UN HÔPITAL DE LA CROIX ROUGE A MARCHE-EN-FAMENNE (MAI 1944- JUILLET 1945)

La Petite Gazette du 5 décembre 2012

L’HOPITAL DE LA CROIX ROUGE A MARCHE-EN-FAMENNE EN JUIN 1945

Monsieur Francis Roufosse, de Marche-en-Famenne, est également un de ces lecteurs n’hésitant jamais à partager ses découvertes avec La Petite Gazette. Aujourd’hui, il nous présente un témoignage relatif à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

« Je me permets de vous présenter un petit recueil de photos trouvé sur une brocante.

La couverture porte le titre suivant, imprimé en rouge : « Croix Rouge de Belgique – Hôpital Auxiliaire n° 13 – Marche-en-Famenne 1945 » ; il est daté du 16 juin 1945 et contient une douzaine de grandes  photographies collées montrant des vues intérieures de l’établissement hospitalier. En effet, à partir du 23 mai 1944, au lendemain du bombardement catastrophique du train de munitions à Marloie, la Croix Rouge a occupé les locaux de l’Institut Notre-Dame de Marche, et ce jusqu’à fin juillet 1945.

La couverture du livret porte des signatures à l’encre, dont certaines plus lisibles que d’autres : Reine Glasmacker, A. Brasseur, Collin Albert, G. Charlier, Doppagne, M. Roufosse (le même patronyme que le mien ; c’est ce qui m’a interpellé).

hôpital marche

Sur une photo de groupe d’une soixantaine de personnes, j’ai cru reconnaître, au centre, l’ancien docteur Ledoux (surnommé le médecin des pauvres et père du docteur Philippe Ledoux, décédé dernièrement).

hôpital marche 2

Sur une autre vue, on distingue un tableau où sont inscrits à la craie des noms (malheureusement en partie cachés par les têtes des infirmières) : « Salle n°1 : Melle Glasmaker, Minette Jacquemin, Pola Fontaine, Van der Stappen, Roufosse… Salle n°2 : Mme Dormal, Melle Bodart, Melle Rondeau, Verbrugge, Gillet… Econome : Melle de Villermont. Salle d’opération : Dr Duckerts, Dr Gillet, Dr Van Dooren, Dr Cohrs, Melle de Geyter… » etc.

hôpital marche 3

Si ces noms ou ces photographies pouvaient éveiller quelques anciens souvenirs auprès de « survivants » ou de leurs descendants, ce serait magnifique ! » D’avance, un grand merci

La Petite Gazette du 9 janvier 2013

A PROPOS DE CET HOPITAL  DE LA CROIX ROUGE A MARCHE-EN-FAMENNE EN JUIN 1945

Monsieur Francis Roufosse, de Marche-en-Famenne, nous en a parlé dernièrement en illustrant son propos d’intéressantes photographies. Aujourd’hui, il revient sur le sujet avec un témoignage qu’il a récolté grâce à l’évocation publiée dans La Petite Gazette.

« Dernièrement, m’écrit-il,  j’ai eu un entretien téléphonique très intéressant avec Monsieur C. d’Aisne qui m’a dit avoir séjourné dix semaines en 1945 dans cet hôpital de fortune.

croix rouge marche

Voici ce qu’il m’a relaté : «J’avais 10 ans à l’époque. Suite à l’explosion d’un détonateur,  j’avais eu la main gauche arrachée et comme les hôpitaux des alentours étaient tous surpeuplés,  j’ai été dirigé vers l’hôpital de Marche et ensuite vers celui du pensionnat des sœurs de Notre-Dame.

Il y avait environ 160 lits, le tout disposé sur les trois étages de l’établissement. Moi-même, je  séjournais  au dernier étage «à côté de la gouttière». Je me souviens que la grande salle était partagée en deux (les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, comme à la messe), le tout séparé par une grande tenture qui vraisemblablement était le grand rideau de la salle de spectacle. Je me souviens aussi d’un certain docteur Duckerts.

croix rouge marche 2

Les religieuses qui s’occupaient de l’hôpital étaient très gentilles et, du fait que j’étais plein de vitalité, elles tâchaient de m’occuper comme elles le pouvaient ; par exemple en me faisant découper de grandes bandes de gaze que je repliais pour les transformer en pansements. Ceux-ci étaient ensuite stérilisés par les infirmières.

Lorsqu’il faisait bon, le personnel infirmier sortait tous les brancards à l’extérieur pour faire profiter les malades de la chaleur bienfaisante du soleil. Ma distraction préférée était aussi de voir les  pompiers de Marche venir nettoyer leurs camions et remplir leurs citernes à l’aide de grands tuyaux qu’ils plongeaient dans la Marchette.

On n’allait pas se promener du côté du Fond des Vaulx, mais en face de l’hôpital, en passant devant un grand crucifix, on empruntait souvent un petit sentier qui grimpait le long du talus jusqu’à la ligne de chemin de fer.

Beaucoup de blessés arrivaient de tous les coins. Même du côté de Malmedy ou de Saint-Vith. Et comme beaucoup ne parlaient que l’allemand et… le wallon (!), les infirmières m’appelaient alors et c’est moi qui servais d’interprète ! »

 

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