LES 10 « KIWI’S » DU CIMETIERE MILITAIRE DE HOTTON par Rik VERHELLE

Note de La Petite Gazette : Ce remarquable article n’a pas été publié dans la version « papier » de cette chronique et ne pourra l’être en raison de l’espace réduit qui lui est, aujourd’hui, réservé dans le journal mais son intérêt méritait largement qu’il figure dans lapetitegazette.net

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Le cimetière militaire de Hotton

Que la Seconde Guerre mondiale ait particulièrement frappé Hotton n’est un secret pour personne. Plusieurs endroits dans la commune nous témoignent de la brutalité du conflit, par exemple le cimetière britannique où reposent 666 militaires, dont 21 inconnus, tous appartenant au Commonwealth, c’est-à-dire l’ensemble des états et territoires issus de l’Empire britannique. De ses 666 tués au combat, 340 appartiennent aux forces terrestres, 325 sont des aviateurs et 1 était correspondant de guerre.
Les nationalités se répartissent comme suit : 526 Britanniques, 88 Canadiens, 41 Australiens, 1 Polonais, et 10 Néo-Zélandais.

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Contrairement à ce que l’on prétend parfois, ce cimetière militaire n’est pas lié à la Bataille des Ardennes, beaucoup de victimes sont tombées pendant cette épisode de la guerre, mais pas tous; on y trouvera aussi des victimes du début de la guerre.
Si d’aventure vos pas vous mènent à Hotton, rendez-vous au cimetière britannique, le sacrifice de ces 666 jeunes gens mérite bien un instant de recueillement. Restez un moment, asseyez-vous près d’eux, dites une brève prière à la grâce de ces héros, nos libérateurs. Leurs sépultures nous enseignent que la paix et la liberté n’ont pas été gratuites …

Dans cet article, j’aimerais vous entretenir de dix d’entre eux, les dix aviateurs Néo-Zélandais.  Qui sont-ils ? D’où venaient-ils ? Quels sont les circonstances de leur mort ?

 

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Leur pays d’origine

Ces dix jeunes aviateurs venaient d’un pays de l’autre bout du monde, la Nouvelle Zélande. En anglais, on l’appelle New-Zealand, en Maori « Aotearoa ». C’est un pays de l’Océanie, au sud-ouest de l’Océan Pacifique, constitué de deux îles principales et de nombreuses îles beaucoup plus petites. Son plus proche voisin, l’Australie, se situe à environ 2.000 km, la Nouvelle-Zélande est donc très isolée géographiquement. Sa population est majoritairement d’origine européenne (Les Européens y débarquèrent seulement en 1642), tandis que les Maori (population d’origine) forment la minorité la plus nombreuse.

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La superficie totale est de presque 270.000 km², soit un peu moins que l’Italie et un peu plus que le Royaume-Uni, ou environ neuf fois la superficie de notre pays.
Ancienne colonie britannique jusqu’en 1840, dominion en 1907, puis complètement indépendante depuis 1947 en tant que Royaume du Commonwealth, la Nouvelle-Zélande maintient de forts liens avec le Royaume-Uni, ainsi qu’avec l’Australie.
La Nouvelle-Zélande est une monarchie constitutionnelle. Le monarque du Royaume-Uni, la Reine Élisabeth II, est le chef d’État de la Nouvelle-Zélande. Cependant la Reine « règne mais ne gouverne pas »; elle n’a aucune influence politique, sa fonction étant surtout symbolique. En pratique, elle est représentée par un Gouverneur général qui détient le pouvoir exécutif.

D’où vient leur surnom « KIWI » ?

L’isolement géographique de la Nouvelle-Zélande a permis le développement d’une flore et d’une faune endémiques (qui n’existe nulle part ailleurs) très riches et variées, allant des kaoris (conifères géants) aux insectes weta (insecte géant) et en passant par les kapongas (fougère géante) et le kiwi. Ce dernier est un véritable symbole en Nouvelle-Zélande, il figure notamment sur les pièces de 1 dollar néo-zélandais. Les Zélandais eux-mêmes y sont très attachés, à un point tel que le terme de « Kiwi » signifie également dans ce pays « Néo-Zélandais » et désigne ainsi les Zélandais eux-mêmes.
Le Kiwi, l’Apteryx (du grec ancien et signifiant «sans ailes» et francisé en aptère), est un oiseau d’une taille variant entre 35 et 65 cm. Ses ailes sont rudimentaires, atrophiées. Ses pattes sont assez courtes et vigoureuses, et ils sont dépourvus de queue. Leurs plumes, généralement brunes et relativement peu nombreuses, ressemblent à des poils.5.Oiseau Kiwi.jpg Les kiwis sont des oiseaux timides, nocturnes et disposant d’un sens aigu de l’odorat, ce qui leur permet de trouver leur nourriture. Ils se nourrissent en enfouissant leur long bec dans le sol à la recherche de vers, d’insectes, et de fruits tombés au sol, mais aussi de petites écrevisses ou d’amphibiens tels que les grenouilles. Le kiwi a une durée de vie atteignant 30 à 35 ans. Actuellement il est menacé d’extinction.

Un fruit, le kiwi, porte leur nom. Sa culture se développant en Nouvelle-Zélande à partir de 1953, les Néo-zélandais l’appelèrent donc « Kiwi », sa peau velue rappelant celle de l’oiseau du même nom, emblème du pays.

Que faisaient-ils dans la RAF ?

Pour les Néo-Zélandais, s’associer en temps de crise avec les Anglais était perçu comme naturellement évident, voir même nécessaire. Leurs relations internationales sont caractérisées par une politique d’apaisement et le rejet total de fascisme et la dictature. Dans les années 30 et 40, tout comme en 1914, il était considéré qu’une menace contre la Grande-Bretagne constituait aussi une menace contre la Nouvelle-Zélande.

Lorsque la guerre éclatait, la Royal New-Zealand Air Force (RNZAF) était mobilisée et il était fait appel aux volontaires pour rejoindre ses rangs pour la durée du conflit. A ce moment-là, 550 Néo-Zélandais servaient déjà au sein de la RAF. Mais comme les Britanniques estimaient qu’il fallait disposer de 20.000 pilotes et de 30.000 autres aviateurs pour faire face aux hostilités, ils sollicitèrent l’assistance des pays du Commonwealth. La Nouvelle-Zélande s’est engagée pour livrer, chaque année, 880 pilotes entrainés. Plus tard, ce nombre a été revu vers 2000. Ainsi, dès 1940, 7000 Néo-Zélandais partaient au Canada pour y être formés comme pilote, navigateur, bombardier, opérateur-radio, ou mitrailleur aérien, avant de rejoindre leur unité opérationnelle en Angleterre.     Leur âge moyen était de quelque 21 ans, et on attendait d’eux qu’ils accomplirissent 30 missions opérationnelles avant d’être démobilisés.

La RAF comptait sept escadrons essentiellement composés de Néo-Zélandais, deux au sein du Bomber Command (75ème et 487ème), trois au sein du Fighter Command (485ème, 486ème, et 488ème), et encore deux sous commandement du Coastal Command (489ème et le 490ème). Mais la majorité des aviateurs Néo-Zélandais servant avec la RAF n’étaient pas incorporés dans ces escadrons Néo-Zélandais, mais ils volaient dans des équipes mixtes de Britanniques, Canadiens, Australiens et Sud-Africains comme il était le cas dans la plupart des autres escadrons.

De tous les aviateurs du Bomber Command tués pendant la guerre, 72% étaient des Britanniques, 18% étaient des Canadiens,  7% étaient des Australiens et 3% étaient des Néo-Zélandais. Des 6000 Kiwis ayant servi au sein du Bomber Command, presque un tiers (1850) seront perdus – un nombre important, mais encore plus impressionnant quand on réalise que la population de la Nouvelle-Zélande ne comptait pas plus que 1.6 million d’âmes.

Dix de ces héros reposent à Hotton           

F/Lt Madden
Flight Lieutenant Brian Minden MADDEN était né à Wellington le 02 novembre 1919. Il vivait comme célibataire avec ses parents à Remuere (Auckland). Avant de rejoindre la RNZAF, il gagnait sa vie comme comptable dans un bureau d’affaires juridiques.
Madden commandait le B-Flight de 610 RAF Squadron sur Spitfire Mk XIV. Il mourut le 18 décembre 1944. Dans le rapport de mission de cette journée, on lit que le 610 RAF Squadron décollait de sa base à Lille à 09.20 hr pour aller patrouiller dans la région d’Arnhem et Trier. A 16.000 pieds, ils se lancent à la poursuite de huit Messerschmitt Bf-109 mais ils les perdent dans les nuages. Plus tard, ils rencontrent seize Focke-Wulf FW-190 et ils les engagent dans les nuages, mais sans trop de succès d’ailleurs à cause de la très mauvaise visibilité. De retour à leur base à 11 heures, il est constaté que F/Lt Madden manquait.

Lors d’une patrouille, lorsqu’il attaquait un V-1, il tomba à court de munitions.

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Alors, il se mit en position à côté de la bombe et il tenta de la faire basculer en la soulevant avec la pointe de l’aile de son Spitfire. La bombe se redressait d’elle-même lors des deux premières tentatives, mais elle était enfin renversée au 3ème essai et alla s’écraser dans une forêt.
F/Lt Madden est crédité avec six victoires aériennes sur bombes volantes V-1.
F/Lt B. M. Madden repose à Hotton dans la tombe VIII-B-12. Il est mort à 25 ans.

F/Lt Whaley
Flight Lieutenant Patrick Noel WHALEY venait de l’Auckland (NZ).
Il était pilote d’un Spitfire Mk XIX, immatriculé PL919, au sein du 541 RAF Squadron. Cette unité avait comme mission d’effectuer des reconnaissances photographiques au-dessus du territoire ennemi. Ces Spitfires n’étaient pas armés et ils portaient trois caméras, deux verticales et une en position oblique. La vitesse maximale atteignait plus de 700 Km/hr, et leur vitesse de croisière était de 430 Km/hr à une altitude de 13.000 mètres. Ils étaient en plus équipés d’un réservoir supplémentaire qui leur permettait d’opérer dans un rayon d’action de 2.250 Km. Les cockpits étaient pressurisés.

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Le Spitfire du F/Lt Whaley a été abattu le 24 décembre 1944, probablement dans la région de Bleialf à 10 km au ONO de Prüm (Rheinland-Pfalz, Allemagne). Le pilote a d’abord été enterré à Bleialf, puis au cimetière militaire américain à Foy (Bastogne), et ensuite au cimetière britannique à Bure (15 Km au NO de St-Hubert). Finalement il trouvera sa demeure définitive à Hotton où il repose actuellement dans la tombe VIII-F-12. Il avait 24 ans.

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F/Lt Whaley était porteur de la distinction honorifique « Distinguished Flying Cross ».
(La DFC est une décoration britannique attribuée « pour un ou des actes de vaillance, de courage ou de dévouement accomplis en vol, au cours d’opérations actives contre l’ennemi ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, un critère commun d’obtention de la DFC était la destruction en vol de cinq avions ennemis, ou faits d’armes équivalents).           
SqL Rabone 
Squadron Leader (équivalent du rang de Major) Paul Watling RABONE est né à Salisbury, en Angleterre, le 2 mars 1918, mais il grandit à Kairanga (Wellington, en NZ) où il devient fermier. Il était marié avec Pamela Barbara.
En avril 1938, il devient réserviste après avoir obtenu une licence de pilote privée et il s’engage dans la RNZAF. Après sa formation, Rabone rejoint l’Angleterre en février 1939.
Affecté au Squadron 88, il vole sur bombardier léger Fairey Battle et s’installe en France avec le Corps Expéditionnaire Britannique lors de la déclaration de guerre. Le 10 mai, le premier jour de l’invasion allemande à l’Ouest, le Squadron effectue son premier raid en attaquant des troupes au Luxembourg. Rabone effectue 16 missions avant que le Squadron ne soit rapatrié en Angleterre le 15 juin 1940. Au cours de ces combats, il a été abattu deux fois, la première fois son équipage et lui-même atterrissent derrière les lignes après avoir sauté en parachute. Après avoir volé des vêtements civils, ils rejoignent une colonne de réfugiés et parviennent à gagner Dieppe. La seconde fois, le 12 juin, ils sont abattus par un Messerschmitt 109 alors qu’ils sont en train de bombarder un pont sur la Seine et ils parviennent à sauter en parachute.

A la mi-août 1940, Rabone se porte volontaire pour le Fighter Command et se trouve affecté au Squadron 145. En pleine Bataille d’Angleterre, il remporte sa première victoire le 12 octobre en abattant un Me-109. Deux semaines plus tard, il rejoint le Flight 422, une unité spéciale. Rabone abat un autre Me-109 le 6 novembre. Le Flight 422 Flight est alors agrandi et devient le Squadron 96 en début décembre 1940. Rabone remportait sa première victoire de nuit le 22 décembre 1940 en faisant plonger un bombardier Allemand en mer du coté de Blackpool.

Rabone est promu flight commander. Lui et son mitrailleur rencontrent un problème moteur le 13 avril 1941 mais ils parviennent à sauter de leur avion Défiant alors qu’ils se trouvent au-dessus de Peak District. En juillet 1941, Rabone prend le commandement du Flight 1451, opérant du Havoc équipé d’un projecteur et dont la mission consiste à éclairer des appareils ennemis afin que des chasseurs monomoteurs parviennent à leur tirer dessus. Les Havoc sont aussi équipés de radar destinés à permettre la recherche des appareils allemands. L’expérience se révèle cependant peu fructueuse en termes de résultats et l’expérience est abandonnée rapidement.

Mis au repos en octobre 1941, Rabone retourne en opérations en août 1942 et rejoint le Squadron 488 comme flight-commander sur Bristol Beaufighter après avoir effectué un bref passage au Squadron 256 et au Squadron 29. Affecté outre-mer en avril 1943, Rabone s’envole pour Malte où il rejoint le Squadron 23 équipé de Mosquito, et avec l’un desquels il effectue des raids sur les voies de ravitaillement dans le Sud de l’Italie.

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Au cours d’une mission dans le secteur de Rome, il attaque un convoi routier avant d’endommager trois Cant 506 (hydravion italien) au mouillage dans le Lac Bracciano. Le 15 août 1943, Rabone vole sur un Spitfire pour emmener des pièces de rechange sur un aérodrome situé près de Palermo. Au retour, il abat en chemin un Junkers-88 qui tombe en mer après une course poursuite de 17 kilomètres.

L’unité débarque en Sicile au début septembre où Rabone conduit une mission intruder sur l’aérodrome de Grosseto. Lors de ce raid, Rabone détruit un Junkers-88, un Heinkel-111 et endommage un autre appareil du même type. A la fin de son tour d’opérations, Rabone retourne en Grande Bretagne en novembre et reçoit la DFC le 25 janvier 1944 avec 6 victoires à son actif.

Après avoir occupé des fonctions d’instructeur pendant 3 mois, il rejoint la Squadron 515 pour effectuer des missions d’intrusion au-dessus de la France et de l’Allemagne. Le 21 juin 1944, Rabone remporte la première victoire de jour de l’unité en abattant un Messerschmitt-110 alors que celui-ci décolle d’un aérodrome. Le 30, à nouveau de jour, il abat un Heinkel-111 qui s’apprête à atterrir ainsi qu’un Junkers-34 qui est en approche de l’aérodrome. A la mi-juillet, il rejoint le Squadron 23 qui est rentré de Malte.

Rabone décolle le 24 juillet 1944 pour attaquer des objectifs situés au Nord-Ouest de l’Allemagne mais son avion, le Mosquito immatriculé HR 236, ne rentre pas de cette mission. Son corps et celui de son navigateur sont rejetés sur la côte à Helgoland Island 3 mois plus tard et enterrés sur place. Après la guerre, le corps est de Rabone est ré-enterré au cimetière britannique à Hotton où il repose dans la tombe XI-C-8.  La dépouille de son navigateur, F/O Frederick C. H. JOHNS, a été enterrée en Allemagne au Hanover War Cemetery, tombe 10-E-9.

SqL Rabone et F/O Johns sont porteurs d’une distinction honorifique britannique, le Distinguished Flying Cross. Rabone avait 26 ans quand il mourut.

W/O Mc Gregor
Warrant Officer Ronald Gregor McGREGOR était né à Auckland (NZ) le 31 juillet 1921. Il gagnait sa vie comme travailleur dans le secteur de l’osier. Il s’est engagé comme volontaire à la RNZAF en juillet 41 et il a rejoint le Canada en octobre 41 où il a obtenu son brevet de pilote en février 42. Rattaché à la RAF, il rejoint l’Angleterre en mars 42 et volera sur Spitfire. En août 44, il est converti sur Hawker Typhoon et volera lors de 40 missions de combat au sein du 247 RAF Squadron.
Le 31 décembre 1944, à la veille du nouvel an, à 11.20 heures, huit Typhoons équipés de réservoirs supplémentaires largables décollaient de leur base à Eindhoven pour effectuer une patrouille armée en profondeur vers la région de Hanovre.

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Lors de l’attaque d’une locomotive, deux avions dont celui de McGrégor se trouvèrent isolés de leur formation, et ils ont été assaillis à leur tour par trois Focke-Wulf 190. A 11.30 heures, le Typhoon NM399 piloté par F/O McGregor était abattu et il s’est écrasé dans une zone boisée au Kattenvenner Moor, à 5-10km au SE de Ladbergen (Allemagne) et où il a explosé à l’impact.
Immédiatement après sa victoire, le pilote allemand a été descendu à son tour par l’autre Typhoon.

Après la guerre, le corps de McGregor a été exhumé du cimetière allemand de Ladbergen et temporairement transféré au cimetière américain à Neupré. Actuellement, F/O McGregor repose au cimetière militaire britannique de Hotton dans la tombe VIII-C-6. Il n’avait que 23 ans quand il mourut.

Sgt Wade
Sgt Horton Nielsen WADE est originaire d’Eltham (Taranaki, NZ).
Il était le navigateur à bord d’un bombardier lourd du type Short Stirling, immatriculé BF565 (HA-H), appartenant au 218 Squadron du Bomber Command et qui avait sa base à Downham Market en Angleterre.
12-short-stirling Bombardier lourd : le Short Stirling

Dans la nuit du 29/ 30 mai 1943, 739 bombardiers avaient la mission d’aller pilonner la ville de Wuppertal, ceci dans le cadre de la Bataille du Ruhrgebiet.
Le bombardement a été qualifié de particulièrement effectif car d’énormes incendies se développèrent dans les rues étroites de la vieille ville. Il est même probable que l’intensité du feu ait produit la première de ce qu’on appellera plus tard « tempête de feu ». Les ravages étaient terribles : environ 500 hectares détruits par le feu. Cinq grandes usines, 211 bâtiments industriels, et 4000 maisons avaient été complètement anéantis. Et cette tragédie avait exigé 3400 vies humaines.   Jusqu’ici, l’assaut de Wuppertal fut le raid le plus meurtrier et le plus dévastateur depuis le début de la guerre.

Côté britannique, ce raid se solda par la perte de 33 bombardiers ou 4,6% de la force. Le Sterling immatriculé BF565 était un de ces bombardiers qui ne sont pas revenus. Au-dessus de la Belgique, il a été intercepté par un chasseur de nuit et il s’est écrasé dans un champ près de Kettenis, à 2 km NNE d’ Eupen. Aucun des sept membres de l’équipage n’a survécu. Trois d’entre eux, dont Sgt H. N. Wade, sont enterrés au cimetière britannique de Hotton. Les corps des quatre autres victimes, dont un autre Néo-Zélandais, le Sgt mitrailleur aérien D. P. Strong,  n’ont jamais été retrouvés.
Sgt H. N. Wade repose dans la tombe VII-C-12. Au moment de mourir il avait 30 ans.

L’équipage du Lancaster HK564
Dans la nuit du 12 au 13 août 1944, le Bomber Command avait reçu plusieurs missions de bombardement. Une de ces missions visait Rüsselsheim avec 287 bombardiers lourds (191 Lancaster et 96 Halifax) et l’objectif à toucher était l’usine Opel qui construisait des moteurs.
13-avro-lancasterBombardier lourd, le « Avro Lancaster » 

Cette unité de production s’en sortait sans trop de dégâts importants ; un rapport allemand relate que seulement l’unité des pneus et quelques unités d’expédition et de transport, ainsi qu’une centrale électrique avaient été touchées, et que la plupart des explosifs seraient tombés dans les champs au sud de l’usine.
Côté britannique, les pertes étaient plutôt lourdes : 13 Lancaster et 7 Halifax (soit 6,7%  des forces engagées).

Un de ces avions perdus était le Lancaster immatriculé HK564 (AA-P) appartenant au 75 Squadron du Bomber Command. Son équipage était composé de six Néo-Zélandais et un Britannique. Le bombardier a été intercepté vers 23.40 heures par un chasseur de nuit au nord du Luxembourg, au-dessus de Lieler. Seul le navigateur a pu quitter l’avion en parachute, mais il s’est tué tout de même. Les six autres membres de l’équipage ont péri dans l’avion qui a explosé à l’impact près d’Ouren en Belgique.
Toutes les victimes sauf une (le navigateur) ont été enterrées dans une tombe collective à Ouren. Après la guerre, leurs restes ont été transférés au cimetière britannique à Hotton où ils reposent dans la tombe collective VI-G-1 à 6.
Il s’agit de

1. P/O Mulcahy
Pilot Officer Cyril Desmond MULCAHY est né à Takapau (Wellington, NZ). Il a rejoint la RNZAF en juillet 1942. Il a obtenu son brevet de pilote au Canada en mai 1943. Ensuite, il a été incorporé au 75 Squadron en Angleterre.
La nuit du 12/13 août il était pilote et commandait le Lancaster abattu. C’était sa 9ème mission. Il avait 21 ans quand il mourut.

2. P/O Elvin
Pilot Officer William ELVIN est né à Wanganui (Wellington, NZ) et était marié à Elva Mahala. Il était l’opérateur-radio de son équipe, il avait 22 ans au moment de sa mort.

3. F/Sgt Thomson
F/Sgt Edward Leonard THOMSON est né à Christchurch (Canterbury, NZ). Il était le viseur-bombardier de l’équipe. Avec son âge de seulement 20 ans, il était le plus jeune membre de l’équipage.
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Les six tombes de l’équipage du Lancaster HK 564

4. F/O Hazard

F/O Whelan Fellon HAZARD était le navigateur de l’équipage. Il était le seul à avoir réussi à quitter le bombardier avant qu’il ne s’écrase. Son parachute a bien fonctionné, mais il a tout de même été découvert mort, toujours attaché dans son harnais de parachute et suspendu dans un arbre. Lui aussi n’avait que 20 ans. F/O Hazard est le seul qui ne repose pas avec les membres de son équipage; il a été enterré dans un cimetière britannique en Allemagne, le « Reichswald Forest Cemetery » où il repose dans la tombe 1-D-14.

5. F/Sgt Wright
F/Sgt John Herbert WRIHT est originaire de Taranaki (New Plymouth, NZ). Il était un des mitrailleurs aériens à bord du bombardier. Il avait 26 ans.

6. F/Sgt Johnston
F/Sgt Haig Douglas JOHNSTON vient de Balclutha (Otago, NZ). Lui aussi était un des mitrailleurs aériens de l’équipage. Il avait 27 ans.

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Symbole figurant sur chaque tombe néo-zélandaise

7. Sgt Parker (RAF)
Sgt Robert R. S. PARKER était l’ingénieur de bord/mitrailler aérien. Il n’est pas Néo-Zélandais mais bien né en Angleterre. Cependant, puisqu’il faisait était dans équipe avec les Néo-Zélandais, il est repose avec eux à Hotton dans la même tombe collective VI-G-1 à 6.

Quand vous vous dirigez d’Ouren vers Weiswampach (Luxembourg), exactement à la frontière et en face d’une chapelle, vous rencontrez un monument à la mémoire des 13 aviateurs tués. 13 en effet, car en cet endroit deux Lancaster ont été abattus dans la nuit du 12 au 13 août 1944. Dans l’autre Lancaster, le ME596 appartenant au 61 Bomber Command Squadron, il y avait six victimes (4 Britanniques et 2 Canadiens) et un rescapé (Canadien) qui a été fait prisonnier de guerre. Ce mémorial a été inauguré le 13 mai 2004.

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Précisions de l’auteur

Une bibliographie n’est pas jointe car trop longue à publier.
Des informations peuvent être obtenues sur demande auprès du rédacteur de cet l’article.

Rik Verhelle     
Rue d’Izier 74, boîte 13
6941 Bomal-sur-Ourthe (Durbuy)
rikverhelle@skynet.be

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