LA CROIX DE CHAUMONT A DOLEMBREUX

La Petite Gazette du 23 février 2011

CONNAISSEZ-VOUS CETTE CROIX A DOLEMBREUX ?

Monsieur Ludovic Delcourt, de Dolembreux, est passionné par les réalités passées et actuelles de son village et, pour vous en convaincre, il vous suffit de visiter le site www.dolembreux.be. Vous y retrouverez notamment les nombreuses informations glanées par les lecteurs de La Petite Gazette à propos de l’aérodrome de Dolembreux. Aujourd’hui, Monsieur Delcourt s’intéresse à l’un des éléments du petit patrimoine de son village et espère que vous pourrez l’aider aussi efficacement que lors de son premier appel.

Parmi les lecteurs se trouvera-t-il quelqu’un susceptible d’aider à l’identification de cette croix et possédant les informations expliquant pourquoi elle a été dressée sur son socle en pierre dans une prairie de Dolembreux (Chaumont). Elle se situe à 30 mètres de la rue d’Esneux sous des arbres, près du lieu dit « trou de Jacques« .
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Le regard attentif de ceux qui s’approchent de cette croix découvre que quelques mots y sont gravés maladroitement. On distingue effectivement les propos suivants :  » on a pas besoin des … » Ces mots sont-ils contemporains de l’érection de cette croix ? Ont-ils eu une suite ? la connaissez-vous ? Bref, tout ce que vous savez sur ce témoin du petit patrimoine de Dolembreux nous intéresse. Aurez-vous la gentillesse de nous communiquer ces renseignements ? D’avance un tout grand merci.

La Petite Gazette du 9 mars 2011

LA CROIX CHAUMONT A DOLEMBREUX

Monsieur Albert Etienne, président de la commission Patrimoine de Sprimont, nous donne tous les renseignements souhaités sur cette croix. Je l’en remercie très chaleureusement.

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« La croix de Chaumont qui tient son nom du lieu-dit voisin « so tchâmont » se situe dans une prairie à 50m en retrait de la rue d’Esneux. Ombragée par 3 chênes remarquables, on y accède par le sentier n°162 qui se dirige vers le cimetière et qui prend naissance entre les immeubles n° 54 et 56. Il s’agit d’une croix en bois (Haut 180cm, Larg 89cm, ép 6,5cm). Rigidifiée par 3 volutes en fer forgé, elle repose sur un socle galbé en pierre calcaire de base carrée et d’une hauteur de 75cm avec la date 1843. Ce socle fragilisé a été renforcé par un carcan métallique de très belle facture avec une fermeture particulière démontrant le savoir-faire de l’artisan forgeron qui l’a réalisé. Le monument est quelque peu dégradé par une inscription postérieure, sauvage et incomplète « ON NA PAS BESOIN DES….. », qui est gravée maladroitement dans la pierre avec des lettres à l’envers. On peut supposer que l’auteur de cette inscription de mauvais goût a voulu manifester ses sentiments antireligieux et marquer ainsi son mécontentement et sa désapprobation quant à l’édification de cette croix.

En ce qui concerne l’origine de ce petit édicule, l’histoire nous rapporte deux versions. La première fait allusion à une croix de souvenance qui rappellerait la mort accidentelle d’un ouvrier occupé à la carrière voisine et dénommée « li trô Djâke » (le trou Jacques) et qui a été comblé depuis longtemps. On y exploitait jadis une variété de grès, sablonneux et tendre couramment dénommée « pîre d’avône » (pierre d’avoine) et que l’on rencontre dans les anciens bâtiments situés au cœur du village en contrebas de l’église.

Une autre version est rapportée dans la légende « Le dernier Sabbat des Grevelles » dû à la plume de J-M Gilson. Pour faire bref, il y est dit qu’au 18e siècle, le champ voisin dénommé « so lès Grevalles » était régulièrement fréquenté par les « Makralles » (sorcières) de la région qui y organisaient traditionnellement leur « Sabbat ». Au lendemain d’une de ces mystérieuses cérémonies nocturnes on retrouva sur place le cadavre de douze personnes avec un poignard planté dans le cœur. Depuis lors, le champ des Makralles était devenu maudit. Bien des années plus tard, en 1843 exactement, la nouvelle propriétaire des lieux Mme Catherine Neuray veuve de Mathieu Lehaire aurait fait ériger la croix en question afin d’exorciser cet endroit frappé de malédiction et d’écarter ainsi définitivement le retour des Makralles.

Je ne peux m’empêcher de rappeler à votre souvenir que la chronique « La Petite Gazette » a contribué indirectement à pérenniser la croix de Chaumont. En effet, dans son édition du 9 février 1992, une fidèle lectrice se désolait pour avoir constaté que la dite croix, usée par les outrages du temps, s’était effondrée et gisait au sol en plusieurs morceaux. Ainsi mise au courant la Commission patrimoine de Sprimont prit les choses en mains et dressa un croquis de l’élément à remplacer. C’est M. Lambinon professeur de menuiserie qui fit réaliser par ses élèves et à l’identique une nouvelle croix en chêne massif. C’est la croix actuelle, remise en place par des bénévoles en 1997. »

 

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