LI FORTCHON

La Petite Gazette du 7 janvier 2009

A VOTRE WALLON… LI FORTCHON

Monsieur P. Natalis, d’Esneux, est à la recherche de la signification précision d’un mot wallon qu’il ne trouve pas dans les dictionnaires :

« Il s’agit du terme « fortchon », il se pourrait qu’il désigne un outil utilisé par les Ardennais qui fabriquaient du charbon de bois ; mais rien n’est moins sûr.

Ce mot est associé à un ancien lieu-dit près de Quarreux, au confluent de l’Amblève et de la Chefna.

Merci d’avance à qui pourrait m’éclairer sur le sens de ce mot wallon. »

Monsieur Simon Stasse, d’Aywaille, spécialiste s’il en est de notre langue wallonne puisqu’on lui doit un très précieux dictionnaire prolongeant et actualisant celui de Jean Haust, est, quant à lui, à la recherche des mots wallons utilisés pour désigner les ex-voto. La dévotion populaire ayant connu le succès que l’on sait et le recours aux diverses formes de remerciements pour les grâces obtenues lui font penser que des termes propres au wallon ont dû être utilisés en parallèle au vocable latin. Pourrez-vous le mettre sur la voie ?

Merci de faire progresser ces recherches si vous le pouvez.

La Petite Gazette du 28 janvier 2009

VOUS NOUS AVEZ PARLÉ DU FORTCHON…

Monsieur André Thiry, de Ben-Ahin,  a mené une recherche :

« Je me suis fait un plaisir de rechercher le mot : fortchon et pense répondre à votre appel.

Ce mot utilisé par Jean Haust aurait un lien avec « fortifier » une forteresse, un fortin ; il écrit fôrtificâcion, fortchon (renforcer les murs d’un fort, d’un fortin) fé on fortchon.

Quant à l’outil utilisé par nos amis ardennais, il pourrait aussi signifier  li fotche di drî soit la fourche de l’arrière-train d’un chariot (Jean Haust) page 223 – fig.791 du dictionnaire « français-wallon » de l’auteur…donc, également : li fortchon. »

Monsieur Edouard Triolet, de Lierneux, nous communique, fort gentiment, ce qu’il sait à ce sujet :

« Fortchon découlerait du français « fourche – fourchon ». D’après les dialectes de certaines régions, il signifierait :

  • embranchement de deux rivières, d’un arbre…
  • support dressé servant à placer la carabine pour la stabilité du tir ;
  • fourche de l’arrière-train d’un chariot « fotche di drî » dit li fortchon dans la région de Vielsalm – Bovigny – Bihain »

Monsieur José Joris, de Manhay, nous communique que « Il existe à Dochamps un lieu-dit « å fortchon dès ris ». a cet endroit deux rus de vallées distinctes se rassemblent en formant une fourche (confluent). Je pense que fortchon dérivait de « fourche » comme vôtchon signifie « amas embrouillé », peut-être que fortchon serait une fourche embrouillée. Ce n’est évidemment qu’une hypothèse. »

La Petite Gazette du 18 février 2009

A PROPOS DU FORTCHON…

Quelques spécialistes de notre toponymie régionale se sont manifestés à propos du toponyme « fortchon ». Je remercie vivement MM. Etienne Compère, de Sougné-Remouchamps,  et René Gabriel, de Roanne-Coo, qui ont fouillé leurs notes et leur documentation. Ils se sont notamment plongés dans l’incontournable « Histoire de la seigneurie d’Aywaille » du Dr Thiry pour nous donner ces quelques éclaircissements :

« Ruisseau de Chefna ou Ruisseau des faignes, appelé aussi de Ruisseau de Chefna en Quareux. Anciennement ru de Forchon (liasse Aisances de la Porallée) Il est fautif, comme le fait la carte d’EM, de l’appeler ru de la Chefna. Vox populi : li ru dè tchèm’nâ. M. Herbillon fait remarquer que ce terme dérive vraisemblablement du verbe « tchèm’ner » = tisonner. Chefna est proprement le nom du hameau dit aussi Ville-au-Bois » Thiry, op. cit. Tome IV, page 358

Monsieur Compère puise ce qui suit dans L. Remacle, Toponymie de Stoumont, B.C.R.T.D, XLVII, 1973 aux pages 147 et 148 :

« ru de Forchon, nom ancien du ru dè tchèm’nâ (v. pansîre) ; 1572 riewe de Forchon, 1577 rive de Forchon (…), 1624 aux environs du ruy que l’on appel le ruy du fond de forcoù (sic) entre le bois de froidcourt et la poralée (…) 1664 le ruy de fourchon ; 1741 le preit Magonette – joind. – au ruy de fourchon qui fait la separation du Pays de stavelot avec celuy de Luxembourg. Ce ruisseau était utilisé par le « fourneau de froidcourt », créé en 1516, qui est resté en activité jusqu’à la fin du 16e s. (cf. Georges Hansotte, Folkl. Malm. 32 117-8)

Litt. ‘ruisseau du fourchon’ : mais le sens exact de ce dernier mot échappe. »

Merci pour ces recherches qui laissent, néanmoins, pendante la question de la traduction du mot « Fortchon »…

La Petite Gazette du 15 avril 2009

ENCORE LE FORTCHON…

Monsieur Serge Fontaine, de Stavelot, nous livre quelques considérations au sujet de Fortchon et de tchèm’nâ.

« Je suis, m’écrit mon correspondant, tout à fait d’accord avec les remarques des lecteurs qui se sont manifestés. Bien qu’on ne puisse nier la parenté de fortchon, fortchou avec le français « fourche » et que ce nom fut un jour donné au ru de tchèm’nâ, il est difficle de qualifier ce ruisseau de plus fourchu qu’un autre. Ne pourrait-on trouver l’origine de ce nom dans une quelconque fourche de chemin à cet endroit ou plutôt d’une fourche (une sorte de grand brandon) plantée à l’endroit où un très ancien et très important chemin de Stoumont à Vertbuisson, et leurs au-delà, traversait le ru, ceci pour signaler aux étrangers qu’ils entraient au pays abbatial de Stavelot ?

Quant à tchèm’nâ, je pense à une autre explication que « charbonner ». Chefna alias Ville au Bois est bâtie au bord d’un chemin très ancien et le nom pourrait être le reliquat du nom celte de l’endroit. A mon avis, « tchè » veut dire «habitation et «m’nâ » est tout ce qui resterait de marécages. En résumé, l’habitation dans le marais.

D’autres lieux dans notre région font rêver. Chevron, c’est « tchèvron » composé de « tchè » et « vrone », soit la petite maison sur la colline. Chevronheid ou « tchèvroûhé », composé de « tchè », «vrone » et «  », soit la petite maison sur la colline avec «  » ajouté postérieurement. Et d’autres encore à découvrir… Pour terminer, disons un petit mot de Targon, blotti contre une butte naturelle caractéristique, un ancien verrou de l’Amblève. On sait que ce genre de butte était appelé « targoune » par les Celtes avec le sens de petite colline. Et il existe, en pleine fagne de Hockai, une haute butte rocheuse nommée ‘Rocher de Targon’. » Un immense merci pour ces réflexions passionnantes.

LA PETITE GAZETTE FAIT LA PART BELLE A NOS BEAUX DIALECTES

La Petite Gazette du 28 janvier 2009

UN GRAND SUCCÈS DE L’ÉPOQUE…

Monsieur André Dethier, de Méan, m’a fait parvenir, afin que vous puissiez en prendre connaissance, la partition de cette chanson qui connut un vif succès au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Je la reproduis dans le wallon approximatif dans lequel je la découvre… :

Dièrin’nmin les Anglais

Volîs fer n’surprise âs français

Li 6 djun â matin

I débarquis st’è Cotentin

Portant les al’mands, d’hi co l’djou di dvant

Qui fâreut poleur, passer houtedè meûr

Mins l’meûr di l’Atlantique

N’esteut qu’on meûr d’ine dimeye brique

 

Si fout st’on bê boucan

Quand les alliés prindis Caen

Puis n’ine maneûve a r’boûr

Prindez l’veye et l’pôrt di cherbourg

Min vola Romel, tot vért qui s’mâvel

Tot d’hant Saint-Maty, i m’el vont payis

Mâlèreus’mint por lu

I vola l’geûye dju d’on talus

 

Li gros sofflé Goering

Pé qu’on boxeu qui monte sol ring

Bréya : Dj’ârès leu song

Pasqui dj’va lacher mes V onck

Kimandez l’pondeu, po ponde les V deux

Li V treus sûrèt, puis l’V quate après

Des v dj’ènn’a st’assez

Dji va minme â double V C

 

Goebels po l’propagande

Féve des communiqués so k’mande

I d’héve qui s’n’esteut rin

Quand l’z’al’mands pièrdi dès tèrains

Si n’batant st’en r’traite, si n’est nin n’défaite

On est minme d’acwérd qui c’est ine victwére

Nos sûvans nosse tactique

Puisqui nosse front est’élastique

 

Min v’là Léon Degrelle

Qui féve… on mèting à Bruxelles

Qui brai cop é qu’on sot

Li chef di Rex c’est mi qu’el sot

Allez neûrs moussis, vi fer ahessi

Et v’batte conte les Russes, c’est po li rwè d’Prusse

Abèye saint nom di patte

Rat’néme autremin dji m’va batte

 

So s’trèvin la Hitler

Mâqua  dè voler l’panse à l’air

Ine clique di djénérâls

Aveut mètou n’bombe è s’locâl

Si fou st’on mic-mac tot avâ l’wehrmacht

Tot l’état majôr … aveut pièdou l’nôrd

Hitler n’aveut mordjène

Pièrdou qu’on bwès foû di s’fahène

 

Et l’gros Mussolini

Si dèri s’côp chal : c’est fini

D’javeus portant li r’gard

Et tote li prestance d’on César

Min nosse pitit rwè, m’a r’sètchi mi emplwê

I m’fârêt st’ovrer, qu’est-ce qui dji va fer ?

Dj’ir^s trover l’Négus

Qu’a mutwè mézâhe d’on gugusse.

                                       Isi Tchantchet

 La Petite Gazette du 18 mars 2009

LA PETITE GAZETTE FAIT LA PART BELLE A NOS BEAUX DIALECTES

Ils sont innombrables les textes wallons qui vous ont été présentés dans ces colonnes au cours de cette décennie. Vous les avez découverts en prose ou en vers ; textes anciens ou textes contemporains d’auteurs très connus ou plus discrets, ils auront fait votre bonheur. Pour célébrer notre belle langue wallonne, quoi de mieux qu’un texte écrit par quelqu’un de chez nous, trop tôt disparu, le Manhaydois Marcel David qui le rédigea en mars 1999.

Ine måle idèye

D’lé Houbêrt èt Marèye

C’èst tot lès djôus parèye

On-z-î djouwe å cwåedjêus,

N’a mînme dès fråwtiignêus.

 

Mins on-zî foume tîmpèsse,

Nouk ni s’fêt dès mas d’tiesse,

Li plafond èst tot nêur

Mins persone è nn’a d’kêur.

 

On bê djôu, li wèzène

Qu’înméve di fér n’copène,

I va, ‘n’après l’dîner

Po-z-aller qlawziner.

 

Èle dèrit-st-a Marèye :

« hoûte on pô mi p’tite fèye

I m’sônle qui s’sèreut bon,

Qui ti mète so t’plafond

 

Ine miyète di pîntêure

I n’fåt nin lî mèskêure

I nn’a vrèmint dandjî,

Dji vous cob in t’èdî. »

 

Marèye qui n’î tint wère :

« ci n’èst nin nécèssère,

Adon puis, çou qui n’a

L’plafond èst dja trop bas ! »

La Petite Gazette du 24 juin 2009

ENCORE A LA RECHERCHE D’UNE ANCIENNE CHANSON

Madame Jeanne Hesbois, d’Emptinne, vous avait placé sur la piste d’une ancienne chanson wallonne dont elle espérait, avec votre concours, retrouver les paroles. Monsieur André Leroy, de Ciney, s’est fort gentiment manifesté tout en réclamant votre indulgence car il ne peut garantir l’authenticité de ces paroles, que lui chanta jadis un de ses vieux amis.

On dit qu’dj’a l’boubou

  1. D’on malade d’j’n’ai nin portant l’visadge

D’jai todi fwaim, dji dwame comme on soquia 

Mais su l’bèsogne, d’j’n’ai jamais pon d’coradge

Dins mes winmes, gn’a ben, sûr do djus d’navia

A tos les saints dj’ai stï fé des nouvinmes

D’j’ai sayi totes les drogues des pharmaciens

Gna rin qu’y fé, quand c’n’est nin Djean c’es Djenne

Dj’saye co on r’méd’qui n’m’appoite pon d’candgmint

C’est todi vaici dins m’vinte qui ça m’prind

Dji n’saureuf jamais v’z’espliquer çu qu’djè r’sint.

 

 R.  On dit qu’dj’a l’boubou,(bis)

On dit qu’dj’a l’boutroule trop strwète

Dji su disbatchi, trop strwète mes amis

D’au moins trwès gros centimètres

Quand dj’esteu gamin, dj’ai stï trop sovint

Au bain sins mette mes nagettes

C’est po ça qu’dj’ai l’bou, èl’didout d’èl bou

C’est po ça qu’dj’ai l’boutroule trop strwète

Dissus l’dibout, bout.

 

  1. Gn’aurait ben rate dije ans qui dji fréquente

D’j’ai quat’ garçons, c’est m’pôrtrait tot ratchi

Avou Marie, l’dérenne feye do grand Zante

Qui vint d’èl babawe dissus les martchïs

Em commére elle mi soye les oreilles

Elle a l’timp lon,g, elle vaureu ben s’marier

Dimègne passé, comme dj’esteu co dé leye

Dj’ai dit Marie poquwè vo z’ennonder ?

Vo d’vé ben comprind’li raison

Qui po m’santé li mariadge n’est nin bon

 R.  On di… On dit…

Si ça gangneu l’cœur, witez qué malheur

Dji d’vreu n’n’aller à crossettes

Vo duvrï m’sogni, tofer sins lachi

Waitez l’mariadge qué n’planette

Pasqui dj’ai l’… Pasqui dj’ai l’…

Dissus l’dibout, bout.

 

  1. l’samwinne passée dj’ai stî vèye à bruxelles

On grand méd’cin, parait qu’i sogne li rwè

I m’a d’mandé, avo des bonnès selles

E su totes les costeurs i m’a r’tournè

Après çoula, radjustant ses bèliques

I m’dit « mi fi si vo vlè esse chapè

L’samwinne qui vint faurait v’nu è m’clinique

Absolumint vo d’vè yesse opèrè

I l’duvrait tirè li fwè, li stoumac,

Les ouchats enfin tos les boyas

 R. Ma is dji s’rai chançart, dji gangn’rai des liards

Su les dicausses è les fwères

Dji mosturrai m’cas pasqui sins ouchats

Mes pias pindront jusqu’à l’terre

Marie su l’tremplin

F’rait intrer les dgins

Dins nosse barraque quénne affaire

E po dix gros sous, vinré veuye tertous

L’homme qui a l’boutroule trop strwète

Dissu l’dibout, bout.

La Petite Gazette du 18 novembre 2009

VOUS AVEZ TROUVE « LI BOTROULE »

Monsieur M. Verboket, de Bovigny, a répondu à l’attente de M. Maquinay et nous apporte les paroles de cette chansonnette comique dont les paroles sont d’Auguste Boon et qui faisiat partie des chansons du Cabaret Wallon et du Trocadéro.

Mon correspondant, bientôt septuagénaire, chante depuis 63 ans. Il se souvient qu’il est monté pour la première fois sur scène lorsqu’il avait 7 ans, à l’occasion d’un crochet dans la salle Faber à Beho. Cette première expérience a été couronnée de succès puisque, d’abord parce qu’il était le plus jeune des candidat, ensuite parce qu’il y remporta le premier prix en chantant « La trompette en bois » Depuis, il n’a plus quitté les planches, il chante toujours, il joue au théâtre wallon dans deux troupes, celle de Ville-du-Bois et celle d’Hebronval, et joue également de l’accordéon ; bref un vrai artiste…

Au nom de M. Maquinay, je le remercie chaleureusement de nous permettre de découvrir ce texte.

On a d’ja tant fait  dès couplets

Romances ou tchansonètes

So l’vin, li  bîre, li vix pèkèt

Les båhes èt lès clignètes

On a tchanté so tos les tons

Ci qui s’nèy’ ou qui s’broûle

Et mi d’ji v’vat dire ine chanson

Po v’djaser di m’botroûle (3 fois)

 

Li ci qui vint d’èsse décoré

Rote avou l’tièsse lèvèye

Et l’d’jon-nai qui c’mince a hanté

Est fir di s’binamèye

C-chal èst fir d’èsse pârin

La qui l’a st’ine fioûle

Ine aute lu c’est di s’bè d’jardin

Mi j’so fir di m’botroûle (3 fois)

 

Es l’hivièr a câse dès crouwins

Vochal des maladèyes

On atrape mâ s’tièsse mâ sès dins

Ou minme ine porisèye

Cichal c’èst-ine bronchite qu’il a

Ine aute c’est les raivioules

Mi dji na mây’ rin d’tot çoula

Min d’ja dè mâ m’botroûle

 

En’na qui s’fêt les ch’vêts tot neûrs

Et l’moustache pol’rawète

Po bin des feumes c’est-on boneûr

Di s’chervi dèl pouslète

Elles si placardè d’rodje tél’min

Qui v’dirîs dès cognolles

En’na qui mètèt dès fâsès dints

Et mi d’ja n’vrèy’ botroûle

 

So l’tére, on veut tote sorts di djins

Des naw’s dès plein d’corèdje

Des grands, des p’tits, des èmètrins

Des bès, des laids visèdjes

En’na qu’on st’ine tiesse comme tchanchèt

Ou n’dève d’èfant qui tchoûle

Mi dji n’so nin fwer bè valet

Min d’ja st’ine bèle botroûle.

La Petite Gazette du 2 décembre 2009

ADIÈ COÛTÈS COTES !

Au travers des textes des chansons populaires d’antan, bien des faits de société resurgissent… C’est ainsi que cette chanson des années 1920 regrette l’allongement des robes ! Cette chanson, dont l’auteur original est inconnu et qui peut se chanter sur l’air du « Temps des cerises », était entonnée souvent par la maman de Joseph Dubois, d’Anthines. Mon correspondant me précise que sa maman était née en 1908. Il m’indique, en outre, que c’est son cousin, Léon Bukens, qui l’a traduite « è nosse lingadje » en septembre 2003.

Adiè coûtès cotes, vûzion amiståve.

Vos mostrîz si bin on plêhant bokèt, qui nos féve esclåves

Li noûve môde, sins coûr, nos-a fêt l’surprîse

d’ralongui lès rôbes, nos lèyans boubiès.

C’èst pokwè m’visèdje, divant cisse trêtrîse,

ralongui ossi, dji n’a pus d’agrè.

 

Èsteût-èle panê ? Èsteût-èle tchimîhe ?

C’è-st-a cåse di lêy, qui pus d’on djône tapa la sès brîhes.

Ci cwåré di stofe, c’èsteût dèl frankîse,

C’èst bin gråce a lu, qu’lès galants sèpî

Qui måy i n’årît, ine mètchante surprîse,

Tot çou qu’i mostréve, poléve-t-èsse préhî.

 

No polîs vèyî, sins corin ou risses,

Tot lès p’tits dèfôts, èt lès grands mèhins, sins pus nole mèprîse

Cwand-on djône galant vèyève si promîse

Drèssèye so dès hèsses come cèkes di tonê.

I d’héve grand mèrci a cisse môde complice

Qu’èl såvéve si bin dèl cwède è hatrê.

 

Gråce a sès longueûrs, li rôbe vièrmoleûse,

Nos catche lès måcules, nos fêt veûy bablou, c’è-st-ine toûrciveûse,

On fènè critchon v’s-avise andoûleûse,

Ca d’sos s’cotrilion, èlle a-st-on fås-cou.

Vos n’mådjinez nin, qu’on v’fêt prinde ine leûse,

Èt qu’dè long d’vosse vèye, vos sèrez nånou.

 

Bal’tez tchamarètes, tot-a vosse manîre.

Lès-omes dihèssîs, d’vos p’tits cotrilions, qu’avîz po banîres.

Mins vos distchant’rez, dji v’s-èl pou bin dîre,

Cwand tot lès moncheûs, leû r’vindje riprindront,

Avou l’vint capon, corant lès gonhîres,

Lîvront longuès cotes, sins nole pèrmission.

Et mon correspondant de joindre à son texte, fort utilement d’ailleurs, quelques explications linguistiques : amiståve : aimable ; boubiès : benêt ; agrès : énergie ; préhî : apprécié ; bal’ter : blaguer ; taper sès brîhes : faire des folies de jeunesse ; critchon : grillon ; nånou : son esclave ; vièrmoleûse : sournoise ; andoûleûse : enjôleuse ; leûse : œuf sans coquille ;  tchamarète : fille coquette ; corant lès gonhîres : courant par monts et par vaux.

DES SOUVENIRS DE LA GRANDE GUERRE

La Petite Gazette du 8 novembre 2000

COMMEMORATION DE L’ARMISTICE…  UN TRES JOLI TEXTE ET UN EXTRAORDINAIRE DOCUMENT !

Les années passent, le souvenir demeure ! Cette année encore, et c’est heureux, les monuments seront fleuris, les discours seront prononcés et, en de nombreux lieux, les anciens, leurs enfants et petits-enfants  se réuniront pour célébrer l’Armistice du 11 novembre 1918. Depuis de très nombreuses années, des banquets réunissent celles et ceux qui trouvent là l’occasion de raviver le souvenir de ces héroïques combattants de la Grande Guerre. C’est le cas notamment à Sougné-Remouchamps, où, il y a deux ans, Madame Aline Neuforge-Wislez s’est adressé aux convives en ces termes :

« Chers Combattants ! Mesdames, Messieurs et mes chers amis,

   Djåzans walon ! Oûy dji-v’va djåzer d’ine saqwè qui m’tint a coûr… di m’viyèdje ! nosse bê viyèdje ! Dji l’inme pacequi, por mi, c’è-st-onk dès pus bês di tote li Walon’rèye.

   Loûkî’l’ come i s’sitind tot fîr inte li hé Marèye, li bwès d’Hènumont èt l’hé dès gattes. L’Ambléve qu’ad’hind dèl cascåde di Cô tot rôlant sès-èwes inte lès gros cawyês dè Fond d’Quåreûs, vint bagnî lès pîds dèl Rèfe, adonpwis, dit bondjoû å vî pont d’Sougné èt a si p’tit banc, tot come è rèspleû qu’Edg­­ård gruzinèye tos l’s-ans ­­ å banquèt dès combatants.

   Riloûkîz-l’ bin nosse viyèdje, come il èst bê ! N’è-st-i nin adawiant qwand, par on djoû d’osté, li solo riglatihe so l’clokî d’nosse vîle èglihe, lèye qu’a tant vèyou nosse binamé m­årli traf’ter a tos lès tins ! Qwand lès clokes rèsdondihèt, totes sôres di sov’nances m’apotchèt-st- å coûr ! Dji creû co ètinde li marihå dèl Falise qui raw’hèye lès mårtês ou bin lès-ustèyes dès-ovris qui bouhèt so lès pîres di grès. I m’sonle qui dè long d’l’èwe, dji r’veû lès spåmeûs wice qui lès glawènes dè viyèdje avît bon di s’rèscontrer li londi ­­ å matin po fé leû bouwèye, tandis quéquès-ôtes, moussèyes avou leû long cotrê, ènn’alît-st- å galoche cwèri dès fahènes qu’èle raminit so’ne bèrwète.

   Mins, ni roûvians nin li djowion di nosse viyèdje… li grote, qu’èst k’nohowe l­­ådje èt long ! Di totes lès cwènes di nosse payîs èt minme d’an d’foû, on-z-acoûrt po lè v’nî åd’mirer !

   Dè tins dè vî Bon Dju tot l’monde s’êdîve. Aprè’ne deûre djournèye, on s’rapoûléve turtos so l’pavèye avou lès vîlès djins po djåzer di traze èt quatwaze ! C’èsteût l’bon vî tins… målèreûs’mint, c’èst l’passé èt on n’såreût rin i candji !

   Nosse viyèdje nos-a tofér rèstchåfés d’vins sès brès’, ossu, n’åyans nin sogne dè fé on pas, ou deûs, èt minme treûs si èl fåt, po qui d’meûre come il a tofér sitou… av’nant èt rimpli d’tcholeûr !

   Vos-èstez sûrmint d’ackwér avou mi èt d’ackwér dè dîre qu’il èst d’manou patriotique, ca, loûkiz, oûy nos-èstans co tot plin po fièsti l’årmistice. »  (11 novembre 1998)

 Madame Neuforge-Wislez, fidèle lectrice de La Petite Gazette, a eu l’excellente idée de me transmettre ce très joli texte peignant son village, Sougné-Remouchamps, au bon vieux temps. Je veux parier qu’elle rencontra un fort joli succès quand elle le déclama… et je la remercie chaleureusement de vous avoir permis de le découvrir à votre tour.

Le temps est propice au souvenir … Monsieur Arthur Rulot, de Odet, me dit « avoir       retrouvé dans ses « reliques » une photographie très émouvante réveillant de douloureux souvenirs de la Grande Guerre. Mon père et mon oncle Godefroid, volontaires de guerre, ont parcouru et subi toutes les péripéties de cette affreuse tragédie. Pendant mon enfance, c’est bien loin tout ça, j’écoutais en toutes occasions le récit des terribles épreuves qu’ils avaient endurées tout au long de la guerre abjecte et criminelle engendrée par la meute cruelle du grand reich. Par leurs récits, je connaissais à peu près tous les noms des villages où la ligne de feu sévissait. Aussi je pourrais écrire à peu près tous ces noms où tout n’était plus que mort, haine, ruine et désolation »

001

Sur le front de l’Yser en 1916.

 Identifiés par deux petites croix, vous retrouverez, à gauche, Godefroid Rulot (l’oncle de mon correspondant) et à droite Léon Braibant, un sourire si doux de Bel-Air Marchin.

Cet extraordinaire document qui nous plonge directement dans la réalité de ce terrible conflit a inspiré ces lignes à Monsieur Rulot :

« Vous ne pouvez la voir sur ce cliché, en face d’eux, derrière la ligne meurtrière, la grande armée félonne de Guillaume II était l’expression même de la férocité. La ligne du front belge s’étendait de l’ouest, depuis Nieuport, jusqu’à la mer du Nord, en passant par Dixmude pétrifiée, jusqu’au-delà de la forêt d’Hauthulst et Poelkapelle à l’est. Sur la ligne du front dévasté, des villages en ruines disséminés : Klerken, Woumen, Ramskapelle, Pervyse, Kaaskerke, Schoorbakke et autres ; sans oublier Oud-Stuyvekenskerke, au nom imprononçable qui signifie, paraît-il, la vieille église de la petite fleur bleue. Voilà bien un nom de toute beauté… N’est–elle pas émouvante cette petite église effondrée pour l’honneur de la Belgique ? Puissions-nous ne jamais oublier, nous souvenir de ces cités anéanties et des soldats martyrs qui les ont défendues.

Beaucoup, parmi nos jeunes gens sur la ligne du feu, nos héros de l’Yser, ont versé leur sang, jusqu’à l’abnégation librement consentie, pour garder inviolé l’ultime lambeau de notre patrie aux abois, soumise mais non asservie.

La maman, le visage alangui, flétri, les cheveux gris, mutilée, tourmentée, attendra en vain son grand fils, perdu, gisant dans la terre dévastée. La jolie fiancée, les paupières cernées, les yeux embués de larmes, le cœur meurtri, ne gardera de l’être chéri qu’une peine indicible, un souvenir éperdu en âme. Tout bien est fruit de sacrifice : la gloire du pays, la mort du pauvre soldat. »

La Petite Gazette du 17 décembre 2003

UN EPISODE MECONNU DE LA GUERRE 1914 – 1918

Et c’est M. Maurice Petit, de Wavre, qui l’évoque pour nous :

« Il s’agit d’un épisode historique vécu par mon grand-père, Joseph Petit, né à Gênes, en 1881 et y décédé en 1942. Il était agriculteur et fut échevin de la commune de Hodister pendant 24 ans.

«Quand Anvers tombe aux mains des Allemands, le 10 octobre 1914, le groupe chargé de la couverture du gros de l’armée belge, qui se replie vers la côte, n’a d’autre solution que de passer aux Pays-Bas pour éviter la capture. Mais les Hollandais veulent assurer leur neutralité et ils décident d’interner les 33 500 soldats belges interceptés à la frontière. 13 000 d’entre eux sont dirigés vers Harderwijk où ils seront détenus dans des baraquements pendant toute la durée de la guerre. On imagine sans peine leur condition « d’hébergement » : vie monotone, promiscuité, gel et pluie dans les baraques, absence de soins, maladies infectieuses et autres. Pour l’ensemble des camps, plus de 500 soldats belges perdront la vie aux Pays-Bas. Ce n’est qu’en décembre 1918 que des trains ramèneront les internés en Belgique, certains avec ordre de rejoindre l’armée belge… pour y accomplir leur service militaire !

Peut-être, espère M. Petit, se trouvera-t-il certains lecteurs qui ont entendu parler de cela ou, mieux encore, y aura-t-il quelqu’un qui possède l’un ou l’autre souvenir de cette dure période ?»

Si vous êtes dans le cas, vous savez dès lors ce qu’il vous reste à faire. Merci de répondre à cet appel.

La Petite Gazette du 14 janvier 2004

UN EPISODE MECONNU DE LA GUERRE 1914 – 1918

Et c’est M. Maurice Petit, de Wavre, qui vous questionnait à ce sujet. M. Alain Canneel, de Lesterny, m’a adressé, en guise de réponse, un extraordinaire courriel illustré de documents passionnants.

« C’est avec beaucoup d’attention et une certaine émotion que j’ai pris connaissance de l’évocation du camp de Harderwijk. Ce nom m’était, en effet, bien connu car un de mes grands-oncles, Jules-Marie Canneel (Bruxelles 21.04.1881  –  Bruxelles 24.09.1953), y fut interné. Il avait d’ailleurs le même âge que le grand-père de M. Petit.

Comme il était artiste-peintre, dessinateur, caricaturiste, homme de théâtre et même écrivain à ses heures (cela le conduira plus tard à être longtemps chroniqueur judiciaire au Pourquoi Pas ?, il en a laissé quelques durables souvenirs de nature à intéresser M. Petit.

002

Première page d’une lettre de jules-Marie Canneel qu’il a datée « Camp d’Harderwijk 14-02-15 » et illustrée de son portrait par lui-même, en prisonnier du camp.

« Jules-Marie Canneel : milicien de 1901, rappelé sous les armes le 1er août 1914, au 2e de Ligne de Forteresse. Lors de la retraite d’Anvers, il franchit la frontière hollando-belge à Koewacht (Zélande), et est interné au camp d’Harderwijk où il organise un théâtre, illustre régulièrement le journal Inter Nos et participe à la création d’une « Ecole de Travail » bientôt agréée par la ville de Bruxelles. Est ensuite dirigé vers le camp de Scheveningen où il restera jusqu’à l’Armistice tout en collaborant à divers journaux hollandais. Trois de ses frères : Georges, Jean et Marcel, tous artistes, servaient aussi dans l’Armée belge. Jules-Marie Canneel réalisa en 1914 et 1915, une suite de 25 dessins rehaussés représentant les types militaires » cf. Musée royal de l’armée et d’histoire militaire, « 14-18 Regards d’artistes », catalogue de l’exposition organisée à l’occasion du 75e anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, 11/11/1993  – 31/01/1994. »

003

DESSIN DE L’ARMEE EN RETRAITE

Reproduction de ce qui doit être une aquarelle illustrant la retraite de l’armée belge après la chute d’Anvers, signée Jules-M. Canneel 1914.

 

 A suivre…

 La Petite Gazette du 21 janvier 2004

UN EPISODE MECONNU DE LA GUERRE 1914 – 1918

Monsieur Alain Canneel, de Lesterny, m’a adressé, en guise de réponse à M. Maurice Petit, de Wavre, qui vous questionnait à ce sujet, un extraordinaire courriel illustré de documents passionnants, retrouvons-le :

« Jules-Marie Canneel avait hérité des malheurs de la Grande Guerre des ennuis pulmonaires, un souffle court. Cette guerre, il l’avait faite courageusement, au 2e de Ligne : « J’étais un vieux soldat, confiait-il, j’avais trente-trois ans… » Il fit de nombreux croquis des champs de bataille, qui sont conservés au Musée de l’armée et au cabinet des estampes. Il avait d’ailleurs quitté les feux de la rampe (il était régisseur chez le père Fonson, au théâtre des galeries, de 1908 à 1913) pour les feux de la guerre. Il garda des mois où il protégea, avec ses compagnons, la retraite d’Anvers, et des années d’internement au camp d’Harderwijk (Pays-Bas) des souvenirs tragiques » cf. Paul Caso, « Le centenaire de la naissance de J-M Canneel fait resurgir le vieux Mont-des-Arts », Le Soir, dimanche 30 et lundi 31 août 1981.

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Mon correspondant précise : « Cette photo d’un groupe de 13 prisonniers a été prise à Harderwijk. Jules-Marie Canneel est assis au premier rang, une pipe à la main. Le verso de la photo a été imprimé en carte postale. Jules-Marie Canneel a envoyé cette carte à son frère Eugène, mon grand-père, qui, lui, avait été réformé. Il a daté son envoi « Hardewijk 27-12-14 » et écrit notamment ce qui suit « J’ai reçu ta carte ce matin et la belle carte de Jacques, mais pas encore les colis annoncés. Les camarades de la photo sont de jeunes et vieux universitaires. Quelques-uns ont été blessés au feu… Je t’embrasse toi et tous mille fois. A quand ? »

   Je vous l’annonçais, j’ai reçu plusieurs courriers très intéressants sur ce sujet et je vous proposerai de les découvrir dans les semaines qui suivent dans ces mêmes colonnes.

La Petite Gazette du 28 janvier 2004

LES SOUVENIRS LOINTAINS DE 14 –18

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En légende : Reproduction noir et blanc de ce qui doit être une aquarelle représentant  un soldat belge désarmé et récemment interné à Hardewijk, avec la mention signature « Soldat Jules-M. Canneel 1914 Harderwijk » Publiée dans De Weekbode-La Dépêche du jeudi 28 janvier 1915 avec la légende : « Belgische soldaat in het interneeringskamp te Harderwijk » (Merci à M. Alain Canneel de nous avoir confié ce document)

 

Monsieur Henri Boudlet, d’Izier, a lui aussi eu un oncle qui fut interné dans un camp en Hollande, il s’agissait pour lui du camp d’Oldebroek.

« Mon oncle, David Boudlet, était né à Izier le 1er avril 1882, il décèdera en 1944. Le 11 juin 1902, il est incorporé comme milicien de 1902, matricule 19735 – province de Luxembourg 13e canton, commune d’Izier – n°480 du tirage. Le 19 octobre 1902, il est appelé au service actif au 3e bataillon du 14e Régiment de Ligne de Forteresse, caserné à Liège, pour une durée de 2 ans.

Le 1er août 1914, il est rappelé au 5e Bataillon du 14e Régiment de Ligne et se rend à Liège. Il participe aux combats pour la défense de la ville. Il a vécu cette tragique méprise à Boncelles quand son unité et un autre régiment belge, le 12e de Ligne, ont échangé des coups de feu. Le 9 août, c’est la retraite vers l’armée sur la Gette où les défenseurs de Liège furent réorganisés en une division. A partir du 20 août, l’armée belge de campagne assure la défense de la position fortifiée d’Anvers. »

A ce moment de son récit, mon correspondant puise dans Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Tome IV, Livre V chapitre II, ce qui explique l’origine et les circonstances de la déroute de 35 000 hommes isolés de leur unité :

« Le 7 octobre, le Roi Albert 1er donnait l’ordre d’évacuer la place par la rive gauche de l’Escaut. Couverte par un corps français envoyé à la hâte à l’Est de Gand, la retraite réussit malgré les difficultés que lui imposait l’étroitesse de ses débouchés entre l’ennemi et la frontière hollandaise. A part 35 000 hommes obligés de se réfugier en Hollande où ils furent internés jusqu’à la fin de la guerre, le gros des forces parvint à rallier Ostende. »

La Petite Gazette du 18 février 2004

LE CAMP D’HARDEWIJK – EPISODE MECONNU DE LA GRANDE GUERRE

En réponse à l’appel de M. Petit, de Wavre, des courriers d’une incroyable richesse me sont parvenus et notamment celui de M. Léon Pirlot, de Marenne, fils d’un ancien combattant de 14-18 interné en Hollande.

« J’ai oublié la date de sa mobilisation, mais je sais qu’à Hamoir il a déjà rencontré des Allemands. Sans doute portait-il des habits civils car il est bien parvenu à Liège, sa destination. Il a déjà combattu avant d’arriver à Anvers. Là, ils ont été encerclés et, ne pouvant s’échapper, les officiers ont crié : « Sauve qui peut ! »

Les soldats ont brisé leurs armes et, pour ne pas être prisonniers des Boches, ont traversé la frontière, c’est alors qu’ils ont été internés, dans les baraquements dont il a déjà été question. Mon père aussi a séjourné à Harderwijk. Ils étaient trois de la commune de Marenne : Maurice Prignon, de Verdenne, Eudore Claude, de Bourdon, et mon père.

La nourriture n’était ni très bonne, ni variée : du lard gras et des haricots. Ils en étaient dégoûtés, sauf peut-être Maurice Prignon qui mangeait les rations de ses camarades. Le séjour là-bas lui a été très pénible et mon père y a beaucoup souffert de rhumatismes dont les douleurs se manifestèrent encore bien après son retour au pays.

Je possède encore un coffre en bois de couleur noire, avec inscrits sur une des faces son nom et son adresse, dans lequel il mettait ses affaires personnelles : un petit coffret également en bois, un napperon en fils kaki orné de rosaces aux couleurs belges et françaises, un cahier d’exercices d’arithmétique dont je joins la copie de la page de couverture.

006

Pour meubler le temps libre des hommes, des officiers donnaient des cours à ceux que cela intéressait. A son retour, mon père écrivait sans faute et savait résoudre des problèmes de fraction et de robinet ! » A suivre…

La Petite Gazette du 25 février 2004

LE CAMP D’HARDEWIJK – EPISODE MECONNU DE LA GRANDE GUERRE

En réponse à l’appel de M. Petit, de Wavre, des courriers d’une incroyable richesse me sont parvenus, nous retrouvons aujourd’hui l’essentiel du contenu de celui de M. Léon Pirlot, de Marenne.

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« Le beau-frère de mon père, Joseph Dethienne, fut lui aussi interné en Hollande, mais dans une autre localité ; lui habitait Champlon-Famenne.

L’abbé Dernivy, curé à Marenne et vicaire à Champlon, avait été, dans le courant du mois d’août 1914, emprisonné au château de Verdenne avec d’autres personnes du village pour ne pas avoir livré aux Boches de vieux fusils Lebel qui se trouvaient à la maison communale et qui servaient lors de représentations théâtrales. Le vieux Bourgmestre de l’époque, Emile Gilles, ne savait comment réagir face à l’arrogance des officiers du bandit Guillaume II qui avaient reçu l’ordre de terroriser la population belge pour mieux l’asservir. Deux de mes oncles, poursuit mon correspondant, ont été déportés en 1916, ils ont été battus et affamés pour avoir refusé de travailler pour les Boches et, finalement, ils furent renvoyés chez eux. Le curé fit fonction de Bourgmestre. Tous les détenus, après un jugement sommaire, ont été condamnés à mort. C’est alors que l’abbé fit un vœu : s’il était libéré, il se rendrait pendant la guerre à Lourdes. Tous furent rendus à la liberté !

Il passa, en fraude, par la Hollande et rendit visite à ses paroissiens, il leur remit des lettres clandestines, non censurées par les Allemands, puis il prit le bateau pour l’Angleterre et, enfin, Lourdes.

Ma mère a rendu une visite à mon papa interné, elle fut bien accueillie chez un habitant où elle résida quelques jours. Ma tante, l’épouse de Joseph Dethienne, s’y rendit deux fois. Quelle joie, s’exclame alors M. Pirlot, si j’avais pu accueillir un proche durant ma captivité !

Les bonnes choses ont toujours une fin, dit-on, les mauvaises aussi… C’est ainsi que les trois détenus sont rentrés chez eux, après les hostilités, ils avaient laissé un peu de leur santé en Hollande. »

La Petite Gazette du 21 janvier 2004

ET LES CHANSONS DE 14 –18

C’est M. Jules Lejeune, de Salmchâteau, qui nous permet de découvert ces textes extraits  d’un vieux carnet de son arrière-grand-oncle , Léopold Evrard.

Sur l’air de « Sous les ponts de Paris »

En allant vers la Seine

Guillaume II s’était dit

Cela ne vaut pas la peine

De passer par Longwy

Battons Albert qu’on dit de fer

Cela prouvera que je tiens la tête

Battons, tuons et fusillons

Cela nous mettra le cœur en fête.

Refrain

Il avait oublié

Quand passant par Verviers

Il attraperait une forte indigestion

En arrivant au petit fort de Fléron

Il fut surtout surpris

Lorsque pendant la nuit

Toute son armée fut détruite d’un seul coup

Par nos petits lampious

En allant vers la France

Avec leurs bataillons

Ils firent avec violence

Tonner leurs gros canons

Sur leur chemin, n’épargnant rien

Ils eurent une conduite atroce

Mais ce n’est rien, on le savait bien

Ce ne sont que des bêtes féroces

Refrain

Depuis qu’ils sont entrés

Ce n’est que brutalité

Ils pillent et brûlent les villes de ce pays

Pour arriver à la ville de Paris

Mais ils se sont trompés

Parce que les alliés

Vous les repoussent toujours bien tranquillement

En vous les fracassant.

Refrain

Nous croyons que la guerre

Sera bientôt finie

Et aussi nos frontières

Débarrassées de l’ennemi

Nous espérons et nous croyons

Que notre victoire est proche

Que les Français, Russes et Anglais

Envahiront ce pays d’Albosch

Refrain

Maintenant que les alliés

Toujours les font reculer

Ils avaient dit si souvent autrefois

Que n’avions que des soldats de chocolat

Mais ils savent avouer

Qu’ils ne peuvent résister

Qu’ils ne possèdent que des soldats de biscuit

Dans leur fameux pays.

2/2 – 1915

La Petite Gazette du 28 janvier 2004

ENCORE UNE CHANSON DE 14 – 18

C’est M. Jules Lejeune, de Salmchâteau, qui nous permet de découvert ces textes extraits d’un vieux carnet de son arrière-grand-oncle, le facteur des postes Léopold Evrard.

La chute de l’empereur d’Allemagne

L’Allemand dit un jour à notre Roi Albert

Il me faudrait laisser passer par la Belgique

Absolument je dois traverser vos frontières

J’ai déclaré la guerre à la grande République

Je paierai tous les dégâts sur votre terre

Notre bon Roi répondit au vieux Kaiser

                 Non, non, je ne peux pas

                Mon peuple ne voudrait pas

                Et puis j’ai des soldats

 

Refrain

Les voyez-vous les lanciers, les pioupious en armes

Ils sont debout contre la Prusse, ils lèvent les armes

Les artilleurs, grenadiers, pontonniers, gendarmes

S’ils sont vainqueurs, l’aigle noir versera des larmes.

 

Mais l’ambition de l’Allemagne furieuse de haine

De force voulut violer notre terre pacifique

De peur que la France ne prenne L’Alsace-Lorraine

Elle sacrifie tous les Uhlans, quelle panique

Carabiniers, guides et chasseurs et trompettes

Il y a du sang sur les lances et les baïonnettes

Comme les Franchimontois , nous défendrons nos droits

Et on ne nous vaincra pas.

 

Mais nous avons l’appui de la France et l’Angleterre

Et la Russie qui se montre très énergique

Après les horreurs de cette terrible guerre

Je vois venir une union très magnifique

Flamands, Wallons ayons du cœur et du courage

Ne tremblons pas devant la douleur et le carnage

S’il faut risquer sa peau pour défendre son drapeau

Nous en serons les héros.

 

Félicitons de tous nos cœurs les volontaires

Parce qu’au secours de notre chère Patrie

Ambulanciers, ambulancières, nos sœurs, nos frères

Morts ou blessés des quatre nations unies

Nous travaillons pour assurer la paix du monde

L’Allemand pour toujours au fond porte la honte

         La plus grande cruauté

        C’est d’avoir violé

        Notre neutralité

 

Le monde entier se montre contre l’aigle noir

L’empereur brutal et le peuple allemand furent supprimés

Les soldats belges, partout on les couvre de gloire

Malheur à toi car nous saurons t’exterminer

Comme nos vieux nous défendrons notre territoire

Plutôt mourir que de capituler

Belges, Français, Anglais, Russes, unis pour la paix

Et on ne nous vaincra jamais.

 

Le plan allemand était de passer par la France

Au nord en venant par Liège, Visé, Namur, Longwy

Mais à présent, ils ne peuvent plus compter leurs morts

Liège imprenable veut mourir pour son pays

Monsieur Poincaré Président

L’homme d’honneur

Car tous nos  vaillants cœurs

On montré leur ardeur

Pour en être les vainqueurs.

 

Refrain

23 février 1916

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM’ !

La Petite Gazette du 19 février 2003

Dès cette semaine, marquant j’aime à le rappeler la deux centième parution de La Petite Gazette sous ma signature, nous suivrons, quinzaine après quinzaine, des leçons nous permettant d’écrire correctement le wallon. Ces leçons vous sont prodiguées grâce à la précieuse collaboration d’un professeur dont il n’est plus nécessaire de vanter les qualités, Madame M. Artus-Frisée de Sprimont, à qui, une nouvelle fois, je tiens à exprimer toute ma gratitude. Mais trêve de parlottes, installons-nous et écoutons la maîtresse de wallon.

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM’ !

Ay-ay-ay ! Dji v’s-ètind di d’chal ! « C’è-st-à preume s’on l’sêt lére, èt vola qu’on nos djåse pôr dèl sicrîre ! »

   Ni v’fez nin trop’ di mås d’tièsse : vos-avez apris à lére èt à scrîre li francès à sîh-ans èt ci n’sèrè nin pus målåhèye. Po-z-ataker, léhez tot hôt, à vost’ome, à vosse vwèzène, à chaque côp qui vos trov’rez deûs’ treûs rôyes di walon, léhez ‘lzès. Après quéquès samin.nes, vos veûrez qu’çoula îrè tot seû.

Mins po l’sicrîre, m’alez-v’ dîre ? On nos-aveût dit qui l’walon si scriyève come on voléve ! C’èsteût vrèy i-n-a cint-ans, divans qu’Jules Feller ni s’dihasse qu’i sèreût timps dè mète tot l’monde d’acwérd èt d’trover dès régues qu’on såye co todi dè sûre asteûre (min.me si on troûve co d’timps-in-timps  -ou d’tins-in-tins-  dès difèrinces).

Dji m’va sayî, d’vins lès quéquès saminnes à v’ni, di v’diner quéques-eunes di cès règues.

Première leçon

    Pour commencer, parlons de l’alphabet. C’est le même qu’en français, sauf pour le h et le x.

Le h, c’est facile : on ne l’écrit que si on le prononce (s’il est aspiré ; on devrait plutôt dire expiré !) : ine hatche, on harlake, hêyî…Mais : in-ome, ine ôrlodje…

Quand, en français, nous avons th ou ph, en wallon ce sera t ou : bibliotéque, alfabèt, farmacie…

Quant au x, il n’existe pas, il est remplacé par gz ou ks : in-ègzèrcice, bokser…

   Le ex en début de mot français devient souvent ès en wallon : èscuzez-m’ , savez, dji n’ l’a nin fêt èsprès.

   La finale eux des adjectifs devient tout simplement eûs : ureûs, djoyeûs (au féminin : ureûse, djoyeûse).

Remarque : Xhoris, Xhendelesse, Xhignesse… : en français, le x devant le h indique que celui-ci doit être aspiré ; en wallon : Horis’ , Hind’lèsse, Hignèsse.

 

Li côp qui vint, dji v’ djåz’rè mutwèt dès-acsants : alez’ bin vite ènn’ atch’ter on bon kilo å p’tit botike, vos ‘nn’ årez mèzåhe : dès-êgus (é), dès graves (è), dès teûtês (ê) èt dès ronds (å). Èt d’mandez pôr dès-apostrofes po vosse rawète !

Li dame si scole. »

La Petite Gazette du 5 mars 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

   Dj’a roûvî di v’dîre, li côp passé, qui çou qu’dji v’s-èsplique chal, c’èst po l’walon d’Lîdje. Dji sé bin qu’è Condroz èt vès l’Årdène, i-n-a dès mots, èt principål’mint dès vèrbes, qui s’dihèt ôt’mint, mins là, dji n’vis såreu d’ner dès régues.

   Come dji v’ l’a promètou, dji v’ va djåzer oûy dèsacsants : vos l’årez sûr dèdja r’marqué, ènn’a ine volêye. C’èst chal qui lès cis qu’ont l’walon è l’orèye sèront-st-êdîs : i n’åront qu’à dîre lès mots tot hôt èt i såront tot dreût qu’on n’ dit nin dè café, come è francès, mins dè cafè.

   (Comptez asteûre kibin qu’ènn’a divins cès quéquès rôyes, èt n’ roûviz nouk)

Deuxième leçon

  1. L’accent aigu : é

En français : un dé, du café…

En wallon : l’osté, cwåré, on binamé ome, l’iviér

Nous conservons l’orthographe française :

  1. a) dans le suffixe er : dans les infinitifs, sofler, côper, trawer…

dans certains noms : li soper, li dîner, l’atèlier…

           b) dans le suffixe ez: dans les verbes conjugués à la deuxième personne du pluriel : vos toumez, vinez chal, èstez-v’ là ? …

et  dans le mot « assez ».

Attention, l’accent aigu du français devient parfois grave en wallon et vice-versa : cafè, difèrint, Térèse a tèlèfoné à Michél, li trèzôr dèl catèdråle …

  1. L’accent grave et l’accent circonflexe sur le e :
  2. a) è : comme bonnet, jouet, mèler…

Il s’écrira chaque fois qu’on entend ce son bref : on bonèt, c’èst mès dj’vès, èlle èst                                                                                      

         Mwète, on visèdje…

  1. b) ê : pour le son long

on hopê, on pazê, bê,di l’êwe…

Là encore, c’est votre oreille qui vous aidera.

   Enn’årè co, mins ci sèrè po l’ côp qui vint. Tot rawårdant, léhez on pô dî fèyes èn-è-rote bin vite :

   Ine tchèrêye di bèlès vètès sètchès hètes, ine bèle vète sètche hète dissus. On bê, grand, gros, crås, gris, tchèt avo ‘ne bèle grande, grosse, cråsse, grîse cowe, dizeû on bê grand, gros, crås, gris trô dè cou !

Li dame di scole »

La Petite Gazette du 2 avril 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Dj’a îdèye, oûy, di v’s-èspliquer poqwè qu’dj’a tûzé à fé quéques-årtikes so l’manîre dè scrîre li walon. C’èst qui, si vos m’sicriyez on djoû è walon èt qu’vos fez dès fåtes, dji n’vis-ènnè vôrè nin po çoilà, oh nèni ! Mins si vos v’mètez on bê djoû à scrîre on lîve ou d’vins lès gazètes, ça n’va pus ! Qui dîrîz-v’ si vos trovîz deûs’ treûs fåtes so’ne pådje ou ine colone di vosse gazète è francès ? C’èst vrèy po l’walon. I n’èl fåt in prinde di måle pårt, c’èst mutwèt l’mèstî qui vout çoulà, dji n’in.me nin dè vèyî dès fåtes ! Volà poqwè qu’i m’sonle qui mès p’tits-årtikes pôrît êdî lès cis qui volèt scrîre « po d’bon ». Mins, dji v’deû avouwer ine saqwè : mi-èvanjîle da Saint Jean Haust n’èst måy lon èrî d’mi qwand dji scrèye, ca vos-avez rêzon : ci n’èst nin åhèye !

Quatrième leçon

La qu’nos ‘nn’èstans qwite avou lès-acsants, nos-alans djåzer dès consones. Ataquans avou l’ g èt l’ :

  • Li g ni chève qui po l’son « gu » èt måy po « j » : ine gayoûle, li gozî, grawî, li gurnî, li gazète…
  • Come è francès, divant in-e ou in-i, on mète in-u après l’: li guére, baguer, mêgue, dès galguizoûdes…
  • Avou in-n po-drî, c’èst come è francès: magnî, in-ognê…
  • Qwand v’s-ètindez j, vos scriyez : dès djins, on lodjeû, on vizèdje, djêrî, Bèljique, cortéje, jènèrål…

Lès dobès consones, asteûre : ènn’årè qui qwand vo l’s-ètindez ! (Dji r’vinrè pus tård so cisse quèsse-là, oûy dji n’vis djåz’rè qu’dès-s)

–    On scrèye ss s’on l’deût prononcer « s » (èt nin « z ») inte deûs vwèyèles :

Aller à basse mèsse, tchèssî, fåt-st-assoti, dès bwègnes mèssèdjes, dès tchåsses…

  • Si vos-ètindez « z», i fårè scrîre « s » divant in-e finål : dji djåse ; i s’amûse, ine rôse, ine rûse… (Ecsèpcion : dji tuze, i hûze)
  • On scrîrè “z” divant lès-ôtès vwèyèles ou lès consones : djåzans walon, dj’a djåzé avou lu, cåzî, mazète, ine djåz(‘e)rène

Èt d’vins: onze, doze, traze, quatwaze (ou catwaze), quinze (ou cwinze), saze.

Lèyans-l’ å rés’ po oûy, vos ‘nn’årez co d’vins quinze djoûs… si vos m’sûvez !

Quéquès-esprèssions qui d’hèt bin çou qu’èle volèt dîre :

Po ‘ne saquî qu’èst :

  • rodje di vizèdje : On-z-èsprind’reût ine brocale so s’vizèdje.
  • blanc d’vizèdje : Blanc come on navê pèlé deûs fèyes.
  • pèlake : i va d’veûr fèrer sès pious à glèce !
  • mêgue : i båh’reût ine gade inte lès cwènes.

                                                                                    Li dame di scole »

La Petite Gazette du 23 avril 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Avez-v’ léhou lès virelangues tot hôt i-n-a deûs’ treûs samin.nes ? Ennè volez-v’ co po v’mète èn-alèdje ? Alans-î !

  • Ine treûte crowe èt ine treûte cûte èt on grand gris croté cotrê.
  • Quine, dit-st-i Kini. –Qu’i-n-a-t-i? dit-st-i Kina. –I-n-a qui Kini dit qu’a quine èt qu’ c’èst Kina qu’a quine ca c’èst Kini qui n’a nin quine. (Sayîz di v’s r’trover !)

Après l’exercice oral, passons aux exercices écrits. Je vous ai dit que je gardais en réserve les autres consonnes que les s. Pas de l, de n, de t, de f, de c, de m, de p … doubles, à moins que la prononciation ne l’exige (encore une fois, à vos oreilles !)

On écrira donc : quéle bone novèle (ou quéne, mais jamais qu’éle !!!)

Ine bèle bonète, l’ôrlodje a soné, ine afêre, in-ome, griper, ariver, ine pate, acomoder…

On les prononce doubles, donc on les écrit doubles notamment dans les exemples suivants :

Ine addicion, à gngno, dès gngnès’, An’na, ènn’aller, vos ‘nn’ årez…

In-accidint (ou acsidint, mais plus rare) : analogie avec le français.

lle : si le mot qui suit commence par une voyelle, èle : si c’est une consonne.

èlle a v’nou (ou m’nou) î èt èle vinrè co d’min.

èlle in.me lès rôses mins èle n’in.me nin lès djalofrènes.

Djdju (combinaison de dje et dju) qui s’emploie après le verbe : qui vous-djdju dîre ?

– certains verbes au futur et au conditionnel présent : i moûrrè co vite ! Nos l’rèsconteurrîs co bin, vos-inteurrez po li drî…

Dans les sons an, in, on, suivis de n (pour la facilité de la lecture, on sépare les deux n par un point) : son.ner (saigner) si win.ner, ine an.nêye, èmin.né, ine tchåpin.ne, djon.ne (ou djône), di l’avon.ne,…

Quand la consonne d’origine (souvent d) s’est transformée : aban.n’ner (pour aband’ner), rin’ner (pour rid’ner), an’mète (pour admète). Voyez l’utilité du point !

Dans les mots suivants et leurs composés, on sépare le c ou le d de la lettre suivante pour marquer la cassure de la prononciation : ac’lèver, ac’sûre, ine ac’sseûre, ac’sègnî, ac’mwèrder, ad’djonde, ad’djudant, ad’djudjî, ad’viner, ad’vini.

On écrit (car on l’entedn) : å-d’-dila, å-d’-divant, å-d’-dizeûr, å-d’-dizos.

Alez, corèdje !

                                                                                       Li dame di scole. »

La Petite Gazette du 29 avril 2004

 PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Disqu’asteûre, dji n’vis-a nin djåzé dè k, dè c ni dè q. C’èst qu’ci n’èst nin dès pus-åhèye à èspliquer s’on n’vout nin d’ner dès lonkès riguilites di mots qui  s’sicriyèt d’ine manîre ou d’ine ôte. Çoula sèreût pôr trop anoyeûs po tot l’monde. Dji m’va sayî dè fé l’pus coûrt possibe. Qwand vos dot’rez, abèye, Jean Haust ! Dji n’vis såreû chal diner totes lès régues. (Vo-‘nnè-la, louke, on drole di profèsseûr qui n’nos vout nin d’ner dès régues ! Vos ‘nn’årez tot l’min.me quéques-eunes).

Le plus souvent, il faut se référer au français, notamment pour le q. Quand en français vous trouvez qu , vous trouverez presque toujours un q en wallon : qwand, qwiter, qwèri, qwate, qwinze. (Vous pouvez aussi trouver cwiter, cwèri…)

Le c s’emploie souvent devant un a, o, u

Toujours devant un l ou un r :

Exemples : dè cafè, on coq, compter, in-apoticåre, candjî, cropi, dès cladjots, ine clicote, ine cråze eûrêye, on crustin…

Le k peut s’employer devant e, é, è, ê, eu, eû, i, î. Vos-avez l’tchûse : vos polez scrîre quî ou kî, quéques ou kékes. Po m’pårt, dj’in.me mî « quî èstez-v’ ? » qui « kî èstez-v’ ? » ou « quéques coqs » qui « kékes coks »… Li walon èst tot l’min.me li dreût cuzin dè francès. Mins… chaque si gos’, (onk in.me lès fritches, l’ôte in.me lès mosses, åreût-i dit m’papa).

Le c peut, comme en français, se prononcer s devant e, é, … i, y : dèl cécorêye, dès rècènes, wice, dès cèlîhes, cinq cints, li vint’-cinq di décimbe, pacyince…

Devant un a, o, u, w, il prendra alors une cédille : (toujours comme en français) : come ci come ça, fé çou qu’on pout, çoula, dè claw’çon, Françwès, balançwêre…

En cas d’élision du i de ci devant une consonne : di ç’timps-là, po ç’pris-là, quî qui ç’seûye…

Remarques :

1) Le c final d’un mot, qui ne se prononce pas en français, mais bien en wallon, sera suivi d’une minute (’) : li stoumac’, dèl toûbac’, in-èscroc’… mais : dèstchic èt dès tchac, on mic-mac, on bouc, in-årmanac…

(La minute qui suit une consonne indique toujours que celle-ci doit se prononcer : vint djins, deûs tchins, mais : deûs’ treûs tchins)

2) On conserve le c muet du français dans banc, blanc, franc.

Vos vèyez qu’ c’èst long assez po ç’côp-chal. Vochal tot l’min.me ine pitite saqwè à lére (avou dès c, dès k èt dès q !)

N’a Colas qu’èst co là qui louke co å colon qu’èst co là qui vole a solo qu’èst là qui lût co.

On bètch’tå achou so on strouk s’ècrouke tot magnat dès pètchales.

Si on claw’tî clawe qwate clås kibin d’clås qwate claw’tîs clawèt-i po leû qwate ?

                                                                                                   Li dame di scole »

La Petite Gazette du 14 mai 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Vos-alez sûr fé’ne hègne oûy si dji v’di : conjuguêzons ! C’èsteût  ‘ne saqwè qu’on n’in.méve nin fwért è scole, èdon ? Ni sèrez nin l’gazète tot dreût ! Dji n’vis va nin fé ‘ne lèçon so l’manîre di conjuguer, mins djusse so lès tèrminêzons.

Car il est bien entendu que je ne vous parle pas ici des subtilités des verbes qui changent de voyelle au radical (dji qwîr, nos qwèrans…) de ceux qui perdent ou intercalent une consonne (dji dwèm’, nos dwèrmans, dji creû, nos crèyans…). Mon propos n’est pas là, vous connaissez tous ces verbes-là oralement, il s’agit seulement de l’orthographe des terminaisons. ‘est bien suffisant.

La première personne du singulier ne prend jamais la terminaison  s  (à n’importe quel temps) donc : dji so, dj’a, dji fê, dji di, dj’ètind, dji vin, dji pèhe, dj’îrè, dj’èsteû, dji fou, dji vou, dji n’pou, dji tchantéve, dji magnîve, dji n’sareû…

Présent de l’indicatif

Deuxième personne du singulier : comme en français, on ajoute  s :

T’ès malåde, t’as seû, t’ètinds deûr, ti vins trop tård, ti brês trop lêd, ti fês bèrwète…

Exception : certains verbes, dont la consonne finale se prononce, restent invariables :

Ti pièd’ ti timps, t’assotih, ti finih, ti crèh, ti mèt’…

Troisième personne du singulier : se termine soit par e, soit par  t  ou  d :

I pèhe, il èst sot, i brêt, il ètind clér, i vint avou nos-ôtes, èle magne fwért pô…

Mais : i pièd’ sès nic-nac, èle keûs’ , i finih…

Pour les trois personnes du pluriel, les terminaisons sont respectivement : ans, ez ou îz, èt :

Nos-ovrans, nos-alans, nos d’hans…

Vos-ovrez, vos-alez, vos d’hez, qui d’hez-v’ ? qui fez-v’ ?

I d’hèt, il ovrèt, èle riyèt, i brèyèt, qui d’hèt-i ?

N.B. les pronoms ils et elles ne prennent jamais  s  en wallon !!!

Certains verbes qui se terminent par î  prennent  îz, d’autres  ez : vos magnîz, vos roûvîz, vos loukîz, vos sohêtez…

A l’impératif, c’est comme à l’indicatif présent sauf qu’il ne faut pas  s  à la 2° personne du singulier :

Fê à t’ manîre, vin chal, ni brê nin, va-z-è, qwîr après, dwèm’ è påye…

Dimanans chal, sûvans ‘lzès, lèyans l’là…

Rindez m’chèrvice, ni mintihez nin, qwèrez, dihombrez-v’, magnîz, potchîz…

Certains verbes comme fini, assoti, djèmi… ajoutent un  h  entre le radical et la terminaison : finihez vost’ovrèdje, i djèmih, nos-assotihans, i s’adjènihèt, èle mintih…

Dji v’va lèyî dwèrmi qwinze djoûs là-d’sus. Nos veûrans lès-ôtes timps pus tård, ine sôr al fèye !

                                                                                                  Li dame di scole. »

A Petite Gazette du 27 mai 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Corèdje ! Nos ‘nn’årans co vite fini avou cès verbes-là ! Enn’årè pus !

L’imparfait :

Aux 1ère et 3° personnes du singulier, les terminaisons sont éve ou îve :

dji tchantéve, i buvéve, dji magnîve, i loukîve

A la 2° personne du singulier, ce sera éves ou îves :

ti rotéves, ti magnîves

Aux trois personnes du pluriel, ce sera îs, îz, ît :

nos magnîs, nos tchantîs, vos dansîz, i riyît, …

Donc la 1ère personne du pluriel se termine toujours par s, la 2° par z, la 3° par t

Attention, à la prononciation égale, ne confondez pas : i d’héve…                                                                                                            qui d’hez-v’ ?

Le futur :

Aux 1ère et 3° personnes du singulier, la terminaison sera rè :

dji lî dî qwand i vin.

A la 2° personne du singulier, ce sera rès :

ti beurès on vére avou nos-ôtes.

Les trois personnes du pluriel se termineront par rans, rez, ront :

nos djåz’rans walon, vos scrîrez l’lète, i n’wèz’ront nin fé çoula !

Le conditionnel :

Les trois personnes du singulier : reû, reûs, reût :

dji direû pus vite…, ti pièd’reûs t’timps…, i brêreût pus lêd…

Aux trois personnes  du pluriel :  rîs, rîz, rît :

nos lî donrîs tot çou qu’nos-avans…, vos sèrîz co bin capåbe, alez !

il årît bèle à fé.

Vis fåt-i djåzer dè subjonctif ? Alez ! Po les cis qu’èl volèt :

Le subjonctif présent (nous ne parlerons que de celui-là) c’est comme l’indicatif présent pour les trois personnes du singulier : fåt-i qu’dji magne… ?

Les terminaisons changent aux trois personnes du pluriel : anse, ése ou îse, èsse :

fåt-i qu’nos d’hanse çou qu’nos pinsans ;

i fåt qu’vos tchantése divant d’ènn’aller ;

dji n’vôreû nin qu’vos-åyîse seû !

i n’fåt nin qu’i magnèsse trop tård.

Encore quelques petites remarques : à la forme interrogative :

  1. on emploie dj’ (et non dju) après une voyelle d’appui :

Wice va-dj’ ? M’aveû-dj’ trompé ? Sèrè-dj’ todi là ?

  1. à la 2° personne du singulier, le s’ remplace tu :

Wice vas-s’ ? Qui dis-s’?

  1. devant il, èle ou on, on intercale un t si le verbe se termine par une voyelle :

Arè-t-i lès çans’ ? Va-t-i mî ? Îrè-t-èle ?

  1. à la 1ère personne du pluriel, nos devient n’ ou gn’ :

Ènn’alans-n’ ou  ènn’alans-gn’ ?

Vola ! dji v’s-a d’né l’principål po lès conjuguêzons. C’èst sûr qu’i-n-åreût co dès saqwès à dîre, mins i m’sonle qui dji v’s-a dèdja assez pèlé l’vinte avou totes mès régues. Li côp qui vint  -ci sèreût co bin l’dièrin- i n’mi d’mon’rè cåzî pus rin à v’s-èspliquer. Vos-alez turtos èsse dès champions (nin dès tchampions, èdon !).

                                                                                                     Li dame di scole.

La Petite Gazette du 11 juin 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

    Dj’aveû lès pinses qui ci sèreût l’dièrin.ne fèye qui dji v’dinéve dès régues po scrîre li walon, mins dji m’aporçû qui ç’sèreût trop long, çou qui m’dimone à v’dîre, dj’èl va côper è treûs, insi.

Ça n’a nin l’êr fwért important mins çoula fêt pårtèye di l’ortografe walone : les traits d’union et, la prochaine fois, les élisions.

Le trait d’union s’emploie :

  1. pour marquer une liaison après les consonnes s (qui se prononce z), t ou n :

èsse tot-èn-êwe, vos-èstez, in-oûy, tot-èwaré…

pas de trait d’union après les autres consonnes ni après y :

on d’mèy oû, sîh eûres, on neûr oûy…

Remarque : dans les mots qui se terminent par deux consonnes dont la deuxième est muette, la liaison se fait avec la première :

On fwér(t) ome, li sôr(t) ènn’a volou insi…
  1. pour lier certains mots par une consonne euphonique :

ni vola-t-i nin qu’èle tome !, i-n-a bin longtimps, on-z-a twért dè tant djåzer, il ont pris leû-z-èfant  ou, quand il y a plusieurs enfants, il ont pris leûs-èfants, i sont-st-èvôye, dji so-st-anoyeûs…

  1. entre l’adjectif possessif et le nom qui le suit (quand celui-ci commence par une voyelle)

mès-amis, à vost’-adje…

après mi, ti, si (adjectifs possessifs) si le nom qui suit commence par une voyelle :

mi-ovrèdje, ti-éfant, si-ome…

  1. dans les adjectifs numéraux (entre les unités et les dizaines, entre les dizaines, les

centaines et les unités) :

dî-sèt’, dîh-ût’, vint-onk, cint-èt-onk…

  1. dans des expressions :

tot-à-fêt, di timps-in-timps, vîzon-vîzu, trote-nonote…

                                                                                              Li dame di scole

La Petite Gazette du 25 juin 2003

 PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Les élisions :

Beaucoup plus fréquentes qu’en français, non seulement à la fin d’un mot, mais aussi au milieu ou même au début.

Voyelle initiale (après voyelle d’appui, jamais en premier mot de phrase)

de l’article indéfini : à deûs sone tchèyîre, il ane bèle mohone…

de èle, èlle, il, ènnè : portantle dit qu’èle vinrè, vosnnè serez vite qwite, …mins l a-st-arivé trop tård.

Voyelle finale e : de l’article indéfini : in’ feume, in’ djône båcèle

(Attention : in  un devant une voyelle : in-ome)

de l’adjectif possessif : voste ou noste : vost’ome …

            Voyelle finale i :  de li, mi, dji, ti, si, ci, qui, ni : Qwand dj’ènn’arè m’sô, i vike à

                                         s’manîre, si pô qui ç’seûye, çou qu’nos d’hans, po l’djoû d’oûy…

  • A l’intérieur d’un mot : (toujours après voyelle d’appui) : le i, le e et parfois le o (de

vos et nos) : si dji v’s-èl di, vola poqwè qui n’s-èstans chal.

Le i : dj’a d’hindou po d’djuner, nos l’s-avans k’nohou, li f’gnèsse (ou li f’nièsse), mi

p’tit fré mais nosse pitit fré ; dj’a roûvî mi tch’mîhe, mais : ine prôpe tchimîhe ; mès

dj’vès sont neûrs mais dj’a dès neûrs tchivès, on blanc dj’vå mais qwate tchivås, il   arive divins deûs djoûs, mais nos-îrans d’vins deûs djoûs…

Dans certains mots, comme sicole, sipale, sicrîre, siteûle… le i est présent ou supprimé selon ce qui précède : è scole, li p’tite sicole, dji n’lî scrî måy mins èle sicrèye totes lès samin.nes, ine siteûle qui blaw’tèye, c’èst li steûle dè bièrdjî.

Le e muet au milieu d’un mot s’élide presque toujours (sauf après y) : mèz’rer, atch’ter, ram’ter, sèm’di…

                                                                                                    Li Dame di scole

La petite Gazette du 9 juillet 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

I m’dimone co à v’djåzer dèl manîre dè scrîre lès « adjectifs numéraux ». Prindans’lzès come il arivèt (qwand i-n-a ine saqwè di spéciål à dîre !)

Si vos comptez, vos dîrez onk ou eune, mins s’il èst d’vant on nom, ça d’vinrè

on ou in (devant une voyelle) : in-an èt on djoû

ine au féminin : i n’a qu’ine îdèye èl tièsse.

deûs : il faut lui ajouter la minute dans l’expression deûs’ treûs.

qwate : devient qwatre devant un nom d’une seule syllabe commençant par une voyelle

i-n-a qwatre ans, lès qwatre omes…

Attention à l’expression « inte qwate oûy » ou plus fréquent « inte qwate-z-oûy »

Tiens, à ce propos, vous ai-je signalé que les mots se terminant par y (dès-oûy), w (dès faw), gn (dès pogn), ch (dès bètch) ou par des consonnes prononcées (dès neûh, dès nouk) ou suivies d’une minute (dès nut’) ne prennent jamais s au pluriel ?

sîh : devient devant une consonne : sîh èfants, sî djins.

sèt’ : on intercale parfois un z : lès sèt’-z-ôtes (ou lès sèt-ôtes)

ût’ : devient ût (sans minute, prononcez û) devant une consonne : ût mohones

noûf : devient noûv devant une voyelle ou une consonne douce : il èst noûv eûres, noûs bês djoûs

dîh ou  : référez-vous au français : « diss, diz ou di » : dîh-noûf, dî-sèt’, dî djèyes…

vint : devient vint’ quand il est suivi d’un autre adjectif numéral

vint’-deûs, vint’-treûs, … et li vint’ dè meûs d’fèvri, nos-èstans nos vint’

Comme en français, il prend s quand il est multiplié, sauf s’il est suivi d’un autre nombre : il a quatrè-vints-ans, mais il a quatrè-vint-in-an.

cint : prend toujours s quand il est multiplié, mais, contrairement au français, il le garde quand il est suivi d’un autre nombre : on lîve di cinq cints pådjes, dj’ènn’ a léhou treûs cints cinquante.

Attention, dans les dates, il ne varie pas (alez’ savu poqwè !) : l’an dîh-noûf cint quatwaze.

mèye : (qui ne varie pas en français) prend s quand il est multiplié :

i-n-aveût bin deûs cints mèyes djins !

                                                                                                     Li Dame di scole

La Petite Gazette du 6 août 2003

PO SCRÎRE LI WALON D’ADRAM !

Dièrin.ne lèçon

Quelques confusions courantes :

è (a, en dans), èt (et), èst ou è-st (est) : i n’èst nin è s’burô èt nin è s’tchambe nin pus.

lon (loin, lointain) et long (long) li lon payis, di lådje èt d’long

divins (dans) et divant (devant, avant)

may (mai) et måye (bille … et non bèye qui signifie quille)

haye (ardoise) et håye (haie)

quéne afêre ou quéle afêre et non pas qu’éne afêre !!!

dji v’s-èl di plate-kizak et non pas dji v’s-èle di…

Eco ‘ne pitite saqwè : c’est seulement au féminin pluriel que les adjectifs prennent l’accent grave : quéques djoûs èt quéquès samin.nes.

Certaines consonnes se transforment : d en t : dès rontès danses ; g en k : dès lonkès vôyes, s en z : dès grozès bilokes, dj en tch : dès rotchès cèlîhes.

Vo-m’-la, m’sonle-t-i, on coron d’mès p’titès lèçons. I-n-areût co sûr bråmt dès afêres à v’dîre, so lès vèrbes par ègzimpe, mins dj’a lès pinses qui dji v’s-a d’né l’principål èt qu’si vos rat’nez dèdja tot çoula, dji n’årè nin pièrdou m’timps. Mi, dji m’a bin plêt, dji sohête qui vos’nnè d’hése ot’tant.

Dji so prète à êdî lès cis qu’èl vôrît.

Li Dame di scole.

 

Un immense merci à Madame M. Artus-Frisée, de Sprimont, pour ces agréables et intéressantes leçons.

 

Li Walon dès docteûrs po vosse santé

Monsieur Richard Gillon, de Tilff, partage cette intéressante et amusante information avec tous les lecteurs de la Petite Gazette:

Anciennement le médecin généraliste de campagne s’exprimait et parlait avec ses patients en wallon.

La démarche du CHU est tout à fait remarquable, intéressante et amusante ! Image (120)Elle  s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale du 21 février 2016 des langues menacée décrétée par l’Unesco.

Vous pouvez obtenir le recueil  des 24 proverbes en contactant le service communication du CHU qui se fera un plaisir de vous adresser un petit dictionnaire de 6 cmx5cm.

Ce recueil porte la mention ‘’ … à consommer sans modérationreproduction souhaitée