UN LANCASTER ABATTU A WERBOMONT LE 13 AOÛT 1944

La Petite Gazette du 12 novembre 2008

UN AVION ABATTU A WERBOMONT LE 13 AOÛT 1944

Monsieur Jean-Pierre Beaufays a questionné La Petite Gazette au sujet d’un autre avion, tombé à Werbomont celui-là : « Je me suis rendu à Werbomont entre deux averses et j’ai photographié le monument en question.

monument04

Il apparaît que les occupants de l’avion abattu étaient de nationalité britannique comme en atteste la devise de la monarchie britannique « Dieu et mon droit » qui figure sur ce monument.

Suit l’inscription  » En reconnaissance aux héros de la RAF tombés ici Le 13 août 1944  » surmontée de la silhouette du bombardier (un bimoteur). On trouve ensuite les noms des victimes : Holledge. Morgan. Urkuhart. Pedrazini. Henderson. Ross. Darlant med.

Plusieurs questions peuvent se poser:

Tous les occupants ont-ils été tués ou y a-t-il eu des survivants ?

De quel type d’avion s’agissait-il ? Si la sculpture correspond à la réalité, il s’agissait d’un bombardier léger car il n’était équipé que de deux moteurs au lieu de 4  sur les bombardiers lourds. Que faisait un médecin (Darlant) à bord de cet appareil ? »

J’ai, évidemment, transmis cette demande à M. Rik Verhelle, de Bomal, un des spécialistes es aviation militaire de la Seconde Guerre Mondiale de la Petite Gazette qui a mené son enquête :

« Je suis allé voir ce petit monument à la sortie est du village, sur la N66 direction Trois-Ponts, et on y voit effectivement un bimoteur. Or, il ne s’agit que d’une expression figurative car le bombardier tombé là-bas était un quadrimoteur lourd du type Avro Lancaster et, en effet, de provenance britannique (Bomber Command).

A Lancaster in flight

Un Lancaster en vol, mais mon correspondant précise qu’il ne s’agit pas de celui tombé à Werbomont

Il a fallu creuser beaucoup et loin dans les archives pour réunir les informations suivantes :

Dans la nuit du 12 au 13 août 1944, le bombardier quadrimoteur lourd du type Avro Lancaster, immatriculé ND694 (squadron code F2-R sur l’empennage arrière) et appartenant au 635e Squadron, Nr 8 Group du Bomber Command de la Royal Air Force, revenait de sa mission de bombardement de nuit sur Russelheim, quelque 350 Km au sud-ouest de Cologne. L’habitude était que les Britanniques effectuaient les bombardements de nuits tandis que les Américains prenaient les missions de jour pour leur compte.
Peu après une heure de la nuit, l’avion britannique fut intercepté par un chasseur de nuit allemand, un Messerschmitt 110  équipé de radar et piloté par le major Heinz Wolfgang Schnaufer.

Heinz Wolfgang Schnaufer

 

 

 

 

 

Le major Heinz Wolfgang Schnaufer

Un témoin (M. Jean Bodson de Trois-Ponts) raconte avoir vu le Lancaster en rase motte et en flammes illuminant toute la campagne. Il signale aussi que l’avion perdait des morceaux de tôle et autres objets. Le bombardier passait par Chevron, fit demi-tour pour aller s’écraser sur l’actuelle route N66. Le témoin est allé voir les débris le matin du 14 août et signale que le lieu était gardé par une sentinelle allemande débonnaire. Il se souvient d’avoir observé des moteurs plantés dans le sol ainsi que trois corps non brûlés mais disloqués, et puis d’autres corps isolés mais complètement carbonisés.
A bord du bombardier se trouvaient sept membres d’équipage: le Lieutenant George S. Henderson, 28 ans, pilote, le Sgt Angus V. Urquhart, ingénieur de bord, le Warrant Officer Alwyn T. Till d’origine australienne, 21 ans, le Sgt John H.C. Ross, 21 ans, opérateur radio et mitrailleur, le Sgt John H. Morgan, 20 ans, mitrailleur, le Sgt Francis R. Holledge, 21 ans, mitrailleur, et le Warrant Officer Richard Pedrazzini, 30 ans, navigateur-bombardier. A. T. Till est le seul à survivre le crash, mais il succombera une semaine plus tard, le 21 août. Tous ont été enterrés à Werbomont et, plus tard, ils ont été exhumés et transférés au cimetière militaire britannique de Hotton dans le secteur VII, A-1 jusque A-7.

Tombes Hotton - Henderson et UrquhartLeur Lancaster ne totalisait que 132 heures d’activité depuis sa sortie de l’usine. » A suivre la semaine prochaine.

La Petite Gazette du 19 novembre 2008

LE LANCASTER DE WERBOMONT

Retrouvons, comme promis, la suite des renseignements rassemblés par M. Rik Verhelle, de Bomal s/O

« La chasse de nuit allemande faisait des ravages et les pertes britanniques étaient effrayantes. Ainsi, en moyenne un peu plus de 4% de bombardiers étaient perdus à chaque mission. Le Bomber Command était, statistiquement parlant, l’unité où l’on avait le moins de chances de finir la guerre vivant. Cette nuit du 12/13 août 1944, le Bomber Command avait attaqué Russelheim avec 297 avions (191 bombardiers Lancaster, 96 bombardiers Halifax, et 10 Mosquitos). Avec 6,7% de pertes le bilan était très lourd (10 Lancaster et 7 Halifax). L’usine des moteurs Opel qui était l’objectif n’avait subi que très peu de dégâts car la plupart des bombes tombaient dans les terrains ouverts adjacents.
Le 635ème Squadron était basé sur Downham Market (Norfolk) en Angleterre. Sa devise était « Nos Demicus Ceteri Secunter » ce qui veut dire « Nous guidons, les autres suivent ». Il fut formé le 20 mars 1944 en amalgamant B-Flight du 35th Squadron et le C-Flight du 97th Squadron et il volera toujours sur le quadrimoteur Lancaster jusqu’au 01 septembre 1945, date à laquelle il finira d’exister. La 635th Squadron effectuera sa dernière mission opérationnelle le 25 avril 1945 avec le bombardement de l’île Wangerooge (en Hollande) et Berchtesgaden (en Allemagne).
Schnaufer 2

 

 

 

 

Schnaufer et la queue de son avion

 

 

Mais qui était donc le pilote allemand qui avait abattu le Lancaster ND694 ? Son nom était Heinz Wolfgang Schnaufer, né en février 1922 à Calw près de Württemberg et qui entra en service à la Luftwaffe le 15 novembre 1939 (à 17 ans !). Puisqu’il disposait d’une vision de nuit absolument exceptionnelle et une condition physique superbe il était entraîné pour la chasse de nuit sur Messerscmitt 110. Lieutenant au début, Schnaufer  était déjà Major au 01 décembre 1944 à 22 ans à peine. Il était le plus jeune Major que l’armée allemande ait connu. Schnaufer a totalisé 1133 heures de vol pendant 2300 décollages dont 164 missions de combat de nuit. Il a atteint un score extraordinaire de 121 avions abattus dont 114 bombardiers quadrimoteurs britanniques. La victoire du 13 août 1944, le Lancaster de Werbomont donc, était sa 91e victoire.

Le 24 mai 1944, il a descendu cinq bombardiers en seulement 14 minutes et sa meilleure nuit fut celle du 01 février 1945 où il a détruit pas moins de neuf bombardiers Lancaster !…  H. W. Schnaufer était connu par ses collègues comme un jeune homme intelligent, courageux et fort sympa. Schnaufer a obtenu des mains d’Hitler la plus haute distinction honorifique et il figure parmi les 27 militaires allemands les plus médaillés de la Seconde Guerre mondiale. L’empennage de son Me-110 se trouve toujours au British Museum à Londres.
Schnaufer était aussi connu comme « le fantôme de St-Trond » car c’est en décollant de cette base aérienne qu’il a accompli la plupart de ses triomphes.
Le 8 mai 1945, Schnaufer se rendit aux forces britanniques comme prisonnier de guerre. A cause de ses performances exceptionnelles et de sa jeunesse il était apprécié par les Anglais comme un brillant héros et traité avec beaucoup de respect. Il retrouva déjà sa liberté après moins d’un an de détention. Schnaufer a ensuite repris les affaires de son père (mort durant la guerre).
Le 15 juillet 1950, Heinz Wolfgang Schnaufer connaîtra une mort tragique dans un accident de voiture près de Lyon. Un camion français roulait sur le mauvais côté de la route, entrait en collision avec la voiture de Schnaufer, et perdait sa cargaison sur la voiture. Après avoir survécu aux multiples périls de la guerre, il mourut simplement sur la route alors qu’il avait à peine 28 ans !… »

La Petite Gazette du 26 novembre 2008

AU SUJET DES AVIONS TOMBES SUR NOTRE SOL

Monsieur Jean D’Olne nous fait part de son intérêt et de ses recherches :

« J’ai lu avec intérêt  (N.D.L.R. Comme vous avez été nombreux à le faire à me le faire savoir) les informations envoyées par M. Verhelle à propos du Lancaster tombé à Werbomont.J’ai eu la curiosité d’aller voir Downham Market (là où l’appareil était basé) avec Google Earth. Le terrain a été rendu à l’agriculture. On ne voit pratiquement plus rien des pistes d’envol, à peine discernables avec beaucoup de bonne volonté. Mais, bizarrement, on y trouve une photo du corps de garde, qui est utilisé par un artisan local. »

La Petite Gazette du 17 décembre 2008

A PROPOS DES AVIONS ABATTUS DANS NOS REGIONS

Je reçois une intéressante communication de M. Jacques Bastin, officier e.r ; de la Force aérienne et passionné d’histoire militaire. Je vous propose d’en découvrir la première partie cette semaine :

« Je crois qu’il est tout de même sage de souligner ici, pour bien fixer les idées, que le combat entre un bombardier et un avion de chasse est fort analogue à ce que serait un match de boxe entre un poids moyen amateur et un poids lourd professionnel. Quant à l’homologation des victoires, il est bon de préciser que chez les Anglais, donc à la RAF, toutes les armes de bord étaient équipées de caméras enregistrant les tirs. L’homologation des victoires étaient donc ainsi faites, tout à fait objectivement, par des équipes spécialisées qui, directement après le vol, déclaraient les victoires revendiquées comme réelles, comme probables ou encore comme non acquises. Chez les chasseurs allemands par contre, ainsi que chez les mitrailleurs de bord américains d’ailleurs, on se fiait uniquement aux déclarations faites, après la mission, par les aviateurs eux-mêmes; ce qui, le plus souvent, donnait lieu, tout à fait de bonne foi, comme l’a reconnu plus tard le grand as de la Chasse allemande, le Général Adolf Galland à des aberrations plus que renversantes (un peu du genre histoires de pêcheurs). Ainsi un jour, au-dessus de Lille, au cours d’un affrontement entre forteresses volantes US et chasseurs Me 101 allemands, 2 de ces derniers appareils furent réellement abattus. Les Américains, pour leur part, annoncèrent, selon les déclarations de leurs aviateurs, avoir alors descendu 102 chasseurs ennemis (Excusez du peu : presque tous les mitrailleurs avaient, ainsi, réussi à abattre un ou deux chasseurs allemands !)

Il est toutefois parfaitement exact que certains combats, entre formations de chasseurs allemands et bombardiers alliés, furent parfois extrêmement redoutables. Tel celui du 14 octobre 1943, lors de la mission USAF contre la ville de Schweinfurth, où, sur les quelque 200 quadrimoteurs envolés pour cette mission, 25 appareils seulement revinrent indemnes, 140 furent endommagés et 61 abattus. De leur côté, les Allemands reconnurent avoir alors perdu, ce jour-là, 35 chasseurs dans la mêlée. Disons encore, à titre d’exemple, qu’à la fin de l’année 1943, les Autorités américaines reconnaissaient officiellement avoir bel et bien perdu 727 bombardiers  au total, quadrimoteurs pour la plupart.

En ce qui concerne la stricte homologation des victoires, mon vieil ami Raymond Lallemant (1919 – ), grand pilote de guerre et redoutable chasseur de chars sur Typhoon (Jabo ; en d’autres termes : abréviation allemande pour chasseur-bombardier)), m’a un jour affirmé que les 33 victoires dont se targuait le tout grand chasseur français de la dernière guerre (Français de la France Libre – Groupe ALSACE), Pierre Clostermann (1921-2006), auteur du best-seller d’après guerre « Le Grand Cirque », n’avaient, au grand jamais, été officiellement confirmées par la RAF. » A suivre.

La Petite Gazette du 23 décembre 2008

A PROPOS DES VICTOIRES LORS DES COMBATS AERIENS

Nous retrouvons, comme promis, la suite et la fin des très intéressants commentaires que nous a adressés M. Jacques Bastin, de Heyd, commandant e.r. de la Force aérienne :  » Il convient encore de signaler que le théâtre d’opérations occidental (Iles britanniques et le Continent européen incluant tout le territoire allemand)  était nettement beaucoup « plus chaud », en ce qui concerne les opérations aériennes, que d’autres. Ainsi, la situation des Belges qui se sont battus au-dessus de nos têtes était certes moins enviable que celle des Belges qui se trouvaient en Afrique du Sud. De même, les pilotes allemands du Front soviétique (tel Hans Rudel) étaient nettement plus à l’aise que ceux qui devaient se battre au-dessus de l’Europe occidentale (Tel Walter Novotny). Novotny était, en fait, le plus grand as de la chasse allemande; les Services d’intelligence alliés eux-mêmes lui attribuaient 60 victoires sur le Front occidental et plus de 100 victoires sur le Front russe. Ce très jeune lieutenant-colonel de 22 ans, titulaire de la plus haute distinction honorifique allemande, soit la Croix de fer avec épées croisées, diamants et feuilles de chêne en or, dirigeait en fin de compte, nonobstant son fort jeune âge, le 52. Jagd Geschwader (52e Escadre de chasse) laquelle comptait quelque 400 appareils de combat (dont 100 Me 262, soit les tout premiers appareils à réaction au monde). Son escadre occupait ainsi 8 aérodromes militaires, tous placés sous son commandement exclusif. Novotny allait finir ses jours lors de la phase finale d’un atterrissage, effectué sous intense protection de la FLAK, comme suite des coups tirés (par un Tempest de la RAF ayant soudainement piqué à mort et miraculeusement réussi à traverser le fort intense barrage antiaérien) sur son tout nouveau Me 262 à réaction qui alla ainsi terminer sa course en feu à la lisière de cette base d’atterrissage. Ce tout grand as de la chasse,  Novotny, grièvement brûlé, fut transporté de toute urgence à l’hôpital d’Osnabrueck où il devait mourir deux jours plus tard. Nous dirons encore, pour la petite histoire, que Novotny avait personnellement adressé une vive protestation à Adolf Hitler lui-même quand celui-ci décida de faire fusiller les 47 pilotes alliés prisonniers qui avaient tenté de s’évader de leur camp d’internement.

J’ai également eu l’insigne privilège de pouvoir m’entretenir quelques rares fois, naguère, lors de mon long séjour passé au HQ/2ATAF de Rheindhalen, entre 1970 et 1975, avec le grand Général RAF Bob Martin, individu extrêmement sympathique et chaleureux, commandant cet Etat-Major interallié, qui s’est battu, comme un vrai diable, durant toute la guerre au-dessus de l’Europe occidentale, et son Chef d’Etat-Major, le Général aviateur allemand Krupinski, être assez cassant, méprisant et glacial, qui avait combattu sur le Front soviétique (Disons encore, en passant, que Krupinski parlait l’anglais avec un accent guttural fort prononcé qui trahissait immédiatement ses origines germaniques). J’ai pu, ainsi, un peu mieux me rendre compte des mentalités ayant pu prévaloir, à l’époque, sur les deux théâtres d’opérations en question.

« A beau mentir qui  vient de loin » nous dit la sagesse populaire. Il en est de même quand on en arrive à parler de victoires au combat en matière aérienne sans avoir d’appareils de contrôle objectif installés à bord des avions. N’oublions jamais que le Docteur Joseph Goebbels, le très sinistre ministre de la propagande nazie, après avoir superbement chanté, sans cesse, à la radio nombre de retentissantes victoires, toutes aussi imaginaires les unes que les autres, des troupes allemandes, n’a cessé de vociférer, jusqu’à l’écrasement total du 3e Reich, que : « L’Allemagne gagnerait finalement la guerre grâce à une arme miracle ». Ceci faisait jaser bon nombre de commères allemandes, qui ne croyant plus du tout en ce fameux Goebbels, ironisaient, en voyant chaque soir défiler les rangs de la Volksturm (c-à-d : la milice populaire du 3e Reich, créée en 1944 et composée alors d’hommes, non mobilisés, âgés de 17 à 60 ans et même plus parfois), entre elles, à voix basse, bien sûr (car le climat politique était alors devenu extrêmement malsain en Allemagne nazie et la délation y était devenue plus que monnaie courante) : « Eh bien ! La voilà donc l’arme miracle grâce à laquelle nous allons enfin gagner la guerre ! »

EN GUERRE AVEC LE 3e Chasseurs Ardennais

La Petite Gazette du 26 juin 2013

EN GUERRE AVEC LE 3e CHASSEURS ARDENNAIS

Monsieur Francis Monseur, de Ciney, confie à La Petite Gazette des copies très intéressantes pour l’histoire du 3e ChA , notamment son rôle durant la campagne des 18 jours. Je laisse à mon correspondant le soin de vous expliquer de quoi il s’agit :

« Si la guerre de 40 a spécialement marqué ma prime jeunesse, je suis né en juin 1932, avec l’exode, l’occupation, les incidents militaires (bombardements, avions, résistance et Libération), j’ai eu la chance de retrouver, il y a peu, les papiers personnels du frère de ma mère, ex officier aux 3e Chasseurs Ardennais à Vielsalm.

Mon oncle, c’était le Major Jean-Olivier Closset, qui en 1940, alors capitaine-commandant, dirigeait la 11e compagnie « engins » du 3e régiment de Ch.A à Vielsalm. Bien que les papiers personnels qui l’accompagnaient durant la campagne de 40 aient disparu à la capitulation, j’ai encore plusieurs notes et un petit agenda de poche qui relatent l’organisation et les activités quotidiennes de la 11e Cie depuis le mois d’août 1939 jusqu’à la fin du mois de juin 1940. »

Voici donc un aperçu de ces notes extraites des doubles du carnet journalier de la campagne des 18 jours de la 11e Cie « Engins » du 3e Ch.A et de l’agenda personnel 1940 du Cdt Jean-Olivier Closset.

« 28/08/1939

02H. Ordre de mise en place, d’après « le plan défense » – Répartition des engins

1ère pièce Cheneux 3/I

Ier peloton S/Lt Groven          2e   pièce  Trois-Ponts 1/I

E.M. à Basse Bodeux               3e   pièce  Grand Halleux 2/I            S/L De Fize

4e   pièce   Rencheux 5/II

E.M. Compagnie à Bra

1ère pièce  Salmchâteau 4/II

IIe peloton S/L Franck           2e   pièce  Petite l’Anglois 6/II

E.M. à Joubiéval                    3e    pièce  Baraque de Fraiture 7/III     Ottre

4e   pièce  Baraque de Fraiture  8/III

En +       1 Wast VI Chabrehez  (= T 15 ?)

27/02/40

10H.   Le Commandant Closset, le Lt Groven, le S/L Jacquet, l’Adjt François et un peloton  de la 11e Cie partent au tir C47 à Beverloo

29/02/40

18H.  Retour du camp de Beverloo

10/03/40

Le Sgt Gillardin et De Decker rejoignent l’unité ainsi que le Capt Asse et le Sgt Malherbe

08/05/40

10H15 Les deux C47 (du 1er Rég. De Guides) annoncés pour Grand Halleux arriveront ce matin avec équipage complet + 1 officier

10/05/40

01H.    Alerte générale à l’Est

01H30 Le camion de bagages part pour Manhay (Sgt Dewart et Bisschof).

Le Lt Groven communique que le char de Trois Ponts est en panne   d’embrayage (envoi du camion de dépannage avec Wiame et Michel).

Le Cdt Closset prévient l’ARCA de Pont de Bonne et envoie des instructions au  Lt Groven en cas d’abandon du char à l’endroit.

05h.     Etat de siège et mobilisation générale

10H.    Le camion à vivres GMC, le camion Ford (Binet) et le Ford (Jean Bons) font mouvement vers Ouffet, au passage à Manhay, chargement de 5 hommes du Ive Peloton C47. Sont partis 1er Sgt Robiette, Sgt Frederich, Capt Adam, soldats Doucet, Douhart, Basselie, Gavet, Dony. Les hommes qui n’avaient pas reçu de GP sont dotés d’un fusil M86 et de munitions.

13h.     Trois-Ponts contacts, combat prévu comme à l’exercice.

Toutes les destructions de la région Saint-Vith, Vielsalm, Salmchâteau, Rendeux sont exécutées et réussies.

20H.   Les chars et motos des Français arrivent à Manhay

21H.  Départ de Manhay pour Bomal (où la gare et des convois brûlent). »

A suivre…

La Petite Gazette du 3 juillet 2013

EN GUERRE AVEC LE 3e CHASSEURS ARDENNAIS

Retrouvons maintenant la suite des notes du Major Jean-Olivier Closset, qui en 1940, alors capitaine-commandant, dirigeait la 11e compagnie « engins » du 3e régiment de Ch.A à Vielsalm. Rappelons que c’est son neveu, Monsieur Francis Monseur, de Ciney, qui les a confiées à La Petite Gazette :

« 11/05/40

Sur l’Ourthe vers Ouffet.

00H34  Arrivée à Ouffet

08H00  Entré en contact avec S/L Franck et Adj François

Rapport. Toutes nos pièces C47 se replient sans pertes humaines.

Le char de B. de Fraiture a tiré au FM sur avions qui ripostent

Le char de Langlois (Sgt Gaspart) a tiré des obus explosifs

La 10e Cie s’est bien comportée

De la 3e Cie, il ne reste pas grand-)chose à Chabrehez

Alerte avions et chars

Abandon d’un camion Ford (panne) à Ouffet et 2 motos

21H30  Le comdt envoie à Hamoir un pli au S/L Wasselle

22H00  Départ d’Ouffet par Hody, Tavier, Baugnée, Lavaux, Neuville-en- Condroz, pont d’Engis.

12/05/40

01H30  Arrivée à Warfusée (château)

02H00  Le pont d’Engis saute

05H00  Départ vers Namur via Fize Fontaine, Villers le Bouillet, Vinelmont, Wanzoul, Moha, Bierwart, Hingeon, Bonnine. Sous les bombardements intensifs

( 1 soldat tué, 2 civils tués)

07H00  Descente vers Namur. Alerte continuelle d’avions, embouteillages, bombardements ( Belgrade)

08H30  Vers Temploux

13H00  Arrivée à Temploux. Bombardements violents, pertes nombreuses (Major De Neffe à mes côtés dans le verger de M. G. Piret, chaussée de Nivelle à Temploux)

21H00  Départ de Temploux vers Sombreffe via St Denis Bovesse

Alerte avions. Pertes subies depuis le 10/05

2 hommes Sgt Malherbe          Matériel 1 ch. T13 (Trois-Ponts)

St   Fourneau                        1 FM  2 GP

2 Motos FN (Ouffet)

1 camion Ford (Ouffet  Binet)

2 motos de l’armée (détruites)

1 moto solo (Hamoir)

13/05/40

Perwez (Ferme de la Sarthe) Alerte avions, bombardements

Contacts le soir (Thorembais – St-trond)

Le char de Trois-Ponts (SgtThiry – Mathieu – Vandewild) en batterie sous le pont de l’entrée du P.C. du régiment.

Le Ct Closset, le Lt Franck et le Sgt Tanier vont en reconnaissance des emplacements C47, interrompus par un bombardement d’artillerie lourde.

21H00  Ordre de repli après le plein de carburant au lieu dit Cinq Etoiles »

A suivre…

La Petite Gazette du 10 juillet 2013

EN GUERRE AVEC LE 3e CHASSEURS ARDENNAIS

Retrouvons maintenant la suite des notes du Major Jean-Olivier Closset, qui en 1940, alors capitaine-commandant, dirigeait la 11e compagnie « engins » du 3e régiment de Ch.A à Vielsalm. Rappelons que c’est son neveu, Monsieur Francis Monseur, de Ciney, qui les a confiées à La Petite Gazette :

« 14/05/40

00H00  Départ pour Grand-Leez – Limelette vers Gembloux – Jodoigne – Ohain –

Tourines St-Lambert – Nil St-Vincent – Mont St-Guibert – Court St-Etienne – Noirhat – Ceroux Mousty

Casernement à Haransart (5 à 6 Km de Genappe). Attaque avions

06H00  Au cours du repli, le char du Sgt Lurkin saute, le Cpl Adam est blessé dans la camionnette de Lucien Charlier

Pertes subies depuis le 12/05/40

Matériel :  1 char : Sgt Lurkin

1 camion Chevrolet : L. Charlier

1 GMC abandon (direction) Cpl Oger

Les Soldats Giuet, Michaux, Tanier préparent le P.C. Cie  –  Bon moral.

15/05/40

00H15  Ordre de repli : Lahaye Sainte – Braine L’Alleud – Alsemberg – Tourneppe

Marche de nuit sous duel d’artillerie entre Anglais et Allemands.

05H00  Arrivée à Tourneppe. Rencontre des Anglais. La DTCA abat quelques avions allemands.

21H15  Départ vers Denderhauten (Kerksken) vers Lede via Hal – Pepinghem – Leerbecx – Vollezel – Denderwindeke – Nieuwenhove (Ninove) – Sambergen – Voorde – Aspelaere

16/05/40

04H00  Arrivée à Kerksken ➔ Lede

05H15  Installation à Denderhauten

08H30  Départ pour Lede via Meire – Erpe

A Lede : arrivée de la réquisition à Etterbeck de 2 camions et 8 motos

11H00  En position à Passemstraat à Alost. Parachutage allemand (1 tué, 2 prisonniers) Arrestation d’espions. On distribue les plaques d’identité.

17/05/40

16H00  Position à Passemkerke à Alost

Le Sgt Crasson réquisitionne un camion abandonné par le er Rég. Ch. à pied avec vivres frais, viande, conserves, tentes… Arrestation de suspects.

Les soldats Demarche – Gillet – Michaux – Tanier montent la garde du P.C.

Alerte aérienne, fusil, détonations. Atmosphère lourde et lugubre.

Partout, de nombreux réfugiés affolés. »

A suivre…

La Petite Gazette du 17 juillet 2013

EN GUERRE AVEC LE 3e CHASSEURS ARDENNAIS

Retrouvons maintenant la suite des notes du Major Jean-Olivier Closset, qui en 1940, alors capitaine-commandant, dirigeait la 11e compagnie « engins » du 3e régiment de Ch.A à Vielsalm. Rappelons que c’est son neveu, Monsieur Francis Monseur, de Ciney, qui les a confiées à La Petite Gazette :

« 18/05/40

± 20 fusées rouges, avions très bas, explosions énormes (ponts)

Préparation au combat – Tirs de batteries 105 (300 pièces)

02H00  Combat d’Alost

Le Sgt De Roo a abattu 2 chars allemands

Le Sgt Lurkin avec un C47 tracté (récupéré) a abattu 1 char allemand

18H00  A Paddenboeck  les soldats Gillet – Michaux –Demarche –Tanier creusent des abris.

Le 3e Ch.A est en position sur 8 Km sur la Dendre

Ravitaillement en munitions

19/05/40

Repli en 1ère position à Ottergem (1 motocycliste blessé)

12H30  Repli en 2 e position à Dries (1 Allemand prisonnier)

22H00  Repli en 3e position à Ecke (passage de l’Escaut)

Après le combat, nos chars reviennent avec le butin saisi aux Allemands :

2 officiers prisonniers – 1 moto sidecar (1800 Kms) – 2 fusils – cartes – grenades

Pertes ennemies : 2 chars par Sgt De Roo

1 char par Sgt Lurkin

1 camion de transport incendié

Arrivés d’Alost : 1 camion + 200 L. de carburant     ) réquisitionné ou

Butin :  1 canon C47 tracté                     )  conquis

Reçu une citation à l’Ordre du Jour pour Sgt Lurkin (1) – Cpl Gerson – soldats Simon – Verheggen – Perrot – Lefort (2)

« S’est particulièrement distingué au combat du 18 mai 40 à Alost où, chef de pièce, (1), équipage (2) d’un C47 en mauvais état et placé dans une situation avancée, il maintint le pièce en action malgré le feu violent et parvint à mettre hors combat plusieurs engins blindés ennemis. »

             Reçu une citation à l’Ordre du Jour pour S/Lt Franck  (1) – Sgt De Roo (1) Soldats Heintjen G.  – Stempelse H. (2)

« S’est particulièrement distingué au combat du 18 mai 40 à Alost où, chefs d’équipage (1) et équipage (2) d’une pièce C47 sur T13 a détruit d’un premier obus un char allemand puis a encore touché à mort un deuxième char et une voiture chenillée. »

20/05/40

09H00  Arrivée à Ecke (repos)

11H30  Installation à Ecke sous le tir continuel de l’artillerie

Transmission des effectifs et du matériel à E.M. Reg. »

A suivre…     

La Petite Gazette du 7 août 2013

EN GUERRE AVEC LE 3e CHASSEURS ARDENNAIS

Retrouvons maintenant la suite des notes du Major Jean-Olivier Closset, qui en 1940, alors capitaine-commandant, dirigeait la 11e compagnie « engins » du 3e régiment de Ch.A à Vielsalm. Rappelons que c’est son neveu, Monsieur Francis Monseur, de Ciney, qui les a confiées à La Petite Gazette :

« 21/05/40

Prise de position à Ecke sur l’Escaut et organisation

22/05/40

Position à Ecke route de Nazareth

23/05/40

12H15   Combat de Ecke

Repli par le pont de Baerle sous des bombardements intenses

24/05/40

06H00  Repli de l’Escaut vers Nazareth par Hamsbeke – Velstraet – Bellem – Looveld – Lootenhulle

A Lootenhulle, l’après-midi bombardements violents

Attaque aérienne (1 soldat de la 11e C est blessé)

Le camion du 1er Sgt Bilhain  et le GMC de Douhard sont bien mitraillés

25/05/40

Le soir, dispositif défensif ; l’ennemi ayant percé à Weighem.

26/05/40

Départ de Lootenhulle vers la ferme Devolder (600 m.) près de Meminghem lez Cameghem

20H00  Départ vers la ferme au S. de Strichtom Goed au N.W. de Ten Duine.

Bombardement d’artillerie toute la nuit – alerte avions.

01H00  Combat. Les chars C47 en position contre-attaquent et Vinckt est repris aux Allemands, libérant l’encerclement du bataillon.

27/05/40

Reçu 2 citations à l’Ordre du Jour de l’armée. 1 pour S/lt Wasselle (Vinckt) et 1 pour  S/Lt Groven (Trois-Ponts)

  1. S/Lt Wasselle (1) Sgts Gauthier (1) Crasson (1), Soldats Duchêne – Dumont – Beaupain – Gueret – Hanet (2)

« Chef d’équipage (1) ou faisant partie (2) d’un C47 sut T13, le 26/05/40 à Vinckt, et l’itinéraire de repli du 1er Bon du IIIème Ch.A coupé, a l’initiative, sous le bombardement d’artillerie et les feux intenses de l’infanterie, de contre-attaquer l’ennemi  avec succès, ce qui permit le repli de tout le bataillon. » 

  1. S/Lt Groven (1) Sgt Thiry (chef de pièce), Soldats Mathieu – Vandersnickt (2) (équipiers)

« Le 10/05/40, faisant partie d’un équipage d’un C47 sur T13 et poursuivi par le tir de l’ennemi, a manœuvré, avec la pièce, de telle sorte que son intervention a permis le décrochage d’un peloton en voie d’être enveloppé par l’ennemi. »

La Petite Gazette du 18 septembre 2013

ENCORE A PROPOS DES CHASSEURS ARDENNAIS

Les articles consacrés aux notes du Capitaine Closset confiées par M. F. Monseur ont passionné nombre d’entre vous et ont encouragé Monsieur Xavier Steenhout, de Marche, à s’adresser à vous pour prolonger une recherche qu’il mène :

« Je m’intéresse de très près à l’histoire de cette glorieuse unité, le 3ChA, et particulièrement aux événements qui se sont déroulés aux premiers jours de la campagne des 18 jours dans le secteur de la 4 Cie (Cdt Hoffelt) du 2 Bataillon (Major De Neef).

Mon enquête commence par le constat que deux Chasseurs ardennais de la 4 Cie, les soldats Georges Mairy et Joseph Crouquet, tous deux âgés de 24 ans, sont tombés au combat à Trois-Ponts le 10 mai 1940. Or, bien qu’ayant servi une partie de ma carrière au 3ChA à Vielsalm, jamais je n’avais entendu dire que des Chasseurs étaient tombés sur leurs positions à Trois-Ponts…

A l’époque, à plusieurs occasions, nous avions visité chaque monument afin d’honorer nos vaillants prédécesseurs, notamment à Chabrehez et Rochelinval. Toutefois, jamais les combats de Trois-Ponts n’ont été évoqués. En outre, renseignements pris auprès de l’administration communale de Trois-Ponts, il n’existe aucune stèle, ni aucun témoignage de leur sacrifice. Ce sont, en quelque sorte, des oubliés de l’Histoire… pourquoi ?

Les livres consacrés aux chasseurs ardennais et ceux consacrés à la campagne des 18 jours sont, pour le moins, laconiques au sujet de ces combats… La lecture du chapitre épique qu’y consacre M. Xavier Snooeck dans son livre intitulé « Les Chasseurs ardennais au combat » a encore renforcé mon intérêt et ma détermination à tenter de faire toute la lumière sur cette page sombre de notre histoire somme toute assez récente.

Finalement, le dénouement est proche. En effet, j’ai pu déterminer précisément où, quand et comment nos deux héros oubliés sont morts. Mais d’autres questions se posent désormais… Le nœud du problème a trait à la destinée du reste des membres du 2 peloton et de leur chef, le SLt Résibois. S’il est assez facile de trouver quelqu’un qui soit au courant du « cas Résibois », de sa capture (ou de sa reddition ?), il est beaucoup plus difficile de trouver un interlocuteur averti qui puisse exposer clairement ce qui a pu se passer, dans ce peloton, entre le 10 mai 40 à 20h00 (ordre de repli) et le 11 mai 40 à l’aube (capture).

Je cherche encore à localiser les positions de combat et les destructions dont ce 2 Peloton était responsable. En outre, je cherche encore à déterminer les immatriculations, les identités des servants et les positions occupées par les deux chars T13B1/C4,7 (canon autoportéà de la 11 Cie « Engins » qui étaient en appui de la 4 Cie. Je suis convaincu que le «0527 », abondamment photographié sur une position alors qu’il était entouré d’ennemis, fait partie de ces deux engins, mais il me reste néanmoins à déterminer l’endroit exact où il a été abandonné. Y aura-t-il encore, parmi les lecteurs, des membres du 3 Régt ChA/II Bn/4 Cie/ 2 Pl qui pourront témoigner ? Certains de leurs proches ont-ils conservé des souvenirs de ce premier jour de guerre ? »

Si vous pouvez faire prpogresser cette recherche, je vous engage à vous manifester auprès de la Petite Gazette qui établira le contact avec M. Steenhout.

La Petite Gazette du 23 octobre 2013

LES CHASSEURS ARDENNAIS AUPRES DE TROIS-PONTS

Monsieur Valère Pintiaux, d’Esneux, répond à l’appel lancé par M. Steenhout en nous confiant ce dont il se souvient de ce que racontait son papa, ancien du 3ChA :

« Après la campagne de mai 40, nous habitions Trois-Ponts et papa, avec d’autres Chasseurs Ardennais, parlait souvent des événements de la guerre. J’avais alors 10 ans et voici ce que j’en ai retenu au sujet des combats de Trois-Ponts.

Le fortin, à droite de la route vers Grand-Halleux (aujourd’hui, il y a dans les environs immédiats de ce lieu un grand magasin et un garage) tirait en direction de la route de Wanne et les Allemands étaient bloqués au tournant, au-dessus de la côte, derrière la gare de Trois-Ponts. Les Allemands ont amené un canon à tir direct et ont réduit le fortin au silence en tirant dans l’embouchure de tir du fortin. Là c’est un peu flou dans ma mémoire, mais les gaz produits par l’arme du fortin y rendaient l’air irrespirable et les soldats en sortaient ou étaient sortis quand l’obus allemand a explosé dans le fortin.

La suite est tellement vague dans mon esprit que je peux rien en dire. Il y a eu d’autres tirs parce qu’une maison en briques rouges un peu avant le fortin a porté longtemps après la guerre des traces d’impacts de tirs ou d’éclats d’obus et là aussi c’est flou, mais il doit y avoir eu un civil blessé dans cette maison.

J’ai le souvenir d’un autre fait sur la route de Grume, dans une villa quatre étages, à droite en montant. Un sergent, dont papa et ses anciens compagnons d’armes citaient le nom mais que j’ai oublié, a tenu en échec les Allemands venant de Stavelot et voulant traverser l’Amblève. Il les laissait avancer jusqu’au milieu de l’eau puis tirait. Il changeait d’étage après chaque tir. Il a fini par être blessé puis capturé. Je n’ai par contre conservé aucun souvenir de faits d’armes liés à un éventuel T3. »

La Petite Gazette du 30 octobre 2013

ENCORE CE FORTIN A TROIS-PONTS

Aujourd’hui, c’est Monsieur Jean Poumay, de Tiff, qui complète et illustre les informations reçues.

« Dans une toute récente Petite Gazette, M. Valère Pintiaux, d’Esneux, parle d’un fortin à Trois-Ponts. Il s’agit de S8 (dénomination officielle) S = Salm. Avec la présence sympathique de l’habitant concerné, je l’ai visité car il est dans le fond de son jardin.

03 S 8 SITE 2[1]

Il m’a raconté que suite à la visite d’un ancien occupant du fortin et seul survivant, les Allemands ont jeté une grenade tuant trois des occupants (sur 4). La maison en face porte toujours des traces d’impacts rebouchés ainsi que le montre cette photo.

19 S 8 MAISON EN FACE 2[1]

J’ai vu tous les fortins de la vallée de la Salm et toujours à Trois-Ponts, le S 12 qui tirait vers la N68 porte aussi des traces de combats. »

Un tout grand merci pour votre volonté de poursuivre les enquêtes…

 La Petite Gazette du 4 décembre 2013

QUE S’EST-IL PASSE A TROIS-PONTS, LE 10 MAI 1940 ?

Monsieur Jean-Pierre Gonay, de Liège, m’écrit pour me signaler que « intrigué par l’histoire du 10 mai 40 à Trois-Ponts », il recueille des éléments ou témoignages depuis plusieurs mois. « A la recherche de la vérité, poursuit-il, les articles relatifs à Trois-Ponts parus dans La Petite Gazette me paraissent méritoires. Les intervenants ont droit à nos remerciements et nos félicitations pour leur devoir de mémoire.

J’ai l’honneur de vous présenter quelques lignes à ce sujet pour donner un éclairage complémentaire sur ces journées dramatiques :

Au mois de juin passé,  Monsieur Paquay commandant du 3e Chasseur Ardennais à Vielsalm nous a désigné Monsieur Joseph Borremans comme un des derniers témoins de mai 40. Nous l’avons rencontré plusieurs fois. C’est un homme au regard vif et clair que l’âge a courbé. Il nous a reçus simplement.

Affable, Monsieur Borremans ne s’esquive pas à nous exposer son histoire, parfois à se reprendre sans se contredire. Il nous a autorisés à vous présenter son témoignage.

« J’allais avoir 23 ans. Nous étions en position à Trois-Ponts en mai 40. Depuis la nuit du 9 au 10 mai, nous étions en alerte. Le vendredi 10 mai, c’est jour de marché à Trois-Ponts. Les obstructions ont été réalisées tôt dans la matinée comme de coutume depuis la mobilisation de septembre 1939.

Il y avait des gardes au tunnel  du chemin de fer et des positions de défense sur les routes.  A Trois-Ponts, il y a plusieurs fortins…  Le major de Neef que nous surnommions « Ambiorix » était  à la tête du bataillon (le 2e ) et le commandant  Hoffelt dirigeait notre 4e compagnie… Il y avait également le lieutenant Lavachery…

Nous étions relevés toutes les deux heures.

J’étais tireur de FM (fusil mitrailleur) et faisais équipe avec Georges Mairy, en position en contrebas du fortin de Ristonvenne, sur la route de Grand Halleux.Dans l’après-midi du 10 mai 40, les Allemands se sont pointés, descendant à vélo sur la route de Wanne. Ils furent accueillis par des tirs. Aussitôt, ils se retirèrent. Puis, plus rien !

Pendant la nuit, on entendait une rumeur par-dessus les bois; de temps en temps, on distinguait des signaux lumineux rouges, des bois de part et d’autre  de la vallée… 

Alors qu’on recevait toutes les deux heures des instructions du QG du 3e Chasseur Ardennais  installé à Basse-Bodeux, depuis la veille, on n’avait plus rien vu venir. Le lendemain, toujours sans nouvelles, après nous être concertés, Georges Mairy se propose de s’enquérir auprès du QG. Alors que nous allions être relevés, Georges Mairy quitta la position pour Basse-Bodeux en passant  par le fortin de Ristonvenne. A ce moment, une explosion secoua le fortin.

Peu après, une deuxième explosion toucha le petit char à l’arrière du fortin, plus haut dans la tranchée. Puis, le calme revint… Je m’enhardis de m’échapper en passant par le fortin, Georges Mairy de Barvaux et Joseph Crouquet de Vissoule étaient inanimés, l’explosion les avait emportés…

 Mairy-Crouquet

Je  poursuivis par les bois vers Mont de Fosse où nous avions nos vélos.  A Mont de Fosse, un fermier nous apporta  du café chaud et à manger. A la nuit tombante, on était 17 chasseurs à s’être repliés les uns après les autres. Les Allemands motorisés nous talonnaient. On les entendait du fond de la vallée du Baleur. Il fut décidé d’abandonner les vélos et de se séparer en petits groupes pour rejoindre Manhay et le régiment.

Finalement, je me retrouvai avec un sergent originaire des environs de Spa. Le lendemain, après des heures de marche, à proximité de Saint-Jacques, nous apercevons des soldats près de l’église entourée de murailles. Croyant qu’il s’agit des nôtres, on s’approcha. Au même moment où nous distinguons que ce sont des Allemands; ils nous tirent dessus.

Tapis au sol, nous reculons vers le bois le plus proche.  Nous nous sommes glissés en dessous des épicéas non élagués; nous craignions que le crissement des fines branches brisées par notre passage révèlât notre présence.

Nous avons sauvé nos peaux en nous cachant dans les fossés qui quadrillent le bois. Les Allemands étaient déjà sur tous les chemins.  Enfin, nous avons atteint un bois de futaie… Après des heures de fuite,  par monts et vallons, nous arrivons dans un hameau où un fermier nous explique que nous étions à Monchenoul près de Chêne al Pierre… Le fort de Tancrémont tonnait dans le lointain… »

D’autres informations encore la semaine prochaine.

 La Petite Gazette du 11 décembre 2013

QUE S’EST-IL PASSE A TROIS-PONTS LE 10 MAI 1940 ?

Pour en savoir plus, Monsieur Delhez, administrateur du CADUSA, nous a aimablement guidés dans la localité à la découverte des fortins à Trois-Ponts.

panorama trois-ponts

Panorama de Trois-Ponts à la confluence de la Salm avec l’Amblève – Viaduc ferroviaire sur l’Amblève – Emplacement des fortins: 1 Fortin de Ristonvenne, 2 Fortin avenue Lejeune, 3 Fortin ruisseau Baleur, 4 Fortin chemin de Brume, 5 Fortin de Faravenne.

La place de Trois-ponts est d’une certaine importance sur la route de l’invasion allemande. Les ordres de destructions et d’obstructions ont été réalisés. Les ponts sur l’Amblève ont sauté.

L’ordre de retraite du général Keyaerts ne semble pas avoir atteint les soldats en toute première ligne. Malgré cela, une poignée d’hommes ont retardé l’agresseur; parfois, au prix de leur existence.

Dans son livre « La guerre du sanglier », le général Champion relate les citations d’honneur de quelques-uns d’entre eux … »

UN HALIFAX EST TOMBE A TELLIN LE 3 DECEMBRE 1942

La Petite Gazette du 15 décembre 2010

UN HALIFAX EST TOMBE A TELLIN LE 3 DECEMBRE 1942

Cette enquête, menée, encore une fois de main de maître par M. Verhelle, de Bomal s/O, a pour origine une rencontre entre une personne hollandaise, M. Haex, et Mr David McCallum lors d’une réunion de 102 Sqdn à Pocklington, au Royaume-Uni. David McCallum est le fils de Thomas McCallum, qui était un tireur d’air sur le Halifax II W7913 qui s’est écrasé, le 3 décembre 1942, quelque part entre Resteigne et Grupont (commune de Tellin). M. Haex a promis à Mr McCallum de l’aider à essayer de situer l’emplacement exact de la chute de cet avion dans lequel se trouvait son père. En effet, David McCallum vit mal le fait de ne pas savoir exactement où son papa perdit la vie…

McCallum

 

«  Thomas MacCallum dont le fils, David, aimerait que vous lui indiquiez où il a perdu la vie le 3 décembre 1942. Ce document m’a été transmis, à la fois, par MM. Haex et Verhelle

 

M. Haex prit contact avec la commune de Tellin dans l’espoir d’y glaner quelques informations et Mme Annick Lamotte, secrétaire communale, s’est adressée à La Petite Gazette. C’est donc à vous qu’il revient maintenant d’essayer l’endroit exact de la chute de ce Halifax.

Dès la semaine prochaine, grâce aux documents confiés par M. Verhelle, je pourrai vous conter l’histoire et la fin tragique de cet appareil britannique.

 La Petite Gazette du 22 décembre 2010

UN HALIFAX TOMBE A TELLIN LE 3 DECEMBRE 1942

Je vous rappelle que cette enquête a pour origine une rencontre entre une personne hollandaise, M. Haex, et Mr David McCallum lors d’une réunion de 102 Sqdn à Pocklington, au Royaume-Uni. David McCallum est le fils de Thomas McCallum, qui était un tireur d’air sur le Halifax II W7913 qui s’est écrasé, le 3 décembre 1942. M. Haex a promis à David McCallum d’essayer de découvrir où, exactement, son papa avait trouvé la mort. Il s’est adressé à l’administration communale de Tellin qui, par l’intermédiaire de sa Secrétaire communale a pris contact avec La Petite Gazette. Evidemment, c’est vers un de mes correspondants,  spécialistes de l’aviation militaire de la Seconde Guerre Mondiale, que je me suis tourné, Monsieur Rik Verhelle qui tient à préciser d’emblée :

« Il m’a été impossible de situer l’endroit exact de l’impact, mais c’était quelque part entre le Resteigne et Grupont (dans la commune de Tellin). La seule façon d’éclaircir cette incertitude est de s’adresser aux gens du village même. Je joins quelques photos qui ne servent qu’à illustrer l’histoire car je n’en ai pas trouvé de l’avion en question. Par contre, les photos de l’équipage sont bien celles des hommes ayant péri dans cet avion, de même que les photos du Sgt Thomas McCallum.»

Voici la première partie de son récit :

« Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1942, Frankfort était l’objectif de la RAF. Bomber Command envoyait une armada fort de 112 bombardiers       (48 Halifax, 27 Lancaster, 22 Stirling, 15 Wellington).  Les « Pathfinder » n’ont pas réussi à localiser l’objectif car il était couvert et les explosifs ont raté leur cible. Toutes les bombes sont tombées dans les champs au sud-ouest de la ville.
Les Britanniques ont perdu six bombardiers lors de ce raid aérien, soit 6.5% des forces engagées :
Trois Halifax du 102 Squadron :
W7884 DY- ?, tombé près de Mannheim (Allemagne), 2 morts et 5 prisonniers;
W9716 DY- ?, tombé près de Laon (France), 3 morts et 3 prisonniers, 2 évadés;
W7913 DY-C, tombé à Tellin (Belgique), 8 morts;
Un Lancaster un 103 Squadron : W4339 PM-M, tombé en Allemagne, 7 morts;
Un Stirling du 75 Squadron : BK618 AA-Q, tombé à Trier (Allemagne), 2 morts et 6 prisonniers;

Un Wellington du 115 Squadron, 8K338 KO-A, tombé en Allemagne, 5 morts.
Le Handley Page Halifax qui est tombé à Tellin appartenait au 102 Squadron du Bomber Command.

Eccuson_du_102_SqnECUSSON DU 102 SQUADRON

Il avait sa base à Poklington depuis août 1942, d’où il a décollé le 3 décembre à 01hr45. Le bombardier a été intercepté à 03hr35 précises, à une altitude de 4500 mètres par un chasseur de nuit de la Luftwaffe, piloté par Uffz Dieter Erichsen, appartenant au Zweite Staffel / NachtJägerGeschwäder Vier (2./NJG4).
L’avion est tombé à Tellin, entre les villages de Resteigne et Grupont. Aucun des huit membres de l’équipage n’a survécu à ce crash. Ils sont enterrés au cimetière communal de Florennes. Il s’agit de
1. Flight Sgt Harry Morrisy, pilote, Américain, R/100533, 25 ans.
2. Sgt Robert Francis Hughes Kenyon, 1391871, âge inconnu.
3. Sgt John Martin Beart Albrecht, ingénieur de bord, 599046, 23 ans marié                    avec Betty Joan Mary de Exeter.
4. Pilot/Officer Donald Edward Pike, 120581, 27 ans,
marié avec Dorothy M. de Bristol.
5. Sgt Erlin Leslie Ross Brown, 1363694, 30 ans,
marié avec Frances Eileen de Welford.
6. Sgt George Allen Robson, 1002130, 27 ans, opérateur-radio,
marié avec Barbara
7. Sgt John William Taylor, 1390639, 21 ans, mitrailleur,
marié avec Doris Anne de London.
8. Sgt Thomas McCallum, 965300, 22 ans, mitrailleur,
marié avec Doris Maude de Inverness.

Certains_..

La Petite Gazette du 29 décembre 2010

UN HALIFAX TOMBE A TELLIN LE 3 DECEMBRE 1942

Je vous rappelle que cette enquête a pour origine une rencontre entre une personne hollandaise, M. Haex, et Mr David McCallum lors d’une réunion de 102 Sqdn à Pocklington, au Royaume-Uni. David McCallum est le fils de Thomas McCallum, qui était un tireur d’air sur le Halifax II W7913 qui s’est écrasé, le 3 décembre 1942.

Halifax_B_II

Halifax B II

Evidemment, c’est vers un de mes correspondants,  spécialistes de l’aviation militaire de la Seconde Guerre Mondiale, que je me suis tourné, Monsieur Rik Verhelle :

« Le pilote allemand, Dieter Erichsen (le pilote du chasseur de nuit de la Luftwaffe qui intercepta le bombardier à 03hr35 précis, à une altitude de 4500 mètres), marqua ici sa première victoire aérienne. Il finira la guerre avec un score final de quatre avions alliés abattus. Il a été abattu à son tour dans la nuit du 18 au 19 mars 1945 lorsqu’il fut intercepté par un Mosquito au moment où il atterrissait avec son avion. Dieter Erichsen fut grièvement blessé; on ne sait s’il a survécu.

Uffz_Dieter_Erichesen_du_2.NJG4 Uffz Dieter Erichsen

Le Halifax W7913 était une version Mk II, faisait partie d’un lot de 200 avions livrés par les usines de Handley Page entre le 20 octobre et le 13 décembre 1942.
Le 102 RAF Squadron était une unité appartenant au N°4 Group du Bomber Command. 102 Squadron et était surnommé le « Ceylon » Squadron. Son devise était (en Latin) « Tentate et Perficite » ce qui veut dire « Tenter et Atteindre ». L’unité a été créée en 1935. La dernière mission opérationnelle fut accomplie le 25 avril 1945 avec bombardement des batteries côtières sur l’île de Wangerooge.
Entre le 8 mai 1945 et le 28 février 1946 il passa du Bomber Command au Transport Command où il sera converti sur Consolidated Liberator B-24 à Bassingbourn. La mission fut le rapatriement de troupes et de prisonniers de guerre de l’Inde.
Il fut dissous le 28 février 1946 à Upwood.
Pendant la guerre, 102 Squadron a totalisé un nombre de 1015 morts, 319 ont été faits prisonniers, 47 ont été grièvement blessés, et 22 ont pu échapper aux Allemands ou se sont évadés de captivité. Il a largué 14.118 tonnes de bombes et posé 1.865 mines.
102 RAF Sqn fut successivement opérationnel sur Handley Page Heyford Mk II & III (oct ’35 – mai ’39), Armstrong Whitworth Whitley Mk V (oct ’39 – fev ’42), Handley Page Halifax B II (dec ’42 – mai ’44), Mk III (mai ’44 – sep ’45), Mk VI (jul ’45 – sep ’45), Consolidated Liberator B-24 Mk VI & VIII (sep ’45 – fev ’46).

P.S. « Pilot Officer » et « Flying Officer » ne désignent pas par définition la fonction d’officier pilote. P/O et F/O étaient, au sein de la Royal Air Force, des grades d’officiers faisant partie du personnel navigant. Les équivalents à l’Armée belge sont « Sous-Lieutenant » et « Lieutenant ».

Le Halifax de Thomas McCallum  est tombé à Tellin, entre les villages de Resteigne et Grupont. Aucun des huit membres de l’équipage n’a survécu à ce crash. Ils sont enterrés au cimetière communal de Florennes. »

Florennes..

Les tombes des membres de l’équipage au cimetière de Florennes

La Petite Gazette du 5 janvier 2011

AU SUJET DU HALIFAX DE TELLIN

Monsieur Ph. Slégers, de Rhisnes, nous apporte à son tour ses souvenirs et des informations : « C’est avec le plus grand intérêt que j’ai pris connaissance de l’article dans « La Petite Gazette » relatant les recherches entreprises pour retrouver l’endroit précis où est mort Thomas MacCallum dans son Halifax.

Avant de vous dire le peu que je sais sur cette affaire, je voudrais rappeler que grâce à  l’arrivée des Alliés, les dégâts moraux et physiques, les atrocités parfois bestiales et les vicissitudes de tous genres dues aux Allemands  furent stoppées.  Je veux encore et toujours leur dire merci.  Malheureusement  de nombreux soldats sont morts pour enrayer ce fléau et aujourd’hui c’est bien d’un des leurs qu’il s’agit. Je suis né à Tellin et le 3 décembre 1942, j’avais 5 ans et 2 mois.  Donc comprenez que de cet évènement je n’ai que peu de souvenirs. Toutefois, veuillez noter ce que notre historien local, le célèbre Victor Enclin écrit en page 27 de son livre « Ma seconde guerre, journal d’un encerclé » :

JEUDI, 3 DECEMBRE 1942

Dès 2 heures du matin, remue-ménage d’avions.  Pendant la journée les gens vont

voir l’avion anglais tombé en flammes entre Resteigne et Ave.  Huit Tués.

S’agit-il de cet avion ?  Il doit toujours exister à Tellin des personnes qui sont allées voir cet avion

Pour qui connaît la topographie locale, « entre  Resteigne et Ave » ne correspond pas à « entre Resteigne et Grupont » cité dans l’article de presse.  Mais la relation de Victor Enclin reste  interrogative.

Par ailleurs je me souviens être allé voir les restes d’un avion. Mais mes souvenirs sont diffus.  Je crois me rappeler que c’était  en contrebas de « La croix de Javalle » au fond du « pré d’amour ».  Je vois encore des morceaux d’avion ; moi et mon frère nous sommes revenus avec un de ces morceaux.  En quelle année ?  Je n’en sais plus rien.  Sachez qu’après la guerre il y avait de très nombreuses pièces de guerre un peu partout … que très rapidement les ferrailleurs de l’époque ont récupérées. »

J’espère que d’autres lecteurs se manifesteront et que, bientôt, nous pourrons déterminer, avec précision, l’endroit où cet avion est tombé.

La Petite Gazette du 12 janvier 2011

VOUS AVEZ REAGI A L’APPEL LANCE A PROPOS DU HALIFAX DE THOMAS MACCALLUM

Monsieur Marcel Lardin, de Grandhan, nous livre les informations en sa possession au sujet de la chute du Halifax W7913 et surtout sur le lieu de la chute : « Le W-7913 se serait crashé à Resteigne au lieu-dit « Les Brulins« . Il y a un lotissement de chalets à cet endroit actuellement. Il fut abattu par un Me-110 du 2/NJG 4 de Florennes dont l’équipage était composé de Dieter Erichsen et Willi Janus. Les membres de l’équipage du Halifax ont été les premiers alliés enterrés à Florennes. »

Madame Annick Lamotte, Secrétaire communale de Tellin, a, elle aussi, reçu d’intéressantes informations : « Je viens d’avoir, m’écrit-elle, une conversation très intéressante avec Monsieur Arsène Davreux, habitant de Nassogne, mais originaire de Ave et Auffe, 88 ans et aîné d’une famille de 10 enfants. Son père était Secrétaire communal à Ave à l’époque. Il a lu l’article concernant la recherche du lieu de chute de ce Halifax et a réagi auprès du Bourgmestre de Tellin.

Il a entendu l’explosion de l’avion en vol la nuit de l’accident et s’est rendu sur place le lendemain avec son frère et son père. Des débris étaient répandus sur plusieurs centaines de mètres. Après le départ des Allemands, ils y sont retournés et ont même, m’a-t-il dit, enterré quelques ossements retrouvés sur place. Il a encore des souvenirs très précis de cet évènement, notamment des gants en cuir avec fermoir « éclair » retrouvés sur place et emportés par un certain François Lefèvre d’Auffe, décédé sans enfants. Ces gants étaient marqués au nom de « Mauricy« , le nom du pilote cité dans l’article. Il me parle également d’un grand trou dont ils ont essayé d’extraire des hélices? Peut-être d’une bombe me dit-il ? »

 

 

LE 10 MAI 1940

La Petite Gazette du 28 mars 2012

LA GUERRE DE MON PAPA EN EXIL…

C’est de Waremme que Monsieur Georges Goudenne a écrit à La Petite Gazette pour évoquer un aspect bien moins connu de la guerre de certains de nos compatriotes. Merci pour ce petit récit.

« Partis, le 10 mai 1940, pour rejoindre son unité avec quelques amis et connaissances de Hannut, mon papa et les autres se sont retrouvés à Dunkerque, embarqués sur les bateaux par les Anglais, baïonnette au canon, ils seront accusés de déserteurs par des Français du Nord avant d’être placés dans un camp de prisonniers. Ils seront employés à ramasser les cadavres après les bombardements puis à travailler dans des usines d’armement. Les deux dernières années passées à Londres, il était infirmier dans un hôpital pour soigner les blessés qui revenaient des combats. Il y croisa de très nombreux handicapés.

Il a eu l’autorisation de quitter l’Angleterre et est arrivé chez nous le 5 août 1945, le jour de l’anniversaire de ma sœur. J’avais 10 ans et je n’ai rien oublié de ce jour.

Mon papa est décédé le 27 avril 1950, j’avais 20 ans. Aujourd’hui, j’en ai 81 et tous ces souvenirs me hantent… Je me demande toujours maintenant à quoi tous ces morts ont servi… A bas la guerre !

Parmi les copains de papa, il y avait Jules Hardy qui, en 1940, en exil à Morton-Crescent Southgate London écrivit cette chanson qui se chante sur l’air de « Sous les ponts de Paris »

1er couplet

Partis de la Belgique

Mitraillés de partout

Par les hordes germaniques

Ecrasant comme des fous

Fuyant pour venger notre pays

Notre liberté si chérie

Nous avons abandonné tout

Et être bien loin de notre patrie.

1er refrain

Malgré nous espérons

Rentrer à l’unisson

La tête haute

Car pour nous c’est un rêve

Que les alliés ne leur donneront pas trêve

Chasser tous ces barbares

Nous comprendrons plus tard

Qu’il se faut tenir par la main

Pour abattre tous ces chiens.

2e couplet

Nous sommes en Angleterre

Dieu sait pour combien de temps

Ne sachant donc que faire

Que penser trop souvent

Sans nouvelles de nos parents

Femme et enfants qui nous restent

Nous avons l’espoir de vous revoir

Et de vous donner nos tendresses.

2e refrain

Après l’occupation

Faut prendre une décision

La Hollande, la Belgique et la France

Attendaient le jour de la délivrance

Mais pour calculer plan

Il faut attendre longtemps

Mais maintenant nous voilà délivrés

Vivent les alliés.

Vivent les alliés.

La Petite Gazette du 2 mai 2012

LA SECONDE GUERRE MONDIALE DEBUTAIT IL Y A 72 ANS ET VOUS VOUS EN SOUVENEZ

Monsieur Clément Cleseur, alerte nonagénaire de Sougné-Remouchamps, rebondit sur les souvenirs de M. Gourdenne, de Waremme. Nous retrouverons ses souvenirs, commentaires et analyses au fil de trois éditions successives de La Petite Gazette. D’emblée, M. Cleseur nous explique ce qui motive son intervention :

« La vérité doit être dite, m’écrit ce lecteur passionné, et ce dans tous les domaines, avec le risque de ne pas être écouté, d’être ignoré. Nous sommes la dernière génération à détenir cette vérité,  à avoir vu et vécu ce que nous défendons, notre honneur, notre amour de la Liberté, de la Solidarité et nos sacrifices pour l’avoir obtenue. Pour cela, et dans ce cas précis comme dans tout ce que je défends, je continuerai à me battre  de cette façon jusqu’au dernier jour de ma vie !

« Je suis né en 1921, le 10 mai 1940, j’avais 19 ans. J’étais de la classe 40 ; bon pour le service, j’avais été incorporé. Ce jour-là, l’ordre de mobilisation générale est donné. Tous les hommes de 18 à 35 ans sont mobilisés et doivent rejoindre un lieu qui leur est désigné d’officie par arrêté. A 12 heures, j’ai reçu, comme des milliers d’autres, le mien ; le lieu que je devais rejoindre était « Binche ».

Nous avions libre parcours sur tout : le tram, le train… Tout était organisé, à notre arrivée, nous avons été pris en main par des officiers de l’armée, nous dormions chez l’habitant.

On peut fixer le début de la Bataille de France à l’invasion des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg., le 10 mai 1940. Appliquant leur nouvelle tactique de « guerre éclair », les nazis eurent fait de contraindre l’armée hollandaise à capituler. L’armée belge fut, elle aussi, réduite à demander un armistice qui, seul, pouvait lui éviter d’être anéantie.

Le 28 mai, le corps expéditionnaire britannique, en même temps que certains éléments des 1ère et 7e armées françaises, alors coupées du gros des armées alliées, se replia sur la région de Dunkerque afin d’être évacué vers l’Angleterre.

Sous les bombes, les obus et les balles, plus de 224.500 soldats britanniques et 112.500 combattants alliés (français pour la plupart) furent rembarqués des plages de Dunkerque et amenés à bon port par 222 navires de la Marine de guerre et 665 autres bateaux britanniques. Le 3 juin, l’évacuation était terminée.

Le 22 juin, à 6h.50 de l’après-midi, Pétain acceptait les conditions des Allemands et signait un armistice. La bataille de France était terminée.

Comme vous le constater c’est à partir du 28 mai (18 jours après le 10 mai) que l’armée britannique a commencé le rembarquement sur les plages de Dunkerque, pour le terminer le 3 juin. »

La Petite Gazette du 9 mai 2012

LA SECONDE GUERRE MONDIALE DEBUTAIT IL Y A 72 ANS ET VOUS VOUS EN SOUVENEZ

Nous retrouvons, cette semaine, l’intervention de Monsieur Clément Cleseur, nonagénaire de Sougné-Remouchamps, qui raconte et analyse la guerre de ceux qui, comme lui, étaient de la classe 1940 :

« Second volet de notre guerre… Avant cet épisode que je viens de vous décrire (N.D.L.R Voir notre précédente édition), vous devez savoir que Dunkerque était réservé uniquement aux Anglais ; c’est pourquoi, le 10 mai, le Gouvernement anglais envoyait déjà des navires pour rapatrier tous ses compatriotes, c’est-à-dire les consulats, avec le Consul et le personnel britannique ainsi que les archives. Il en était de même pour l’ambassade à Bruxelles et certaines personnes belges, wallonnes, qui ne pouvaient pas tomber dans les mains des Allemands et qui étaient assimilées au personnel britannique.

A Dunkerque comme à Lille, pas moyen de s’approcher de la gare si on n’est pas français et moins encore des bateaux anglais car il y avait 600 réfugiés britanniques à faire rentrer au pays. Même avec toutes les autorisations en ordre, il fallait être patient et attendre la vérification par des officiers pour franchir les barrières des docks. Nous étions ainsi les 10, 11 et 12 mai et il fut de même, dans l’enceinte de Dunkerque, jusqu’au jour du 28 mai que je vous ai décrit.

Dans ce second volet qui est le nôtre, il me reste à vous résumer ce que nous, les mobilisés de 18 à 35 ans pour l’Armée belge de réserve, avons fait en exécutant les ordres que nous avions reçus de nos officiers et, de ce fait, vous faire comprendre pourquoi notre place n’était à Dunkerque, mais en direction de Bordeaux où était le gouvernement Pierlot.

Nous sommes donc à Binche, les allemands enfonçaient tous nos verrous… c’est à ce moment que l’on nous envoya en France par nos propres moyens. A pied, à cheval ou à vélo qu’importe, mais il fallait partir : point de ralliement Toulouse.

Mais, un jour, aux environs de Cambrai, toujours à pied, nous avons été rattrapés ; en premier, par des soldats français qui, en nous voyant, nous montraient du poing en criant : « Boches du Nord ! »Puis, un jour matin à l’aube, nous avons vu passer, à 100 mètres de nous, nos premiers Allemands.

Sans ordres, sans argent, nous sommes repartis, toujours en avant. Nous avons été malades, nous avons mangé du vieux pain qui puait l’eau de Cologne, mais nous avons continué notre guerre et à suivre les ordres donnés à Binche !

Puis, un jour, nous avons pu sauter dans un train, sans ordres, sans ticket, subitement tout changeait… Notre >Roi avait capitulé, nous l’apprenions et les Français avaient signé un armistice. Sur le quai d’une gare, nous sommes devenus des associés, des abandonnés, des malheureux avec la différence que, nous, il y avait des jours que nous n’avions plus de lit, plus un repas, plus un café… rien que du vol à l’étalage et dans les maisons abandonnées suite aux bombardements. Ce train nous conduisit à Toulouse.

Voilà comment on peut expliquer une organisation – désorganisée – entre le 10 mai, la capitulation française et notre arrivée à Toulouse. A notre arrivée, nous avons été repris en main par l’Armée belge bien organisée. Nous sommes allés dans le Tarn-et-Garonne, à Caylus où nous avons construit un camp en zone libre. Ce camp, en 2012, existe toujours. Il avait été visité par le Président, Monsieur Mitterrand. Là, il y avait des Français et des Belges, ainsi que des officiers des deux pays. Nous étions des soldats, sans uniforme et sans fusil…

Le Gouvernement Pierlot, en zone libre avec nous ! La situation est claire, nous n’avons pas capitulé, nous avons réussi à rester libres ; nous avions exécuté les ordres qui nous avaient été donnés. Et pourtant, le 4 août 1940, un nouvel ordre nous était donné… et du même Gouvernement Pierlot et des mêmes ministres !

Là, les ordres furent clairs : on rentre au pays, marche forcée, sans manger, pleins de puces, malades de dysenterie jusqu’à Cahors, Montauban où nous avons mangé sardine et pain sec ; puis le train via la ligne de démarcation. Jamais rien ne nous fut proposé ni demandé… seuls des ordres !

Alors, voilà, 72 ans après, en lisant la lettre et surtout son interprétation « un aspect bien moins connu de la guerre 1940 » (N.D.L.R. Voir La Petite Gazette de la dernière semaine de mars 2012) Je suis en droit de me demander si l’on connait bien les aspects, bons ou mauvais, de la Guerre 40 ; c’est la raison qui m’oblige, une fois encore, à écrire notre version ! Nous sommes en démocratie et, pour cette raison, les lecteurs de La Petite Gazette doivent également découvrir cet aspect. Ils doivent savoir comment se sont comportés leurs fils, leurs enfants, ceux que l’on a mobilisés avec des ordres et qu’ils ont exécutés ; comme ils savent le comportement et ce qu’il est advenu de ceux qui n’ont pas respecté les ordres… »

La Petite Gazette du 16 mai 2012

LA SECONDE GUERRE MONDIALE DEBUTAIT IL Y A 72 ANS ET VOUS VOUS EN SOUVENEZ

Voici maintenant la fin de la contribution de Monsieur Clément Cleseur, nonagénaire de Sougné-Remouchamps, qui nous a donné un éclairage précis et sans détours sur la guerre de ceux qui, comme lui, appartenaient à la classe 1940

« Troisième volet. Je me suis toujours demandé les raisons qui avaient fait que le Gouvernement Pierlot ne nous avait pas embarqués et avait osé nous renvoyer dans la Belgique occupée et aux mains des Allemands et des collaborateurs. Pendant des années, j’ai cherché ; puis, un jour, j’ai trouvé qui nous avait fait rentrer. Comme toute peine, on la garde au fond de son cœur, prêt à la dire un jour, ce que j’ai fait par écrit à l’époque !

Je ne croyais pas de nouveau avoir à la redire à l’âge de 90 ans… Et pourtant, pour les lecteurs de La Petite Gazette, au nom de la Liberté et de tous les morts, je dois le faire.

Comme chaque chapitre, je vous la livre simplement et à ma façon. La Belgique avait capitulé et nous, l’Armée de réserve, on était en zone libre. Le Gouvernement belge n’était plus le Gouvernement Pierlot ! Quand le Maréchal Pétain fit aux Allemands des ouvertures d’armistice, les ministres belges, réunis à Bordeaux, décidèrent de faire parvenir à Laeken un message où ils disaient que le Gouvernement démissionnerait dès que le sort des  réfugiés et des soldats belges en France serait réglé, afin de faciliter les négociations, probables, de paix entre l’Allemagne et la Belgique.

Le 19 juin, toujours de Bordeaux, un second message conçu dans le même sens est adressé au Roi.

Le 26 juin, le Gouvernement confirme la même position, ajoutant qu’il ne veut rien faire sans connaître l’avis du Roi… Le comble et je cite Monsieur Pierlot qui dans ses pages d’histoire à ce sujet, écrit : « Dans ces textes, il résulte que nous nous sommes mis en rapport avec les autorités allemandes en vue de régler le rapatriement « ce qui fut fait ». Au contraire, en ce qui concerne les négociations éventuelles, nous n’avons rien demandé d’autre que l’avis du Roi et l’occasion d’un contact avec lui. On peut penser que le Gouvernement a eu tort de penser à pareil projet. Nous n’avons rien fait de répréhensible.»

Devant la loi politicienne, non, vous êtes les plus forts et vous l’avez toujours été ! Mais devant nous, le Peuple, devant moi et des milliers d’autres, mobilisés et soldats de la classe 1940, vous avez trahi ! Vous nous avez remis dans les mains des nazis ! Vous avez fait de nous des déportés au travail obligatoire, vous avez fait de nous, pour certains, des fusillés (voir l’enclos de la Citadelle pour nous Liégeois) et vous avez laissé de 75000 à 80000 prisonniers aux mains des Allemands. »

UNE FORTERESSE VOLANTE S’EST POSEE A RAMELOT

La Petite Gazette du 4 juin 2008

VOUS SOUVENEZ-VOUS D’UNE FORTERESSE VOLANTE ATTERRISSANT A RAMELOT ?

M. P. Bertrand, de Hamoir, à la lecture de La Petite Gazette voit ses souvenirs de guerre ressurgir.« J’étais adolescent alors et ces souvenirs de guerre m’ont beaucoup marqué. J’allais voir les avions endommagés qui atterrissaient dans les alentours.En 1945, une forteresse volante a atterri sur ses roues dans un champ près du village de Ramelot. Je suis allé la voir deux fois quand les soldats américains qui y montaient la garde ont été partis, c’était après l’armistice je crois. Ils avaient démonté tout l’intérieur pour le récupérer et déposer les quatre moteurs à terre, en dessous de leur nacelle.C’est le père de mon ami qui nous y a conduits. Il avait toujours sa Citroën 4 cylindres d’avant la guerre, la fameuse première traction avant. Nous venions des Quatre-Bras et nous avons pris la petite route indiquant « Ramelot 1 Km ». A l’approche de l’avion, c’était comme lors d’une procession tellement il y avait du monde : curieux, chercheurs de souvenirs…Après avoir fait la file, nous sommes montés dans la forteresse. J’ai même vu des gens qui, dans les ailes, découpaient des tuyauteries et je ne sais plus quoi avec des scies à métaux.Quand j’y suis retourné la seconde fois, c’était avec ma sœur aînée, mes parents n’étaient pas trop d’accord car, à vélo, Seraing-Ramelot, c’était un peu loin !A notre arrivée sur place, l’avion avait l’air abandonné et il n’y avait plus personne. Nous sommes montés à l’intérieur, il était complètement vidé. Ma sœur était bien contente d’avoir vu l’avion car, en 1945, cette carcasse de 30 m. d’envergure était vraiment impressionnante. Cependant, en venant, la pluie l’avait découragée et, avant les Quatre-Bras, elle avait voulu faire demi-tour.Je crois savoir que la forteresse a été rachetée par un ferrailleur. »Avez-vous des souvenirs de cet avion ? Que lui était-il arrivé ? En existe-t-il des photographies ? Je sais que cela ferait très plaisir à M. Bertrand d’en apprendre davantage.  

La Petite Gazette du 18 juin 2008

VOUS SOUVENEZ-VOUS D’UNE FORTERESSE VOLANTE ATTERRISSANT A RAMELOT ?

C’était la question que vous posait dernièrement M. P. Bertrand, de Hamoir, et à peine avait-il découvert cette question que M. Francis Sante, d’Aywaille, fouillait sa collection de documents pour en extraire celui-ci qui devrait rafraîchir les souvenirs de bien des personnes, du moins si elles ont fait, à l’époque, le déplacement vers Ramelot, pour  voir cet avion de près.

avion Ramelot

« Voici une photo de l’avion abattu à Huy (Tinlot Ramelot) le 10/01/1945. Sur le site du CEGES, il est renseigné comme : Boeing B 17 G 92 B. gr 325 Squadron NV M.Je peux encore donner quelques renseignements concernant les personnages se trouvant sur la photo de l’avion. Les deux prêtres doivent être François et Nicolas De La Charlerie et la dame Jeanne Delhez, d’Aywaille.J’espère avoir fait plaisir aux lecteurs de La Petite Gazette »J’en suis persuadé, j’attends maintenant avec impatience d’autres souvenirs liés à cet avion.

La Petite Gazette du 2 juillet 2008

AU SUJET DU BOMBARDIER DE RAMELOT

Monsieur Rik Verhelle, de Bomal s/O, nous apporte de bien intéressantes informations :

« Le bombardier lourd du type B-17 (le fameux « Flying Fortress » ou Forteresse Volante) appartenait au 8ème Air Force, 1ère Bomb Division, 40 ème Combat Bomb Wing, 92 ème Heavy Bomb Group. Ce dernier totalisait quatre escadrilles de bombardiers : la 407, la 327, la 326, et la 325 à laquelle appartenait l’avion abattu à Huy (Tinlot) en janvier en 1945.

La 92ème escadrille est venu des USA pour s’installer en Angleterre en juillet et août 1942. Elle entreprendra sa première mission de combat le 15 mai 1943. L’escadrille était stationnée sur Paddington Airbase à Bedfordshire où elle restera jusqu’à la fin de la guerre. La dernière mission de la 92 ème Group fut le bombardement de Pilzen en Tchècoslovaquie le 25 avril 1945.

Le 92ème Group a effectué 308 missions de combat et a largué 20.829 tonnes de bombes sur l’ennemi. Mais cette escadrille a également payé une lourde tribu avec une perte de 154 avions.

Le bombardier publié dans La Petite Gazette N° 25 du 19 juin dernier était justement une de ces pertes lors du bombardement de Gymnich (Allemagne, au sud-ouest de Cologne) le 10 janvier 1945.

Le gouvernail de ce bombardier était marqué par une lettre B en noir dans un triangle jaune. Les lettres NV-M sur les deux côtés du fuselage forment son code d’appel au sein de la 325ème escadrille. Chaque avion portait un code différent, tel que NV-A, NV-B, NV-C, etc

La devise du 92 ème Group était « Higher – Stronger- Faster » ce qui veut dire « plus haut, plus fort, plus vite ».

Je n’ai malheureusement aucune donnée sur les circonstances de la perte de l’avion ni au sujet du sort de son équipage. Mais il est évident qu’au moins un des pilotes (un B-17 en comptait deux) a réussi à poser l’avion par terre lors d’un atterrissage de fortune. Quelqu’un aurait-il des données supplémentaires ? »

La Petite Gazette du 9 juillet 2008

ENCORE A PROPOS DE LA FORTERESSE VOLANTE DE RAMELOT

Monsieur Roger Herten, d’Engis, se souvient également :

« Né à Aux-Houx, un hameau de la commune de Clermont sous Huy, et y demeurant en cette période de fin de guerre, comme tous les gamins de l’époque, j’étais toujours à l’affût d’événements du genre. Je suis donc allé voir la forteresse volante de Ramelot et je me rappelle cet avion ayant réussi un atterrissage de fortune dans un champ. Paraissant intact, il semblait attendre un improbable pilote pour redécoller.

Cet avion, désarmé par les Américains et dépourvu de tout ce qui présentait un intérêt, était abandonné. Pendant très longtemps, l’épave d’un avion de ce type a été entreposé sur le terrain  attenant à la scierie de Soheit Tinlot, en bordure de la nationale Liège – Marche. J’ai entendu dire, à l’époque, que cette épave était l’avion de Ramelot.

Je signale à M. Bertrand un autre détail, en décembre 1944, au retour d’une mission en Allemagne, un autre B17 avait réussi un atterrissage sur le ventre entre Yernée-Fraineux et Villers-le-Temple, une partie de l’équipage avait d’ailleurs sauté en parachute au-dessus des campagnes longeant la route entre Aux-Houx vers Halledet et récupéré, sans dommage, par les Américains présents au dépôt de munitions d’Aux-Houx, d’où la confusion possible… Je laisse donc le temps de confronter d’autres souvenirs avant de conclure.

Pour ceux que la chose intéresse, je signale que le Musée de l’Armée, au Cinquantenaire à Bruxelles, a constitué des archives permettant d’obtenir des renseignements sur les avions, alliés ou allemands, abattus pendant la Seconde Guerre Mondiale sur le territoire belge .et de connaître tous les détails sur leurs missions, la composition de leur équipage et d’autres détails encore.

Site internet : www.klm-mra.be ou Musée de l’Armée, 3 parc du Cinquantenaire, 1000 Bruxelles. »

Un grand merci pour ces précieux renseignements.

Monsieur Maurice Pierrard, de Neupré, se souvient de cet avion :

« Moi aussi, j’ai vu l’avion de Ramelot et j’ai même parlé avec un membre de son équipage qui parlait très bien le français, c’était un Canadien.

L’avion revenait d’un bombardement en Allemagne et il avait été touché par un obus de DCA allemande. A cause de cela, sa vitesse et son altitude ont progressivement diminué, rendant impossible son retour vers l’Angleterre. L’équipage croyait qu’il tombait en zone encore occupée par les Allemands. Ils ont certainement pu communiquer leur position par radio car on est venu les reprendre et, en même temps, dépêcher des sentinelles pour garder l’avion, qui n’aurait jamais plus su partir.

Je suppose que, après avoir récupéré les armes, les munitions, les moteurs… on n’a plus monté la garde et l’avion a été l’apanage des gens qui ont pris le kérosène, puis toute sorte de choses dont le pare-brise de plexiglas très épais dont on faisait de très belles bagues.

L’avion est encore resté quelque temps où il était jusqu’au jour où le fermier a signalé qu’il avait des difficultés pour labourer. On lui a répondu que l’épave était pour lui et qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait…

Toujours dans les environs de Ramelot, il y a eu un hôpital de campagne fait de tentes. Il était très bien équipé et, comme toujours, les Américains laissaient entrer qui voulait. C’était un long couloir avec des lits des deux côtés, mais je n’y ai jamais vu de grands blessés, peut-être étaient-ils envoyés, par exemple, à l’hôpital militaire de St-Laurent ? »

Monsieur André Maréchal, de Bende, a, lui également, visité cette forteresse volante à Ramelot et en a ramené un souvenir !

« Avec ma sœur Marie-Thérèse, nous étions partis à vélo, de Bende, porter deux peaux de mouton pour les faire tanner chez le curé de Strée. Passant par Ramelot,  nous avons aperçu cette forteresse volante, impressionnante et surveillée par le garde-champêtre de Ramelot.

Au retour, il n’y avait plus personne et nous en avons profité pour la voir de plus près. Je suis donc allé à l’intérieur : poste de pilotage, tourelle du mitrailleur arrière, encore équipée de tout et mobile ! Quel souvenir !

Quelques tuyaux abandonnés par d’autres firent mon affaire ; en alu léger, l’un d’eux servi à la ferme. En bricolant un peu, avec un câble, on attrapait les cochons pour leur mettre des « berriques » (N.D.L.R. j’espère que je lis correctement) qui, enfoncées dans le groin les empêchaient de retourner à la prairie. Quelle fin pour un morceau de forteresse…

Après les avoir vues par milliers à 10 000 mètres d’altitude, vous comprendrez l’émotion et le bonheur d’en voir une de si près. C’est encore comme si c’était hier.

Pour l’anecdote, je possède encore une des peaux de mouton transportées ce jour-là, elle est très bien conservée ! »

Monsieur le docteur R. Quinet, d’Ouffet, nous donne les précisions souhaitées quant au devenir de la carcasse :

« La carcasse de cette épave de B 17c a été ferraillée par Monsieur Fox (scierie à Soheit-Tinlot) en même temps qu’un P 61 Black Widow, chasseur de nuit américain.

J’ai pu rencontrer Monsieur Fox il y a une vingtaine d’années et je suis en possession d’un cylindre du moteur, d’une jante de train d’atterrissage principal et d’une jauge d’essence. »

Un grand merci pour tous ces témoignages, d’autres suivront encore la semaine prochaine.

La Petite Gazette du 16 juillet 2008

TOUJOURS DES SOUVENIRS DE LA FORTERESSE VOLANTE DE RAMELOT ET DE CELLE DE YERNEE

Monsieur Louis Delrée, de Nandrin, se souvient également très bien de ce jour où une forteresse volante atterrit à Ramelot.

« J’étais, ce jour-là, dans le camp de repos du 3rd Tank bn, situé dans les prairies et les bois entourant le château de Tillesse. Ce b 17 est passé très bas au-dessus de nos têtes et, à ce moment, nous n’imaginions pas qu’il aurait atterri quelques kilomètres plus loin. Ce n’est que le lendemain que nous avons appris qu’il s’était crashé à Ramelot. Je suis allé le visiter, il était presque intact.

Par la suite, je pense qu’il a été désarmé par l’US Air Force, puis démantelé par les amateurs de souvenirs et les ferrailleurs.

A la même époque, fin janvier, un autre B 17 faisait également un atterrissage forcé dans la campagne enneigée, route de Villers à Yernée. Il glissa sur une distance de 300 mètres sur une épaisse couche de neige. Cet appareil fut plus endommagé que celui de Ramelot.

J’avais alors 17 ans et je fus le premier civil arrivé sur place, grâce à l’équipage d’un Dodge du  582 Engr. Stationné à Villers. Ces hommes abandonnèrent leur travail de pose de câbles téléphoniques près de la ferme de l’abbaye de Clémodeau pour se porter au secours de l’équipage dont un des membres avait une jambe en piteux état, touchée par un éclat de schrapnel de la DCAZ allemande. Ce B 17 faisait partie du 92nd Bomb Group.

Après maintes recherches aux Etats-Unis et avec l’aide d’un ami, j’ai correspondu avec le pilote de ce B 17, le Lt Col. Doolittle.

L’avion subit le même sort que celui de Ramelot. J’en ai gardé un petit souvenir. J’avais récupéré 200 litres d’essence pour la voiture de mon père ; c’était une aubaine à l’époque. Les derniers restes de cette forteresse furent ensevelis dans le cratère d’un V1 (robot) tombé à 100 mètres de l’avion. »

Merci beaucoup pour ces souvenirs.

La Petite Gazette du 6 août 2008

ENCORE A PROPOS DE LA FORTERESSE VOLANTE POSEE A RAMELOT

Madame Lemaire, de La Neuville-en-Condroz, se souvient également.«Figurez-vous que j’habitais la localité au moment de l’événement. J’ai bien connu les deux abbés de la Charlerie et tout spécialement Marie Godelaine qui était une ancienne élève de feu mon père. Nous étions fin septembre 1944 lorsqu’un quadrimoteur de l’U.S. Air Force se posa dans un champ situé au Nord-Est de la localité et exploité par M. Delcourt, d’Abée.Aussitôt après leur atterrissage forcé à  cause d’un manque de carburant, les aviateurs, qui rentraient d’une mission de bombardement au-dessus de l’Allemagne, se croyaient encore en territoire ennemi. Quelle ne fut pas leur surprise de constater que, dans le bois voisin, des soldats américains étaient installés, en repos, après les combats en Normandie.Le quadrimoteur géant ne manqua pas de susciter la curiosité des Ramelotois et habitants de la région.La garde de l’appareil fut confiée à des soldats U.S. ; par la suite, après leur départ, la gendarmerie s’en chargea d’une façon temporaire. Les visites de particuliers se succédèrent de plus en plus nombreuses pour découvrir mieux encore le géant de l’air. Certains emportèrent des souvenirs tels que morceaux du plexiglas protégeant le poste de pilotage, etc. Finalement, le tout devint du pillage durant les mois qui suivirent.La carcasse abandonnée, démunie de ses moteurs devint la propriété de l’O.MA., puis de l’Office de Récupération Economique. La matière dont était fait le fuselage intéressait M. Fox, ingénieur en fonderie, qui acheta l’épave. A cette époque, le métal était devenu très rare. Il faut savoir qu’à ce moment M. Fox allait réapprovisionner, dans une certaine mesure, le secteur de la fonderie. »

La Petite Gazette du 20 août 2008

ENCORE L’AVION DE RAMELOT

Monsieur Georges Wilmart, de Vierset Barse, tient lui aussi à partager les informations qu’il possède à propos de la forteresse volante de Ramelot :« Voici tout ce que je sais d’elle, « elle », c’est la forteresse volante de Ramelot que j’ai pu admirer alors qu’elle venait d’atterrir retour de la mission A.F. 662 sur Nuremberg avec 256 autres B.17.Les Américains qui montaient la garde nous faisaient comprendre qu’on pouvait visiter l’intérieur uniquement si nous étions accompagnés de nos grandes sœurs !Ce Bomb groupe appartenait au 388th commandé par le colonel Chester (1943-1945) et qui a été créé le 24 décembre 1942 aux U.S.A.Le 23 juin, ce bomb group se trouve basé en Grande-Bretagne, à Knettishall, dans le Suffolk, où il effectue sa première mission opérationnelle le 17 juillet 1943. Il comprenait quatre unités, les 560, 561, 562 et 563.Quant à la forteresse, il s’agit d’un B.17 g85B0 arrivé en Grande-Bretagne le 21 août 1944 et qui a atterri à Ramelot le 3 octobre dans un champ, le long du bois des « six bonniers ». L’équipage a été considéré récupéré le 14 novembre 1944. Grâce à de généreux conservateurs je possède une dizaine de photos de ce B.17 à des stade divers de dépeçage, dont une avec le numéro d’identification 338303 avec un H blanc sur un rectangle à fond noir et la lettre M en dessous du numéro d’identification. J’ai communiqué ce numéro de matricule à M. RiK Verhelle (N.D.L.R. un des lecteurs de La Petite Gazette féru d’aviation de guerre) car c’est, en quelque sorte, une clé qui pourrait ouvrir certaines portes à des recherches pour en savoir davantage et vérifier si mes renseignements sont exacts. J’ajoute que le manque de code sur le fuselage fait qu’il est très difficile de savoir à quel squadron cet appareil appartenait. »Un grand merci pour toutes ces précisions.

La Petite Gazette du 10 septembre 2008

LA …NON, LES FORTERESSES VOLANTES DE RAMELOT

Monsieur Rik Verhelle, de Bomal s/O, est véritablement un passionné (en plus d’être passionnant) de l’histoire de l’aviation militaire de la Seconde Guerre Mondiale. Il écrit à la Petite Gazette pour faire le point sur tous les témoignages reçus à propos de ces avions posés aux alentours de Ramelot. Vous allez ainsi juger très rapidement de l’intérêt et de la pertinence de cette communication.

« Les multiples anecdotes sur le sort des bombardiers US tombés à Ramelot et environs rendent l’histoire un peu confuse. Je précise bien « les » bombardiers car à ma connaissance trois B-17 ont effectué un atterrissage forcé dans les environs de Ramelot.

Le premier bombardier B-17 s’est posé à Ramelot le 3 octobre 1944. Grâce à un contact personnel avec M. Georges Wilmart de Vierset-Barse (voir aussi sa contribution dans de La Petite Gazette N° 34 du 21 août dernier) qui m’a refilé des infos très précieuses et très exactes sur cet événement, j’ai pu entamer quelques recherches qui m’ont livré les données suivantes: Le numéro sur l’empennage est en fait le N° de série de l’avion. Ce N° 338303 vient de 43-38303. Il s’agit donc d’un Boeing B-17G (la version G avait une coupole de 2 mitrailleurs 12.7 mm sous son nez) construit aux USA en 1943. Le carré noir fait référence au 45ème Bomb Wing de la 3ème Division de la 8ème USAF. Puisque le carré noir porte la lettre H l’avion appartenait au 388 Bomb Group du 45ème Wing. En recherchant le N° de série dans la base de données du 388ème j’ai trouvé que le bombardier appartenait au 563ème Squadron. Cette base de données m’a fourni bien d’autres renseignements particulièrement détaillés : Ce bombardier a effectué 9 missions de combat, la première étant le bombardement de  Magdeburg du 12 septembre 1944, sa dernière mission était celle du 3 octobre 1944. Le 3 octobre 1944, le 8ème USAF envoyait ses bombardiers vers la région de Frankfurt. 26 avions du 388 Bomb Group y participèrent et décollèrent de Knettishall (Suffolk – Angleterre) entre 06.30 h et 07.05 h avec Nurnburg comme objectif. Quatre appareils durent retourner pour raisons de perturbations mécaniques et la 388 continua l’assaut avec 22 bombardiers. Aucune difficulté ne fut rencontrée au dessus de la France, mais le ciel fut couvert sur l’objectif. Les bombes furent lâchées d’une altitude de 25.000 feet (8000 mètres) à 11.22 h. La formation n’a pas rencontré des chasseurs allemands, mais les tirs anti-aériens causaient des dommages importants à un appareil et 12 autres furent légèrement atteints. Deux avions ont dû quitter la formation pour aller se poser. Ce fut le cas pour l’avion 338303 (observé par M. Wilmart Georges donc) qui se posa au nord-est du village d’Abée dans les champs appartenant à M. Delcourt, près de l’endroit « Six Bonniers ». Un fait assez remarquable est que l’avion n’a pas effectué un atterrissage de détresse en glissant sur le ventre, mais qu’il a réussi à se poser, le train d’atterrissage sorti. Il parait qu’un manque de carburant l’aurait obligé à se poser. Dans l’autre avion endommagé, le 37724, l’équipage déplorait la mort du copilote, le Lieutenant Clarke. Je n’ai pas d’info sur sort de ce B-17.

Les membres de l’équipage dans l’avion 338303 furent James L. Paulson (pilote), James G. Gamble (co-pilote), A. W. Goodman (navigateur), J. C. Steely (opérateur radio), E. A. Mead (mécanicien), Fredrick L. Hall (bombardier), G. L. Mead et A. J. Miller (mitrailleurs fuselage), R. W. Rheinschmitt (mitrailleur de queue), J. 0. Watson (mitrailleur boule ventrale).

Aussitôt rentré en Angleterre, l’équipage reprendra immédiatement ses missions opérationnelles sur Bohlen 7 octobre, Cologne 14 et 15 octobre, Munster 22 octobre, et finalement Hamburg le 25 octobre 1944. Il totalisera 35 missions avant de retourner sain et sauf aux USA.

(Petit fait divers : F. L Hall est décédé le 16 mars 2008).

Le bombardier fut surveillé un certain temps par les troupes américaines et par notre Gendarmerie. A la fin de cette mission de garde l’appareil fut systématiquement pillé durant des mois. La carcasse dépecée devint la propriété de l’Office de Récupération économique et puis passa dans le patrimoine de l’Administration des Domaines. Les restes de l’épave furent finalement vendus à M. Jean Fox de Tinlot, ingénieur de fonderie, qui allait recycler l’aluminium, un métal devenu assez rare et précieux pendant la guerre.

Quant au 388 Bomb Group, il a totalisé 306 missions de combat pendant la guerre (entre le 17 juillet 1943 et le 20 mai 1945). La majeure partie de ces missions ont été effectuées en compagnie d’autres Bomb Croups de la 8ème USAF. Ces 306 missions de combat visaient principalement des cibles en France et en Allemagne, mais un certain nombre d’objectifs se situaient aussi en Belgique, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne et en Tchécoslovaquie. Mais la 388 a aussi contribué au projet très secret « Aphrodite » (19 missions) qui avait pour but le développement de B-17 comme bombes volantes téléguidées. La 388 a également accompli des missions humanitaires vers la fin des hostilités, et il a largué cinq fois des vivres sur la Hollande affamée (les missions « Chowhound »). Deux missions avaient pour but de rapatrier des prisonniers français d’Autriche vers la France. La 388 a aussi ramené des prisonniers de guerre de l’Allemagne vers la France.

Au cours de ces 306 missions de combat le 388 Bomb Group a effectué 8051 vols, il a détruit 222 avions ennemis, il a perdu 191 de ses propres avions, 524 de ses hommes ont trouvé la mort, 2 ont disparu, et 801 furent détenus comme prisonniers de guerre. Le jour le plus noir du 388 était le 6 septembre 1943 quand seulement 7 des 18 bombardiers revinrent à leur base après l’assaut de Stuttgart. Ce jour est connu comme « Black Monday » (lundi noir). » A suivre…

Ce sujet vous a particulièrement intéressés et les communications furent, à la fois, nombreuses et très intéressantes. Celle qui suit me permet de vous présenter un document très explicite qui illustre parfaitement le sort de ce B-17. Un immense merci à Monsieur Louis Résimont, de Yernée-Fraineux.

« Ci-après vous allez découvrir une photographie de cette forteresse volante de Ramelot lors de son dernier voyage vers Soheit-Tinlot car elle a bel et bien été récupérée, non pas pas un ferrailleur, mais par Monsieur Jean Fox, ingénieur. Il en fit de même avec les moteurs et d’autres carcasses comme celle d’Abée.

avion Ramelot 2

 

 

 

 

Sur cette photo, on voit bien la carlingue sur la remorque à grumes de la scierie Leclerc qui a permis le transport. Il a été pratiqué de la même façon pour chaque aile, transportée séparément vu leur longueur.

Etant moi-même dans l’équipe nécessaire à l’opération, je puis identifier les personnages suivants :

Le chauffeur, au volant, J. Collignon, ancien bourgmestre d’Ellemelle. A côté, K. Sylvestre, ancien garde-champêtre de Fraiture. Ensuite viennent M. et Mme Jean Fox et, je pense, Mlle Marthe Fox. Enfin, un autre employé de la scierie Leclerc dont, malheureusement, le nom m’échappe. Sur la carlingue, ce sont des enfants du coin qui ont pris place pour la photo. »

La Petite gazette du 17 septembre 2008

LA …NON, LES FORTERESSES VOLANTES DE RAMELOT

Retrouvons cette semaine Monsieur Rik Verhelle, de Bomal s/O, ce passionné de l’histoire de l’aviation militaire de la Seconde Guerre Mondiale. Il écrit à la Petite Gazette pour faire le point sur tous les témoignages reçus à propos de ces avions posés aux alentours de Ramelot.

« Un deuxième B-17 s’est effectivement pose près de Yernée-Fraineux (déjà signalé par M. Roger Herten d’Engis dans l’édition 28 du 10 juillet 2008). Selon les données retrouvées au Musée de l’Armée, il s’agirait d’un B-17 G appartenant lui aussi au 325 Bomb Squadron du 92 Bomb Group, et qui aurait comme N° d’immatriculation 48466 et la lettre B sur un triangle noir sur son empennage, ainsi que les lettres NV-M sur le fuselage.

L’avion était en difficultés au retour de sa mission. Une partie de son équipage sauta en parachute avant que le pilote ne pose le bombardier sur son ventre entre Yernée-Fraineux et Villers-le-Temple. Il parait que l’avion avait des sérieux dégâts après une glissade de 300 mètres sur le ventre. L’équipage a été récupéré par les troupes américaines. Je ne connais pas la date exacte de cet incident. M. Roger Herten parle de fin décembre 1944. Le Musée de l’Armée n’a pas non plus la date exacte de l’incident. On dit que ce B-17 a lui aussi été recyclé par M. Jean Fox.

Un troisième bombardier B-17 se mit par terre à Ramelot le 10 janvier 1945. Les photos publiées dans les éditions N° 25 du 19 juin et N° 29 du 17 juillet 2008 sont bien celles de l’appareil B17-G qui appartenait au 8 USAF, 1 Bomb Division, 40 Bomb Wing, 92 Bomb Group, 325 Bomb Squadron et qui portait l’immatriculation 48450 sur son gouvernail ainsi que la lettre B sur un triangle noir. Ce bombardier était basé à Poddinton Airbase (Bedfordshire en Angleterre). Le 10 janvier 1945, revenant d’une mission de bombardement sur Gymnich (prés de Cologne), suite à des difficultés, il a effectué un atterrissage de fortune dans les champs à Ramelot. L’équipage fut pris en charge par les troupes américaines, tandis que l’avion fut démantelé, et plus tard (dans les années 50 !) dépecé par la scierie Fox.

Selon les données du Musée de l’Armée au Cinquantenaire à Bruxelles, ce bombardement du 10 janvier 1945 aurait causé la perte de dix B-17 dont 9 seraient tombés sur le territoire belge. (Voir aussi à ma contribution dans l’édition N° 27 du 3 juillet 2008).

Selon Mme Lemaire de Neuville en Condroz, la scierie Fox aurait aussi recyclé les débris presque méconnaissables d’un P-61 Northrop « Black Widow » (chasseur de nuit bimoteur américain – 3 membres d’équipage), ou s’agit-il plutôt d’un P-39 Lockheed « Lightning » (chasseur de jour monoplace bimoteur américain). Un lecteur aurait-il d’autres informations relatives à cet incident ?»

Et mon passionnant correspondant de conclure par une série de questions destinées à compléter encore ses connaissances sur le sujet :

Avez-vous connaissance d’autres avions abattus (ou qui se seraient posés) dans la région ?

Y a-t-il, parmi les lecteurs de La petite Gazette, des personnes qui disposeraient de photographies ou d’autres documents concernant ces avions et qui me permettraient d’en prendre connaissance ?

Toute nouvelle donnée complémentaire est évidemment la bienvenue. D’avance, je vous en remercie chaleureusement. »

Si vous pouvez répondre à l’une ou l’autre de ces questions, je vous engage à prendre contact avec La Petite Gazette qui servira de relais.

La 84e Division d’Infanterie U.S. « Railsplitters »

La Petite Gazette du 16 janvier 2013

LÀ OÙ LES « RAILSPLITTERS » STOPPERENT L’AVANCE DE LA WEHRMACHT

Monsieur Raymond Hebrant, de Poulseur, a rassemblé ses souvenirs de gamin durant la Libération et l’Offensive, épisodes de guerre qu’il vécut dans son petit village de Bourdon. Nous suivrons son récit durant trois semaines.

« Je suis originaire de la région de Marche-en-Famenne, exactement du village de Bourdon, situé entre Hotton et la ville de Marche. Peu de livres racontent les faits de guerre de l’ancienne commune de Marenne. Les environs du village de Verdenne ont subi, en septembre 1944 et en décembre 1944, des activités militaires d’une importance capitale.

Le 6 septembre 1944, peu de temps avant la Libération de notre région, les Allemands s’attaquent à un camp de résistance se trouvant dans les bois entre Verdenne et Champlon-Famenne. Les résistants se sauvent en direction de Verdenne, plusieurs d’entre eux seront abattus dans les prés avant le village. Un des maquisards se sauve vers Bourdon, d’autres vers Marenne, pour les Allemands, ils sont passés par le village de Verdenne.

Ils les cherchent à cet endroit, plusieurs maisons seront la proie des flammes, une habitude  prise par cette armée depuis l’invasion de la Pologne. Un monument édifié près du lieu du massacre y rappelle la mort tragique de ces résistants.

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  Photo extraite du remarquable site http://www.bel-memorial.org 

Notons que ce monument rappelle également le souvenir de Joseph Coeurderoy dont La Petite Gazette a évoqué la fin tragique»

La Libération a lieu deux jours plus tard. Je me rappelle les soldats allemands passaient sur la grand-route par petits groupes, ils faisaient rentrer les gens dans leurs habitations. Les avions à double fuselage, des lightning, survolent, à basse altitude, la route Marche-Hotton, ainsi que la voie ferrée de la vallée. Début d’après-midi, les troupes américaines libèrent le village de Bourdon. A Hotton, les Allemands résistent à hauteur du lieu dit « Poteau ». Les alliés se déploient dans le village pour la nuit, Hotton sera libérée le lendemain.

La mi-septembre est arrivée, les enfants retournent à l’école, les grandes vacances sont terminées, la vie reprend son cours.

Par la radio, mes parents apprennent le début de l’Offensive dans la région de Saint-Vith. Me référant aux divers ouvrages que j’ai lus sur la Bataille, je puis dire que, le 20 décembre, les soldats américains sont arrivés à Bourdon. A cette époque, nous habitions la gare de Marenne, située à Bourdon. Le bâtiment était assez élevé. Dans un des greniers, il y avait un œil-de-bœuf donnant dans la direction de Melreux. Un gradé de l’armée demanda à pouvoir s’installer à ce poste d’observation car des rumeurs parlaient du largage de parachutistes allemands dans cette direction. Les soldats s’installèrent dans tous les endroits possibles : la gare, l’école, l’église et dans les nombreuse petites fermes du village. Ces militaires appartenaient à la 84e division d’infanterie. Cette division se nommait les « Railsplitters ».

En direction de Hotton, à environ un kilomètre de la gare se trouvent la maisonnette du passage à niveau ainsi qu’une ferme. Vu la situation, en début de soirée, les personnes habitants ces maisons ont jugé préférable de venir chez nous. Elles sont restées deux nuits à la gare. La situation ne se dégradant pas, elles sont ensuite rentrées chez elles ; jusqu’à la fin de l’Offensive l’endroit y était plus calme… »

 

 La Petite Gazette du 23 janvier 2013

LÀ OÙ LES « RAILSPLITTERS » STOPPERENT L’AVANCE DE LA WEHRMACHT

Monsieur Raymond Hebrant, de Poulseur, a rassemblé ses souvenirs de gamin durant la Libération et l’Offensive, épisodes de guerre qu’il vécut dans son petit village de Bourdon. Nous poursuivons la lecture de son récit alors qu’il est en pleine Offensive :

« Mes parents avaient préparé le nécessaire pour dormir dans la cave au cas où la situation devait empirer. La nuit suivante, alors que nous étions couchés dans la salle à manger et que, sur les quais de la gare, les sentinelles faisaient les cent pas, une explosion résonna : le premier obus venait d’exploser à une centaine de mètres de la gare. Nous sommes descendus rapidement dans les caves, suivis par tous les militaires se trouvant dans les divers endroits du bâtiment. La liaison téléphonique avec le reste de la garnison était interrompue suite à une rupture de fil produite par le déplacement en urgence. Plus tard, après l’Offensive, l’instituteur du village nous raconta que les soldats se trouvant chez lui, lui avaient dit que la gare était prise par les Allemands. Très rapidement, les points stratégiques furent minés, le passage à niveau y compris.

Durant les jours de bataille, un soldat allemand est venu à moins de cent mètres du passage à niveau de la gare ; il a été fait prisonnier, il se cachait dans un aqueduc sous la route.

Dans la plaine de la Famenne, de nombreux canons étaient en batterie ; il y en avait un non loin de la ferme tout prêt de chez nous. Dans les bois de Focagne, des trous avaient été faits pour protéger les canons. Cachés par le bâtiment de la gare, un half-track et un blindé sur pneus stationnaient en attendant une éventuelle opération.

Je me rappelle avoir écouté de la musique avec des écouteurs dans le premier véhicule. Les journées étaient plutôt calmes.

Militaire et civils, nous dormions tous dans les caves. Une fois, j’ai eu l’occasion de passer une bonne partie de la nuit dans le sac de couchage d’un militaire car il montait la garde devant le bâtiment. Le matin, je me réveillais à côté de mes parents, le transfert s’était fait très calmement ; à cet âge, on dort profondément.

Depuis plusieurs jours, nous vivions sans électricité, la bougie et la lampe à pétrole étaient nos seules sources de lumière. Nous étions dans la cave pour y passer la nuit et, tout d’un coup,  il fit clair comme ne plein jour ; les canons lançaient des obus luminescents, une opération de grande importance était en cours…

Après de durs combats, maison par maison, le château changeant plusieurs fois d’occupants, les blessés et les morts sont partout, le froid et la neige ne facilitent pas le travail des brancardiers.

Le village de Verdenne est de nouveau aux mains des Américains. Du calvaire de Bourdon jusqu’à la sortie du bois en direction du village subsiste une poche de résistance importante de la 116e Panzer Division. Les américains ont donné à cet endroit le nom de « The Pocket ».

hollogne plaque commémorative

J’ai vu de jeunes soldats allemands prisonniers, ils avaient de 16 à 20 ans. C’était triste à voir… Une jeunesse si mal utilisée pour la folie d’un système, le nazisme. Les troupes encerclées profiteront de la nuit pour s’évader. Beaucoup de véhicules sauteront sur les mines à la sortie du village de Menil-Favay, dans les champs et sur le chemin forestier allant vers Grimbièmont. Une erreur du chef de char de la colonne, le chemin à suivre pour s’enfuir n’a pas été vu à temps. »

 

La Petite Gazette du 30 janvier 2013

LÀ OÙ LES « RAILSPLITTERS » STOPPERENT L’AVANCE DE LA WEHRMACHT

Voici la fin du passionnant récit de Monsieur Raymond Hebrant, de Poulseur,  à propos de ses souvenirs de gamin durant la Libération et l’Offensive, épisodes de guerre qu’il vécut dans son petit village de Bourdon. Voici, aujourd’hui, la fin de son récit :

« Face à la chapelle de Bourdon, une grande ferme en pierre est un endroit rêvé pour se mettre à l’abri. L’armée américaine avait installé son poste de secours derrière ce bâtiment. L’accès se faisait par un chemin ayant son entrée à la route principale. Les combats s’étaient éloignés de Bourdon, les jeunes se rassemblaient où il y avait de l’animation. Venant du champ de bataille de Verdenne, les cadavres arrivaient à cet endroit en jeep ou en Dodge. Les soldats occupés à ce travil pénible empoignaient le cadavre par un bras et une jambe, lançaient la dépouille sur le camion où les corps s’amoncelaient. Lorsque le camion étaiet chargé, il prenait la direction de Marche, pour conduire les cadavres dans un cimetière provisoire.

Dès le début de l’année, les soldats américains sont partis vers d’autres lieux de combat. Les troupes anglaises sont arrivées. Cela n’était pas la même ambiance, dans la place principale du logis, un garde s’est installé. Pour aller chercher de l’eau ou pour nous rendre aux toilettes, nous ne pouvions plus passer par cet endroit, il fallait faire le tour par l’extérieur. Avec les Américains comme avec les Anglais, nous n’avons jamais eu faim : rations K, petites saucisses, pain de maïs, haricots à la tomate … sans oublier le chocolat.

Vers la mi-janvier, Gaston, un jeune homme de Bourdon, voulait aller chercher du pain à Verdenne. Beaucoup d’endroits n’avaient pas été renseignés comme zone dangereuse, vu l’épaisseur de neige qui subsistait par endroit. Il emprunta le sentier, trébucha sur un fil et déclencha plusieurs mines anti-personnel. Il fut pris en charge par l’armée et, après quelques semaines, il rentrait au village. L’incident n’avait pas été trop grave.

Le dégel est enfin arrivé, on pouvait prudemment s’aventurer sur le champ de bataille. Certains chars ne pouvaient être approchés à cause des mines. Certains endroits étaient renseignés par des panneaux « Danger ». Nous avons visité plusieurs chars : le Sherman et les deux blindés se trouvant à gauche de la route, le Panther et le Marck IV.

Au village, une seule maison a été détruite complètement, une autre a subi un dégât léger ; ce n’est pas le cas à Verdenne. Il est temps de s’intéresser aux dégâts très importants et de songer à la reconstruction. Depuis un certain temps, de nombreux habitants ont trouvé des gens charitables à Bourdon et à Marenne ; dans certaine maisons, des familles entières se sont installées. Les maisons permettent à ces sinistrés de vivre comme chez eux. Pour les personnes seules, ils vivent en société comme un membre de la famille. Cette situation perdurera plus de deux ans dans certaines familles.

Le déminage a eu lieu, un site a été désigné pour y faire sauter les explosifs. Le jour venu, la population des alentours a été prévenue, les fenêtres ont été ouvertes, l’explosion n’a pas fait de dégâts hormis un grand cratère sur le lieu de la déflagration. Tous les blindés sont découpés au chalumeau et mis à la ferraille, y compris le Sherman, les Américains ne reprenaient pas les véhicules utilisés par l’ennemi ! Le char américain se trouvant dans la prairie à l’entrée de Verdenne a été repris par un transporteur de char, un dimanche matin.

Les ruines et les tranchées des fantassins sont les derniers souvenirs de ces féroces combats.

Merci à ces G.I.’s, venus d’outre-Atlantique, ils ont donné leur vie et leur jeunesse pour combattre une doctrine nuisible portée par l’idéal d’une seule race, la race aryenne. »

La Petite Gazette provoque parfois des situations étonnantes. C’est le cas avec cet article de M. Raymond Hébrant. Jugez plutôt à la lecture de la communication de M. Francis Roufosse.

« Lors de la lecture de la dernière Petite Gazette, j’ai été très agréablement surpris de retrouver un article sur les « Railsplitters », signé par un certain Monsieur Raymond Hébrant.

Là, c’est plutôt l’auteur de l’article qui m’interpelle ! En fait, Raymond et mois étions presque voisins dans les années ’60. J’habitais un pâté de maisons plus haut que la gare et je me souviens de lui et de son frère (André, si j’ai bonne mémoire)… Ils étaient beaucoup plus âgés que moi qui n’étais, à l’époque, qu’un tout petit garçon. Puis nos routes ayant divergé, je me suis souvent demandé où il était passé. Voilà que je le retrouve cinquante ans plus tard dans La Petite Gazette !…

Je ne sais pas s’il se souvient encore de moi, mais je me rappelle qu’il m’avait une fois aidé pour un exposé que je devais présenter à l’école au sujet de l’encyclique « Rerum Novarum »…

Mais c’est si loin, tout cela !

Gare de Marenne Je me permets de vous adresser une photo de la gare de Marenne à Bourdon, où sa famille habitait, et puisqu’il en parle dans son article, une autre photo, celle du pignon de la maison de feu Christian Fautrez à Marche, passionné d’histoire de guerre, lequel y a fait peindre l’insigne de cette fameuse 84e division d’infanterie ! SAMSUNG DIGITAL CAMERA

Pour la petite histoire, notons encore à l’époque, sur les hauteurs de Verdenne, la présence d’un simple G.I. de la Compagnie « G », au 2e Bataillon du 335e Régiment de la glorieuse 84e Division d’infanterie américaine : un certain Henry Kissinger, qui deviendra, à parti de 1968, le conseiller du président Nixon… De la petite histoire dans la grande ! »

 

 La Petite Gazette du 6 février 2013

84e DIVISION D’INFANTERIE U.S. “RAILSPLITTERS”

C’est au tour de Monsieur Alphonse Grandhenry, de Dolembreux, d’intervenir sur le sujet, il vous explique pourquoi :

« C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu les souvenirs de Monsieur Hebrant, de Poulseur, qui fait mention des combats menés par la 84e division d’infanterie américaine « Railsplitters ».

Je suis particulièrement sensible à l’histoire de cette prestigieuse division américaine et à ses faits d’armes  durant la bataille des Ardennes. Mon intérêt  pour cette unité  est motivé par le fait que ce sont les braves GI’s  de son  334e régiment qui ont libéré mon village natal  (Petite Mormont – Wibrin)  le 14 janvier 1945.

L’insigne d’épaule de la 84th ID est un disque rouge bordé de vert dans lequel  figure en blanc, une hache fendant une demi- poutre. La 84th ID « Railsplitters »  (fendeurs  de poutres) est aussi connue  comme la « Lincoln Division ». En effet la plupart des  soldats la composant  provenaient des états  américains  Kentucky-Indiana et Illinois. Ces états étaient chers  au président Lincoln qui y avait passé une partie de sa jeunesse à fendre des poutres pour  fabriquer des piquets de clôtures.

La division fut activée en octobre 1942 au camp Howze (Texas) Après plusieurs périodes d’entraînement  dans divers site de manœuvres la division  embarqua  à New York en octobre 44 et  débarqua à Omaha Beach (Normandie)  le 01 nov  44. De  là elle fut envoyée en Hollande  pour attaquer la ligne Siegfried  dans les environs de Geilenkirchen.  Les trois régiments  (333-334 et 335) livrèrent de durs combats et  pénétrèrent en Allemagne.  Les Allemands bloquèrent  l’offensive  américaine et le front fut stabilisé.

Le 20 décembre  la division est  appelée en urgence dans les Ardennes pour contrer l’Offensive Von Rundstedt.  Les « Railsplitters » du 335 th Rgt  arrivent  dans les environs de Marche-en-Famenne  et installent  en urgence des positions de combat. Très rapidement les  combats  font  rage. Les GI’s arrivent à bloquer les Allemands et prennent le contrôle de Bourdon  et Verdenne  vers le 25 décembre. Fin décembre 44, la division démarre son offensive visant à réduire le saillant allemand des Ardennes.

D’abondantes chutes de neige ont recouvert l’Ardenne d’un manteau blanc d’une cinquantaine de cm. Un froid polaire règne. Les routes sont  difficilement praticables pour le charroi militaire. La division va devoir se battre  dans des conditions climatiques extrêmes auxquelles elle n’est guère préparée. Les Allemands, eux, bénéficient  de leur expérience du front de l’Est et des opérations  menées dans le nord de la Scandinavie. Pour les « Railsplitters » l’épreuve  ne se limite pas à combattre un ennemi endurci et redoutable mais  aussi à surmonter l’âpreté du climat  qui transforme les Ardennes en une sorte de « Sibérie belge ».

 

La Petite Gazette du 13 février 2013

84e DIVISION D’INFANTERIE U.S. “RAILSPLITTERS”

Nous retrouvons le récit de Monsieur Alphonse Grandhenry, de Dolembreux, qui retrace le parcours de cette unité qui libéra son village natal  (Petite Mormont – Wibrin)  le 14 janvier 1945.

« Le secteur  qui est dévolu  aux régiments  de la 84th ID est situé entre  l’Ourthe et l’Aisne  et est limité  au Nord par la RN 30. La 84e est appuyée par la 2e Division Blindée « Hell on wheels » du Général Harmon pour former le Combat Command  A. La division comprend  trois régiments soit les 333th, 334th et 335th. L’artillerie divisionnaire  comprend  quatre  « Field Artillery Battalions », deux bataillons de  tanks et deux bataillons  de « Tank Destroyer » ainsi que deux bataillons anti-aériens. S’y ajoutent, un bataillon de génie de combat, un bataillon médical, un détachement de « Counter Intelligence » et les diverses compagnies  rattachées à l’état-major divisionnaire. La Division est commandée par le Major Général Alexander R. Bolling.

Le 05 janvier 45 la Division  est regroupée à Fisenne.  Elle gagne Amonines. A partir de cette localité, sa mission doit l’amener à Dochamps  en remontant la rive droite de la rivière Aisne. Le temps  est épouvantable  et les routes  fortement verglacées sont très peu praticables pour  les véhicules.  Les GI’s sont  contraints de progresser à pied  dans  les chemins forestiers  et de crapahuter  dans une neige épaisse  pour gagner le sommet des collines  surplombant Dochamps.  Arrivés en vue du village, les « boys » sont cloués sur place par un terrible  matraquage d’artillerie. Les Allemands  résistent farouchement  et ce n’est que le  7 janvier que le village est pris.

Le 09 janvier, la 84th ID, aidée des chars du 66th Rgt, se lance à l’attaque de Samrée. Le village est  conquis  le 10 dans l’après-midi, grâce à l’appui des chars et suite à une solide préparation d’artillerie.

Le 13 janvier, c’est  Bérismenil qui l’objectif  des « boys »de la division. L’attaque du village sera exécutée  par un froid polaire et à travers une neige épaisse. Les GI’s doivent  progresser à travers  bois pour arriver  au-dessus des collines surplombant le village au Nord et de là lancer une attaque surprise. Le village  tombe en fin de journée.

Le 14 janvier  la 84thID investit le village de Nadrin par un mouvement tournant  mené par les 333th et 334 th Rgt. Le village est pris sans trop de résistance. Sur leur lancée, les « boys » investissent  Ollomont, à peine gênés par  quelques  combats d’arrière-garde. Profitant de leur lancée les GI’s progressent  vers Filly. Leur progression se fera  sans support  blindé car  les routes sont  abondamment minées. Filly est pris en fin de journée.

Toujours  sur leur élan  les  GI’s  prennent les hameaux de Grande et Petite Mormont.

L’autre aile de la division  attaque Wibrin, aidée par le 66Th Rgt  de la 2th Armored Division mais se trouve  bloquée par un solide point d’appui allemand  retranché sur la colline au sud du village. Une manœuvre tournante des chars du 66th Rgt permet de liquider le point d’appui allemand  et le village  tombe dans l ‘après-midi.

Le 15 janvier,  c’est Achouffe  qui passe sous  contrôle américain. Les Allemands  qui avaient  utilisé l’itinéraire Achouffe–Mont pour évacuer la plupart de leurs unités vers  le «Vaterland » en évitant le piège de Houffalize ont fait sauter le pont sur le ruisseau de Martin–Moulin. Le génie US  place un pont provisoire  qui permet aux unités  américaines  de poursuivre leur offensive. »

 

 La Petite Gazette du 20 février 2013

84e DIVISION D’INFANTERIE U.S. “RAILSPLITTERS”

Nous retrouvons le récit de Monsieur Alphonse Grandhenry, de Dolembreux, qui retrace le parcours d’unité qui libéra son village natal (Petite Mormont–Wibrin) en janvier 1945.

« Plus au nord, l’aile de la Division des « Briseurs de rails » qui progresse au sud de la RN30 tente de prendre  le village de Les Tailles. Elle se heurte à un solide verrou dressé par la 2e  Division SS. Les pertes sont lourdes  et la 84th est freinée dans sa progression vers Mont. Les SS ayant été remplacé par une unité moins mordante les GI’s  peuvent reprendre leur progression le lendemain et prennent le village de Dinez et, poursuivant leur élan, ils  prennent le village de Mont. La 84th  pousse jusqu’à Taverneux. De là, les GI’s se lancent à la poursuite d’un ennemi qui s’évade en menant des combats retardateurs. Cette tactique permet aux Allemands de rapatrier leurs meilleures unités à l’abri de la ligne Siegfried tout en sacrifiant des unités de moindre valeur pour freiner l’avance américaine.

Les courageux GI’s sont toujours confrontés à la rigueur d’un des pires hivers du siècle qui fait des ravages dans leurs rangs (membres gelés – affections respiratoires – accidents divers…) Néanmoins, leur avance se poursuit petit à petit en direction de Gouvy. Ils libèrent les  divers villages de part et d’autre de la RN827.

Le mardi 16 janvier, première jonction entre des éléments du 334th Rgt conduits par le lieutenant Blankenship et une patrouille de la 11e division blindée (3e armée du général Georges Patton). La rencontre historique a eu lieu non loin du moulin de Rensiwez. Une plaque commémorative est  d’ailleurs apposée sur le pan rocheux  où eut lieu l’évènement.

Le 19 janvier, les « Railsplitters » sont à Sterpigny. Ils subissent la pire tempête de neige de l’hiver 44-45. Ils bénéficient  d’un  vague repos qui  annonce  de prochains coups durs.

Le 22 janvier, c’est l’assaut vers Gouvy où ils sont à nouveau confrontés à la redoutable arrière-garde de la 9e Division SS. Les « Railsplitters », aidés par les blindés, parviennent à réaliser une manœuvre qui  bouscule  le verrou SS  et  ils emportent  le village.

Le 23 janvier,  la 84th ID mène son dernier combat de la bataille des Ardennes. Elle attaque Beho et se retrouve à nouveau en face des coriaces SS de la 9e Pz Div. Ces derniers résistent au-delà du possible  car ils  doivent à tout prix  retarder la progression américaine pour permettre aux dernières unités allemandes de regagner la mère patrie. La 84th ID conquiert enfin Beho  après de durs combats et elle en profite pour libérer le village d’Ourthe.

La campagne des Ardennes se termine  le 23 janvier pour les braves «Railsplitters ». Ils ont combattu  sans arrêt depuis le 21 décembre face à des  combattants   endurcis et  pugnaces.  Ils ont mené leur campagne dans les pires conditions climatiques  imaginables. Les vétérans de la 84th ID sont unanimes  sur  un point : « leur pire ennemi  fut le terrible hiver ardennais »

Pour les lecteurs  qui trouveront peut-être l’une ou l’autre « coquille » dans mon écrit, je dois dire que j’ai fait au mieux pour exposer la campagne glorieuse des « Railsplitters » en quelques pages. J’ai fait au plus court pour ne pas encombrer La Petite Gazette.

Avant de clôturer,  je me dois de  signaler  que la compagnie G du 335th Rgt  comptait dans ses rangs  un  soldat de première classe du nom de Henry  Kissinger.  Voici un nom qui vous dit quelque chose. En effet  ce grand diplomate fut l’un des obscurs combattants  de la glorieuse 84th ID. La campagne  des Ardennes de la Compagnie G a été  admirablement  exposée par Lambert Graillet dans son livre « Avec Henry Kissinger en Ardenne ». Ce récit  figure sur le site  www.gouvy.eu  – Histoire locale et patrimoine. Superbe ouvrage  qui met à l’honneur, non seulement  les combattants de la Compagnie G  mais aussi  la 84th ID  dans son ensemble.

Si pour beaucoup , la bataille des Ardennes est principalement centrée sur la résistance héroïque des paras US à Bastogne, on a un peu vite tendance à mettre au second plan le rôle  capital des divisions d’infanterie, des divisions blindées et des diverses unités qui  combattirent dans des conditions inhumaines et qui  jouèrent un rôle déterminant dans la réduction du saillant des Ardennes. » Grand merci à M. Grandhenry pour son récit.

 

 La Petite Gazette du 13 mars 2013

L’ÉPOPEE DE LA 84TH INFANTRY DIVISION « RAILSPLITTERS » VOUS A PASSIONNES…

C’est de Bruxelles que Monsieur Guy Blockmans se manifeste, il y lit La Petite Gazette grâce à l’aimable complicité de son ami Michel Baers, de Fanzel-Erezée. Ces deux amis sont des connaissaurs passionnés de l’histoire de l’Offensive. Mon correspondant a rédigé, pour l’OPT (l’Office de Promotion du Tourisme Wallonie-Bruxelles) « Les Routes du Souvenir », une très intéressante et très documentée brochure vous invitant à découvrir tous les sites où se développa la Bataille des Ardennes et où en sont conservé les souvenirs. J’engage les personnes intéressées à découvrir cette brochure qu’il est possible de recevoir par email grâce à un seul clic sous l’onglet « brochures» du site www.belgique-tourisme.be. Son ami, M. Baers est, quant à lui, depuis plus de 10 ans, actif en qualité de guide-historien pour la Bataille des Ardennes.

Monsieur Blockmans nous apporte un intéressant complément d’informations sur cette Cie Railsplitters :

« C’est depuis leurs batteries de Howitzer de 155 mm. Mises en position à Rabozée (entre Baillonville et Marche) que les 500 hommes du 327e Bataillon d’artillerie de campagne de la 84e Division assureront l’appui-feu aux unités de leur division.

Cette division avait, en effet, recu l’ordre d’empêcher les blindés de la 116e Panzer division de franchir la crête des collines entre Marche et Hotton.

Les Howitzer vont ainsi tirer, du 24 décembre 1944 au 3 janvier 1945, en direction de la « Poche de Verdenne », en écrasant les blindés allemands sous un déluge d’obus.

En fait, tout avait commencé le 20 décembre 1944, lorsque la 84e reçut l’ordre de quitter ses quartiers de Geilenkirchen (près d’Aix-la-Chapelle) et de faire mouvement vers Marche-en-Famenne.

Une plaque commémorative, apposée sur le mur de la chapelle de Rabozée rappelle l’action du 327e bataillon d’artillerie de campagne de la 84e Division. »

 

 

La Petite Gazette du 3 avril 2013

CETTE PLAQUE A ÉTÉ INAUGUREE EN PRESENCE D’UN VETERAN U.S.

Monsieur Michel Baert, de Fanzel, revient sur cette plaque évoquée à la mi-mars dans La Petite Gazette et nous explique ce qui explique sa présence là-bas à Rabozée.

rabozée

Cette plaque dit, en anglais et en français, « En hommage aux vaillants combattants américains du 327e Bataillon d’Artillerie de Campagne – 84e Division d’Infanterie qui prirent part à la libération de nos villes et villages lors de l’Offensive des Ardennes. Ils séjournèrent à Baillonville du 22 décembre 1944 au 3 janvier 1945″.

« En octobre 2001, je fus contacté par un certain David Kregg, de californie, qui était lieutenant et commandant en second de la batterie « A » du 327th Bataillon d’Artillerie de Campagne basée à Rabozée (Baillonville) du 21 décembre 1944 au 2 janvier 1945.

Il me demandait si je pouvais retrouver pour lui la fermière qui l’avait logé, lui et son bataillon, pendant leur séjour et qui avait préparé et servi des gaufres à ces 100 hommes, la nuit de Nouvel An. Tout ce qu’il pouvait me dire consistait à me préciser que c’était une petite ferme avec, de l’autre côté de la route, un champ dans lequel la compagnie A avait installé ses quatre obusiers de 155 mm. C’éatit au Nord de Marche et il y avait à une centaine de mètres de la ferme une grange qui a brulé le lendemain de leur départ.

C’était, biern entendu, fort peu de renseignements pour localiser l’endroit. Sachant qu’il devait tirer au-delà de Marche et de Verdenne pour essayer de bloquer l’avance des chars de la 116e Panzer Div. Allemande, j’ai commencé une tournée des villages et hameaux se situant entre 5 et 8 Km. au Nord de Marche.

En septembre 2002, j’ai eu un coup de chance. Ayant écrit au Cercle Historique de Baillonville, je fus mis en rapport avec M. Fernand Fisse, dont le père était le bourgmestre de Rabozée à l’époque. Fernand se rappelait très bien qu’il y avait des canons dans leur jardin qui tiraient par-dessus leur maison et dont l’officier en charge consultait ses cartes sur la table de leur cuisine. Il se souvenait aussi de la grange qui avait brûlé plus bas dans la rue (c’était la leur) et d’autres canons, eux aussi plus bas dans la rue. (Nous avons pu, par la suite, vérifier que c’était la batterie « C » qui occupait le jardin du bourgmestre et que la batterie « A » était bien installée en face de la ferme située au bas de la ferme.

J’ai envoyé alors un courriel à Dave pour lui dire que j’avais trouvé et que la commune de Somme-Leuze avait marqué son accord pour le placement d’une plaque commémorative à Rabozée. Je lui ai demandé, en même temps, s’il serait disposé à venir inaugurer cette plaque lors du 60e anniversaire de la bataille, en 2004. Sans hésitation, il m’a donné son accord. Une quinzaine plus tard, il m’envoyait ce message : « Est-il vraiment nécessaire d’attendre 2004 ? Après tout, j’ai 82 ans ! »

Après l’accord de la commune, en juin 2003, le 1er lieutenant David Kregg, accompagné de la veuve et de la fille du Capitaine Otis Dillon qui était le commandant de la batterie « A », furent accueillis à Somme-Leuze par les autorités communales et militaires, un représentant de l’Ambassade des USA, des représentants des vétérans belges et les enfants des écoles. La plaque fut apposée sur le mur extérieur de la petite chapelle située entre les batteries A et C.

Monsieur Fisse avait retrouvé la fermière qui vivait alors à Gembloux et la « Dame aux gaufres » lui avait, une nouvelle fois, préparé de bonnes gaufres qu’il put partager avec elle chez M. Fisse.

Dave revint encore en 2004 lors des cérémonies du 60e anniversaire et la commune le fit alors « Citoyen d’honneur de Baillonville »