LES BELLES CHAPELLES DE NOS REGIONS ET LEURS HISTOIRES…

A ce jour, le 29 juillet 2017, ce sont 915 Petites Gazettes sous ma plume qui ont été publiées et, parmi les nombreux aspects de nos patrimoines régionaux évoqués dans mes chroniques hebdomadaires, les chapelles de nos régions ont occupé une place importante.

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Leur histoire et leurs histoires vous ont tellement passionnés que cela m’a donné l’envie de présenter nombre d’entre elles dans un ouvrage paru en 2016 : Vertiges du Passé, Nos Chapelles d’Ardenne, de Condroz, de Famenne et d’Ourthe-Amblève.

Cependant bien d’autres témoins encore de la piété populaire qui anima nos aïeux existent toujours dans nos villages, nos hameaux, nos campagnes ou nos bois. Ci-dessous, je vous en ai rassemblé une première série qui, bien entendu, appelle une suite prochaine.

Répondant ainsi à une question fréquemment posée, mon ouvrage sur les Chapelles est toujours disponible. Si vous souhaitez l’acquérir, il vous suffit de verser 20€ (port postal gratuit pour la Belgique) sur le compte BE29 0682 0895 1464 de P.A.C. Awaille avec la communication « Chapelles + vos nom, prénom et adresse complète ». Cet ouvrage vous sera alors envoyé dans les délais les plus brefs.

 

La Petite Gazette du 17 mai 2000

LA CLOCHE DE LA CHAPELLE DE SOMAL A RESONNE

    Muette depuis le 8 avril 1956, la cloche de la chapelle de Somal a tinté à nouveau ce 11 février 2000. Monsieur Maurice Grün a estimé, à juste titre, que cela valait bien une évocation dans La Petite Gazette.

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Mon correspondant a tenu a apporté quelques informations historiques à propos de cet édifice :

« Les fondations datent du XIe siècle. Des écrits évoquent la chapelle, sans la citer précisément, dès 1028. Elle devait faire partie de la donation confirmée à l’église de Havelange par l’empereur Conrad, au même titre que les chapelles de Maffe et de Havelange.

    Vers 1650, la messe y était célébrée par le curé d’Havelange, le dimanche et les jours de fête. La chapelle actuelle date de 1636, une porte en plein cintre y donne accès. Elle porte les clous de la porte originelle. Elle s’ouvre par un mécanisme spécial, en bois, commandé par une clé en fer forgé que seul le préposé à sa garde peut manier (cf. Adolphe Pickart, Le Val de Somme).

La chapelle fut exhaussée vers 1750.

Un obit démontre que cet ancien oratoire appartenait aux barons de Vivario ; finalement, de succession en succession, une bonne trentaine de propriétaires ont fait don de leurs parts pour réunifier le domaine de la chapelle de Somal.

La chapelle renferme quelques pièces intéressantes : le retable du maître-autel présente une toile inspirée de Rubens,  le Christ montrant ses plaies aux apôtres. On trouve également une crédence du siècle écoulé, un bénitier et un banc de communion du XVIIe siècle. En outre, trois sculptures en bois polychromé orent la chapelle : un Christ en croix, un St-Roch, à l’ange et au chien, et un St-Clément, invoqué contre la goutte.

Le 11 février dernier, Cyprien Simal, doyen de Somal et gardien traditionnel de la chapelle, a fait tinter la cloche de la chapelle, muette depuis le baptême de Michel Bouvy, le 8 avril 1956. Ce symbole si représentatif ponctuait, de la meilleure façon qui soit, la fin des travaux de restauration du toit et de renforcement des maçonneries du chœur. »

Précisons encore, à toutes fins utiles, que l’oratoire « chapelle St-Roch », saint invoqué pour se protéger de la peste, est maintenant monument classé.

Dans les semaines à venir, nous aurons le plaisir de vous inviter à la rencontre ou à la découverte d’autres chapelles de nos belles régions.

La Petite Gazette du 7 juin 2000

LES VIEILLES CHAPELLES DE NOS CAMPAGNES ET DE NOS FORETS

   Monsieur André Fagnoul, de St-Séverin, vous lance un appel à propos de ces vieux monuments, vestiges de la piété et de la ferveur populaires de nos aïeux.

« Construites souvent dans des endroits isolés, campagnes ou bois, ou encore le long des routes ; c’est à nous, lecteurs de La Petite Gazette, qu’il revient de faire revivre et parler ces édifices.

Dans le bois de Maynery St-Séverin ou Aux Houx, se trouve une chapelle construite au XVIIe siècle. Je ne sais à qui elle est dédiée. Quand j’étais jeune, avec mes parents, nous  y allions souvent.

002        cliché datant de 1930 environ

A l’intérieur, au-dessus de l’autel, était écrit « Oh ! Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à vous. » A droite, un bougeoir à sept branches, à gauche, le « Je vous salue Marie » ; au milieu, un prie-Dieu, au mur, des deux côtés, des remerciements pour des grâces obtenues et un petit tronc. Il y a cinq ou six ans, cette chapelle a vu le passage de vandales ; tout a été détruit, il ne restait que les quatre murs, et encore ils étaient abîmés. Avec le curé du village, l’abbé Bienvenu, et mon voisin, Léon Lallemand, nous avons tout reconstruit et restauré.

Seul l’Ave Maria et le banc prie-Dieu étaient encore intacts. Parmi les remerciements cassés en petits morceaux, j’ai retrouvé un fragment portant la date de 1693, ce qui me fait penser que cette chapelle a pu être élevée au dix-septième siècle. Elle est accessible par la rue du moulin de Falogne, cent mètres plus loin que le moulin, à droite, se trouve l’entrée du bois ; il vous suffit de longer la prairie pendant une centaine de mètres et vous la verrez, à droite, blottie dans la verdure. Malheureusement, nous avons dû la protéger en plaçant des grillages métalliques cadenassés devant la porte et les fenêtres. »

003La chapelle restaurée en 1995 par l’abbé Bienvenu et MM. Léon Lallemand et André Fagnoul 

     Qui pourra nous apporter des renseignements sur cette chapelle, son histoire, qui l’a fait édifier, à qui était-elle dédiée, quel culte y était rendu ? Comme d’habitude, tout ce que vous savez nous intéresse. D’avance, un grand merci.

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

UNE CHAPELLE ORIGINALE A SOMME-LEUZE

Monsieur Maurice Grün, de Somme-Leuze, est particulièrement attaché au patrimoine régional et à ses traditions. Partant du principe que « rien n’est aimé s’il n’est connu », mon correspondant aime à nous entretenir de ce qui fait le paysage de sa campagne.

« A Vieille Leuze, la chapelle N D de Lourdes, lui dédiée en 1933, remplace la croix de Saint-Roch et porte en fait son nom.

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Il n’y a pas bien longtemps, elle était surmontée d’un Christ en béton moulé, aujourd’hui disparu. Sa particularité provient du fait que sa bâtisseuse achetait, chaque année, une statuette en plâtre destinée au l’autel de son édicule. L’abbé Tinant, curé de la dernière guerre, de passage lors d’une procession, qualifia la chapelle de « musée Saint-Roch », comme le cite l’abbé Hacherelle. Jugez plutôt :

« Autour de N.D. de Lourdes, saint Monon et son veau, l’enfant Jésus de Prague, saint Joseph, saint Donat, sainte Marguerite, sainte Rita, saint Eloi et saint Roch. Et encore au pied de la Vierge, le frère Mutien. Attendez : un Sacré-Cœur de grand format, une imposante sainte Brigitte fixés au mur. Une statuette de Saint-Roch de grande valeur a été mise à l’abri des tentations. Au-dessus de l’autel, trois panneaux en bois représentent la Vierge, le Sacré-Cœur et le Christ en croix. »

   Et mon correspondant de conclure de façon plaisante : « admirons la foi de ces bâtisseurs, mais reconnaissons qu’en leur oratoire, on ne sait à quel saint se vouer ! »

La Petite Gazette du 27 septembre 2000

D’ETONNANTS VITRAUX INTERPELLENT ET INTRIGUENT A MONT COMBLAIN

   Monsieur Jacques Defgnée, de Mont Comblain, prépare, avec les membres de l’a.s.b.l. « La chapelle de Mont », une exposition qui, l’an prochain, mettra à l’honneur la chapelle bien entendu, mais aussi son ensemble unique  en Province de Liège, et pourtant non répertorié, de quatre vitraux qui commémorent la Résistance pendant la guerre 40 – 45 et, plus précisément, le groupe Bayard et Les Mouettes Blanches. Bien entendu, les responsables de cet intéressant projet ont déjà réuni de nombreuses informations sur le sujet en puisant dans la mémoire de quelques spécialistes locaux, mais aussi en faisant une lecture très attentive de l’excellent mensuel « Les Echos de Comblain ». Néanmoins, certains documents suscitent encore de nombreuses interrogations ; aussi Monsieur Defgnée a-t-il, tout naturellement, pensé mettre les lectrices et les lecteurs de La Petite Gazette à contribution.

Nous aurons l’occasion, dans les semaines à venir, de nous pencher de plus près sur le passé de cette chapelle, mais, en attendant, je vous livre le premier document qui réclame des précisions…

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Quelqu’un pourra-t-il nous aider à identifier les enfants photographiés sur cette ancienne photographie ? La moindre indication pourrait s’avérer essentielle ; aussi, si vous pensez reconnaître qui que ce soit sur ce cliché, je vous engage vivement à m’envoyer un petit courrier.

La Petite Gazette du 25 octobre 2000

L’ERMITAGE DE SAINT THIBAUT A MONTAIGU

   A plusieurs reprises déjà, La Petite Gazette a ouvert ses colonnes pour présenter ce site extraordinaire et pour y rappeler l’extraordinaire dévotion dont il est toujours le témoin.

Le responsable de cet ermitage, cette personne qui est présente sur les lieux tous les week-ends pour y accueillir les visiteurs a eu la bonne idée de me transmettre encore quelques documents relatifs à ce site au passé remarquable.

«Ici s’élevait, explique le document remis aux visiteurs, dès le onzième siècle, le château-fort des Comtes de Montaigu, descendants des Normands qui avaient conquis la contrée où coulent l’Ourthe, la Vesdre et l’Amblève. Pour cette raison, ils seront dénommés « Prévots des rivières » (…) En 1413, le château est incendié par Antoine de Brabant, frère du Duc de Bourgogne, venu faire prêter obédience à ses nouveaux sujets du duché de Luxembourg, dont il vient d’hériter de sa tante Charlotte. Le Comte de Montaigu s’y refuse : la vengeance, c’est le feu. Les ruines du donjon se trouvent sous la butte du calvaire.

La chapelle castrale a été dédiée à saint Thibaut. Elle a disparu avec le château, mais le culte a continué à la fontaine. En 1600, à la suite de deux miracles importants, on y élève une grande croix dont les pèlerins emportent des éclats en guise de souvenirs. En 1608, le calvaire est érigé et, dans le pied de la croix, une niche abrite une statue de St-Thibaut : elle mesurait 30 cm, le saint était vêtu en ermite (avec une robe noire) ; parvenue jusqu’à nous, elle a été volée en 1968 !

Le culte prend une telle ampleur que les gens réclament une chapelle. La Comtesse Jocelyne de la Mark décide de leur donner satisfaction, mais meurt en 1626. Le projet est repris en 1639 et exécuté par Sire Jamotte, curé de Marcourt. Les pierres sont trouvées sur place. Hotton fournit la chaux, Dochamps les ardoises, Marcourt le bois. Comme assise, on arase une tour de défense « la plus avancée vers Marcourt ». Vers 1645, l’ermitage est construit. La chapelle est consacrée en 1660. Les ermites ont résidé ici par intermittence jusqu’en 1968. Les bâtiments ont été classés en 1973.  1999 et 2000  verront la restauration des toitures, de la butte – calvaire et de la source.

Saint Thibaut est né vers 1033 à Provins, en Champagne, et mort en 1066 à Vicence, en Italie. Renonçant à la vie princière, il était comte de Champagne, il part avec son ami Gauthier vivre la vie de pèlerin, de charbonnier, d’ermite. Deux ans avant sa mort, il est ordonné prêtre et entre dans les ordres des Camaldules. Ainsi le représente, vêtu de blanc, sa statue dans la chapelle. Il est atteint d’un tel degré de sainteté que sa renommée se propage d’Italie, où il s’est fixé, à toute la Lotharingie et ce dès avant sa mort. La dédicace de la chapelle s’explique sans doute par une parenté avec les Comtes de Montaigu. »

Au-delà de ce que disent les mots, mon souhait serait que ceux et celles qui ont visité ces lieux, ceux et celles qui y ont fait leurs dévotions nous relatent le pourquoi de leur visite et ce qu’ils en ont retiré. J’aimerais beaucoup aussi que l’on me reparle des vertus de l’eau de la fontaine, des divers rituels auxquels se livrèrent les pèlerins … Bref, tout ce que vous savez sur ces lieux m’intéresse et je gage que cela intéressera énormément de lectrices et ce lecteurs.

La Petite Gazette du 29 novembre 2000

L’ERMITAGE DE SAINT THIBAUT A MONTAIGU

   Il y a un mois, je demandais aux personnes qui avaient fait leurs dévotions en ce lieu à nous en parler ; c’est ce qu’a fait, avec beaucoup de gentillesse Monsieur Gustave Etienne, de Natoye.

« Je suis né le 11 décembre 1920, me dit-il, et, alors que j’avais dépassé l’âge de deux ans, je ne manifestais toujours pas le désir  de parler. Mon père, originaire de Hiver, La Roche, connaissait cet ermitage et il m’y a conduit. Je me souviens très bien de la chapelle et de l’eau de la fontaine. J’en ai bu et mon père m’a lavé la figure avec. Après ces dévotions, je me suis mis à parler. J’ai souvent raconté cette pieuse démarche. Bien entendu, mon épouse et moi-même y sommes retournés avec nos deux gamins. Nos petits-enfants n’ignorent pas non plus l’ermitage de saint Thibaut, en qui nous gardons la foi. »

Qui viendra, à son tous, évoquer pour nous sa ou ses visites à l’ermitage de Montaigu et nous dire ce qu’il en retira ? J’attends vos courriers avec beaucoup de curiosité.

La Petite Gazette du 29 août 2001

LA CHAPELLE SAINT-MORT A HAILLOT

    C’est grâce au fidèle max-Léon Jadoul, d’Arlon, que je puis vous proposé cette ancienne carte postale représentant la chapelle Saint-Mort, située à Saint-Mort-au-Bois, dans l’entité  de Haillot.

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« Ce saint est toujours vénéré au pays condruze. Saint Mort est décédé en 913 indique une pierre placée devant l’autel surmonté de sa statue. Cette chapelle a, hélas, fait l’objet de dégradations et son mobilier a été volé. »

La Petite Gazette du 8 octobre 2003

REVOICI UNE PETITE CHAPELLE DONT ON VOUDRAIT CONNAITRE L’HISTOIRE

   Monsieur Maurice Grün, de Durbuy, comme ses amis de Petit Han, est passionné par le patrimoine qui égaie son quotidien. Il est également interpellé par le passé et l’histoire de tout ce qui l’entoure.

« Chaque fois que je quitte ma retraite sauvage dans les fonds de Petite Somme, je passe à proximité de cette jolie chapelle en excellent état et bâtie en briques, comme le voyez sur la photo que je joins. A son fronton, je lis : «Bienheureux saint Donat, de la foudre, préservez-nous »

Elle est bâtie depuis… à Petit Han, Durbuy bien sûr, au croisement de la grand-route de Barvaux et de la rue du Vieux Mont.

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Invoque-t-on encore Saint Donat contre la foudre, comme on allume la bougie de la Chandeleur en cas d’orage ?

Quid de cette chapelle ? De quand date-t-elle ? Plus ou moins récemment ? Des briques et de la pierre… pourquoi l’avoir bâtie ?

Elle a donc une histoire. Y a-t-il ou y a-t-il eu un culte qui lui était spécifiquement lié ? Si oui, lequel et quand ? Y allait-on en pèlerinage ?

Qui nous aidera à répondre à toutes ces questions, car nous sommes vraiment sans références ? Notre reconnaissance est, d’ores et déjà acquise à tout qui nous éclairera… »

La Petite Gazette du 30 décembre 2003

UN ROBOT TOMBÉ  À LIÈGE EST À L’ORIGINE DE LA CONSTRUCTION D’UNE CHAPELLE À PETITE-SOMME

003Monsieur Jean Courtois, de Somme-Leuze, nous conte cette étrange histoire.

« A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un robot tombe sur le couvent des Sœurs de la Charité de Cointe. Ce couvent avait pour Mère supérieure la fille du comte Charles de Vaux, propriétaire d’un château à Petite-Somme.

Le couvent étant très endommagé, les Sœurs vinrent s’installer au château accompagnée d’un aumônier, l’abbé Francois Willem.

   En 1944, lors de la retraite allemande, une charrette, tirée par un cheval, venait de Somme-Leuze en direction de Petite-Somme, elle était remplie de soldats allemands (des SS de triste réputation). A l’église, ils commencent à monter la route du village. Il y avait alors un nid très important de résistants à la ferme des basses, exploitée à l’époque par Emile Piron. Une rencontre entre les Allemands et les résistants aurait été catastrophique.

L’abbé Willem, accoudé à une fenêtre du château, imaginant le nombre de victimes que ferait pareille rencontre, fit la promesse de faire bâtir une chapelle en l’honneur de N-D de Lourdes si tout se passait sans casse.

L’abbé avait vraisemblablement une bonne cote auprès du Très-Haut car, à mi-côte, les Allemands firent demi-tour pour se diriger vers Septon. Là, ils rencontrèrent des maquisards et  bien des morts et des blessés restèrent sur le terrain.

En 1946 –1947, sous l’impulsion de l’abbé, les habitants de Petite-Somme se mirent au travail. Les pierres furent amenées du Bois des Roches, au lieu dit Sur Ourmont, avec un tombereau et un cheval.

Joseph Courtois mit, gracieusement, à disposition le terrain pour bâtir la chapelle. Aidé par son frère Louis, ils retroussèrent leurs manches et, en quelques semaines, la chapelle était bâtie.

Elle fut inaugurée, en grande pompe, à l’occasion d’une grand-messe dite par l’abbé lui-même. La bénédiction fut suivie d’une réception réunissant les autorités communales et paroissiales, mais aussi la fanfare et les personnes qui avaient participé à cet événement.

C’est avec émotion que je vous fais ce récit car, âgé de dix-sept ans alors, j’ai vécu ces faits. J’en profite pour remercier toutes les personnes qui entretiennent ce lieu béni. »

Vous avez peut-être participé à cette inauguration ? Vous en avez peut-être conservé des souvenirs ? Penserez-vous à les partager avec nous ? Nous donnerez-vous l’occasion de voir les photos qui ont certainement été prises à cette occasion ? D’avance un grand merci.

La Petite Gazette du 18 février 2004

A LA CHAPELLE DE TINSEUBOIS PETIT-THIER

   Grâce à Mme Germaine Jeanpierre, de Beaufays, nous pouvons évoquer, cette semaine, l’histoire d’une petite chapelle élevée, il y aura bientôt 150 ans, dans les bois des environs de Vielsalm. Le texte qu’elle destine à ces colonnes est largement inspiré d’un écrit commémorant le centième anniversaire de la première messe qui y fut célébrée.

   « Tinseubois, haut lieu de pèlerinage et de prière, est situé dans le calme de la forêt, près de Petit-Thier, dans un endroit boisé d’épicéas, joignant la forêt domaniale du Grand Bois, entre Petit-Thier et Commanster, à environ sept kilomètres de Vielsalm et à treize kilomètres de Saint-Vith.

tinseubois   C’est là qu’est blottie la chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes, bâtie 20 ans après les apparitions à Bernadette, par la famille Rotsart de Hertaing, qui habitait la villa voisine.   Vers 1852, le baron de Pellaert de Gand fit construire, à Tinseubois, une habitation dont il ne reste plus que la cour pavée et les étables. Aux environs de 1857, c’est la famille Rotsartt de Hertaing, de Bruxelles, qui vint s’y établir (maison forestière actuelle).

Madame Rosalie Petit, épouse en deuxième noce d’Idesbalt Rotsart, assez tôt, devint souffrante : une jambe nécessitait de tels soins que l’amputation fut même envisagée. A l’époque, on parlait de Lourdes et de ses miracles. Madame Rotsart y mit toute sa confiance et y entreprend un pèlerinage. L’amputation est évitée et, en reconnaissance à la Vierge, elle fait construire la chapelle, dédiée à Notre Dame de Lourdes.

C’est vers 1878, sous le pastorat du curé Gérard, qu’elle aurait été édifiée. Ce n’était alors qu’une très humble chapelle qui se composait uniquement du chœur existant encore aujourd’hui.

A gauche de la statue de Notre Dame, on installa, sur un piédestal, une jambe en plâtre, grandeur nature, enlacée d’un ruban bleu rappelant le miracle accompli. Le bruit de cette guérison se répandit et, de partout, on vint implorer Notre Dame de Trinseubois. Les murs se couvrirent d’ex-voto, de jambes en plâtre de toutes dimensions, parfois façonnées très artisanalement (il en reste une sur l’autel). La chapelle devint trop exiguë, on lui ajouta une nef et on la meubla de chaises à fond de paille.

La première messe y fut célébrée le 16 juillet 1883. La famille Rotsart, qui quitta Tinseubois en 1903, fit construire un muret de délimitation de la chapelle et la confia au curé de Petit-Thier.

Pendant la dernière Guerre, les troupes allemandes la transformèrent en écurie. Elle est maintenant restaurée, mais, hélas, pour « faire plus moderne » peut-être, on a enlevé, à l’indignation de nombreux pèlerins, les ex-voto qui en garnissaient l’intérieur.

Depuis le 18 avril 1962, suite à un accord avec l’Etat belge (Eaux et Forêts), elle est, de même qu’un terrain de 630 m2, la propriété de la Fabrique d’église de Petit-Thier. Les habitants des localités voisines, ainsi que des pèlerins des cantons de l’Est, viennent y prier régulièrement.

Sous le patronat de feu l’abbé Cahay, curé de Petit-Thier, la messe y était organisée, en, 1908, 1923 et 1946, le lundi de la Pentecôte et le 15 août.

Le Ministère de l’Agriculture (Eaux et Forêts), par arrêté du 13 octobre 1961, autorise les pèlerins à se rendre à la chapelle, de jour, même en voiture, par les chemins existants. »

EN TRAM DE CLAVIER A MELREUX, VIA SOMME-LEUZE

La Petite Gazette du 16 novembre 2011

QUAND LE TRAM DEVAIT PASSER A SOMME-LEUZE

Monsieur Jean-Luc Fourneau, d’Ohey, rappelle un projet d’établissement de  ligne vicinale puis fait appel à vous, à votre connaissance de la région, pour recenser les vestiges de cette entreprise avortée.

« Il y a 100 ans maintenant, il  a existé un projet qui prenait forme et qui visait à l’installation d’une ligne de tram passant à Somme-Leuze. Le projet a été  abandonné à cause de la Première Guerre Mondiale. Cependant, il en reste des vestiges mais il faut connaitre la région pour les localiser et les découvrir. Serait-il possible de rassembler, grâce à La Petite Gazette, les localisations de ces vestiges et toutes les informations disponibles sur ce projet ?

Un grand merci à tout qui pourra contribuer à l’inventaire des renseignements et traces de ce projet. »

La Petite Gazette du 14 décembre 2011

LE TRAM DEVAIT PASSER A SOMME-LEUZE…

Monsieur Michel Prégaldien, de Beaufays, pour répondre à M. Jean-Luc Fourneau, d’Ohey, m’a fait parvenir une passionnante étude sur ce projet de ligne vicinale qui devait passer par Somme-Leuze.

« Il faut d’abord rappeler brièvement que dans cette région, aux confins des provinces de Liège, de Namur et du Luxembourg, la première ligne créée par la S.N.C.V. reliait Melreux à La Roche et que le tronçon entre la gare de Melreux et Hotton fut ouvert au trafic dès le 9 octobre 1886.

Le 20 janvier 1890, c’est une ligne de 25,3 Km entre le Val Saint-Lambert et Clavier qui est mise en service, suivie, le 1er octobre 1894 par la section Clavier – Ouffet et d’une relation qui aboutira à Comblain-au-Pont deux ans plus tard.

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Autorail du service voyageur manoeuvrant en gare de Clavier qui aurait pu devenir un nœud vicinal important…

 

Un échange de courrier, daté de septembre 1902, entre la S.N.C.V. et le Gouverneur de la Province de Liège, évoque l’utilité d’établir une jonction entre ces différentes lignes grâce à une liaison Clavier – Melreux, passant par Somme-Leuze.

Le 15 mars 1903, c’est la section Marloie-Marche, d’une ligne en provenance de Bastogne, qui est livrée à l’exploitation. Dès lors, le projet qui nous intéresse est complété par l’adjonction d’un embranchement vers Marche.

Afin de mieux comprendre la situation, voici ci-dessous, une carte de la région où figurent : en trait plein, les lignes vicinales à écartement métrique effectivement construites ;en trait interrompu, les lignes en projet dont question dans mon intervention.

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Le 22 juin de la même année, le Gouvernement accorde la prise en considération provisoire du projet de la ligne Clavier – Melreux avec embranchement vers Marche.

Le capital nécessaire à la construction, répertorié sous le numéro 192, s’élève à un montant de 2.800.000 francs, pour une longueur de ligne de 46,5 Km. Initialement, l’embranchement vers Marche devait se détacher de la ligne principale à Noiseux, mais les communes intéressées préconisèrent plutôt une jonction située à Somme-Leuze. C’est donc ce dernier tracé, plus long de 2 kilomètres, qui est adopté pour un capital évalué à 3.056.000 francs. » A suivre…

La Petite Gazette du 21 décembre 2011

LE TRAM DEVAIT PASSER A SOMME-LEUZE…

Monsieur Michel Prégaldien, de Beaufays, pour répondre à M. Jean-Luc Fourneau, d’Ohey, m’a fait parvenir une passionnante étude sur ce projet de ligne vicinale qui devait passer par Somme-Leuze, je vous propose d’en découvrir la suite :

« En 1907, la S.N.C.V. rédige un mémoire descriptif dont je vous livre un extrait décrivant le parcours suivi :

« La ligne, projetée à l’écartement de 1m. entre rails, prendra son origine à la station de Clavier, empruntera la voie de la ligne de Clavier à Comblain-au-Pont jusqu’à proximité de la station de Petit-Brin et se dirigera ensuite vers Bois-Borsu en empruntant d’abord un accotement de la route de Liège à Marche, puis en s’établissant sur le siège spécial pour passer au nord de Borsu ; elle suivra en élargissement la route de Bois à Borsu, desservira l’agglomération de Borsu et d’Odet et se développera sur siège spécial pour passer entre les villages de Maffe et de Méan et atteindra la route de Havelange au Gros-Chêne, vers la 28e borne kilométrique. Après avoir traversé cette route, la ligne se dirigera (toujours en partie indépendante) vers Somme-Leuze où elle traversera la route de Liège à Marche ; elle atteindra la route de Barvaux près du moulin de Petite-Somme, et la longera ou l’empruntera jusqu’à proximité de Petit-Han ; elle longera cette agglomération sur siège spécial et reprendra ensuite la route de Barvaux près de la bifurcation de cette route avec celle de Laroche ; elle la suivra jusque Montenville où elle s’en détachera pour franchir la vallée, puis l’Ourthe sur un pont à construire en amont de Deulin ; elle passera à Fronville et Monville (tantôt en empruntant la route de Melreux, tantôt sur siège spécial) et atteindra la station vicinale de Melreux de la ligne Melreux à Laroche.

L’embranchement se détachera de la ligne principale à Somme-Leuze, se développera sur siège spécial en passant à proximité de Moressée et Heure où il empruntera la route de Feschaux à Barvaux jusqu’à proximité de Baillonville.

Il se dirigera ensuite vers Rabosée puis rejoindra la route de Marche à Liège, non loin de la 14e borne kilométrique. Il s’établira ensuite sur cette route jusqu’à Marche et aboutira à la station vicinale (ligne de Marche – Bastogne – Martelange). »vicinal3 

L’autorail-tracteur (ART. 155) destiné à la remarque des convois de marchandises. (En arrière-plan, vestiges du pignon du dépôt vicinal de Clavier, ravagé par un incendie en 1952)

 

 

Par l’arrêté royal du 4 novembre 1913, les vicinaux reçoivent la concession de la ligne et les travaux sont entamés entre 1916 et 1917. Les terrassements et les maçonneries des ouvrages d’art sont exécutés sur les sections Petit-Brin à Maffe, Somme-Leuze à Baillonville et Petit-Han à Deulin.

La construction est ensuite interrompue et, après la guerre, la S.N.C.V. ayant pour mission prioritaire de restaurer ses installations et ses voies démontées par l’occupant, ne pourra plus se préoccuper d’établir de nouvelles lignes.

En 1932, le projet est relancé mais, à cause du renchérissement des coûts liés à la construction, la S.N.C.V. propose de se limiter, en premier lieu, à l’achèvement des travaux entamés sur les sections Clavier – Maffe et Baillonville – Marche. Le capital complémentaire à ces réalisations se monte alors à 6.758.000 francs. L’Etat et la commune de Bois-Borsu refusant la souscription de leur quote-part à l’augmentation de capital, les vicinaux abandonnent leur projet.

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Comme les lignes du Condroz étaient isolées du reste du réseau vicinal,le transfert de matériel se faisait par la route. Un autorail est ici chargé sur une remorque routière appartenant à la S.N.C.V.

En août 1941, Monsieur Renard, Bourgmestre de Lavacherie, appuyé par la Conférence des Bourgmestre du Grand Liège, entreprend des démarches en vue de la reprise du projet dans le but d’assurer, en ces temps de guerre, le ravitaillement de l’agglomération liégeoise en pommes de terre en provenance du Luxembourg. Cette intervention restera, elle aussi, infructueuse.

Après la Seconde Guerre Mondiale, le service des Ponts et Chaussées avait aménagé une zone portuaire entre le Val Saint-Lambert et Ivoz.

En 1952, afin de rentabiliser au mieux ces équipements, le port Autonome de Liège projette de construire une voie de raccordement entre ce port et la ligne vicinale aboutissant au Val Saint-Lambert. Il préconise également l’achèvement de la jonction Clavier-Marche afin de pouvoir acheminer les marchandises depuis le Luxembourg et les transférer à la voie d’eau à Ivoz. Malheureusement, cette initiative est trop tardive. Le transport routier est en pleine expansion alors que les lignes vicinales sont en déclin et sont fermées les unes après les autres. Le trafic sur les lignes Val Saint-Lambert – Clavier et Marche – Bastogne cessera définitivement avant la fin des années cinquante. »

Un tout grand merci pour cette passionnante et si précise enquête.