du garage de François Houssa (de 1947 à 1951). En 1948 – 1949, Joseph Lobet, brasseur qui est allé, pendant des mois, à Munich se perfectionner dans l’art de la fabrication des bières spéciales, lance la « Super Sanglier », bière brune de très grande qualité.

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 verre de la collection de M. Raymond Pirotte

 Soutirée dans une bouteille d’1/4 de litre, pansue (genre Perrier), elle porte une étiquette avec, en gros plan, un sanglier de belle allure et une colorette portant le texte :

J’aime le son du cor

Le soir au fond des bois,

Mais je préfère encor

La bière que voilà

Avec l’évolution du commerce, la brasserie Lobet est entrée en rapport avec celle de Koekelberg, de Bruxelles. Les responsables de cette brasserie ont demandé, ou plutôt imposé, à M. Joseph Lobet de fabriquer la Super sanglier en blonde au lieu de la brune. Malheureusement cela s’est révélé un réel fiasco et la disparition de cette « Perle des Ardennes » a été inévitable.

J’ai quitté la brasserie Lobet, en 1951 et, avec mon épouse, nous sommes établis à notre compte à Grand Sart, puis à Lierneux en 1955 et depuis nous sommes lierneusiens retraités. J’ignore totalement ce qui s’est passé à la Brasserie Lobet depuis mon départ… »

Un immense merci pour ce témoignage passionnant.

La Petite Gazette du 30 octobre 2007

ENCORE DE PASSIONNANTES PRECISIONS A PROPOS DES BRASSERIES DE HOTTON

Monsieur Fernand Lobet, né il y a 65 ans à Hotton, habite aujourd’hui Comblain-au-Pont. Il a pensé qu’il serait utile qu’il nous livre également ses souvenirs et il a vraiment bien fait.

« Comme chauffeur-livreur plus ancien, il y avait Julien Lobet, mon grand-père. C’était avant la guerre. Il travaillait pour ses cousins et assurait les livraisons avec un chariot tiré par un cheval.

Au sujet de Fernand Gérard, on a déjà dit qu’il était surnommé  « lu Blan », mais il était aussi affublé d’autres appellations : « le petit Fernand » par exemple, mais on le désignait également en associant son prénom au nom de ses patrons : « Fernand Lobet ».

Après les années 50, Antoine s’est installé comme distributeur Coca-Cola, à  300 mètres de la brasserie vers le centre du village, dans un grand hall. Un délégué, tout de vert vêtu, formé par la firme dirigeait l’affaire avec le financier Antoine.

Dans les anciens bâtiments de la brasserie existait une glacière qui se révéla être très utile pour les cafés du coin mais aussi lors d’organisation de fêtes ou de fancy-fair à des kilomètres à la ronde.

Léon et Jules Lobet ont fabriqué et vendu la bière Lobet en bouteilles de 75 centilitres, mais également de la bière de table, dite bière de ménage.

La « pils » qu’ils mettaient en vente était la bière « Lamot » distribuée en fûts et en bouteilles de 25 centilitres. Cette bière était alors très bue, comme la Stella, on ne parlait pas tant de la Jupiler. Evidemment, ils distribuaient également des eaux et des limonades. La bière Diekirch était leur grande et bonne bière, en fûts et en bouteilles également. Les grandes réclames vantant cette marque décoraient le plus grand café de la région, « Chez Jacquemart », sur la place. Les enfants ont quitté le commerce et Léon, qui vécu très vieux, avait repris, pour les connaissances uniquement, son ancien métier de cordonnier. »

Un tout grand merci pour tous ces renseignements qui viennent compléter ceux déjà publiés.

LES AUTOBUS LIEGEOIS A SPRIMONT

La Petite Gazette du 6 février 2008

LA SOCIETE DES AUTOBUS LIEGEOIS

Monsieur Michel Trousson  aimerait que vous l’informiez sur l’histoire de cette société :« Puis-je solliciter les lecteurs de La Petite Gazette pour obtenir des informations concernant la « Société des Bus Liégeois ». Société je crois, ajoute M. Trousson, créée début des années 20 par la Famille Vigneron.Ayant son siège social à Sprimont, cette société transportait, initialement, les voyageurs entre Aywaille et Liège.Je me souviens que, étant enfant et demeurant à Sprimont, mon père (décédé maintenant) était conducteur, c’était dans les années 30.  J’aurais beaucoup aimé que vous m’aidiez à reconstituer un  historique de cette société et, si c’est possible, découvrir des photographies des autobus qui ont circulé sur ses lignes.Sans doute un ancien ayant connu cette époque pourrait-il m’aider dans cette démarche?
D’avance je vous remercie de votre attention et pour votre aide. »Il me semble que cette société bien connue et bien ancrée dans le domaine du transport public en Ourthe-Amblève devrait inspirer les réponses souhaitées. J’insiste tout particulièrement sur l’envie de redécouvrir les photographies des bus d’hier (et d’avant-hier) dont la simple vue devrait rappeler bien des souvenirs et bien des anecdotes aux lectrices et aux lecteurs qui les ont connus, comme utilisateurs ou comme chauffeurs. Je compte beaucoup sur vous et me réjouis de découvrir les prolongements que vous réserverez à cet intéressant appel.

La Petite Gazette du 20 février 2008

AUTOBUS LIEGEOIS

Une première réponse à l’appel lancé par M. Trousson, elle nous vient de M. Francis Sante qui nous permet de découvrir cette magnifique photographie.

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 « En feuilletant, comme chaque semaine La Petite Gazette, j’ai lu l’annonce concernant les autobus liégeois. Comme je possède cette carte postale prise sur la place de Sprimont, je puis en faire profiter tous les lecteurs. Cette carte a été oblitérée à Seraing en 1934. »

Un grand merci, cette carte est vraiment superbe.

Monsieur Georges Flagothier, sénateur honoraire de Sprimont, se souvient :

J’ai été chauffeur aux Autobus Liégeois pendant une dizaine d’années. Un collègue, Marcel Pavier, décédé aujourd’hui, m’a parlé plusieurs fois de son oncle Monsieur Trousson, qui avait été chauffeur à la Compagnie avant la guerre. Il propose à M. Trousson de s’adresser au siège de la compagnie »

Merci beaucoup, le moindre souvenir nous est utile.

La Petite Gazette du 27 février 2008

LES AUTOBUS LIÉGEOIS

Monsieur Michel Prégaldien, de Beaufays,  est un passionné de transports en commun. Il a ouvert sa documentation pour répondre à l’appel de M. Trousson et pour notre grand plaisir :

« C’est en 1922 que fut créé un service régulier d’autobus entre Liège  et  Sprimont.

Selon un guide, publié en 1930, par le Touring Club de Belgique, on apprend que les départs vers Sprimont depuis la place Xavier Neujean à Liège s’effectuaient en semaine à 8h., 9h30, 12h., 16h. et 18h30. Les dimanches et jours de fêtes, les départs étaient fixés à 10h., 14h. et 20h. Le prix du voyage était alors de 7,50 francs.

Avant la seconde Guerre Mondiale, la société disposait de plusieurs véhicules de marque Brossel. En 1958, le parc comportait 11 autobus : 2 Chausson, 1 Guy, 2 Miesse et 6 AEC (toutes marques, aujourd’hui disparues !).

Jusqu’à la fin des années 1950, le dépôt se situait à Liège, rue de Fragnée.

Vers 1967, les Autobus Liégeois ont repris l’exploitation de la ligne Verviers – Harzé (actuelle ligne 727) qui était jusqu’alors assurée par le garage Gilson de Verviers.

Jusqu’à la fin des années 1970, les véhicules étaient peints dans deux tons de bleu : le bleu foncé en dessous des vitres et la partie supérieure en bleu clair.

Les autobus de la firme Bertrand, de Banneux, reliant Liège à Banneux et Aywaille à Banneux étaient, quant à eux, peints en brun et blanc.

En 1972, cinq autobus Van Hool à moteur Leyland furent mis en service. L’un d’entre eux, retiré de l’exploitation en 1987 est en cours de restauration dans sa livrée bleue d’origine. L devrait être prochainement exposé au Musée des Transports de Liège, rue Richard Heintz. (N.D.L.R. A voir absolument si les trams, trolleys et autobus vous passionnent…)

Entre 1974 et 1979, neuf autobus Jonckheere à moteur Leyland furent commandés, suivis, dans les années 1980, par sept Jonckheere Trans City à moteur Mercedes.

En mars 1997, la Société des autobus Liégeois a abandonné le dépôt devenu étriqué qu’elle occupait depuis près de quarante ans et qui était situé rue Schinler à Sprimont, pour s’installer dans un nouveau complexe, Grand Route à Florzé.

Il faut préciser que le parc de véhicules s’était notoirement agrandi au fil des années.

Aujourd’hui, 21 bus standard et 2 articulés assurent le trafic. Il s’agit pour l’essentiel de Mercedes 0405 et de Mercedes Citaro.

La société est dirigée par Madame Vigneron épouse Dubois. »

Un chaleureux merci pour tous ces renseignements qui éveilleront, chez les lecteurs, des souvenirs que, je l’espère, ils auront envie de raconter.

La Petite Gazette du 5 mars 2008

LES AUTOBUS LIEGEOIS

Cette semaine, c’est M. Jean-Pierre Beaufays qui nous présente un élément de « petit patrimoine » lié à cette société d’autobus.

« Voici une photo qui devrait intéresser votre lecteur faisant des recherches sur les Autobus Liégeois.

Il s’agit d’une plaque émaillée en ma possession, datant probablement d’avant-guerre et indiquant l’emplacement d’un arrêt obligatoire.

arretbus

Elle est de forme ovale, à double face, jaune avec inscriptions rouges et noires, de dimensions 65X46 cm. Comme beaucoup de panneaux indicateurs de cette époque, elle mentionnait  les Pneus Englebert qui finançaient vraisemblablement ces panneaux à titre publicitaire.

Elle devait vraisemblablement se trouver le long de la grand-route entre Beaufays et Sprimont, environ à un kilomètre du carrefour de la Haie des Chênes. »

Autre réaction, celle de Monsieur Fernand Sougné qui nous présente cette carte postale montrant un des véhicules de la société des Autobus Liégeois :

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« Monsieur Trousson est à la recherche de photos des Autobus Liégeois, en particulier sur la ligne AywailleLiège.Je possède cette carte postale portant comme légende: «Florzé  Grand’route d’Aywaille, Arrêt des Autobus Liégeois »

Florzé étant  situé sur la ligne Aywaille – Liège  entre Sprimont et Aywaille. Je ne suis pas en mesure de commenter cette carte postale, je n’étais pas encore né, mais je peux dire que cette carte a été expédiée par des membres de ma famille à mon père étudiant à l’époque aux établissements St-Joseph à Strasbourg. Ma famille habitait une maison de ce carrefour de Florzé. Cette carte postale a été expédiée à mon père le 19 mars 1938. La  carte n’est pas dans un état de première fraîcheur, mais elle est assez jolie. »

Puis-je insister auprès de vous pour que vous contiez vos souvenirs et anecdotes liés à ces autobus ? Il est impensable que vous n’ayez pas quelques petites histoires à ce sujet… Nous les ferez-vous parvenir ? D’avance, merci.

La Petite Gazette du 19 mars 2008

LA SOCIETE DES AUTOBUS LIEGEOIS

Evoquer les transports en commun d’hier passionne toujours car vous y retrouvez des véhicules chargés d’histoire, de souvenirs et d’anecdotes que vous aimez voir remémorés. Monsieur Michel Prégaldien, de Beaufays, est un véritable passionné et il a largement ouvert pour vous ses fardes de documentation.

« M’étant replongé dans mes archives à propos des Autobus Liégeois, je puis vous soumettre d’autres documents photographiques.

La photo présentée ci-dessous est extraite d’un ancien journal d’entreprise du T.E.C. Elle montre un autobus stationné sur la place de la Foire, actuelle place Jos. Wauters, à Sprimont. Vu le modèle du véhicule, ce document semble antérieur à la photo présentée il y a quelque temps dans la Petite Gazette.

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Durant la période s’étendant entre les deux guerres mondiales, de nombreux entrepreneurs privés ont créé des services réguliers d’autobus. Le plus souvent, ils n’exploitaient qu’une seule ligne vers un unique véhicule dont le châssis était celui d’un camion et dont la caisse était fabriquée par des menuisiers locaux.

Certaines de ces lignes, comme celles des Autobus Liégeois, se sont développées au cours des ans et subsistent encore de nos jours bien qu’intégrées au réseau d’abord de la S.N.C.V. puis, maintenant, des T.E.C.

Par contre, des lignes desservant des zones moins densément peuplées ont périclité faute de voyageurs et ont été supprimées. C’est ainsi que, dans ma collection, je possède une reproduction de carte postale prise à Stoumont et montrant un autobus d’une ligne Verviers – Manhay, ligne disparue depuis, sans doute, bien longtemps.

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Parmi les lecteurs de La Petite Gazette s’en trouvera-t-il certains qui pourraient me renseigner sur l’itinéraire suivi par cette ligne, sur sa période d’exploitation et sur la société qui l’a mise en œuvre. D’avance, je remercie chaleureusement, toute personne qui pourra m’apporter l’un ou l’autre renseignement, même s’il vous semble insignifiant. »

Permettez-moi d’insister sur cette demande de M. Prégaldien car je sais que tout renseignement communiqué permettra certainement de conduire au réveil de souvenirs qui intéresseront grandement tous ceux qui prennent plaisir à découvrir ces aspects si particuliers des modes de transport de jadis.

La Petite Gazette du 26 mars 2008

LES TRANSPORTS EN COMMUN DANS NOS REGIONS

Puisque M. Michel Prégaldien, de Beaufays, nous y a, si gentiment, invités, continuons, avec lui, à feuilleter ses fardes de documentation Il nous présente, aujourd’hui, la photographie suivante :

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« Cette carte postale a été prise à Harzé, au terminus de la ligne d’autobus Verviers-Harzé, mais, bien avant, que cette ligne soit exploitée par la société des Autobus Liégeois. »

 

TOUJOURS A PROPOS DES AUTOBUS LIEGEOIS

Monsieur Marquet, de Sprimont, a vraiment une documentation éclectique. Il peut nous apporter aujourd’hui, quelques intéressantes informations sur la société des Autobus Liégeois :

« Vers les années 1980, la direction de la Compagnie des Autobus Liégeois remettait, à Sprimont, une série de décorations à ses employés. Furent ainsi mis à l’honneur : René Brisbois, André Horrion, Jean Peerboom, Fernand Scholsen, Justin Huart, Maurice Bertrand et Ghislain Arnould.

Ils étaient tous entrés à la compagnie au cours des années 1960, à l’exception de Fernand Scholsen qui « roulait » depuis le 16 avril 1950. Son père, Maurice, fut décoré pour la même fonction en 1966.

Une petite anecdote mérite d’être rappelée à propos des véhicules de l’immédiat après guerre.

A cette époque circulaient des autobus assez hétéroclites. L’un était appelé le « car allemand » et était particulièrement rapide, ce qui donnait parfois lieu à des courses entre chauffeurs. Un autre, tout à fait différent, présentait une structure assez rectangulaire et était équipé d’un tuyau d’échappement exceptionnellement bruyant. Pour cette évidente raison et compte tenu d’un passé récent alors, il avait été baptisé le « robot ».

Un jour, en rentrant de Liège et alors qu’il allait traverser le Fond Leval, ses freins lâchèrent et le chauffeur dut braquer sur la gauche pour éviter le tram. Toutefois, en roulant sur le trottoir du magasin de légumes de chez Garnier, il pulvérisa un sac de moules en attente du client. Dans l’état actuel de ce carrefour, cette éventualité n’est plus possible. »

Vous souvenez-vous de ces autobus si particuliers ? En existe-t-il des photos ? Merci de nous informer et de nous permettre de les montrer si elles existent. Vous pouvez également en profiter pour nous communiquer vos souvenirs de ces voyages en autobus au lendemain de la Seconde guerre Mondiale. Ils ont dû, en effet, être émaillés de nombreuses anecdotes qu’il serait plaisant de remémorer.

 La Petite Gazette du 2 avril 2008

LES TRANSPORTS EN COMMUN DANS NOS BELLES REGIONS

Répondant à l’appel lancé par M. Prégaldien, Monsieur René Gabriel, de Roanne-Coo, me fait parvenir un très intéressant courrier fait de compilations d’extraits de délibérations du conseil communal de Basse-Bodeux.

« »Un projet quasi révolutionnaire pour l’époque voit le jour en 1901 car on envisage la création d’un chemin de fer vicinal reliant Lierneux à Stavelot. Le conseil communal réaffirme, à l’unanimité, qu’il n’interviendra pour une part qu’à la condition expresse que la ligne traverse Basse-Bodeux et passe à proximité de La Vaux et Haute-Bodeux. (Délibération du 29 mai 1901).

Le 27 août 1911, on enregistre une demande de service public d’autobus entre Trois-Ponts et  Houffalize, Monsieur Steinmann, d’Anvers, demande la concession de ce service. Aucune opposition n’est signalée. M. R. Gabriel précise néanmoins qu’il n’a retrouvé aucune suite à cette demande dans les délibérations suivantes…

Un service d’autobus circule depuis plusieurs années entre Verviers et Manhay, via Stoumont, La Gleize, Trois-Ponts, Basse-Bodeux, Bra. Des difficultés d’exploitation semblent exister comme en témoignent les différentes demandes de l’exploitant et les nombreuses interventions financières communales.

Le 19 décembre 1933, Monsieur Pelle, l’exploitant du service d’autobus, demande un subside pour l’année 1934 ; on lui accorde la somme de 1.000 francs.

En 1935, cette somme est portée à 1500 francs.

Le 23 mars 1937, l’exploitant demande un subside de 2.500 francs pour continuer le service tel qu’il est établi. On lui accorde 1.000 francs plus un crédit de 1.500 francs.

Le 25 janvier 1940, Monsieur Pelle relève les prix de transport vu le prix des carburants, la commune ajoute : cela se justifie amplement.

Le service est interrompu durant la guerre.

Le 30 janvier 1947, il est noté que le servie a repris à partir du 16 janvier, un subside de 3.000 francs est accordé.

Le 14 novembre 1949, 4.000 francs de subsides sont votés.

Le 8 décembre 1949, l’exploitant du service d’autobus de Verviers à Basse-Bodeux sollicite un subside de 18.000 francs. Les élus trouvent la demande nettement exagérée et proposent la somme de 4.000 francs.

En 1957, le 27 septembre, un nouveau service de bus SNCV est envisagé entre Manhay et Trois-Ponts.

La commune est d’accord pour allouer un subside à condition que la ligne fonctionne régulièrement chaque vendredi.

Le 12 septembre 1958, des difficultés apparaissent. On apprend que la commune de Fosse-sur-Salm ne peut plus supporter la charge d’un subside à la ligne d’autobus. Le subside de Basse-Bodeux est porté à 8.000 francs et une augmentation du subside de Bra est souhaitée.

L’exploitation de cette ligne cessera définitivement à partir du 2 octobre 1959. »

Monsieur Martin Huwart, de Ville-au-Bois, se souvient également :

J’ai lu, avec nostalgie, l’article sur la ligne d’autobus Verviers-Manhay, passant par Stoumont.

Né en 1944, j’ai encore le souvenir des autobus faisant la ligne de Stoumont peu après la guerre (1947/1948). Car ils représentaient pour moi des « monstres » à ne pas rencontrer !

Il s’agissait d’autobus bleu foncé, garnis des deux côtés d’armoiries nationales et qui appartenaient au chemin de fer, comme on disait alors. Pourquoi des « monstres » ?

Je m’explique : vu l’état des routes, ma mère et moi quittions Liège pour Aywaille et nous laissions  la buick de papa au garage Grégoire qui avait la garde de notre jeep Wyllis, seul véhicule pouvant nous amener à la maison de Ville-au-Bois. Nous montions avec la jeep vers le carrefour de Hautregard et, ensuite vers Desnié/Stoumont. Comme par un fait exprès, vu notre heure d’arrivée, nous avions beaucoup de chances de croiser le bus du soir venant de Stoumont entre Desnié et la Croix Jacques, lieu où nous tournions à droite vers la maison à travers bois, empruntant le coupe-feu dit « du facteur ».

Chaque trajet était une source d’anxiété car croiser le bus était un vrai problème.

A cette époque, la N606 était une simple route étroite sans macadam, couverte de cendrées d’aciérie, et le bus était tellement large que nous n’avions d’autre solution que de rentrer dans le fossé, le bus ayant priorité absolue ! Rentrer au fossé c’était simple mais, en sortir, c’était une autre affaire, surtout en hiver ! Pas question pour maman de pousser, mais nous avions un braquet dans le coffre à outils et j’ai appris à glisser des branches sous les roues dès quatre ans ! Parfois cela tournait vraiment mal, il fallait descendre chercher le garde-chasse pour pousser, en priant saint Hubert qu’il ne soit pas en tournée. Le pire a nécessité de laisser la jeep dans le fossé durant la nuit et un cheval de débardage est venu le lendemain matin.

Peu après on a créé (1950) la route raccordant Ville-au-Bois à la N606 et nous pouvions alors venir avec la voiture jusque là. Nous devions encore marcher 1500 mètres pour atteindre la maison forestière.

Quelle époque ! Mais c’était pour moi le bon temps car chaque week-end réservait des surprises comme de croiser le « ronibus » comme je l’appelais alors… »

Vous aussi, vous avez certainement des souvenirs liés à ces autobus d’avant ou d’après guerre, nous les conterez-vous

La Petite Gazette du 16 avril 2008

LES ANCIENS ARRETS D’AUTOBUS DE NOS CONTREES

MonsieurLaurent Crépin, de Hony, me fait parvenir un intéressant document relatif aux lignes d’autobus de nos régions.

« Dans le cadre de la série que vous publiez actuellement dans votre rubrique au sujet des éléments de « petit patrimoine » des autobus qui ont circulé dans la région liégeoise, j’ai le plaisir de vous faire parvenir la photo d’une plaque émaillée double face (dimensions : 40 X 25 cm) qui fait partie de ma collection depuis de très nombreuses années.

Elle porte le texte  » S.N.C.V. Autobus  – Arrêt sur demande  » et devait être placée sur un poteau ou une façade à l’endroit d’un arrêt de bus de la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux.

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Elle fait ainsi écho à celle que vous avez publiée il y a quelques semaines, pour un Arrêt obligatoire des Autobus liégeois.

Cette plaque ne porte aucune indication concernant l’émaillerie qui l’a fabriquée, ni aucune année, comme c’est par contre, le cas pour toutes les plaques émaillées publicitaires (les anciennes réclames) qui étaient destinées à l’affichage public en Belgique et qui comportent toujours en bas et en petits caractères T.P. ….1950 (TP pour Taxe Payée puis des chiffres et enfin l’année de production dans cet exemple 1950).

Cette plaque d’arrêt doit néanmoins être ancienne (les années 1930 peut-être) car elle est très lourde malgré sa petite taille et est fabriquée en émail très épais et d’excellente qualité, ce qui lui a permis de traverser le temps pour arriver presque intacte jusqu’à nous. »

La Petite Gazette du 23 avril 2008

LES ANCIENNES LIGNES D’AUTOBUS DE NOS REGIONS

Monsieur M. Prégaldien, de Beaufays, est, à la fois, heureux et ravi, de constater que MM. René Gabriel et Martin Huwart aient conservé des souvenirs de l’ancienne ligne d’autobus Verviers-Manhay.

« Grâce aux communications de ces lecteurs, il est possible de retracer une grande partie de l’itinéraire suivi par cet autobus entre Desnié, Stoumont, Trois-Ponts et Manhay. Reste une zone d’ombre quant au parcours suivi entre Verviers et Desnié, ainsi que sur le lieu précis du terminus à Verviers.

Les questions suivantes restent également en suspens : Où étaient implantés le garage et le siège social de la firme ? Combien y avait-il de parcours journaliers ? Existe-t-il d’autres photographies ou cartes postales représentant les autobus de cette firme ?

Dans le Guide du Touring Club de Belgique datant de 1930, on trouve trace d’une autre ligne qui passait, elle aussi, par Stoumont. Cette ligne prenait son départ rue Grétry, n°100, à Liège

A destination du sanatorium de Borgoumont. Cette relation ne fonctionnait que le jeudi et le dimanche, avec un unique départ de Liège à 10 heures. Le prix du trajet était de 7 francs.

Là aussi, il s’agit d’une ligne disparue pour laquelle très peu d’informations (firme exploitante, trajet suivi…) et de représentations photographiques sont disponibles.

Se trouvera-t-il quelques lecteurs de La Petite Gazette susceptibles d’apporter quelques informations sur cette ligne également ? »

A vous de faire, si vous le pouvez…

La Petite Gazette du 7 mai 2008

LES ANCIENNES LIGNES D’AUTOBUS DE NOS REGIONS

Madame Chantal Crucifix, de Targnon, nous apporte aujourd’hui des renseignements très intéressants sur ce sujet. Elle les a puisés dans les archives de la commune de Stoumont, où elle recherchait informations sur les vieux chemins vicinaux.« En passant, j’ai retrouvé des traces de ces autobus dont vous parlez dans le journal, avec l’autorisation de l’échevin qui m’emploie, Philippe Goffin, je vous fais part de mes recherches:
Le 17/12/1926, la Société Nouvelle des Chemins de Fer Vicinaux demande l’autorisation d’organiser des services de transports automobiles sur route entre Lierneux et Stoumont, Manhay et Trois-Ponts.Le 21/09/1929, la demande et le projet de M.Lugens J.B., de Lierneux, relatifs au service public et régulier d’autobus entre Lierneux et Stoumont gare sont soumis aux formalités d’enquête de commodo- incommodo, clôturée le 9/10/1929.Le 29/06/1930 M.Minique ou Mirrique René Hubert Marie Lydie rue Gretry n° 68 sollicite l’autorisation d’exploiter un service public et régulier d’autobus bi-hebdomadaire entre Liège et Borgoumont La Gleize.Enquête clôturée le 16/07/1930.J’espère que cela pourra vous être utile. »Un tout grand merci pour nous avoir communiqué ce qui précède.

La Petite Gazette du 28 mai 2008

LES TRANSPORTS EN COMMUN D’HIER, ANECDOTE

Monsieur Guy Jacob, de Hamoir, évoque le problème des transports en commun durant la guerre :

« Nous étions, maman, mon frère et moi-même, venus, pour deux ou trois jours, chez les grands-parents à Comblain-la-Tour, probablement, je me souviens bien, en 1943. Le voyage s’était effectué en train. Or, le jour prévu pour le retour, nous nous rendîmes à la gare, pour y prendre le train de Marche où nous demeurions. Arrivés à la gare, on nous annonça que, suite à un bombardement à Barvaux ou à Biron, les trains ne passaient plus. Ils allaient de Jemelle  Melreux et aucun n’allaient plus loin. Force était donc de gagner Melreux par nos propres moyens. Heureusement, si l’on peut dire, le tram faisant la ligne Comblain-la-Tour – Manhay roulait encore, mais quel trajet ! Comblain-la-Tour, Xhoris, collège St-Roch, Burnontige (je crois), puis tous les villages jusqu’à Manhay (Harre, St-Antoine…) A Manhay, changement de tram pour prendre la ligne de Melreux via notamment Erezée, Amonines, Dochamps (vallée de l’Aisne), puis Soy, La Roche, Rendeux, Hotton (vallée de l’Ourthe) et Melreux où nous avons embarqués dans le train vers Marche, enfin !

Bref, un voyage d’environ 5 heures, compte tenu des arrêts et du changement de tram à Manhay, avant une attente d’une heure à Melreux. Nous avions embarqués à Comblain-la-Tour à 10 heures, c’est donc peu dire que c’était long ! Bien entendu nous avions pris notre « briquet » pour pouvoir nous sustenter en cours de route. »

Un grand merci pour ce souvenir qui, il est vrai, à l’heure du TGV laisse songeur !